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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 23:58

Or voici ce que l'on raconte
En la terre bénie d’Aramat,
Après ce jour de ténèbres, où les morts
S'en furent errant sur le Moriah ;et comment

Le bon saint d’Arimathie, Joseph, au terme
De ses voyages, parvint à Glastonbury,
Où l’épine d’hiver fleurit à Noël,
Se rappelant le Seigneur.

This, from the blessed land of Aromat –
After the day of darkness, when the dead
Went wandering o'er Moriah – the good saint
Arimathaean Joseph, journeying brought
To Glastonbury, where the winter thorn
Blossoms at Christmas, mindful of our Lord.

from The Holy Grail by Alfred, Lord Tennyson

En l’île d’Avalon, l’heureuse vallée
Où ne tombent ni la grêle, ni l’orage, ni la neige
Où le vent même est sans violence, où s’étendent
Les grasses prairies, la beauté des vergers féconds,
Et les verdoyantes baies couronnées par la mer.

To the island-valley of Avalon;
Where falls not hail, or rain, or any snow,
Nor ever wind blows loudly; but it lies
Deep-meadow'd, happy, fair with orchard lawns
And bowery hollows crown'd with summer sea.

 
from Idylls of the King: The Passing of Arthur by Alfred, Lord Tennyson

Télécharger le Saint Graal en version française et anglaise

La légende autour de l’aubépine de Glastonbury Thorn est chrétienne.

Joseph d’Arimathie aurait planté son bâton sur la colline de Wearyall (Wearyall Hill) où il poussa pour devenir une magnifique aubépine.

Cette aubépine est mentionné pour la première fois dans Lyfe of Joseph of Arimathea [la vie anglo-saxone en vers de Joseph d'Arématie] qui date du XVIe siècle.

Cette aubépine fleurissait deux fois l’an. Une floraison peu après le solstice d’hiver sur le « vieux bois » et un autre au printemps sur le « jeune bois ».

La floraison de l’hiver était considéré comme un miracle.

Glastonbury.—A vast concourse of people attended the noted thorn on Christmas-day, new style; but, to their great disappointment, there was no appearance of its blowing, which made them watch it narrowly the 5th of January, the Christmas-day, old style, when it blowed as usual. [Glastonbury.- Une foule de gens s'attendaient à voir le bouton fameux le jour de Noël, date moderne mais a leur grande déception il n'y avait aucune trace de sa floraison, c'est pour cette raison qu'ils la scrutaient anxieusement le 5 janvier, Noël ancien temps, et là elle fleurissait comme d'habitude.]

Glastonbury où l’épine d’hiver fleurit à Noël

L’aubépine est un arbuste épineux bien connu, cousin du rosier et de l’églantier qui pousse en lisière des bosquets, au bord des chemins, le long des rivières ou en bordure des champs, formant des haies infranchissables, à cause de ses épines.

Plante sacré, l’aubépine est un buisson dont la morphologie de la feuille rappelle vaguement celle du chêne, à ceci prêt que ses branchage sont recouvert d’épine, et on la distingue aussi grâce à ses baies rouge. L’arbre fleurit Blanc. Arbre de Protection Mystique, l’Aubépine était présent dans la plupart des sanctuaires, formant une barrière tant physique (de part ses épines) que psychique pour délimiter l’enceinte Sacrée.

Arbre de Protection, c’est aussi un arbre mystique à l’énergie particulièrement élevée où réside bien souvent des entités et esprits de la nature, et notamment les Fées, l’aubépine constitue ainsi une plante d’intérêt pour établir un contact entre les deux mondes.

On l’utilisait parfois pour faire des couronnes aux prêtresses lors de fêtes particulières pour permettre un contact avec d’autres mondes lors de rituel et ainsi s’attirer la protection !

L’aubépine est donc surnommée « épine blanche, noble épine, épine de mai, pain d’oiseau ou senellier ».

Il y a un lieu fascinant situé dans la jolie campagne du Sommerset, au sud-ouest de l'Angleterre, près de Stonhenge: Glastonbury.

 

Le site de l'Abbaye de Glastonbury est imprégné des mystères des temps anciens, il contiendrait caché depuis des siècles le fabuleux Saint-Graal, objet de la quête des Chevaliers de la Table Ronde de tous les temps.

 

A proximité de Glastonbury, la tradition place Camelot, le royaume messianique du Roi Arthur.

 

Selon des historiens britanniques, le site de l'Abbaye de Glastonbury aurait été la maison du Sauveur Yeshoua/Jésus lors de son enfance, avant sa mission auprès des hommes.

 

Longtemps avant l'avènement du Seigneur Yeshoua, les Druides de cette région du monde, vénéraient un dieu appelé Esus ou Yesu. C'est un fait troublant, car ce nom rappelle étrangement Jésus ou Yesouha sous sa forme hébraïque.

 

Les Druides avaient-ils eu la prémonition de la venue du Oint d'Israël? La chose est possible, étant donné les nombreux pouvoirs paranormaux de ces prêtres qui vivaient en symbiose avec les éléments naturels.

 

La tradition nous apprend que Yeshoua c'est-à-dire Jésus, aurait visité la Grande-Bretagne quand il était petit garçon en compagnie de Joseph d'Arimathie, ce dernier construisit un abri pour le jeune garçon sur le site de la future Abbaye.

 

Les Evangiles synoptiques nous disent rien de la vie de Jésus enfant, entre la fuite des parents Joseph et Marie en Egypte et le début de son ministère lorsque Jésus avait une trentaine d'années.

 

Une visite de Jésus en Grande-Bretagne n'est pas impossible par rapport à ce que nous savons de l'étendue de la diaspora juive dans l'Empire Romain, mais l'histoire positive nous dit qu'il n'y avait pas de foyer diasporique en Grande-Bretagne à l'époque, pourtant les Juifs entretenaient des rapports commerciaux avec l'Île de Bretagne comme on disait alors.

 

Par ailleurs Joseph d'Arimathie était un Juif riche, membre du Sanhédrin, il sera disciple de Jésus, mais en secret, un voyage à travers l'Empire Romain n'aurait pas été impossible pour cet homme.

 

Un voyage pour soustraire l'enfant Jésus aux foudres hérodiennes, en Bretagne, l'hypothèse n'est pas absurde, nous manquons simplement d'éléments pour l'affirmer, nous ne pouvons nous fier qu'à la tradition.

 

Joseph d'Arimathie est un personnage important, c'est lui qui demanda à Pilate le corps de Yesouha; et avec sa permission, il le descendit de la croix et l'enveloppa dans un linceul pour le mettre dans un tombeau. Matthieu nous apprend qu'il s'agissait du tombeau personnel de Joseph d'Arimathie.

 

En 1135, l'anglais William de Malmesbury rapporte une légende ancienne relative au voyage de Joseph d'Arimathie en Angleterre, amenant avec lui le Saint-Graal, utilisé lors de la Cène.

 

Cette histoire est en relation avec l'Abbaye de Glastonbury. Examinons-là. Joseph d'Arimathie après un détour par la Gaule vint en Grande-Bretagne en 63 après Jésus-Christ, à Wearyall Hill, il planta son bâton dans le sol, qui devint une aubépine, on l'appellera l'"Epine de Glastonbury" ou "Epine Sacrée".

 

Elle fleurissait deux fois par an, et de nos jours, on peut encore la voir, l'original fleurit toujours en face de l'Eglise de St.John. L'analyse de cette plante à démontré que c'était une variété d'Aubépine poussant normalement en Israël et en Syrie.

 

Alors véritable bâton de Joseph d'Arimathie ou Aubépine rapporté par des croisés de l'Orient, à vous de choisir selon votre coeur.  Mais la légende ne s'arrête pas là!

 

Le roi Anglais Arviragus donna à Joseph la terre où le Christ avait probablement fait sa maison, lorsqu'il était jeune.

 

C'est sur cette terre que l'Ange Gabriel lui apparut et lui ordonna de construire la première église chrétienne d'Angleterre. Joseph d'Arimathie passera les dernières années de sa vie à Glastonbury, bien loin de son Israël natal, en apportant la Bonne Nouvelle aux païens du Nord.

 

Glastonbury par cette histoire singulière est un Haut Lieu spirituel et mystique pour nous Chevaliers de la Table Ronde, mais ce site réserve encore quelques surprises étonnantes.

 

En 1190 des moines de Glastonbury annoncèrent la découverte de la tombe du roi Arthur, lors de travaux de reconstruction de l'Abbaye.

 

Il fut découvert une dalle de pierre ornée d'une croix de plomb, avec l'inscription suivante : Ici repose enterré le célèbre roi Arthur dans l'Ile d'Avalon.

 

Le cercueil était constitué par un tronc d'arbre évidé et contenait les os d'un homme de grande taille, et ceux d'une femme, que les moines identifieront à Guenièvre.

 

800 ans plus tard, entre 1962 et 1963, un archéologue du nom de Raleigh Radford entreprend des fouilles dans l'Abbaye et confirma que les moines avaient bien creusés à l'endroit qu'ils avaient indiqué au XIIe siècle.

 

Il trouva également une pierre formant la paroi d'une tombe importante. Radford voulait prouver la véracité des dires des moines de Glastonbury, malheureusement les reliques d'Arthur et de Guenièvre avaient été placées dans une cassette, les restes furent dispersés après la dissolution de l'Abbaye et disparurent de l'histoire.

 

Le visiteur peut aujourd'hui lire une plaque dans les fondations de l'Abbaye qui mentionne l'endroit où les os avaient été trouvé.

 

Glastonbury a été identifiée à l'Ile d'Avalon, parce que jusqu'au moyen-âge, le site était entouré par de la lagune et des voies navigables, ce sont les moines qui feront un travail colossal d'assèchement extensif.

 

Avant ce travail, la butte s'élevait à 500 pieds au-dessus du niveau de la mer. L'identification de Glastonbury avec l'Ile d'Avalon, dernière demeure d'Arthur est tentante.

 

Glastonbury recèle encore d'autres énigmes, il existerait à Glastonbury un portail avec un autre monde, un monde souterrain, habité par des êtres féeriques.

 

Le lieu serait donc le passage pour ces créatures entre notre monde et le leur. Les britanniques donnent à ce monde souterrain le nom de Annwn.

 

L'Eglise en ruines de St. Michaël qui couronne la butte, aurait été édifiée pour éliminer la réputation païenne du site. Une série de 7 terrasses concentriques encercle la butte.

 

A ce propos des archéologues ont parlé de labyrinthes préhistoriques, car on trouve d'autres sites préhistoriques avec 7 enceintes autour d'une butte. Pour le professeur Philip Rahtz qui a fouillé le sommet de la butte dans les années 60, arriva à la conclusion que c'était bien un labyrinthe préhistorique, remontant à l'époque Néolithique.

 

Nous trouvons au pied de la butte un lieu-dit aux noms évocateurs : Chalice Well ou Bloody Spring.

 

Ces noms évoquent irrésistiblement le Saint-Graal, en ce lieu-dit une source coule qui passe pour avoir des pouvoirs curateurs.

 

Pour être complet il faut signaler que la butte de Glastonbury est le siège d'étranges phénomènes, que l'on peut classer dans la catégorie paranormale.

 

En 1969, quatre équipes de travailleurs de nuit, virent un objet en forme de disque survoler la colline, la même année, d'autres témoins virent une boule lumineuse d'un rouge ardent au-dessus de la butte.

 

En 1970, un témoin de choix en la personne d'un officier de police. Il fit un rapport dans lequel il dit avoir observé huit objets rouges foncé en forme d'oeufs, qui volaient en formation au-dessus de la butte.

 

En 1981, à la Saint-Jean, un groupe de personne se rendant au sommet de la colline, virent à leur plus grande stupeur, une lueur rouge qui affectait la forme d'un dragon, sortir de la tour de l'Eglise en ruine de St. Michaël.

 

Un autre phénomène se produisit fin Janvier 1991, Ciara Mulford et deux de ses amis descendaient de la butte, quand deux d'entre eux prirent peur à la vue d'un flash de lumière orange/rose qui éclaira la tour de la vieille église.

 

Approchant de leur voiture, le petit groupe constata avec crainte que le système de verrouillage centralisé se mit en marche tout seul, se verrouillant et se déverrouillant à plusieurs reprises.

 

Il faut citer également  la découverte par Katharine Maltwood, en 1935, d'un document  à l'Abbaye de Glastonbury s'intitulant Perceval ou la Grande Histoire du Saint-Graal, donne la clé d'un étrange Temple des Etoiles.

 

En effet, Glastonbury posséderait un zodiaque qui couvre une surface de 10 miles de long. Les représentations s'étendent d'un mile à cinq miles, ce qui est considérable, elles sont analogues aux constellations zodiacal du ciel nocturne.

 

Est-il possible qu'en des temps anciens, Glastonbury fut une sorte d'observatoire astronomique? A l'instar de Stonhenge? C'est possible.

 

Nous avons vu qu'a Glastonbury se mêle tradition païenne, judéo-chrétienne, mythe du Saint-Graal.

 

Que ce lieu est connu pour ses étranges phénomènes paranormaux, aucun doute que nous sommes face à un Haut Lieu de la spiritualité et du cycle arthurien.

 

Pour conclure notre travail, nous allons retrouver Joseph d'Arimathie mis en scène par Xavier de Langlais dans son oeuvre médiévale "Le Roman du Roi Arthur", méditons sur ce passage riche en symbolique et en leçon initiatique :

 

- Un jour où il traversait la forêt de Brocéliande, Joseph d'Arimathie ne vit pas venir à lui sans surprise l'émissaire d'un roi païen qui régnait en ce temps-là sur le pays de Rennes. "Au nom du Dieu que vous servez, lui-dit cet homme qui s'appelait Matagran, guérissez mon frère." "Certes, répondit Joseph, la charité du Christ me conseille de me rendre au chevet de ton frère. Toutefois, avant d'accéder à ton désir, j'aimerais te poser une question : je sers le Dieu vivant, vous adorez des idoles; pourquoi ne vous adressez-vous pas à vos dieux de pierre et de bois?... Est-ce à dire qu'ils ne valent rien?" En l'entendant railler de la sorte les superstitions des païens, un chevalier de la suite de Matagran voulut frapper Joseph d'Arimathie de son épée, mais celle-ci se brisa à l'instant même où elle allait trancher la chair du serviteur du Christ qui ne fut qu'effleurée. Joseph, après avoir remercié le Ciel du miracle qu'Il venait de faire en sa faveur, avait alors prophétisé : "Epée, celui qui te rendra ton intégrité sera le meilleur chevalier du monde, le champion célestiel qui mettra fin aux aventures du Saint-Graal.

 

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 23:55

Écoutez ce que racontent les vieux Grecs de chez nous.

Lorsque Jésus-Christ, Notre-Seigneur, ressuscita le troisième jour, personne ne voulait croire en Lui.

On Lui avait vu faire en sa vie beaucoup de miracles, mais ce miracle-là, on ne pouvait l’admettre.

Il fut renié par les disciples, renié par les apôtres, renié par les saintes femmes. Alors il vint chez sa Mère.

Or à ce moment, elle se tenait près du foyer, et faisait frire un poisson destiné à son souper et à celui de ses proches.

Le Seigneur lui dit :
« Salut femme ! Me voici, moi ton Fils, ressuscité comme il a été prédit dans l’Écriture. La paix soit avec toi. »

Mais elle se mit à trembler et s’écria pleine d’effroi :
« Si Tu es vraiment Jésus, mon Fils, accomplis un mirade afin que je croie en Toi. »

Notre-Seigneur sourit de ce qu’elle n’avait pas foi en Lui et dit :
« Voilà : je vais prendre ce poisson qui est là sur le feu et je lui rendrai la vie. Croiras-tu en moi alors ? »

À peine avait-il effleuré de ses doigts le poisson pour le soulever en l’air, que celui-ci se mit à frétiller et revint à la vie.

Alors la Mère du Seigneur eut foi dans le miracle, en son Fils ressuscité.

Et depuis lors ce poisson garde deux traces des doigts de Notre-Seigneur. »


Une autre version de la légende

Saint Pierre, apôtre de Jésus, puis premier évêque de la chrétienté, attrapa un jour le poisson sur l'ordre du Christ pour retirer de sa bouche une pièce d'or.

Depuis les flancs argentés de ce poisson portent une tache noire bordée de jaune qui serait selon la légende les empreintes digitales laissées par Saint-Pierre en retirant une pièce d'or de sa bouche.

L'empreinte de son pouce est demeurée et s'est perpétuée de génération en génération et le poisson porte toujours un gros point noir sur ses flancs !

C'est ce que raconte la légende, mais la mer de Galilée n'est pas l'habitat de ce poisson.

Certains disent que c'est suite à cette pêche, que ce poisson aurait quitté cette mer.

 

Le Saint-Pierre, Zeus faber dans notre cas, est un poisson des mers tempérées de la famille des Zéidés. Il vit près des côtes, sur les fonds rocheux et se nourrit de petits poissons, de crustacés et de mollusques.

Ce poisson à corps haut et extrêmement plat  est marqué d'une tache circulaire sombre sur ses flancs. Il peut mesurer jusqu'à 70 cm et peser jusqu'à 9  kg. La première nageoire dorsale est constituée de rayons épineux allongés. Des bosses épineuses sont à la base des nageoires dorsales et anales.

C'est un solitaire qui  chasse en dérive, et se nourrit de petits poissons, sardines mais aussi seiches et  crustacés. Il se déplace plutôt lentement en ondulant ses grandes mais inefficaces  nageoires dorsales et anales.

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 23:58

Timbre représentant Saint Brendan découvrant les îles Féroé et l'Islande

Pendant des siècles, on a fermement cru et enseigné que l'Amérique du Nord a été découverte par Christophe Colomb. Plus récemment, il a été convenu que les Normands ou Vikings ont probablement été sur ce continent vers l'an 1000. "Mais", comme les rédacteurs du National Geographic Magazine le font remarquer, "c'était peut-être un groupe de vagues, et pourtant très réels, moines marins irlandais qui a même précédé les Vikings de plus de quatre siècles." [1] En effet,il y a des preuves pour que cela puisse être vrai.

Au XXe siècle un certain nombre de chercheurs ont commencé à soupçonner que la saga médiévale connue comme le "Voyage de l'higoumène saint Brendan" (Navigatio Sancti Brendani Abbatis) n'était pas du tout une "pieuse fable", mais la narration d'un voyage réel - un voyage par saint Brendan et un certain nombre de moines d'Irlande à la côte Est de l'Amérique du Nord, avec des récits de ce que nous pouvons maintenant identifier comme les éruptions volcaniques d'Islande, une rencontre avec une baleine, et les icebergs.

Initialement, cette interprétation fut rejetée parce que les experts doutaient que quiconque pouvait avoir traversé l'Atlantique avec le type de bateau primitif ou en cuir à coque "curragh" connu pour avoir été utilisé très tôt par les marins irlandais ou celtiques. Ils doutaient, c'est-à-dire, jusques à ce que, dans les années 1970, l'explorateur britannique Timothy Séverin, traversât avec succès l'océan dans un bateau en cuir (une copie du bateau de saint Brendan), prouvant indubitablement que les moines irlandais pourraient avoir navigué avec leurs bateaux de cuir vers le Nouveau Monde, avant les Normands, et bien avant Colomb..." Tout aussi important, cela montre que le Voyage de Brendan n'était "pas de simples et splendides fantasmes médiévaux, mais un récit très plausible... fondé sur des faits réels et de véritables personnes." [2]

Pourtant,  il n'y avait aucune preuve réelle pour montrer que des Européens étaient allés en Amérique du Nord dès le sixième siècle, quand le "Voyage" de Brendan  est sensé avoir eu lieu.

Et puis, en 1982, un pétroglyphe - une inscription gravée dans la paroi d'une falaise ou d'un rocher - dans le comté du Wyoming, en Virginie occidentale, a été enregistré et identifié. Ce site avait été découvert en 1964, mais ce n'est qu'en 1970 qu'un archéologue de l'Etude Economique et Géologique  de Virginie Occidentale  l'a étudié et a conclu que ce pétroglyphe (roche sculptée) avait au moins cinq à sept cents ans, sinon plus, et était en contraste marqué avec les autres pétroglyphes connus dans la région. Douze ans plus tard, un archéologue éminent avec vingt-sept ans d'expérience sur le terrain, Robert L. Pyle, manifesta un sérieux intérêt pour ces pétroglyphes. Le Docteur Pyle, qui a une cote de GS-9 comme archéologue du gouvernement fédéral et est autorisé à faire des travaux archéologiques sur les projets fédéraux, n'avait pas de programme particulier à l'esprit, à la différence de Timothy Severin, qui cherchait à prouver qu'un bateau celtique primitif pourrait faire un voyage trans-atlantique, le Docteur Pyle voulait simplement scientifiquement et objectivement déterminer, si possible, quel était le sujet de ce pétroglyphe particulier.

Pétroglyphe de Wyoming passé à la craie à la craie.
Crédit: Gerald Ratliff

 

Autorité de premier plan dans le domaine des langues anciennes, et professeur émérite à Harvard, le Docteur  Barry Fell,se joignit à l'équipe de l'enquête. Il conclut que ces pétroglyphes "semblent dater du sixième-huitième siècle après Jésus-Christ, et qu'ils sont écrits en vieille langue irlandaise, employant un alphabet appelé Ogam, trouvé aussi sur d'anciennes inscriptions rupestres en Irlande... [et] sur un manuscrit de Dublin, connu sous le nom de "Tract Ogam", composée par un moine inconnu au XIVe siècle." [3] La première surprise est venue quand le message a été déchiffré:
 
"Au moment du lever du soleil, un rayon frôle l'encoche sur le côté gauche le jour de Noël, fête de l'Eglise, les sept premiers de l'année [chrétienne], la saison de l'avènement du Sauveur béni, le Seigneur Jésus-Christ . Voici, il est né de Marie, une femme. " [4]

Trois Chi Rho celtiques (les lettres grecques - "X" et "R" - pour le Christ) apparaissent aussi sur ces pétroglyphes (à l'extrême droite).

 
La deuxième surprise est venue quand les enquêteurs ont décidé de tester l'inscription par le calcul de la date du calendrier julien quand la fête de la Nativité tombait entre 500 et 800 après Jésus-Christ. Ainsi, le 22 décembre (nouveau style) 1982, ils sont allés sur le site avant l'aube et ont regardé et attendu. Soudain, alors que le soleil venait sur une crête, "une lueur de soleil pâle frappa le symbole du soleil sur le côté gauche des  pétroglyphes, et le soleil levant baigna le panneau entier dans la chaude lumière du soleil... pénétrant comme dans un entonnoir à travers une triple encoche formé par le surplomb rocheux. " [5]
 
Une autre inscription, appelée le Horse Creek Petroglyph [pétroglyphe de la crique du cheval] (dans le comté de Boone, en Virginie occidentale), a également donné une traduction chrétienne avec  l'utilisation du  Chi Rho.
 
 

 

Bien sûr, une enquête plus approfondie et l'étude de ce sujet fascinant est justifiée, et des tests importants sont en attente pour certains artefacts trouvés sur ces sites. Mais pour l'instant, nous pouvons dire qu'une preuve est lentement mais sûrement élaborée sur l'existence des Celtes, très problablement des moines, sur ce continent bien avant tous les autres [voyageurs] venus de l'Occident.
 
Ceci est particulièrement intéressant parce que les chrétiens celtes étaient aussi des chrétiens orthodoxes, appartenant à l'Eglise une, véritable et universelle du Christ, et avant que l'Occident ne se soit séparé de l'Eglise orthodoxe au dixième siècle. Leur spiritualité, loin d'être la "spiritualité New Age" à la mode que beaucoup d'écrivains d'aujourd'hui attribuent anachroniquement  aux anciens Celtes, a été complètement orthodoxe dans l'enseignement ainsi que dans la pratique monastique et ascétique.
 
En effet, le Père Grégoire Télépneff, dans son étude passionnante et érudite, The Egyptian Desert in the Irish Bogs [le désert égyptien dans les tourbières irlandaises], conclut que le christianisme celtique révèle en réalité des influences "coptes significatives* [c'est-à-dire égyptiennes] d'un genre spécifiquement monastique." [6]
 
Ces "trouvailles" archéologiques en Virginie occidentale et ailleurs, qui semblent indiquer une présence celtique et monastique sur ce continent de plus d'un millier d'années, donnent un impératif aux chrétiens (orthodoxes ou non) d'étudier l'Occident Orthodoxe (en particulier dans la vie des saints) comme il était avant le Grand Schisme. Parce que la floraison riche et authentique de l'orthodoxie, en particulier dans le christianisme orthodoxe celte, est caractérisée par à la fois l'ascèse et la sainteté, il peut être aussi nourrissant pour l'âme qu'il l'était pour les croyants d'il y a un millénaire et un plus.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
 
 Orthodox Life [ Vie orthodoxe], 
no 1, 2001, p. 33-36.
cité par 
 
** NOTE OODE: "Copte" est une anglicisation du "qoubt" arabe. Les Coptes sont les descendants directs des anciens Egyptiens. L'Eglise copte (antichalcédonienne) est la portion de l'Eglise d'Alexandrie, qui a rompu avec les autres Eglises orthodoxes dans le sillage du quatrième Concile œcuménique de Chalcédoine en 451. Partageant un patrimoine commun préalablement avec les orthodoxes (chalcédoniens) de l'Eglise d'Alexandrie, elle a  ses origines chez l'Apôtre Marc. Le mot "copte", initialement utilisé pour faire référence aux Egyptiens (natif du pays)  en général, est aussi utilisé dans le texte ci-dessus, mais il a subi un glissement sémantique au cours des siècles pour signifier plus précisément "Égyptien chrétien*. "Suite à la convention standard de savants, Père Grégoire Télépneff utilise le mot "Copte" dans son étude comme synonyme d'égyptiens, c'est, comme un terme général indiquant les descendants ethniques des anciens Egyptiens (pré-chrétiens) et de leur langue afro-asiatique distincte (maintenant morte, sauf pour les usages  liturgiques). En tant que tel, l'utilisation de "Copte" ne doit pas être confondu avec son sens populaire, plus commun comme terme désignant spécifiquement les égyptiens antichalcédoniens, à savoir, les membres de l'Église dite Copte.
 
Notes 
1. "Who Discovered America? A New Look at an Old Question," National Geographic, December 1977.
2. "The Voyage of Brendan," by Timothy Severin, ibid.
3. "Christian Messages in Old Irish Script Deciphered from Rock Carvings in W. Va.," by Dr. Barry Fell, Wonderful West Virginia, March 1983
4. Ibid.
5. "Light Dawns on West Virginia History," by Ida Jane Gallagher, Wonderful West Virginia, ibid.
6. Telepneff, Fr. Gregory, The Egyptian Desert in the Irish Bogs: The Byzantine Character of Early Celtic Monasticism, 1998
__________________________________
 

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