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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 23:55

Pour le diocèse de Paris, et pour la capitale en général, sainte Geneviève n’est pas une sainte parmi le panthéon des saints du ciel.

"C’est la patronne de la ville, du diocèse. C’est une femme d’exception. Aujourd’hui, c’est une figure marquante à plusieurs titres. Elle était consacrée et c’est au nom de sa consécration que sa prière et la prière des parisiens ont éloigné la menace d’Attila. C’est une femme politique, qui a su dialoguer avec Childéric. Et par son courage, elle a su protéger les parisiens quand Clovis encerclait Paris. On voit bien toutes les qualités de cette femme" explique l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit.

Dans son histoire, elle a su négocier avec les autorités publiques de son époque. "Elle s’enracinait dans sa vie chrétienne et sa vie de prière. C’est un signe pour nous. Ce n’est pas seulement l’habilité politique dans un domaine ou dans un autre. Comment cette capacité humaine propre à chacun d’entre nous s’enracine dans notre lien avec Dieu ? C’est vraiment ce que Geneviève vivait" ajoute-t-il.

"Se centrer sur le Christ"

De nombreux événements sont prévus au cours de ce jubilé. Parmi eux, la bénédiction de la ville de Paris. "C’est quelque chose que je faisais déjà quand j’était évêque de Nanterre. Tous les ans, nous faisons un pèlerinage fluvial qui se termine à St Etienne du Mont, où sont les reliques de la sainte, et de là, je bénis la ville. C’est un signe important. Notre époque a besoin de bénédiction, qu’on en dise du bien. Il y a tellement de choses difficiles que dire du bien de la part de Dieu va vraiment faire du bien à nos concitoyens" lance Mgr Aupetit.

L’année 2019 aura été très marquante pour l’Église et pour le pape en particulier. "Il s’est passé des choses dramatiques. Ces choses, il faut absolument qu’on en tienne compte et que l’on puisse se renouveler, se purifier par rapport à ce que nous demande le Seigneur. Quelque part, si l’Église se purifie, l’ensemble de la société se purifie. La seconde chose, c’est de centrer sur le Christ. Nous n’avons pas à nous faire élire ou réélire, mais simplement à apporter quelque chose aux hommes. Le changement de la violence en autre chose que la violence. Il est plus facile de détruire que de construire" explique l’archevêque de Paris.

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, interrogé par Etienne Pépin:

Un enseignement de Mgr Paul Dupuis

http://eocf.free.fr/audio/RCFNational_aupetit_jubile.mp3
 
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10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 23:55
11 janvier à Paris : ouverture de l’Année diocésaine des 1 600 ans de la naissance de sainte Geneviève

L’ouverture de l’Année diocésaine des 1 600 ans de la naissance de sainte Geneviève (v. 420-500)  aura lieu à Paris, sous la présidence de l’archevêque, Mgr Michel Aupetit, le 11 janvier 2020 en l’église Saint-Etienne-du-Mont.

Les vêpres solennelles seront suivies d’une procession, de la châsse-reliquaire de sainte  jusqu’au Pont de la Tournelle – où se trouve la statue due au sculpteur Paul Landowski -, et de la bénédiction de Paris par Mgr Aupetit.

Le « cierge de Sainte Geneviève » sera ensuite remis aux paroisses et communautés du diocèse.

La célébration du 11 janvier sera précédée d’une grande neuvaine, du 3 au 11 janvier.

« La présence de Geneviève est repérable en bien des lieux de Paris et de sa proche banlieue », fait observer l’hebdomadaire « Paris-Notre-Dame » mais c’est surtout la vie de la sainte qui va inspirer toute cette année jubilaire qui propose aux Parisiens de nombreux rendez-vous.

C’est l’occasion de rappeler quelques éléments biographiques et l’actualité de la grande figure de la sainte patronne de Paris qui a inspiré les fresques de Pierre Puvis de Cahavannes au Panthéon : elle était en quelque sorte la première femme entrée au Panthéon !

Vaincre la barbarie par la miséricorde

Sainte Geneviève de Nanterre (v. 420-v. 500) est vénérée sur la « montagne » qui porte son nom à Paris, où sa châsse est conservée, en l’église Saint-Etienne-du-Mont. Ame de la résistance de Paris face à la barbarie, elle est aussi devenue comme la sainte patronne de tout le Quartier latin et de ses étudiants : la grande bibliothèque universitaire de la place du Panthéon porte son nom. Le Panthéon lui-même, qui honore les grands hommes de la République, la célèbre par les fresques de Pierre Puvis de Chavannes (1874), un vrai livre de sa vie. Dressée sur le pont de la Tournelle, sa statue, due au sculpteur Paul Landowski (1928) – qui a dessiné le Corcovado tutélaire de Rio de Janeiro – rappelle que c’est par la Seine qu’elle a ravitaillé Paris affamé. Sainte Geneviève, vierge consacrée, a si profondément marqué l’histoire de la capitale que sa présence est désormais comme tissée dans sa culture. A une époque marquée par une irruption de la barbarie au cœur de Paris, elle rappelle les armes de la miséricorde en acte.

Mais il est une autre actualité de sainte Geneviève : le diocèse de Nanterre a fêté ses cinquante ans en 2018: c’est le 9 octobre 1966 que le pape Paul VI a érigé les diocèses de la couronne de Paris : Créteil, Évry, Nanterre et Pontoise, dont les territoires dépendaient auparavant de Paris ou de Versailles. Le jubilé sera marqué par le pèlerinage de trois statues de sainte Geneviève, sur trois routes, de paroisse en paroisse, jusqu’au 11 juin 2017.Chaque paroisse est invitée à vivre une « visitation » par l’accueil de la statue de sainte Geneviève, à chaque fois placée dans une petite chapelle décorée de six bas-reliefs relatant sa vie : un signe qu’elle est « vivante » et intercède aujourd’hui encore pour les siens auprès de celui auquel elle s’est consacrée, toute jeune, recevant le voile des Vierges.

Attila quitte la vallée de la Seine

Fille unique de Severus, un Gallo-romain probablement, et de Geroncia d’origine grecque, elle aurait hérité en tant que fille unique de la charge de membre du conseil municipal (curia) détenue par son père, charge qu’elle aurait exercée tout d’abord à Nanterre, puis à Paris après son installation dans cette ville chez une « marraine » influente.

Elle se voue très jeune à Dieu, menant une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans, et elle est remarquée par saint Germain d’Auxerre et par saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre en 429, à l’occasion de leur voyage vers la province romaine de (Grande) Bretagne. L’iconographie la représente recevant el voile des mains des saint Germain.

Deux fois, de son vivant, elle sauve Paris de la barbarie. En 451 tout d’abord, année de terreur et de désarroi. Attila et ses hordes franchissent le Rhin, pillent et brûlent Metz, la veille de Pâques, le 7 avril. Puis, remontant la vallée de la Seine, ils assiègent Paris.

Sainte Geneviève fait confiance à la Providence divine. Elle rassemble les femmes de Paris et elle leur rappelle le courage libérateur de Judith et d’Esther. Avec elle, elles opposent au fléau la prière et le jeûne. L’exhortation de Geneviève est célèbre : « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. »

Forte de ce socle de prière, Geneviève s’adresse cependant aussi aux hommes et elle prophétise le salut qui vient de Dieu: « Que parlez-vous de vous réfugier en d’autres cités ? Celles-ci seront-elles mieux que Paris abritées contre un coup de main des barbares ? Paris, grâce à la protection du Christ, échappera au carnage. »

En ce temps de terreur, la cause n’est pas gagnée. On l’accuse d’être « prophétesse de malheur », d’aucuns menacent de la lapider voire de la jeter dans la Seine. Mais voici que l’archidiacre d’Auxerre apporte des pains bénis – non consacrés, les « eulogies » –  que son évêque, saint Germain, lègue à sainte Geneviève. Il arrête les violents: « Parisiens, n’allez pas commettre ce forfait ; celle dont vous projetez la mort est, au témoignage du saint évêque Germain, l’élue de Dieu dès sa venue au monde. Et voici les eulogies que je lui apporte de la part de l’évêque défunt. »

Leur colère désarmée, les Parisiens se retournent en faveur de Geneviève. Et Attila quitte la vallée de la Seine pour déferler vers la Loire. Devant Orléans, il se heurte à la résistance de l’évêque saint Aignan, avant d’être repoussé par Ætius jusqu’à Châlons-sur-Marne. Il sera défait aux Champs Catalauniques.

A la barbe de Childéric, le ravitaillement de Paris

En 465, Childéric Ier assiège Paris, sainte Geneviève résiste avec les Parisiens affamés qu’elle fait ravitailler : avec onze vaisseaux, elle force le blocus sur la Seine jusqu’à Troyes.

Mgr Albert-Marie de Monléon a pu dire, lors d’une fête de sainte Geneviève à Saint-Etienne-du-Mont, que la « miséricorde » de sainte Geneviève c’est d’avoir vu la misère de son peuple et d’avoir cherché auprès de Dieu les moyens concrets de le secourir. Sa vie montre en somme comment vaincre la barbarie par la miséricorde.

C’est elle aussi qui fait bâtir une église sur l’emplacement du tombeau de saint Denis, premier évêque de Lutèce.

Elle meurt en 512, à l’âge de 89 ans, dans son ermitage de Paris, et elle est enterrée aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde, ses plus célèbres disciples, en l’église dédiée aux saints Pierre et Paul sur le mons Lucotitius, aujourd’hui la « montagne Sainte-Geneviève », église dont il reste la Tour Clovis du lycée Henri IV.

Plus de trois siècles plus tard, la protection de Geneviève ne se dément pas. En 885, les Normands à leur tour assiègent Paris. La famine et la peste déciment la population. Les Parisiens se confient à l’intercession de sainte Geneviève. Ses reliques sont exposées au point le plus menacé des remparts : l’ennemi se retire.

A sa prière les hordes, mais aussi les maladies reculent. En 1130, le mal des ardents, une fièvre accompagnée de gangrène, due à un parasite du seigle, ravage la capitale puis la France. L’évêque de Paris ordonne des jeûnes et des prières, il fait transporter les malades sur le chemin d’une procession solennelle des reliques de la sainte, de la basilique Sainte-Geneviève à Notre-Dame, le 26 novembre. Les malades proches du reliquaire sont immédiatement guéris, puis les autres malades et progressivement ce « feu » disparaît. En ex-voto pour ce miracle, le pape Innocent II, venu à Paris en 1131, institue la fête de Sainte Geneviève des Ardents, fixée au 26 novembre, date de la fête de la Gendarmerie nationale.

L’ordre et la paix dans la cité

C’est sous le pontificat du saint pape Jean XXIII qui Geneviève a été  choisie comme protectrice de la Gendarmerie, selon un décret du 18 mai 1962 : « Femme forte, paisible et de grande autorité,  elle a su rétablir l’ordre et la paix dans la cité, Geneviève reste un repère et un exemple pour tous les gendarmes dans leur labeur, en même temps qu’elle intercède pour eux. »

Le 14 août 1792, les révolutionnaires n’osent tout d’abord pas détruire la châsse de sainte Geneviève. Ils la transfèrent en l’église Saint-Etienne-du-Mont. Le 9 novembre 1793, cependant ils la font transporter à l’Hôtel de la Monnaie. Les reliques sont brûlées en place de Grève et les cendres dispersées dans la Seine.

La présence invisible de sainte Geneviève continue de veiller sur Nanterre et Paris et la France, indiquant spécialement aux consacrées un chemin de prière vigilante, d’ascèse et de miséricorde active au cœur des villes et des soubresauts de l’histoire. Mais surtout de confiance inébranlable en Celui dont la force se déploie dans la faiblesse. Naguère, les gendarmes l’ont bien compris, en la choisissant comme leur protectrice.

L’oraison de sa fête, le 3 janvier, loue son intelligence et son amour :

« Répandez sur nous, Seigneur,
l’esprit d’intelligence et d’amour
dont vous avez rempli sainte Geneviève, votre servante,
pour qu’attentifs à vous servir et cherchant à lui ressembler,
nous obtentions par son intercession dans le ciel,
de vous plaire sur la terre par notre foi, et toute notre vie.
Par Jésus-Christ, votre Fils unique, notre Seigneur et notre Dieu
qui vit et règne avec vous, dans l’unité du Saint-Esprit.
Pour les siècles des siècles.

– Amen »

(Extrait de la revue Christi Sponsa, 2018)

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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 23:55
Rois mages

Tableau dans le style d'une icône sans en être une conçu et réalisé par mon ami diacre et iconographe François Kerever

(Matthieu 2, 1-12)

     Saint Matthieu était le plus âgé des Apôtres, il occupait la charge de scribe du Temple avant de rencontrer Jésus. Son Evangile est un style journalistique, il relate des instantanés, un peu comme un reportage de faits divers ; son réalisme nous interdit d’envisager qu’il ait pu être débordé par son imagination. Il avait connaissance du drame qui se déroula à Bethléem de Judas trente ans auparavant. Il est vraisemblable qu’il en ait demandé confirmation à la sainte Vierge Marie et à Jésus1.  

     Les suspicions jetées sur les récits de l’enfance de Jésus, désignés par « Evangile de l’Enfance » ne se justifient pas et, surtout pas au nom de la rigueur scientifique. Ceux qui soutiennent encore cette proposition sont issus d’une certaine gauche intellectuelle ecclésiastique très conformiste, déstabilisés par le contenu de ces passages, un enseignement d’une richesse inépuisable qui balaie les doutes sur la divinité de Jésus et son humanité. L’histoire des rois mages est particulièrement ciblé, elle est un enseignement qui prendra tout son sens et sa forme après la purification, qu’annonce la réforme de la Curie du Pape François2.  

     L’Incarnation du Verbe en l’homme Jésus de Nazareth est celle de la Révélation. La vie divine et la vérité sont incarnées dans le réel de la création. Tout de l’Ancien et Nouveau Testaments et les actes pétriniens impactent la personne, la société et les univers visibles et invisibles. Prenons exemple du sacrifice d’Abraham sur son fils Isaac : il signifie la fin des sacrifices humains. La foi et l’obéissance de ce patriarche ont permis à Dieu de rompre les liens qui enfermaient l’homme dans les puissances des anges-démons. Certes, les fruits n’en furent pas immédiats, mais l’homme qui persévérait dans cette pratique pouvait être condamné3, car sa conscience morale le lui indiquait puisqu’il était libéré des liens dont il se croyait obligé. C’est ce qui explique pourquoi Dieu exigent et ordonne l’extermi­nation des royaumes cananéens, de leurs habitants et de leur bétail, car ils pratiquaient le sacrifice humain. Il en reste une trace : le nom Géhenne4 est une contraction du cri des mères cananéennes à qui l’on retirait l’enfant pour le sacrifier en cas de danger et d’épidémie, il était jeté vivant dans les flammes au fond de la vallée de Jérusalem où les ordures étaient brûlées, elles criaient : « Mon enfant ! » ce qui donna « Géhenne » en cananéen et qui devint une des illustrations de l’enfer. L’élimination de tout vivant appartenant à ces royaumes vient de ce que de telles pratiques rayonnent sur l’ensemble de la communauté et peuvent impacter les Hébreux par leurs infimes consé­quences, eux qui ne pratiquaient pas cette abomination sauf dans la période décadente des deux royaumes. Le sol conquis devait être purifié.

La visite des rois mages :

     La visite des rois mages est un évènement stupéfiant, il n’y a pas de précédent que des potentats, des souverains se soient inclinés librement  devants une autre autorité. C’est une démarche unique dans son genre à cette époque de l’histoire. Elle suppose un travail de vérité sur soi et sur la création d’une telle qualité que l’on peut parler de recherche philosophique.  Elle annonce le renversement des modes de gouvernement des Etats et peuples et préfigurent la fin de l’imperium qui prévaut encore aujourd’hui dans nos démocraties où le dernier bastion est l’appareil judiciaire. L’acte d’adoration des rois mages aux pieds de l’Enfant Jésus a sens de renonciation de leur pouvoir sur les hommes sachant que leur légitimité procède du Ciel selon qu’ils respectent le Droit naturel et la Loi naturelle. C’est l’annonce de la fin des nations, mais la réalisation ne dépend pas de l’acte humain, mais bien du seul vouloir divin encore que celle-ci n’annonce nullement la disparition des cultures et identités spécifiques, car le principe de l’unité n’est pas le retour à l’Un, ce qui induirait la disparition de la personne en tant qu’individualité, ce n’est pas vraisemblable. Mais il s’agira, au plus près, d’une communion des personnes prolongeant la Gloire du Corps Glorieux du Christ Jésus et auquel chacun sera uni par l’amour et la vérité.

Les étymologies :

     Epiphanie qualifie la nature de la visite des rois mages : mot d’origine grecque phainien, phanesthai signifie faire briller, faire voir ou paraître, ce qui donne le mot fantôme. Epiphanie epiphaneia, mot qui apparaît au XIIes., il a pour sens : action de se montrer, manifestation de la puissance divine.

     Roi a pour racine indo. euro. *reg qui signifie diriger en droite ligne, en sanskrit : raja ; le roi est celui qui sert la règle, il indique le bon chemin, la bonne voie. Il est le garant et le défenseur du Droit naturel et de la Loi naturelle.

     Mage dérive du latin magos prêtre celui qui interprète les songes, ce titre vient sans doute de l’antique fonction du prêtre roi ; par extension, il indique le sage, celui qui détient un savoir qu’il transmet avec sagesse. Les rois mages sont des souverains.

     Selon le récit de Matthieu, ils s’intéressaient à l’astrologie qui englobait l’astronomie, longtemps ces deux sciences n’en formaient qu’une, car si elles se distinguent dans l’ordre de l’intelligence, elles n’en sont pas moins unies par l’ordre divin ce qui est vrai pour toutes les sciences qui ont pour Cause Première Dieu Créateur ?

     Les rois mages étaient des païens, mais leur respect du Droit naturel et de la Loi naturelle leur valut l’attention du Ciel, ce qui leur permit de comprendre un évènement scientifique de l’intérieur qu’ils avaient observé et, aujourd’hui, nul ne se risquerait d’intégrer dans une relation divine un fait scientifique, une observation de peur d’être exclu des milieux scienti­fiques et de voir leur carrière compromise. Et pourtant, toute la création est la manifestation de la Présence de Dieu, du divin que l’homme doit asservir pour la Gloire de son Créateur et parce que cette mission est dans la nature humaine. Leur droiture a permis à la Providence divine de les guider vers leur Créateur et Sauveur ; c’est un exploit, quand on sait la domination des religions païennes et leurs pratiques de sorcellerie, ils pouvaient être mis à mort à tout instant. L’Esprit Saint œuvrait dans le silence contemplatif de leur cœur.  

     Les rois mages représentent les trois groupes ethniques issus des fils de Noé : Sem, Cham et Japheth qui repeuplèrent la terre. Ce sont tous les hommes, toutes les nations et les peuple qui se retrouvent par eux aux pieds de l’Enfant Dieu, ils annoncent leur évangélisation et en effet, le Nom bénit de Jésus-Christ leur est connu ; la mission évangélisatrice de l’Eglise atteint un point d’accomplissement qui se déploiera à l’ouverture du cinquième Sceau de l’Agneau de l’Apocalyse.  

     Leur présence à Bethléem est également significative de la Royauté Universelle de Jésus...

Les offrandes des rois mages :

     L’or est le symbole de la divinité, la couleur de la Saine Trinité, il symbolise la majesté d’un état de vie, d’une charge en lien avec elle ; il représente l’éternité du seul point de vue surnaturel.

     L’encens est l’expression et l’affirmation de l’honneur que l’on doit à Dieu, mais également aux hommes fidèles et aux célébrants, les deux formant le Corps Mystique du Christ ; l’encens est l’expression sensible de la prière individuelle et collective qui monte vers Dieu, une adoration en esprit.

     La myrrhe est un parfum et un baume qui rappelle l’honneur et le respect que l’on doit au corps de l’homme, lui reconnaissant sa dignité, car il aura été le temple de la divinité et, pour nous fidèles du Christ Jésus, elle signifie sa résurrection.

     Les rois mages exprimèrent par leurs offrandes les prémices d’une théologie du corps, ce que reprendra et enseignera le Pape saint Jean-Paul II ;. Ils furent les précurseurs du prophète Siméon et de la prophétesse Anne qui surent reconnaître la Promesse faite à Abraham et à sa descendance.  

La première des conclusions à faire sur cette épiphanie est de considérer les faits en eux-mêmes : nous rappeler les paroles de saint Paul : ce que nous pouvons connaître de Dieu… la création nous le donne ; et, aussi ce qu’enseigne l’Église, qu’il est possible à tout homme de découvrir qu’il n’y a qu’un Dieu et donc de l’honorer. La foi en un Dieu est à la portée de tout homme, la foi chrétienne exige la Révélation et le baptême, c’est une rencontre de personne à une autre Personne.

   

EPIPHANIE : L’ADORATION DES ROIS MAGES de P. C. Aubrit St Pol

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1-Le récit qu’en fait M.Valtortat n’a guère de relation historique.

2-Il met un terme au fonctionnement et au gouvernement de l’Église selon la grille de l’imperium, revenant à l’esprit des premiers siècles qu’illustra le premier Concile de Jérusalem et les Actes des Apôtres : la synodalité à partir du laïcat et l’abandon du carriérisme impérial si cher à nos démocraties.

3-L’un des actes forts de la dynastie des Tang fut d’interdire le sacrifice humain, nous sommes en 618-755.

4-L’onomastique – étude des noms propres – ce qui donne la toponymie.

 

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