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7 janvier 2006 6 07 /01 /janvier /2006 18:13

Je n'ai finalement que cela à vous souhaiter : osez vivre l'année qui vient, comme elle viendra. Si vous êtes sur le versant du malheur, tentez de faire de vos larmes l'eau qui, mêlée à la rugueuse farine des jours, fera lever le pain de la consolation. Si vos heures vous mènent sur la rive d'un bonheur solaire, tentez de faire de votre rire une chaude main tendue de contagieuse espérance. Prenez la vie pour ce qu'elle est : belle et fragile, radieuse et tragique.

Regardez, en ce début d'année, ces « voyageurs venus d'Orient » qui s'agenouillent devant l'infinie fragilité de Dieu. Contemplez, avec eux, l'enfant nu de la Promesse qui vient rejoindre votre propre fragilité. Écoutez le secret murmure de cet enfant de l'Épiphanie qui, lui seul, peut vous offrir le seul voeu qui tienne : « Je serai avec toi...»

Bertrand Révillon
Panorama N° 417 Janvier 2006

 

 

 

http://boutique.bayardweb.com/article/index.jsp?docId=49806

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4 janvier 2006 3 04 /01 /janvier /2006 23:21

A la lecture de cet évangile (Jean : (20, 19-31), une première question agite notre esprit : comment le corps du Seigneur, une fois ressuscité, est-il resté un véritable corps, alors qu'Il a pu entrer auprès des disciples malgré les portes fermées?

Mais nous devons savoir que l'action divine n'aurait plus rien d'admirable si elle était comprise par la raison, et que la Foi n'aurait pas de mérite si la raison humaine lui fournissait des preuves expérimentales.

De telles oeuvres de notre Rédempteur, qui ne peuvent en rien se comprendre par elles-mêmes, doivent être méditées à la lumière de Ses autres actions, en sorte que nous soyons amenés à croire à ces faits merveilleux par d'autres qui le sont plus encore.

Car ce corps du Seigneur Qui s'est introduit auprès de Ses disciples malgré les portes fermées est le même que Sa Nativité fit sortir aux yeux des hommes du sein fermé de la Vierge.

Il ne faut donc pas s'étonner si notre Rédempteur, après être ressuscité pour vivre à jamais, est entré malgré les portes fermées, puisque venant [en ce monde] pour mourir, Il est sorti du sein de la Vierge sans l'ouvrir.

Homélie 26 de saint Grégoire le Grand
Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux Jean, dite Constantinienne
http://orthodoxie.club.fr/ecrits/peres/dialogue/40/indexx.htm

 

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2 janvier 2006 1 02 /01 /janvier /2006 00:00

Mère de toutes les fécondités, elle est la grotte, comme l'intime de la Terremère que le Christ illumina de l'intérieur. Comme une lampe sous le boisseau, avant de rayonner sur le monde. Elle reste le pays natal d'où sourd et cascade l'eau lustrale. Elle instaure la paix. Là où fermentaient les venins, les poisons, les peurs - monstres et démons - règne la merveille, la femme hospitalière à l'enfant des fièvres et des délires.

Mère qui alimente, restaure et rassasie, elle est la nourricière. Cet enfant que la femme a mûri le temps de neuf mois bien ronds, lui communiquant par osmose le meilleur d'elle-même, le voici ! A peine issu d'elle dans le sang, les sanies et les douleurs, il est élevé à ses lèvres et placé au sein, blotti contre elle, au plus étroit, peau à peau, dans un cercle de silence magique : instants de plénitude. Elle respire l'odeur soûlante de cette part de son corps si proche et cependant autonome
- le cordon est définitivement tranché.

L'enfant lui tend sa bouche avide à combler, lui offre ensuite sa béatitude repue, scandée de soupirs replets, ses paupières lourdement closes, ses sourires intermittents tel un signal allumé de loin en loin, pour confirmer la présence. Petit de femme, petit de Dieu.

Viendront plus tard d'autres nourritures, plus subtiles : chansons, mots d'amour, tendres litanies enfilées comme perles. La langue humaine coulant d'amont, de bien plus haut que soi, irriguant la race, passe d'un corps à l'autre, fabuleuse. Relais. Mère et enfant goûtent le suc des vocables, les nuances et les finesses, la maîtrise du fil de la phrase, les jeux et acrobaties. Choc de mots, étincelles, révélations - éblouissements et troubles. Le dialogue s'instaure entre deux consciences, cherchant une voie dans la confusion des sensations, des sentiments, des idées. En prenant appui sur la parole offerte, la mère invite à rebondir, aller plus loin, tracer. À cheminer, tantôt de concert et tantôt solitaire. À lire et à relire sa vie aussi bien qu'à déchiffrer l'univers. Elle transmet les héritages - savoir-faire et valeurs invétérées. Oui, elle allaite à jamais. Elle assure l'amour de loin, nourrissant encore et toujours, en toute discrétion. Je suis là, dit-elle, tu le sais, même si je ne t'adresse plus de signe éclatant. Tu peux compter sur moi à la vie, à la mort.

Mathématique paradoxale : ce que je divise apparemment, ce que je donne à d'autres ne t'est pas enlevé, mais se trouve décuplé. Chaque enfant, unique, s'inscrit dans la partition familiale, et l'enrichit de sa note personnelle. Au noeud de cet assemblage multiple et sin=gulier naît une famille.

Mère et père. Au lieu de sacrer, de consacrer un seul sexe, qu'on célèbre l'alliance ! La force de la vision androgyne - homme et femme ensemble - est d'incarner tout à la fois les qualités jadis attribuées à l'un ou à l'autre, en vertu d'une tradition très relative, fort contestable. Mère-père. Douceur et fermeté. Chacun capable de tenir le gouvernail aussi bien que de dormir dans la cale lorsque l'autre prend le quart. D'avancer en tête et de fermer la marche. De concevoir et de réaliser. Elle élève la grosse voix comme il chante à notes claires. Elle/il dévide les comptines et repousse les ombres, il/elle gagne le pain et le distribue. Elle taille, élague, arrose, tout comme il s'assoit au jardin afin de rire à la brise, aux roses trémières balancées dans la lumière.

Ils rejettent tout écrasant matriarcat, et lui préfèrent un incessant dialogue - flux et reflux - qui n'exclut rien ni personne. Ils ne se cantonnent pas à un pôle, à un rôle, mais vont de l'un à l'autre, souplement. En toute audace.

extrait du chapitre Célébration de la Mère de Colette Nys-Mazure dans Célébrations chrétiennes (Albin Michel)

http://www.servicedulivre.be/fiches/n/nys.htm

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