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18 novembre 2021 4 18 /11 /novembre /2021 20:30

Soyez donc bons les uns pour les autres (cf. Ep 4,32), indulgents, pleins d’amour fraternel ; supportez-vous mutuellement avec charité (cf. Ep 4,2) ; portez les fardeaux les uns des autres (cf. Ga 6,2), cédez, pardonnez ; tenez-vous les uns les autres en honneur (cf. Rm 12,10), avec révérence, avec piété et crainte de Dieu.

Si telle est votre conduite, si vous vivez ainsi, vous êtes mes saints, ou plutôt ceux de Dieu, ses anges sur la terre, les adorateurs (cf. Jn 4,23) de sa puissance, les ministres de sa gloire, les héritiers du royaume des cieux, les compagnons des saints, les habitants du paradis, vous jouissez des biens inconcevables qui nous ont été réservés.

C’est pourquoi, je vous prie (…) de marcher toujours droit dans les chemins de Dieu, de vous affermir par la vigueur de sa force (cf. Ep 6,10). (…)

Que la lumière de la connaissance de Dieu vous précède en tout mouvement et en toute action, qu’une disposition pacifique vous gouverne et que le calme d’un amour fraternel règne en vous ! (…)

Puisse le Seigneur Dieu vous ouvrir une porte de justice (Ps 117,19), un chemin de vérité (cf. 2 P 2,2), qu’il vous attire à lui, qu’il vous embrase tout entiers ; qu’il fasse de vous un instrument qui résonne de sons harmonieux pour sa joie , qu’il vous transforme en de parfaits temples vivants, et il habitera en vous, qu’il vous accorde dès ici-bas les arrhes (cf. 2 Co 1,22) de la béatitude de là-haut. (…)

Que le Seigneur notre Dieu garde, restaure (cf. 1 P 5,10), rende droites votre route et vos œuvres, qu’il emplisse vos saints cœurs de grâce, de joie et de douceur, et puisse-t-il ainsi vous rendre dignes aussi du royaume des cieux dans le Christ lui-même, notre Seigneur, à qui sont la gloire et la puissance avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Saint Théodore le Studite (759-826)
moine à Constantinople
Catéchèse (Les Grandes Catéchèses, coll. Spiritualité orientale n° 79, trad. F. de Montleau, éd. Bellefontaine, 2002, p. 332-334)

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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 20:30

L’association S.O.S Calvaires œuvre depuis des années pour la sauvegarde des calvaires, oratoires et chapelles qui composent notre patrimoine, pour les restaurer et les entretenir. Elle prend en charge l’intégralité des coûts liés à la restauration de chaque lieu. Elle est composée majoritairement de jeunes membres catholiques, parmi lesquels Eloi Verly, que nous avons interrogé au sujet de l’association et de sa mission.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a amené à fonder SOS CALVAIRES ?

Eloi Verly (SOS Calvaires) : L’association date de 1987 et c’est M. Chetaneau qui l’a créée. Elle s’appelait à l’origine « L’association des amis des chapelles et calvaires du Lion d’Angers ». Elle était rattachée à la paroisse du Lion d’Angers. Mais le temps passant, l’association vieillissait, et en 2015 son fondateur cherchait quelqu’un pour lui succéder. Paul Ramé se proposa et en prit la direction. Il rajeunit l’équipe dirigeante et dynamisa les actions. Julien Le Page devint président en 2019 et donna un nouveau souffle à l’association. Il fixa l’objectif d’une pose de calvaire par mois, objectif qui fut tenu à partir de 2020. C’est à cette époque que le nom a changé pour devenir SOS Calvaires, nom plus générique qui permettait de s’étendre sur toute la France.

En effet, notre ambition grandissait au fur et à mesure que la demande se faisait plus pressante et que le soutien des bienfaiteurs nous permettait d’y répondre. Oui, nous faisions bien face à une nécessité : donner une nouvelle vie à notre petit patrimoine pour empêcher que de trop nombreuses croix disparaissent chaque année, faute d’entretien. Les particuliers qui en possèdent n’ont pas toujours les moyens ou l’envie de les restaurer. Certaines communes quant à elles, préfèrent oublier leur devoir de les rénover, et attendent que ces croix tombent. La nécessité étant nationale, notre devoir de nous établir partout en France fut pour nous une évidence.

Breizh-info.com : Concrètement, quelles actions menez-vous ? Parlez-nous plus particulièrement de celles menées en Bretagne et dans l’Ouest notamment ?

Eloi Verly (SOS Calvaires) : C’est très simple : nous menons toutes actions qui permettent de mettre en valeur les croix de nos sentiers. Nous possédons pour le moment 25 antennes en France. Notre activité va du simple signalement d’un calvaire (grâce à notre web app qui donne la géolocalisation, l’état de la croix, et une photo), au remplacement des croix en bois, en passant par les débroussaillages et les nettoyages de la pierre. Mais nous allons plus loin. Notre volonté est de redonner aux français la fierté de leur racine chrétienne. Aussi, nous œuvrons beaucoup sur les réseaux sociaux pour nous faire connaître et donner à chacun l’envie de redresser sa croix.

L’association possède trois antennes en Bretagne : à Rennes, à Nantes et à Vannes. Celle de Nantes a dernièrement eu la grâce de planter une croix en bois au lieu-dit La Boulaye-en-Port Saint-Père. Cette pose s’est révélée particulièrement solennelle du fait de la présence d’une troupe de béhourd et d’un Bagad. Ces trois équipes tiennent un rythme d’un débroussaillage/nettoyage par mois.

Breizh-info.com : Comment est-ce que l’on s’y prend pour financer une telle action ? Et pour la mettre en place ?

Eloi Verly (SOS Calvaires) : Le coût de restauration d’un calvaire est assez élevé. Il faut compter environ 800 euros pour les croix classiques, et le prix peut vite doubler si l’on doit mettre un Christ neuf (nous les fabriquons en résine époxy grâce à un moule), ou si des travaux de maçonneries sont à prévoir. D’autre part, l’association emploie désormais un salarié à plein temps, et possède un local. Elle fait donc face à de grosses dépenses chaque mois.

Pour disposer d’une telle somme, l’association s’appuie principalement sur les dons. Elle en a cruellement besoin pour pouvoir continuer son œuvre. Reconnue d’intérêt général, elle peut délivrer des crédits d’impôt. Sa volonté est aussi de signer des contrats d’entretien avec les communes, leur assurant la mise en valeur de chacun de leurs calvaires. Le développement de la boutique contribuera à l’avenir, à financer de nouveaux chantiers. On y trouvera entre autres notre cuvée spécial SOS CALVAIRES (du Bordeaux principalement).

Notre politique est d’impliquer au maximum les propriétaires et les habitants des alentours dans la restauration de leur patrimoine. Souvent ce sont eux qui nous sollicitent, mais il arrive aussi que nous devions aller frapper aux portes pour savoir à qui appartient la croix à l’abandon. Ensuite, nous réfléchissons avec eux à un moyen de financement. La création d’une cagnotte, un financement participatif, une quête. L’argent ne doit pas être un obstacle aux travaux, mais nous devons tout de même nous assurer de la bonne volonté des propriétaires, gage que le calvaire sera entretenu par la suite. Nous complétons si nécessaire.

Si la croix est en bois, elle est fabriquée directement dans notre atelier au Lion d’Angers, par notre salarié. Sinon, nous faisons appel aux artisans qualifiés dans le domaine. Vient enfin le jour de la pose. Nous laissons au chef d’antenne et au propriétaire le soin d’organiser l’événement. En général, la bénédiction a lieu dans la foulée.

Breizh-info.com : En quoi est-ce important de remettre des calvaires en place, dans le pays ? Pourquoi cette volonté de rechristianiser ?

Eloi Verly (SOS Calvaires) : Les calvaires sont pour nous des points de repère :

Des points de repère spirituels : ils nous rappellent la mort du Christ sur la croix, preuve infinie de son amour pour nous. Ces calvaires nous regardent, à chaque coin de campagne, et semblent nous dire « Et toi, que fais-tu pour ton Dieu ? ».

Des points de repère historiques : Ils nous indiquent d’où nous venons. Notre passé est un passé catholique. Nos anciens étaient profondément croyants et leur Foi était visible, ancrée dans leur terre natale. Ces croix sont pour nous un témoignage laissé par eux. Elles sont notre héritage. Nous serons jugés sur la manière dont nous les transmettrons à nos enfants.

Des points de repère géographiques : Même pour les non-croyants ces croix ont une grande importance. « Nous habitons au calvaire à droite ! ». Très souvent ces personnes ont vu leur père ou leur grand-père planter ou replanter cette croix, et c’est avec beaucoup d’émotion qu’ils assistent à sa rénovation.

Plutôt que « volonté de rechristianiser » je dirais volonté de ne plus nous cacher. Nous voulons simplement vivre de la Foi de nos ancêtres. Nous sommes fiers de notre religion et de nos racines. Les croix sont des signes visibles de toutes ces valeurs qui nous animent.

Breizh-info.com : Quel accueil avez-vous rencontré, dans les mairies, autour des calvaires que vous posez ?

Eloi Verly (SOS Calvaires) : Il arrive que certaines mairies refusent que l’on redresse une croix. Il n’est pas toujours possible de passer outre. C’est pourquoi la plupart des calvaires que nous restaurons sont sur des terrains privés. La commune ne peut rien dire dans ce cas. Il n’y a pas besoin de déclaration préalable de travaux pour ces édifices. Mais parfois, ce sont les mairies elles-mêmes qui nous appellent pour que nous les aidions.

Breizh-info.com : Quelles sont les prochaines opérations à mener de votre part ?

Eloi Verly (SOS Calvaires) : Les projets ne manquent pas ! Développement de la version 2.0 de notre application, ouverture de nouvelles antennes, pose d’une croix de 12 mètres de haut dans la Vienne, à Persac, partenariat avec SOS chrétiens d’Orient, sans compter nos poses de croix mensuelles… Autant d’opérations que nous ne pourrons mener qu’avec le soutien, tant spirituel que matériel, de tous ceux qui ont à cœur la grande Cause que nous défendons.

Propos recueillis par YV

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 20:30
Pour François Cheng, dans l’affrontement contre le mal, personne ne peut aller plus loin que le Christ.
L'académicien François Cheng, trait d’union entre la Chine où il est né et la France, a reçu « Prier », (article publié en mars 2020) pour un entretien où il revient sur sa foi, sa conception de la beauté et l’échéance de la mort.
Vous avez reçu le baptême en 1969, mais vous ne vous déclarez ni catholique ni chrétien. Vous affirmez avoir choisi « la voie christique », qu’est-ce à dire ?
Je n’ai jamais refusé qu’on me considère comme un chrétien ou un catholique. Simplement, il y a le fait que cette appellation offre, dans l’esprit des gens, une image souvent trop conventionnelle, trop figée.
 
Je viens de très loin. J’éprouve le besoin, vraiment vital, de cerner de plus près une compréhension et un vécu particuliers. Il n’y entre aucune recherche prétentieuse d’une singularité.
 
Au contraire, en toute humilité, par l’affirmation plus exacte de ma vérité, je m’oblige à une manière de vivre au ras de l’humus, sans affichage, sans étiquette.
Comment conciliez-vous la voie du tao et le Christ ?
Je viens de loin, ai-je dit. Je portais en moi la vision du tao, « la voie », vision d’un univers vivant en devenir, animé par le qi, le « souffle-esprit ».
 
Plus tard, bien plus tard, après avoir connu les extrêmes conditions humaines, lorsque j’ai entendu l’affirmation du Christ : « Je suis la voie, la vérité, la vie », j’ai reconnu là une « voie incarnée » qui donne vérité et vie à la voie taoïste qui m’habitait.
 
De la voie taoïste à la voie christique, il n’y eut aucun renoncement ; une authentique ouverture est offerte, qui permet avancement et accomplissement.
 
« J’ai embrassé la voie christique », voilà la formule la plus juste, en ce qui me concerne.
Vous avez dit que le Christ était « le bien absolu répondant au mal radical »…
Un jour, au sein de l’humanité écrasée par les conditions tragiques de son existence terrestre, Quelqu’un est venu accomplir l’acte absolu : affronter le mal radical au nom de l’amour absolu.
 
Cet acte qui restituait à l’homme sa part divine était accompli une fois pour toutes ; personne ne peut aller plus loin.
 
En effet, il ne manque pas de chefs spirituels qui exhortent au bien. Leur exhortation, faute d’être incarnée jusqu’à ces extrêmes limites, reste relative.
 
Par ailleurs, les rationalistes comptent sur la seule raison pour vaincre le mal. C’est ignorer la complexité de l’âme humaine.
 
Notre cerveau régit, en plus de la raison, les deux autres entités que sont la mémoire, qui contient tous les affects, et l’imagination, qui contient toutes les pulsions.
 
Seul l’authentique amour parvient à transcender et à transfigurer ce que l’humain porte en lui comme drame.
 
« L’âme est le lieu de l’unicité de la personne », dites-vous. Toute votre œuvre n’est-elle pas une écoute du battement du cœur, de la vibration de l’âme ?
Est-ce que cela ne vous a pas conduit à écrire dans une langue de plus en plus sobre ?
La base et le sommet de ma création, s’il m’est permis de le dire, est la poésie.
 
À force d’affronter l’écriture et le temps, à force d’élagage et de dépouillement, l’âme irréductible du poète parvient à ce langage essentiel que tente de définir le quatrain suivant : « Mais il reste la nuit / Où la braise en souffrance / Épure mille charbons / En unique diamant. »
La beauté est-elle une réalité de nature spirituelle ? Un antidote au mal ? Où la trouvez-vous par prédilection ?
La beauté est un signe fondamental par lequel la Création nous signifie que la vie a du sens.
 
L’univers créé aurait pu n’être que fonctionnel ; ce n’est pas le cas. Au sein de la nature, nous allons d’instinct vers ce qu’il y a de beau.
 
Ce faisant, au lieu de tourner aveuglément en rond, nous prenons une direction. Cette direction nous signifie que nous sommes sur un chemin où réalisation et dépassement sont possibles.
 
Sensation, direction, signification… ces trois qualités sont réunies par la langue française en un seul mot : sens. La beauté nous montre aussi que tout n’est pas indifférencié, que tout ne se vaut pas ; elle nous procure le sens de la valeur.
 
À la beauté de la nature s’ajoute une beauté spécifiquement humaine : la beauté de l’âme.
 
Apprenons à apprécier, partout et toujours, les regards et les gestes où l’âme humaine, en sa meilleure part, se révèle.
La mort qui nous attend tous est le dénuement par excellence. Comment la percevez-vous ?
Au niveau de l’existence terrestre, c’est la conscience de la mort qui suscite en nous l’élan vers la vie, qui nous pousse à vouloir créer afin de nous dépasser.
 
C’est aussi la mort qui permet à l’ordre de la vie de se renouveler, qui donne à toute vie une chance d’accéder à la transformation, voire à la transfiguration.
 
En réalité, la mort physique est une loi imposée par la vie même. La vie a primauté sur la mort, et non l’inverse. La vie est-elle un fruit du hasard, un épiphénomène ?
 
Beaucoup d’astrophysiciens s’extasient en exaltant la splendeur de l’Univers, tout en qualifiant nos existences de « poussière d’étoiles ».
 
L’un d’entre eux, Stephen Hawking, a eu le mérite de dire : « Cet Univers, au fond, ne serait pas intéressant s’il n’y avait pas des êtres qu’on peut aimer. »
 
L’aboutissement de la Création n’est pas l’univers physique, mais la vie, qui est l’unique aventure en devenir – la voie – dont nous faisons partie.
 
Sans notre regard éveillé et notre cœur battant, toute la splendeur d’aurore et tout le ciel étoilé seraient vains.
Que ressentez-vous devant cette ultime échéance ?
Je porte en moi tant de deuils d’êtres chers et tant de mes propres expériences de mort…
 
Cependant, d’avoir été bouleversé tant de fois devant la gloire de la Création suffit à m’emplir de gratitude. Le mot qui me vient aux lèvres est : merci !
 
Par François Huguenin - publié le 20 octobre 2021 sur le site de LA VIE à 14:25
 

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