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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 22:58
Comment "voir" Dieu ?
« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8)

La santé du corps est un bien pour la vie humaine.

Or, on est heureux non seulement de connaître la définition de la santé, mais de vivre en bonne santé.

Car si un homme fait l'éloge de la santé et prend une nourriture malsaine qui lui gâte le sang, quel profit trouvera-t-il à ces éloges tandis qu'il est tourmenté par la maladie ?

Comprenons de la même manière l'affirmation que nous avons discutée.

Le Seigneur Jésus ne dit pas qu'on est heureux de savoir quelque chose au sujet de Dieu, mais qu'on est heureux de le posséder en soi-même.

En effet, heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Il ne pense pas que Dieu se laisse voir face à face par celui qui aura purifié le regard de son âme.

Mais peut-être la noblesse de cette parole nous suggère-t-elle ce qu'une autre parole exprime plus clairement : Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous.

Voici ce qu'elle nous enseigne : celui qui a purifié son cœur de toute créature et de tout attachement déréglé voit l'image de la nature divine dans sa propre beauté.

Il me semble que dans cette brève formule le Verbe fait tenir l'exhortation suivante : « Hommes qui avez quelque désir de contempler le vrai Bien, vous avez entendu dire que la majesté divine est élevée au-dessus des cieux, que sa gloire est incompréhensible, sa beauté inexprimable et sa nature infinie. Mais ne désespérez pas de parvenir à contempler l'objet de votre désir. » ~

Si tu purifies, par un effort de vie parfaite, les souillures attachées à ton cœur, la beauté divine brillera de nouveau en toi.

C'est ce qui arrive avec un morceau de fer, lorsque la meule le débarrasse de sa rouille. Auparavant il était noirci, et maintenant il brille et rayonne au soleil.

De même l'homme intérieur, que le Seigneur appelle « le cœur », lorsqu'il aura enlevé les taches de rouille qui altéraient et détérioraient sa beauté, retrouvera la ressemblance de son modèle, et il sera bon.

Car ce qui ressemble à la Bonté est nécessairement bon.

Donc celui qui se voit lui-même découvre en soi l'objet de son désir.

Et ainsi celui qui a le cœur pur devient heureux parce que, en découvrant sa propre pureté, il découvre, à travers cette image, son modèle.

Ceux qui voient le soleil dans un miroir, même s'ils ne fixent pas le ciel, voient le soleil dans la lumière du miroir aussi bien que s'ils regardaient directement le disque solaire.

De même vous, qui êtes trop faibles pour saisir la lumière, si vous vous retournez vers la grâce de l'image établie en vous dès le commencement, vous possédez en vous-mêmes ce que vous recherchez.

La pureté, en effet, la paix de l'âme, l'éloignement de tout mal, voilà la divinité.

Si tu possèdes tout cela, tu possèdes certainement Dieu.

Si ton cœur est exempt de tout vice, libre de toute passion, pur de toute souillure, tu es heureux, car ton regard est clair.

Purifié, tu contemples ce que les yeux non purifiés ne peuvent pas voir.

L'obscurité qui vient de la matière a disparu de tes regards et, dans l'atmosphère très pure de ton cœur, tu distingues clairement la bienheureuse vision.

Voici en quoi elle consiste : pureté, sainteté, simplicité, tous les rayons lumineux jaillis de la nature divine, qui nous font voir Dieu.

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque 
Homélie 6 sur les Béatitudes ; PG 44,1269 (trad. cf bréviaire) 

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 22:55
Nous avons perdu la Naïveté

Le mot le plus terrible qui ait été prononcé contre notre temps est peut-être celui-ci : « Nous avons perdu la naïveté. »

Dire cela, ce n'est pas nécessairement condamner les progrès des sciences et des techniques dont notre monde est si fier. Un tel progrès est en soi admirable. Mais c'est reconnaître que ce progrès ne s'est pas réalisé sans une perte considérable au plan humain.

L'homme, enorgueilli de sa science et de ses techniques, a perdu quelque chose de sa candeur.

Empressons-nous de dire qu'il n'y avait pas que de la candeur et de la naïveté chez nos pères.

Le Christianisme avait assumé la vieille sagesse paysanne et terrienne, née du contact de l'homme avec la terre.

Et il y avait sans doute encore plus de terre que de Christianisme chez bon nombre de nos pères. Plus de pesanteur que de grâce. Mais l'homme avait alors des racines puissantes.

Les élans de la foi, comme les fidélités humaines, s'appuyaient sur des adhésions vitales et instinctives particulièrement fortes. Celles-ci n'étaient aucunement ébranlées ou énervées. L'homme participait au monde, naïvement.

En perdant cette « naïveté », l'homme a aussi perdu le secret du bonheur.

Toute sa science et toutes ses techniques le laissent inquiet et seul.

Seul devant la mort. Seul devant ses infidélités et celles des autres, au milieu du grand troupeau humain.

Seul aux prises avec ses démons qui ne l'ont pas déserté.

A certaines heures de lucidité, l'homme comprend que rien, absolument rien ne pourra lui rendre une joyeuse et profonde confiance dans la vie, à moins d'un recours à une source qui soit en même temps un retour à l'esprit d'enfance.

La parole de l'Evangile n'est jamais apparue aussi lourde de vérité humaine :
« Si vous ne devenez comme des tout-petits, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. »

Sur ce chemin qui conduit à l'esprit d'enfance, un homme aussi simple et aussi pacifié que saint François d'Assise a quelque chose à nous dire.

Quelque chose d'essentiel et de décisif. Ce saint au Moyen-Age nous est étonnamment proche.

Il semble avoir senti et compris notre drame à l'avance, lui qui écrivait : « Salut, Reine Sagesse, que Dieu te sauve avec ta sœur la pure simplicité. »

Ah ! nous ne le sentons que trop, il ne peut pas y avoir de sagesse pour nous qui sommes si riches de science sans un retour à la pure simplicité.

Mais qui donc, mieux que le pauvre d'Assise, peut nous apprendre ce qu'est la pure simplicité ?

P Eloi Leclerc

Sagesse d'un pauvre

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 22:55
La Lettre de Béthanie N°145

Chers Amis,

 

Le 4 octobre nous fêtons saint François d'Assise. Or il se trouve que saint François est le saint occidental le plus populaire, le plus aimé dans l'Orthodoxie. Ce n'est pas moi qui le dit, mais le théologien orthodoxe Olivier Clément.

 

En effet, de grands intellectuels russes ont fait le pèlerinage d'Assise. Parmi eux, le philosophe Nicolas Berdaïev a écrit quelques années plus tard : « La vie de François représente le fait le plus important de l'histoire du christianisme après la vie même de Jésus Christ. »

 

Plus près de nous, Vladimir Lossky, le plus rigoureux des théologiens orthodoxes contemporains, vénérait saint François et le tenait comme l'un de ses intercesseurs et Nikita Struve, historien de l'Eglise russe au XXe siècle, réclamait, il y a quelques années, que la sainteté de François d'Assise soit « ouvertement » reconnue par l'Eglise orthodoxe.

 

Dans le monde grec, Nikos Kazantzakis lui consacra un beau livre : « Le Pauvre de Dieu », et du fait de l'occupation vénitienne en Crète on peut voir des représentations de saint François sur les fresques des églises au même plan que les saints grecs ! Aussi je me suis posé la question : qu'est-ce qui fait cette résonance, cette ouverture entre saint François, sa spiritualité, et l'orthodoxie ?

 

A la réflexion, on peut trouver, à distance dans l’espace et le temps bien sûr, une vraie parenté spirituelle et historique entre, par exemple saint Séraphim de Sarov et saint François. Historiquement, s’ils ont vécu pourtant à six siècles de distance, on remarque que chacun a vécu dans une société s'éveillant à une certaine modernité marchande.

 

Chacun est fils de marchand et exerce un temps la profession de son père. A l'horizon de grands bouleversements se profilent, en occident les hérésies et l'inquisition, la Renaissance et l'esprit des lumières qui débouchera sur un monde athée et en Russie, la révolution bolchevique.

 

Spirituellement, tous deux, ont pourtant témoigné contre l'argent roi et pour la pauvreté évangélique. Ils ont quitté leur milieu, l'un pour le monastère, l'autre pour l'errance, avant pour saint Séraphim de quitter le monastère pour s'enfoncer dans la solitude de la forêt de Sarov et pour saint François de partir dans la profonde forêt de l'Alverne. Par la suite ils reviendront vers le monde, mais alors dépossédés d'eux-mêmes, comme des Pères et des Frères universels.

 

Tous deux ont affirmé hautement la primauté de l'expérience spirituelle sur le pouvoir du mental, de la raison, de la théologie d'école.

 

Tous deux aussi ont mis l'accent sur l'humanité de Jésus pour rétablir un équilibre entre le divin et l'humain face à la perception d'un Dieu trop transcendant, trop éloigné de l'homme qu'avait l'Eglise de leur temps. Saint Séraphim recrée dans sa forêt la Terre Sainte en nommant chaque lieu : Nazareth, Bethléem, Gethsémani, Jérusalem etc.

 

François, lui, invente la crèche de Noël. C'est la même démarche amoureuse, qui cherche à réchauffer le cœur, qui cherche à entrer dans l'intimité de Jésus.

 

Tous deux ont aussi une relation rare avec tout le cosmos. Un ours pour saint Séraphim, un loup pour saint François, et n'oublions pas le Cantique des créatures et tant d'autres choses dans les détails de leurs vies, qui font d'eux des prêtres de la liturgie cosmique, de la grande célébration des êtres et des choses, qui font d'eux des contemplatifs de la nature, et des hommes de la Transfiguration.

 

Tous deux, aussi, sont des transfigurés. Il ne faut pas opposer les stigmates de François à la lumière thaborique de Séraphim, car les stigmates de saint François sont transfigurants, et je ne joue pas sur les mots, car c'est un séraphim crucifié avec six ailes de « feu », qui, dans un moment fulgurant, envoya cinq rayons de lumière et de feu sur François en prière.

 

Enfin, n'oublions pas, le crucifix de saint Damien, aujourd’hui si répandu, qui parla à François et lui dit : « Rebâtis mon Eglise », le mettant véritablement, en route sur son chemin.

 

Ce crucifix est, ni plus ni moins, une icône, avec un Christ en croix transfiguré, les yeux grands ouverts et dans une posture, non de condamné à mort, mais de célébrant de l'unique liturgie.

 

C'est ce crucifix que contempla tellement saint François qu'Il lui parla ! Le sens de cette icône, qui imprégna tant François, c'est de nous faire prendre conscience que tout homme, si banal, si ténébreux soit-il, est à l'image de Dieu et va vers la ressemblance, vers la transparence, vers la lumière divine, vers la Transfiguration.

 

Et puis, sommet de cette rencontre entre l'orthodoxie et saint François, il y a la joie ! Saint Séraphim salue chacun en lui disant : « ma joie ! » et pour saint François tout est joie !

 

Nous sommes donc véritablement face à un patrimoine commun de l'Eglise indivise et c'est là que l'on doit chercher la convergence entre saint François et l'orthodoxie. Si la force du message de saint François est telle qu'il est toujours aussi vivant et aussi jeune aujourd'hui comme au 13e siècle, c'est qu'il plonge dans l' Evangile et dans le trésor de l' Eglise indivise.

 

C'est qu'il n'est pas dans les pensées ou les concepts mais véritablement dans l'expérience spirituelle, dans l'expérience de la mort et de la résurrection du Christ.

 

          Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

        Père Pascal

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