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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 22:57
Le paradis et l'enfer selon la doctrine orthodoxe

Dans les Evangiles (Matthieu, ch.5), il est fait mention de “royaume” et de “feu éternel”.

(...)  le “royaume” est la destination divine de l'humanité. Le "feu" est "préparé" pour le diable et ses anges (démons), non parce que Dieu le veut, mais parce qu'ils sont sans repentance [id est, non disposés à changer, à réfléchir et à participer à la rédemption].

Le “royaume” est “préparé” pour ceux qui demeurent fidèles à la volonté de Dieu. La gloire incréée est le Paradis (le “royaume”).

Le "Feu éternel" est l'enfer (v.46). Au début de l'Histoire, Dieu invite l'homme au paradis, dans une communion avec Sa Grâce incréée.

À la fin de l'Histoire, l'homme doit faire face à la fois au paradis et à l'enfer.

Nous verrons plus loin ce que cela signifie. Nous soulignons cependant que c’est un des sujets centraux de notre foi – c’est "la pierre philosophale" du christianisme orthodoxe.

La mention de paradis et d'enfer dans le Nouveau Testament est fréquente.(...)

Le paradis et l'enfer ne sont pas deux lieux différents. Une telle idée est un concept idolâtre.

Au contraire, ils signifient deux conditions différentes (des manières [ou] des états d’être), qui proviennent de la même source incréée, et sont perçues par l'homme comme deux expériences différentes.

Plus précisément, elles sont la même expérience, sauf qu'elles sont perçues différemment par l'homme, en fonction de son état interne.

Cette expérience est la vision du Christ à la Lumière Incréée de Sa divinité, de Sa “gloire”.

Dès le moment de Sa seconde venue, à travers toute l'éternité, tous les gens verront le Christ dans Sa Lumière Incréée.

Voilà où "ceux qui auront accompli de bonnes œuvres dans leur vie iront à la résurrection de la vie, tandis que ceux qui auront fait le mal dans leur vie iront vers la résurrection du jugement” (Jn. 5: 29).

En présence du Christ, l'humanité sera séparée (en “ brebis ” à sa droite et “ boucs" à sa gauche). En d'autres termes, ils seront séparés en deux groupes distincts: ceux qui verront le Christ comme le paradis (le “bien extrême, le rayonnement”) et ceux qui verront le Christ comme l'enfer ("le feu dévorant" dans Hébreux 12:29).

(...) Parmi les témoignages patristiques, Saint Jean du Sinaï (Climaque) dit que la Lumière Incréée du Christ est "un feu dévorant et une lumière qui illumine".

(...)  Par conséquent, paradis et enfer ne sont pas une récompense ou une punition (condamnation), mais la façon dont nous vivons individuellement la vue du Christ, en fonction de l'état de notre cœur.

Dieu ne punit pas, en substance, même si, à des fins éducatives, l’Écriture mentionne la punition.

Plus on devient spirituel et mieux on peut comprendre la langue de l'Écriture et de la Tradition sacrée.

La condition de l'homme (pur/impur, repentant/impénitent) est le facteur qui détermine l'acceptation de la Lumière, comme “paradis” ou “enfer”.

(...) L'Orthodoxie est un hôpital ouvert au sein de l'histoire (une “infirmerie spirituelle” selon saint Jean Chrysostome), qui offre la guérison (catharsis) du cœur, pour finalement atteindre la déification - la seule destination souhaitée de l'homme.

(...) Notre orientation envers notre prochain est révélatrice de notre état intérieur, et c’est la raison pour laquelle ce sera le critère de Jugement Dernier durant la Seconde Venue du Christ (Matthieu, ch. 25).

Cela ne signifie pas que la foi, ou la fidélité de l'homme au Christ soit ignorée; la foi est naturellement une condition préalable, parce que notre attitude envers l'autre montrera si oui ou non nous avons Dieu en nous.

(...)  L'expérience du paradis ou de l'enfer est au-delà des mots ou des sens. C’est une réalité incréée, et non pas créée.

Les Latins ont inventé le mythe par lequel le paradis et l'enfer sont deux réalités créées. C’est un mythe selon lequel les damnés ne seront pas en mesure de regarder vers Dieu; tout comme "l’absence de Dieu” est aussi un mythe. Les Latins avaient également perçu les feux de l'enfer comme quelque chose de créé.

La Tradition orthodoxe est restée fidèle à l’enseignement des Écritures où les damnés verront Dieu (comme l'homme riche de la parabole), mais ils le percevront seulement comme “un feu dévorant".

Les scolastiques latins ont accepté l’enfer comme punition et privation d'une vision concrète de l'essence divine.

Bibliquement et patristiquement cependant, "l'enfer" est compris comme l'incapacité de l'homme à coopérer (synergie) avec la Grâce divine, afin d'atteindre la vision illuminatrice de Dieu (qui est le paradis) et l'amour désintéressé (1Cor. 13: 8): "l'amour... ne demande pas de réciprocité."

Par conséquent, il n'y a  pas une telle chose comme “absence de Dieu”, mais seulement Sa Présence.

(...) Les justes et les impénitents passeront tous deux par le “feu” de la Présence divine incréée, cependant, l'un passera au travers indemne, tandis que l'autre sera brûlé.

Il est “sauvé” aussi, mais seulement de la manière dont on passe par un incendie. Efthimios Zigavinos (12ème siècle) observe à cet égard: “Dieu comme le feu qui éclaire et illumine le pur, et brûle et obscurcit l'impur."

(...)  Par conséquent, le feu de l'enfer n'a rien de commun avec le “purgatoire” latin, ni créé, ni punition, ou étape intermédiaire.

Un point de vue comme celui-ci est pratiquement un transfert de sa responsabilité à Dieu.

Mais la responsabilité est entièrement nôtre, si nous choisissons d'accepter ou de rejeter le salut, la guérison, qui est offerte par Dieu.

"La mort spirituelle" est la vision de la Lumière Incréée, de la gloire divine, comme un bûcher, comme le feu.

(...) Le salut n’est possible que dans le cadre de la coopération entre l'homme et la Grâce divine.

Selon le bienheureux Jean Chrysostome, "la plus grande partie, presque tout, est de Dieu; Il a cependant laissé un peu de choses pour nous."

Ce "peu de choses" est notre acceptation de l'invitation de Dieu.

(...)  Il faut souligner que, si nous n’acceptons pas le christianisme comme processus thérapeutique, et ses saints mystères/sacrements comme remèdes spirituels, alors nous sommes conduits à une "religionisation" du christianisme; en d'autres termes, nous "l’idolâtrons ”.

Et malheureusement, ce phénomène est fréquent lorsque nous percevons le christianisme comme une “religion”.

(...)  Chaque moment de notre vie est d'une importance rédemptrice. Soit nous gagnons l'éternité, la communauté éternelle avec Dieu, soit nous la perdons.

Voilà pourquoi les religions orientales et les cultes qui prêchent les réincarnations blessent l'humanité: ils transfèrent pratiquement le problème à d'autres vies (inexistantes bien sûr).

La vérité est, cependant, que seule une vie est disponible pour chacun de nous, que nous soyons sauvés ou condamnés.

Voilà pourquoi Basile le Grand poursuit: “Nous devons donc proclamer que ces choses qui nous mènent vers cette vie devraient être célébrées et recherchées avec toute notre force, et celles qui ne nous conduisent pas à cette destination, nous devrions les ignorer, comme choses d’aucune valeur."

Tels sont les critères de la vie chrétienne. Un chrétien choisit en permanence tout ce qui favorise son salut. Nous gagnons ou perdons le paradis, et finissons en enfer, déjà au cours de notre vie.

(...) Par conséquent, le travail de l'Eglise n’est pas "d’envoyer" les gens au paradis ou en enfer, mais de les préparer au Jugement Dernier.

Le travail du clergé est thérapeutique et non moraliste ou modeleur de caractère, dans le sens temporel du mot.

Le but de la thérapie offerte par l'Église n’est pas de créer des citoyens "utiles" et essentiellement “utilisables,” mais des citoyens du royaume céleste (incréé).

(...) L’Orthodoxie ne fait pas promesses d'envoyer des hommes à toutes sortes de paradis ou d'enfer; mais elle a le pouvoir (comme en témoignent les reliques incorruptibles et thaumaturges de nos saints [incorruptibilité=theosis/ déification]) de préparer l'homme, afin qu'il puisse toujours considérer la Grâce Incréé et le Royaume du Christ comme Paradis, et non comme enfer.

PERE GEORGE [Metallinos]

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