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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 19:29

Dés le début de votre oraison, faites un acte de foi en la mystérieuse présence du Christ en vous, que l’Ecriture nous certifie :
« Vous connaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous » (Jn 14, 20) ; « Le Christ habite en vos cœurs par la foi » (Eph. 3, 17).

Si le Christ est vivant en vous, il y est priant.

Car pour le Christ, vivre c’est prier.

Rejoignez-le ; saisissez, appropriez-vous sa prière. Ou plutôt – car les termes que je viens d’employer mettent trop l’accent sur votre activité à vous – laissez cette prière vous saisir, vous envahir, vous soulevez et vous entraîner vers le Père. Je ne vous promets pas que vous la percevrez ; je vous demande seulement d'y croire et durant l'oraison, de lui donner, de lui renouveler votre pleine adhésion.

Cédez-lui la place, toute la place. Qu'elle puisse s'emparer de toutes les fibres de votre être, comme le feu pénètre le bois et le rend incandescent.

Prier, c'est exaucer la demande que le Christ nous adresse : « Prête-moi ton intelligence, ton cœur, tout ton être, tout ce qui en l'homme est susceptible de devenir prière, afin que je puisse faire surgir de toi la grande louange du Père. Suis-je venu pour autre chose que pour allumer le feu sur la terre et qu'il se communique de proche en proche, transformant tous les arbres de la forêt en torches vives ?

Ce feu est ma prière. Consens au feu.»

Le Christ est présent chez le petit baptisé comme chez le grand mystique. Mais la vie du Christ en l'un et en l'autre n'est pas au même stade de développement.

Si dans l'âme du nouveau baptise déjà vibre la prière du Christ, elle n'y est pourtant qu'en germe, un germe de feu.

C'est tout au long de l'existence, dans la mesure même de notre coopération, qu'elle s'intensifie et peu à peu prend possession de notre être tout entier.

Notre coopération consiste d'abord à adhérer par le plus profond de notre vouloir à la prière du Christ en nous.

Mais remarquez bien le sens très fort que je donne à ce mot adhérer : il ne désigne pas un mol accord, un acquiescement du bout des lèvres, mais un don total, à la manière de la bûche qui se livre à la flamme pour devenir feu à son tour.

Notre coopération consiste encore à rechercher de toute notre intelligence de quoi est faite la prière du Christ en nous, ses grandes composantes : louange, action de grâces, offrande, intercession... afin de les épouser plus parfaitement. (…)

Cette prière du Christ en lui, que sa foi lui garantit, que sa méditation lui fait mieux connaître, l'homme d'oraison longtemps ne la perçoit pas. Un jour vient pourtant - et ce n'est pas nécessairement au cours de l'oraison - où il la découvre en son âme. Il se tait alors, il craint de l'effaroucher, comme on craint d'effaroucher l'oiseau venu se poser sur le rebord de la fenêtre...

Père Henri Caffarel in "Présence à Dieu"

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21 septembre 2022 3 21 /09 /septembre /2022 19:34
Dans l’Oise, des hosties volées sont préservées des intempéries
Dans l’Oise, des hosties volées sont préservées des intempéries

Une nuit de décembre 1532, la chapelle de Marseille-en-Beauvaisis (France, Oise), est cambriolée par plusieurs individus qui connaissent bien les lieux.

Ils y dérobent un ciboire d’argent doré contenant des hosties consacrées destinées à la communion des malades des environs.

Mais seul le vase richement orné les intéresse.

Afin de ne pas s’embarrasser de son contenu, ils déposent les hosties dans le tissu recouvrant le ciboire qu’ils jettent dans un buisson près de la chapelle puis recouvre l’endroit d’une grosse pierre.

Le 1er janvier 1533, Jean Moucque, habitant de Marseille-en-Beauvaisis, fait sa promenade quotidienne à proximité de cet endroit.

Il fait très froid et une épaisse couche de neige recouvre le sol.

Soudain, à quelques mètres de lui, Jean aperçoit la grosse pierre posée là par les cambrioleurs.

Étrangement, l’endroit est vierge de neige et préservé de toute trace de gel.

Il soulève la pierre et trouve le tissu contenant les hosties, dans un parfait état de conservation.

Jean alerte le curé du bourg, l’abbé Prothais, docteur en théologie. Celui-ci prend délicatement les hosties miraculeusement préservées, d’une blancheur immaculée, et les porte « avec grande joie et dévotion » jusqu’au tabernacle de son église.

Une croix en bois, entourée d’une ceinture d’épines, est rapidement plantée à cet endroit.

Dans les semaines qui suivent, des guérisons inexpliquées sont alléguées.

Le lieu est de plus en plus fréquenté et en six mois une chapelle y est construite.

Les guérisons se multiplient, comme celle de l’abbé Jacques Sauvage, prêtre à Crèvecoeur (France, Oise), muet et perclus : cet ecclésiastique retrouve en un instant la parole et la forme physique.

Une femme, parfaitement connue du seigneur local, y recouvre la vue.

Un autre homme, aveugle lui aussi, y voit à nouveau : en signe de reconnaissance, il revient sur place une fois l’an, avec sa viole.

Malheureusement, les Guerres de religion portent un rude coup au lieu. Odet de Coligny, cardinal de Châtillon, après s’être converti au calvinisme, envoie un prêtre sur place pour consommer les hosties.

A partir de ce moment, les guérisons miraculeuses cessent.

Au XVIIe siècle, on place une représentation de l’ensevelissement du Christ dans la chapelle afin de réparer cet acte.

Une petite excavation contient alors la pierre qui servit à recouvrir le tissu jeté par les voleurs. Celle-ci disparaît à la Révolution.

L’official de Beauvais (France, Oise) a dressé un procès-verbal des événements ; mais ce document a été perdu probablement lors de la destruction des archives de l’évêché de Beauvais.

Les combats de la Seconde Guerre mondiale n’ont pas épargné non plus la chapelle des Saintes-Hosties.

Celle-ci a été restaurée en 1949. Les vitraux brisés ont été remplacés.

Chaque 2 janvier, une messe y est célébrée en mémoire de l’événement de 1533.

Source : d’après Pierre Louvet, Histoire des Antiquités du diocèse de Beauvais, Beauvais, G. Vallet, 1635 ; abbé Jean Ladame, Prodiges eucharistiques, du VIIIe siècle à nos jours, Familles et Eucharistie, 1981, p. 139-141.

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15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 19:30

Isaïe 45:1-20 , Ecclésiaste 7:13-14 , Jean 9:1-7

pasteur Marc Pernot

Je vous propose de lire ce matin un texte très étrange, bien qu’il soit dans le livre d'Ésaïe, ce livre si proche des évangiles, ce livre que Jésus cite souvent. Voici comment Dieu se présente lui-même, selon ce texte :

« Je suis l’Éternel, et il n’y en a pas d’autre,
Façonnant la lumière et créant les ténèbres,
faisant la paix, et créant le mal,
Moi, l’Éternel, faisant toutes ces choses.
»
Isaïe 45:6-7

N'est-ce pas incroyable ? N'est-ce pas choquant de nous dire ainsi que Dieu ferait le mal ? N'est-ce pas contradictoire même de dire que Dieu ferait le mal puisque par définition, Dieu est le bien ultime ? N’est-ce pas dangereux, justifiant en quelque sorte de faire le mal ?

Je vous propose de faire une rapide enquête autour de cela. Et de commencer en cherchant si ce texte est unique en son genre dans cette affirmation que Dieu ferait le mal ?

Un passage du curieux livre de l’Ecclésiaste est souvent cité :

« Au jour du bonheur, sois heureux,
et au jour du malheur, réfléchis:
Dieu a fait l’un comme l’autre ;
»
Ecclésiaste 7:14

Si l’on regarde bien, cette sentence de l’Ecclésiaste ne veut pas nécessairement dire que Dieu aurait créé le malheur.

À mon avis, cela veut dire simplement que chaque journée qui nous est donnée a été créée par Dieu, puisqu’il est l’auteur du temps.

Et par conséquent Dieu, en bon créateur qu’il est, peut nous aider à bonifier chacune de ces journées qu’il nous donne.

Selon l’Ecclésiaste, Dieu nous aide à reconnaître le bonheur quand il est là (ce qui n’est pas si facile que ça), il nous aide à le reconnaître pour en être heureux, c’est-à-dire pour avancer grâce à la moindre chance que nous avons.

Mais Dieu nous inviterait aussi, selon l’Ecclésiaste, à faire quelque chose du malheur qui nous frappe.

Cela ne veut pas dire que le malheur viendrait de Dieu, l’Ecclésiaste ne dit pas cela.

Ce texte ne se préoccupe pas de la question de savoir d’où vient ce mal, il nous propose seulement de faire quelque chose du malheur qui nous frappe, pour le recycler comme on recycle les ordures. La première chose que nous pouvons en faire, nous dit l’Ecclésiaste, c’est de profiter de l’occasion du malheur qui nous arrive pour réfléchir, cela peut nous aider à approfondir notre qualité d’être et peut-être aussi à avoir plus de compassion pour les malheureux.

Dans le malheur, nous pourrions aussi améliorer notre propre intelligence de la vie, peut-être reconnaître que notre malheur n’est pas tout et qu’il n’étouffe pas nécessairement le bonheur qui serait là aussi pour peu que nous sachions en jouir.

Cette façon de considérer le malheur ne justifie pas le malheur, comme pour excuser Dieu de l’avoir mis sur notre route ou de ne pas nous en avoir protégé.

Après la lecture de ce texte de l’Ecclésiaste, nous pouvons donc garder l’idée que le mal est un mal et qu’il n’est jamais voulu par Dieu, mais qu’il nous aide à ressusciter, à vivre le malheur d’une bonne façon et notre bonheur aussi.

Un autre texte pourrait nous laisser supposer que Dieu crée du malheur, ce texte est dans l’Évangile selon Jean.

Aïe, cela est plus dangereux car nous hésitons à écarter d’un revers de main un texte de l’Évangile (bien plus qu’un texte du difficile Ancien Testament). Il s’agit d’un passage où Jésus va à la rencontre d’un handicapé, ce qui suscite le débat suivant avec ses disciples :

« Ils posèrent cette question à Jésus : Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Jésus répondit : Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui ! » Jean 9:2-3

C'est vrai qu'à l'époque certaines personnes pensaient que la maladie était une punition envoyée par Dieu ou une épreuve.

Il est bien possible que ce genre d’idées vienne du passage d’Ésaïe que nous lisons ce matin.

Hélas. Mais n’est-ce pas ce que Jésus confirmerait en répondant à ses disciples : le handicap de cet homme est « afin que les œuvres de Dieu soient manifestées » ?

Franchement, je ne le pense pas.

C’est vrai qu’isolément, ce quote pourrait être compris comme si Dieu avait fait naître cet homme handicapé pour que Jésus puisse ensuite manifester son salut en le guérissant.

Mais cette idée est absolument horrible et perverse.

Dieu n’utilise pas le mal comme moyen de marketing ou de pédagogie. À l’image de Dieu, nous voyons dans les Évangiles que Jésus est source de relèvement et de guérison, il est source de consolation, il n’est absolument pas du genre à crever les yeux de quelqu'un, ni comme punition, ni comme épreuve, et encore moins pour pourvoir montrer ensuite son pouvoir de guérison.

Par conséquent, Jésus ne dit pas que ce mal viendrait de Dieu quand il dit que cet homme est handicapé « afin que les œuvres de Dieu soient manifestées », bien entendu.

Nous pouvons comprendre ce texte autrement. Plutôt que de s'interroger sur la culpabilité de X ou de Y pour que ce mal existe, Jésus nous oriente vers l’action.

La souffrance de quelqu’un est d’abord un défi à relever pour Dieu et donc pour le croyant.

C’est ainsi que Dieu travaille, nous montre Jésus.

Il est amour et pardon, il ne se pose donc pas la question de savoir si la personne souffrante l’a bien cherché, il y a là de toute façon une œuvre à faire en urgence pour que la vie progresse.

Et Jésus nous embauche dans ce chantier avec Dieu en ajoutant : « Il faut que NOUS fassions les œuvres de celui qui m'a envoyé ». Aucun doute, par conséquent, selon Jésus, Dieu est le Dieu du bien en toute circonstance.

Mais comment alors Ésaïe peut-il dire que Dieu se présente ainsi :

« Je suis l’Éternel, et il n’y en a pas d’autre,
Façonnant la lumière et créant les ténèbres,
faisant la paix, et créant le mal,
Moi, l’Éternel, faisant toutes ces choses.
»

Il y a là d’abord, à mon avis, pour Ésaïe, la volonté de recentrer notre théologie sur un vrai monothéisme.

Ce n’est pas inutile de le faire aujourd’hui aussi, mais à l’époque c’était particulièrement nécessaire car les hébreux en exil à Babylone se sont trouvés être en contact avec des polythéismes assez séduisants intellectuellement, et ils se sont laissés influencer.

Le dualisme est une théologie où il y a deux dieux, un dieu bon qui crée de bonnes choses, et un dieu des ténèbres qui déconstruit de l’autre côté.

Cette théologie est assez commode pour expliquer l’existence du mal en ce monde, les choses sont alors claires, et chacun peut choisir son camp.

Certains hébreux ont « adapté » cette théorie en inventant une figure du mal personnifié, appelé Satan (en hébreu) ou Diable (en grec), une puissance invisible presque aussi puissante que Dieu comme on le voit par exemple au début du livre de Job.

Ésaïe répond ici : vous êtes bien gentils avec cette théologie à la noix mais vous n’êtes plus dans le monothéisme. Il y a un seul Dieu, il n’y en a absolument pas d’autres.

Vous pouvez inventer des armées d’anges qui tiennent lieu et place des dieux multiples des païens, vous pouvez inventer des diables et des démons par-dessus le marché, tout cela ne tient pas debout.

Cela ne correspond pas à la réalité car il y a absolument un Dieu et un seul : c’est Dieu.

Et de plus, nous dit Ésaïe, inventer d’autres créatures célestes mène à tout mélanger, à se mélanger soi-même.

Mais qui est Dieu, alors ? Que fait-il ? Serait-il un Dieu bon et méchant à la fois ?

Il pourrait sembler que c’est ce que dit Ésaïe ici, mais non, c’est plus complexe que cela.

Ésaïe dresse ici un portrait de l’action de Dieu et franchement, ce portrait est vraiment proche de ce Dieu que manifeste Jésus-Christ : un Dieu de pure bonté enthousiaste et active.

Selon Ésaïe, Dieu nous libère sans discuter pour savoir si ce serait par notre faute que nous sommes prisonnier du mal, Dieu donne des trésors cachés, des trésors de bonté, de tendresse que nous n’imaginions pas. Dieu nous connaît individuellement, ajoute Ésaïe, il nous chérit tendrement, encore une fois sans condition, avant même que nous le connaissions, avant même que nous ayons la foi.

Dieu est pour chacun une source de bonté et de vie juste, source de sagesse et de fidélité, source de création de notre être et de l’univers…

Donc, oui, vraiment comme annoncé, Dieu fabrique la lumière et fabrique la Paix. Il y a de quoi méditer sur chaque quote de ce chapitre pour se l’approprier et pour chercher à faire avec Dieu de belles œuvres.

Mais où sont les ténèbres et le mal que Dieu serait censé créer, selon Ésaïe ?

Quand on regarde de près ce que Dieu fait, selon ce texte d’Ésaïe, La vie n’est pas si simple, comme la vie réelle.

Dieu façonne la lumière, nous dit Ésaïe, cela nous permet de voir le bien et le mal, et comme le propose l’Ecclésiaste cela nous permet de jouir du bien et de réfléchir sur le mal.

Cette mise en lumière est bonne mais elle révèle aussi les zones d’ombres.

Par son franc parler Dieu nous fait voir les ténèbres, il les rend intelligible à notre intelligence et nous donne aussi l’audace de les dire parfois, et pas seulement le bien, dans une parole prophétique.

Dieu fait également le bien en construisant la paix comme nous y invite Jésus dans cette parole de l’Évangile selon Jean.

Oui, il y a bien des œuvres à accomplir pour créer l’humain dans l’humanité, pour poursuivre également l’œuvre de création dans la nature. C’est ce que souligne Ésaïe quand il dit que Dieu a créé le ciel et la terre dans le passé mais qu’il est aussi celui qui continue à créer.

Mais Ésaïe va plus loin en nous montrant que l’œuvre de Dieu est plus complexe que cela, plus tragique aussi, tant le bien et le mal sont mêlés dans ce qui reste de chaos et de méchanceté en ce monde.

Il n’est pas possible de se contenter d’apporter du positif comme de la lumière et un supplément de création.

Dans son descriptif de l’action de Dieu, Ésaïe nous montre que pour libérer ses enfants, Dieu doit briser des portes de bronze et des verrous de fer.

Ésaïe nous montre que la Parole de Dieu n’est pas qu’une parole de paix et de bénédiction mettant en lumière nos bons côtés, elle est aussi une parole qui dénonce nos idolâtries, et même notre tendance à nous fabriquer nos propres idoles.

Mais c’est encore plus compliqué que cela, dans la vraie vie, nous dit Ésaïe. L’Éternel encourage le bien et dénonce l’idolâtrie, mais c’est pourtant Cyrus, un homme loin d’être parfait, loin bien bien loin d’être un fidèle adorateur du seul vrai Dieu, c’est pourtant cet homme-là que Dieu appelle « son christ », son serviteur aimé, choisi, appelé, investi d’une mission pour faire du bien.

Un intégriste dirait que c’est du relativisme, que c’est un horrible libéralisme, comment peut-on accepter ça ? Quoi ?

Un homme à la théologie et à la moralité moyenne pourrait être appelé serviteur de Dieu, porteur du salut de Dieu ?

Et bien oui, heureusement que oui, car sinon personne n’en serait digne.

Cela ne nous empêche pas de chercher à entendre ce que Dieu nous dit et à changer radicalement dans nos erreurs et nos turpitudes, certes.

Mais oui, Dieu assume le mal qui est en nous et nous prend tels que nous sommes.

Oui, Dieu, notre Dieu, l’Éternel est ainsi. Il a le parler fort et une bienveillance large.

Cela peut nous troubler, nous faire penser que Dieu se cache, est incompréhensible alors qu’il se révèle en pleine lumière.

Mais comme Ésaïe, le prophète l’écoute et le suit.

Il assume des convictions fermes, et les crie haut et fort : il n’y a absolument pas d’autre Dieu que l’Éternel.

Oui, la priorité, c’est de bâtir la paix, c’est la douceur, la tendresse, la fidélité, c’est la bénédiction ruisselant sur chaque personne de tout peuple et de toute génération.

Mais pour cela il y a des choses à dénoncer, il y a, non pas des personnes à briser, mais des tyrannies de bronze à forcer et des verrous d’inertie à briser, il y a des ténèbres que nous préférions ne pas voir, il y a des personnes que nous jugions bien mal (à commencer par nous-mêmes) qui sont à reconnaître comme de véritables envoyés de Dieu, comme des christs, des christs bien moyens, certes, mais qui sont réellement envoyées par Dieu pour porter son salut.

Oui, Dieu est libéral. Et alors ? Dieu est Dieu, malheur à celui qui lui contesterait ce droit, il passerait à côté du principe même de la vie, et de la vie bonne, et de la vie plus heureuse.

En Jésus-Christ, nous connaissons Dieu mieux que jamais. « Personne n’a jamais vu Dieu. Dieu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître. » (Jean 1:18).

Or, Jésus n’a jamais frappé de maladie quiconque, mais chaque fois qu’il en avait l’occasion, dans 100% des cas il a guéri le malade.

Il a refusé de frapper de la foudre des méchants, annoncé que Dieu aimait ses ennemis et leur faisait du bien… le plus rude qu’il ait fait était de dénoncer l’hypocrisie des chefs religieux et le commerce dans le temple, mais même là il n’a pas effleuré quiconque.

Par conséquent, je pense que l’on peut dire en Christ que Dieu n’est source que de bien. Cela lève une ambiguïté qui existait auparavant.

  • Cela change tout du point de vue spirituel. Car d’une personne dont il peut venir du bien mais aussi du mal, on a un réflexe de défense.
  • Cela change tout au point de vue existentiel : Si l’on pense que Dieu était parfois source de mal, et qu’il aurait le contrôle absolu sur le mal, il ne faudrait surtout pas soigner les maladies, ni les blessés d’une catastrophe… mais dire « le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le nom du Seigneur soit béni ». Au contraire, si l’on pense que Dieu n’est jamais source de mal ou de souffrance : nous pouvons lutter contre le mal dans le monde, nous pouvons nous associer à lui pour lutter contre l'injustice, la maladie, la souffrance.
  • Cela change tout au point de vue de l’éthique : si la source ultime du bien (Dieu) peut agir en faisant le mal, alors la notion même de bien est de mal se brouille, n’a plus de sens. Cela me semble être la source de toutes les compromissions. Il peut arriver que nous soyons dans des situations tragiques où le moins mauvais chemin ait une part de mal, mais il me semble alors particulièrement essentiel de noter que c’est un cas tragique et que le mal reste un mal.

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