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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 22:22
La réponse aux attentats est spirituelle

Jean-François Colosimo, écrivain, théologien et éditeur, décrypte pour Figarovox [28.07] l'attentat, inédit sur le sol français, qui a notamment coûté la vie à un prêtre octogénaire dans son église. 

 

Cet attentat dans une église, visant des fidèles, était-il selon vous inévitable?

Oui. Daech mène aussi une guerre de religions. Dans un conflit, il est essentiel de savoir désigner l'ennemi. Il n'est pas moins indispensable de connaître la manière dont l'ennemi vous définit.

Dans la représentation de Daech, il n'est pas tant question de l'Occident, des Américains ou des Européens, que du « camp des juifs et des croisés»  ou du « royaume de la croix ».

Qu'un prêtre soit égorgé dans son église nous paraît inouï, c'est pourtant ce qui se produit, dans l'indifférence, au Proche-Orient depuis une décennie.

D'un coup, la mondialisation, qui est un univers de flux financiers, numériques, migratoires, abolit les distances et les différences. L'effet retard de notre prise de conscience explique notre sidération.

Le déni la nourrit également: voyez le temps qu'ont mis les autorités françaises à reconnaître que les 21 Egyptiens décapités sur une plage en Libye en février 2015 l'avaient été parce qu'ils étaient chrétiens, précisément coptes.

Comment analysez-vous cette sorte de cécité ?

Nous sommes pris dans une logique historique inversée: le projet européen est une uchronie hors du passé, du présent, tendue vers un pur avenir de paix, de fraternité et… de consommation.

Il s'agit de constituer l'empire du bien, neutre, capable d'accueillir toutes les altérités et de désarmer toutes les hostilités.

Mais pour réaliser cette abstraction, il faut se couper de ses racines et se conjuguer éternellement au futur.

L'Europe, dans sa Constitution même, nous ordonne d'être anhistoriques.

Et pourtant les terroristes, en attaquant cette église mardi matin, ont voulu frapper un symbole…

C'est là le paradoxe. Pour le califat réinventé par Daech, l'histoire détermine le présent: nous sommes les héritiers du christianisme.

Les djihadistes nous assignent à notre identité religieuse, même si nous nous échinons à affirmer qu'elle ne nous concerne plus.

Cet attentat marque-t-il, selon vous, un tournant ?

Oui. D'une part, parce que la notion même de sanctuaire que représentent diversement le temple, la vieillesse, la périphérie, l'anonymat, s'en trouve annulée.

D'autre part, parce que le fait chrétien, sans lequel la France est inconcevable, longtemps minoré, ne peut plus être ignoré.

Là encore les pouvoirs politiques et médiatiques ont leur part de responsabilité: on s'émeut régulièrement et à raison des actions de vandalisme contre les cimetières juifs et musulmans tandis que les mêmes actions contre les cimetières chrétiens sont largement passées sous silence.

Pensez-vous que la réponse de l'Eglise qui consiste à tendre l'autre joue, à s'aimer les uns les autres, puisse être interprétée comme un aveu de faiblesse ?

C'est pourtant la seule bonne réponse!

Les évêques sont des guides, chargé du peuple des fidèles. Ils doivent empêcher que l'on réponde à la haine par la haine. Mais ils font aussi œuvre publique.

Daech espère que des représailles antimusulmanes finiront par survenir en Europe et que s'ensuivra une guerre civile généralisée.

C'est un piège qu'il revient à l'Eglise de prévenir.

Ce n'est en rien une position naïve: c'est le catholicisme qui, avec saint Augustin et saint Thomas, a fait en sorte que la guerre soit encadrée par le droit afin qu'elle ne tourne pas à la pure barbarie.

Diriez-vous que le dialogue avec l'Islam est possible ?

Le christianisme est engagé dans un effort permanent de dialogue avec l'Islam.

C'est une entreprise souvent décevante, toujours difficile, mais nécessaire.

Comme le disait l'orthodoxe Olivier Clément (1921-2009), les musulmans méritent notre «respect têtu», c'est-à-dire que nous menions avec eux un dialogue persévérant parce qu'exigeant, autant fondé sur la vérité que sur l'humanité.

Comment distinguer islam et islamisme dès lors que les ferments de violence se trouvent dans les textes sacrés de cette religion ?

Toute religion porte en elle une tentation fondamentaliste qui lui est propre.

Néanmoins, l'islam présente une porosité singulière à ses dérives exacerbées.

Contrairement à l'idée répandue, les causes de la crise ne sont ni politiques, ni économiques.

La réforme doit d'abord être d'ordre théologique, philosophique, exégétique.

Le monde musulman rêve de retrouver son Age d'or.

Il le fera non pas en renouant avec l'imagerie de la conquête, mais avec l'impératif de l'interprétation.

Si les djihadistes nous lançaient un défi, quel serait-il ?

Le défi est là, et démonisé.

Les voilà qui nous disent: «Je suis prêt à mourir parce que je veux l'au-delà. Et toi, pour quoi es-tu prêt à mourir?»

C'est là qu'apparaissent le gouffre et la béance de notre société horizontale qui ne connaît plus de verticalité.

Tant que nous ne retrouverons pas l'évidence qu'il nous faut articuler notre communauté de destin à une forme ou à une idée de la transcendance, nous serons condamnés, désolés, à compter nos morts.

Et l'idée de progrès ou celle d'Europe ne suffisent-elles pas à nous transcender ?

Ce sont des idées mortes!

C'est fini le progrès, l'utopie, Prométhée.

Ces idées ont été le cœur noir des Lumières, soldé par le goulag, la Shoah et Hiroshima.

L'homme européen a proclamé la mort de Dieu et c'est la mort de l'homme qui est advenue et qui se poursuit.

Croyez-vous que les djihadistes sont des êtres archaïques, fonctionnant avec les codes du Moyen Age ?

Pas du tout. Les djihadistes sont le parachèvement de la modernité.

Leur crime allie le goût de la barbarie et l'exaltation de la technique.

C'est la combinaison du sacrifice sanglant et de l'application Periscope (qui permet de diffuser une vidéo en direct via son smartphone, ndlr).

Si on ne comprend pas cela, on continuera à dire des âneries!

Non les islamistes ne sont pas en transition historique, ils ne viennent pas du Moyen Age, ils sont l'acmé du nihilisme.

Vous semblez imputer ces attentats à la modernité…

Je crois qu'il faut bien comprendre que la globalisation consiste en deux mouvements: le premier, centrifuge, qui veut produire un individu cloné à l'échelle planétaire selon un même axe et sur un mode identique ; le second, centripète, qui voit éclater les identitarismes reconstruits, tribaux et claniques à la bordure.

La mondialisation, ce n'est pas l'un ou l'autre, mais les deux en même temps.

La stérilisation et la virulence simultanément.

Quelle solution ?

Ce n'est pas pour rien que les djihadistes assaillent les églises en Orient et désormais en Occident.

Ils les attaquent car là, précisément, est la réponse.

Celle-ci ne se trouve pas dans les universités, les think tanks ou les ministères.

Les djihadistes divinisent la mort. Le carnage est leur prière.

La réponse consiste en la démonstration que non seulement Dieu est vivant, mais qu'il est «le Vivant».

La réponse est résolument spirituelle.

Jacques Hamel, ce prêtre octogénaire assassiné, est-il au sens strict un martyr ?

Qui d'autre le serait, sinon ?

Au moment de mourir, il célébrait la messe. Il se trouvait à confesser sa foi.

Il a été égorgé comme l'agneau sur l'autel.

Si lui n'est pas martyr, alors qui l'est?

Les dieux de toutes les religions sont des dieux gagnants.

Seul le Dieu des chrétiens consent à apparaître perdant en s'incarnant, en subissant le supplice, en mourant sur la croix.

Pour mieux renverser la malédiction qui amertume l'histoire des hommes.  

Jean-François Colosimo est essayiste et directeur général des Editions du Cerf. Il a récemment signé Les Hommes en trop. La malédiction des chrétiens d'Orient, chez Fayard. 

Guyonne de Montjou          

 

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 22:23
L’Annonciation, miniature de la Jami ‘al-Tawarikh de Rashid al-Din, 1314. / /www.bridgemanart.com

L’Annonciation, miniature de la Jami ‘al-Tawarikh de Rashid al-Din, 1314. / /www.bridgemanart.com

► Que dit le Coran de Marie ?

Appelée sayyidunâ (« notre dame ») par les musulmans, Marie (Maryam, en arabe) est citée à 34 reprises dans le Coran – plus que dans tout le Nouveau Testament. Le texte fondateur de l’islam lui consacre même une sourate entière, la sourate 19 dite « sourate de Marie ».

« Marie n’est donc pas une inconnue pour les musulmans », souligne le P. Maurice Borrmans, ancien enseignant à Institut pontifical d’études arabes et d’islamologie (Pisai), qui résume ce que les différents passages coraniques rapportent à son sujet : « Le Coran dit d’elle que sa mère, la femme de ‘Imrân, l’a consacrée à Dieu dès sa naissance (3, 35-36), que Zacharie s’est occupé de son éducation “dans le sanctuaire” (3, 37), qu’elle a reçu “bonne nouvelle” d’une “parole” lui venant de Dieu (3, 45), qu’elle est donc devenue enceinte sans concours d’homme “sous l’action de l’esprit de Dieu” (3, 47 ; 19, 20-21), qu’elle a accouché de son fils au pied d’un palmier, au désert, palmier qui l’a gratifiée de dattes fraîches et d’une eau désaltérante (19, 25-26), qu’elle a présenté son bébé “aux siens” répondant par un “jeûne du silence” à leurs accusations de prostitution (19, 26-28), qu’elle est donc “avec son fils, un signe pour les mondes” (23, 50 ; 21,91) et, pour son compte personnel, “un modèle pour les croyants parce qu’elle a préservé sa virginité, si bien que Dieu a insufflé en elle de Son esprit, parce qu’elle a déclaré véridiques les paroles et les livres de Dieu et parce qu’elle a été du nombre des personnes pieuses” (66, 12). »

« Nulle autre femme n’a dans le Coran de tels privilèges », explique le P. Borrmans. Aucune autre femme n’y est d’ailleurs nommément citée : ni Âmina, mère du prophète Mohammed, ni sa première épouse Khadîja, son épouse préférée ‘Â’isha, ou sa fille Fâtima. « Même si un hadîth postérieur les cite à égalité avec Marie », complète le P. Borrmans. Signe de cette place éminente de Marie dans l’islam, Al-Azraqî, historien de La Mecque du IXe siècle, raconte que, quand Mohammed ordonna de purifier la Ka’aba des idoles, il protégea de sa main un portrait de Marie et Jésus : « Effacez toutes les peintures de ce mur sauf celle-ci », ordonna-t-il.

► Quelle différence avec le christianisme ?

Si le texte du Coran sur Marie ne correspond pas totalement avec les récits de la Nativité dans les Évangiles canoniques, tous les détails cités ont des correspondances avec des textes apocryphes et des traditions palestiniennes, notamment Le Protévangile de Jacques, un texte du IIe siècle qui a eu un succès considérable dans l’Orient chrétien et a influencé de nombreuses traditions chrétiennes, ou L’Évangile du Pseudo-Matthieu, un évangile de l’enfance de la fin du VIe siècle-début du VIIe siècle, soit juste avant Mohammed… « Le Coran reflète les positions de Mohammed et de ses disciples sur Jésus et son identité, sur Marie, sur les affirmations des chrétiens, ce qu’on peut accepter, ce qu’on peut tolérer, ce qu’on doit rejeter », explique Suleiman Ali Mourad, professeur de religion au Smith College (1).

Ainsi de l’expression « Fils de Marie », systématiquement employée par le Coran pour parler de Jésus, alors que l’Évangile ne le fait qu’une seule fois. Elle reflète autant les controverses entre juifs et chrétiens sur l’origine de Jésus – le Coran dénonce à ce propos les « calomnies » des juifs qui accusent Marie d’être une« prostituée » – que la volonté de l’islam d’apporter sa propre réponse au débat, encore vif, sur la maternité divine de Marie, et donc la divinité de Jésus. « La Mère du Christ n’est pas reconnue comme la Mère de Dieu », explique l’anthropologue des religions Malek Chebel (2). « Et si Jésus est perçu comme un prophète important de l’islam, il n’est pas “Dieu” dans le Coran. » Celui-ci reproche d’ailleurs aux chrétiens de diviniser Jésus et Marie. « Si vous dites que Jésus est le Fils de Marie, cela sous-entend qu’il n’est pas le Fils de Dieu, sinon Marie deviendrait l’égal de Dieu », poursuit Suleiman Ali Mourad.

> Lire aussi : « Conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie »

Le fait que le Coran nomme Jésus «’Îsâ », et non « Yasû » (« Dieu sauve »), souligne d’ailleurs bien que Jésus n’est ni Dieu ni sauveur. Avec la conséquence, dans l’islam, de voir Marie – qui, contrairement à l’Évangile, ne donne pas son consentement au moment de l’Annonciation – réduite à un rôle de modèle de vie pure et dévote.

► Un pont entre chrétiens et musulmans ?

Au-delà des différences théologiques, Marie demeure un point de référence commun important entre chrétiens et musulmans. « Même les musulmans viennent la vénérer. À Notre-Dame de Harissa, la moitié des pèlerins sont musulmans. À Lourdes, c’est 5 %, ce qui, sur 6 millions de personnes, fait pas mal de monde », relève Gérard Testard, coordinateur d’Ensemble avec Marie, une initiative de rencontre entre chrétiens et musulmans autour de la fête de l’Annonciation (3) qui a été décrétée jour férié au Liban, justement en raison de la vénération de Marie par les musulmans.

> Lire aussi : L’Annonciation rassemble désormais chrétiens et musulmans libanais

Et même si cette religiosité populaire musulmane n’est pas toujours appréciée d’une partie des responsables de l’islam, « Marie peut être un élément de conciliation entre chrétiens et musulmans », insiste le P. Borrmans. « Si, pour les chrétiens, elle est médiatrice de toutes grâces, avec et par son Fils, le seul médiateur auprès du Père, elle pourrait aussi être médiatrice entre musulmans et chrétiens en tant que modèle parfait de la”soumission confiante” aux désirs de Dieu sur notre commune humanité », explique-t-il, rappelant les méditations du grand islamologue Louis Massignon (1883-1962) pour qui le « fiat » de Marie était l’expression parfaite de « l’islam » entendu dans son sens premier, la« soumission » à la volonté divine.

« Marie est un modèle de foi et de fidélité », résume Gérard Testard, pour qui« prier ensemble avec la Vierge peut être une porte ouverte pour aller plus loin, notamment dans le domaine sociétal ou intellectuel, ou pour travailler ensemble pour la paix ».

Nicolas Senèze

 

(1) Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, Jésus et l’islam (épisode 3), Arte Éditions.

(2) Dictionnaire encyclopédique du Coran, Fayard, 2009, 23 €.

(3) Fêtée normalement le 25 mars mais qui, cette année, en raison du Vendredi saint puis de l’octave de Pâques, est déplacée au lundi 4 avril.

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 22:58

A quelque distance de Karyès, la capitale du Mont Athos, en direction du Monastère de Pantocrator, vivait un Hiéromoine vertueux et son jeune disciple.

Un samedi soir, l'ancien partit pour assister à la Vigile célébrée, comme chaque semaine, à l'église du Protaton, laissant seul son disciple.

Le soir venu, un moine inconnu frappa à la porte et le disciple l'accueillit pour la nuit.

Ils se retrouvèrent à l'aurore, pour chanter l'Office de l'Orthros dans la chapelle.

Mais lorsqu'ils parvinrent à la neuvième ode, alors que le disciple entonnait l'hymne "Plus vénérable que les Chérubins" devant l'icône de la Mère de Dieu, l'étranger la fit précéder des paroles suivantes : « Il est vraiment digne de Te proclamer, Mère de Dieu, toujours bienheureuse et Tout-Immaculée, et Mère de notre Dieu...».

Surpris d'entendre ce chant pour la première fois, le disciple demanda à son hôte de l'écrire, et comme ils ne trouvaient pas de papier, le moine grava profondément et sans peine, de son doigt, l'hymne sur une plaque de pierre.

Il ajouta : « Qu'à partir de ce jour, tous les Orthodoxes chantent ainsi l'hymne à la Mère de Dieu. » Et il disparut.

Entendant à son retour le récit de cette apparition et voyant la plaque gravée, l'ancien comprit que le moine étranger n'était autre que l'Archange Gabriel, et alla faire part du miracle au Prôtos de la Sainte Montagne et aux Anciens.

Ceux-ci envoyèrent la plaque au Patriarche et à l'Empereur, afin que l'hymne soit diffusée dans tout le Monde Orthodoxe, et ils transférèrent l'Icône, devant laquelle avait eu lieu le miracle, dans l'église du Protaton, où elle siège depuis lors, derrière l'Autel, comme Souveraine, Higoumène et Protectrice de la Sainte Montagne.

Cette icône de l'"Axion estin" est, avec la Portaïtissa, la plus célèbre des icônes miraculeuses du "Jardin de la Mère de Dieu". Elle n'en est sortie qu'à trois reprises, pour être vénérée par le peuple (1963, 1985 et 1987), et reçut alors les honneurs dus à un chef dEtat. Le lundi de Pâques, elle est portée en procession solennelle dans Karyès et ses environs, afin de sanctifier la nature et de protéger les habitants de tout mal et calamité.
Ce miracle eut lieu, selon la Tradition, en 982. Son récit en fut rédigé en 1548, par le Prôtos Séraphim, père spirituel de St. Denys de l'Olympe. 
Presque tous les Monastères de l'Athos possèdent une ou plusieurs icônes miraculeuses de la Mère de Dieu : la Portaïtissa à Iviron, l'Oikonomissa à Lavra, la Bimatarissa à Vatopédi, la Trichéroussa à Chilandar, l'Icône de l'Acathiste à Dionysiou, la Gorgoypikoos à Docheiariou, la Glykophiloussa à Philothéou etc.. 

Axion estin ! Il est digne, en vérité

de te célébrer ô Mère de Dieu

Bienheureuse et très pure

et Mère de notre Dieu.

Toi, plus vénérable que les Chérubins

et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins,

qui sans tache enfanta Dieu le Verbe,

toi véritablement Mère de Dieu,

nous te magnifions.

 

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