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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 20:27

Le développement du contrôle total sur l’homme signifie l’esclavage, et tout dépendra de qui sera le maître de ces esclaves, a déclaré le primat du Patriarcat de Moscou.

L’Église est fermement opposée à l’utilisation de la technologie numérique pour assurer un contrôle total sur la personne. Le primat de l’Église orthodoxe russe, Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, a fait cette déclaration dans une interview traditionnelle de Noël, dont le texte a été publié sur le site Web Patriarchy.ru le 7 janvier 2021.

«Les technologies numériques sont capables de créer des outils qui offrent un contrôle total sur la personne», a déclaré le patriarche Kirill. «Rien de tel n’aurait pu arriver dans le passé. La pensée humaine, la civilisation technologique d’aujourd’hui ont atteint un niveau tel, qu’en mettant en œuvre les technologies numériques, il est possible d’assurer un contrôle total sur la personne humaine. Pas seulement surveiller une personne, mais gérer le comportement humain. »

Il a rappelé que le livre de l’Apocalypse parle d’un contrôle total sur la personne, accompagné de la venue de l’antéchrist.

Ces mots ne sont pas utilisés là-bas, mais il ressort clairement du contenu que nous parlons de la capacité de contrôler totalement le comportement humain”, a déclaré le primat du PM. “Il dit que le sceau de l’antéchrist sera placé sur le front de la personne, et sans ce sceau, il sera impossible d’acheter, de vendre ou de participer à des relations sociales – la personne sera alors condamnée.

Selon lui, le diable ne prend pas la forme d’un méchant, mais sous la forme d’un ange de lumière (voir 2 Corinthiens 11:14), et la venue au monde de l’antéchrist sera accompagnée de l’apparition d’un homme étonnant qui, par sa puissance intellectuelle et son influence, saura sortir l’humanité des crises dans lesquelles elle sera tombée.

Cette personne suggérera que pour que le crime quitte nos vies, nous devions être guidés par le fait que chaque personne possède avec elle la clé de tout ce dont elle a besoin. Par exemple, cela peut être une carte – vous l’appliquez et avez accès à la nourriture, à l’éducation et si vous n’avez pas cette carte, tout est perdu. “

Le chef du PM a expliqué qu’il a cité l’exemple de l’Apocalypse et de l’Antéchrist, «pour convaincre ceux qui n’y ont peut-être pas encore pensé, que le développement maximal du contrôle total sur l’homme signifie l’esclavage, et tout dépendra de qui sera le maître de ces esclaves.

C’est pourquoi l’Église est catégoriquement contre l’utilisation des technologies numériques pour assurer un contrôle total sur la personne humaine”, a déclaré le patriarche Kirill.

Auparavant, le Synode du Patriarcat de Moscou avait déclaré que l’utilisation d’identifiants numériques et la collecte à grande échelle de données personnelles devaient être sous contrôle de la société et de l’Église en tant qu’institution publique.

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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 20:30

 

Gorze, Janvier 2021

     

Chers amis,

Le 26 de ce mois il y aura déjà un an que père Alphonse est né au ciel.

Pour ce premier anniversaire nous souhaitions publier un numéro spécial de la revue Le Chemin reprenant les textes essentiels que père Alphonse a écrit autour de la lecture de la Bible. L’arrêt des activités suite à la pandémie ne nous permet pas financièrement de donner suite à ce projet aujourd’hui mais ce n’est bien sûr que partie remise.

En attendant et pour nous souvenir de lui, nous vous proposons de relire une ancienne lettre qu’il vous a écrite il y a quatorze ans. Le texte et la prière qui suivent cette lettre avaient été choisis par lui.

C’est un premier hommage et signe de notre reconnaissance envers lui mais aussi notre action de grâce de l’avoir rencontré.

Je vous dis toute mon amitié en Christ !

Père Pascal

 

Chers Amis,

Le mois de Janvier est celui de la nouveauté, de partout on nous souhaite une Année « Nouvelle », l’important étant de sauter maintenant hors de tout ce qui est vieux ! Or la seule et unique réalité qui soit radicalement neuve, c’est l’Amour. L’Amour est toujours inédit, il ne se répète jamais, aimer c’est à chaque fois la première fois ! Que nous souhaiter alors de mieux, réciproquement, sinon d’aimer tous les jours plus et de faire de cet Amour l’axe de notre vie ?

 

En Extrême-Orient nul n’est maître spirituel sans être illuminé ; dans le Christianisme l’illumination n’intéresse que si elle est l’expression de l’Amour. Beaucoup de saints et de maîtres chrétiens n’ont jamais été illuminés, mais tous ont été littéralement consumés par l’Amour comme par un feu. En dehors de cela rien ne peut les combler, car l’Amour contient tout, il est la profondeur de l’homme, il est Dieu Lui-même (1Jn 4,8).

 

Ma réalité profonde c’est l’Amour, et plus je m’enfonce dans l’Amour, plus je suis. Les racines, le fondement de mon être, c’est l’Amour (Eph 3,17 ; Rm 5,5). Là je suis illuminé dès maintenant et la prière n’est pas chemin de conquête, mais d’ouverture à l’Amour qui est au plus profond de moi-même. Méditer et prier c’est aimer, car Dieu ne veut pas d’autre réponse à son Amour que notre amour, l’inhabitation réciproque des consciences, la transparence de la conscience divine à la conscience humaine et vice versa. Une compénétration infinie de Dieu et de l’homme. L’Amour cherche l’Amour et se suffit à lui-même.

Cette croissance de l’un dans l’autre n’est jamais terminée, c’est une union transformante continuelle. Quand l’Amour perce à travers notre nature humaine, il ouvre en elle des capacités infinies d’aimer à son tour, et d’avancer éternellement vers la ressemblance divine.

C’est dans cette réciprocité amoureuse que consiste la sainteté, conscience abyssale au contact des Personnes divines où s’éveille et croît la personne humaine. Nos détresses se dissipent alors et notre visage commence à se transfigurer ; nous devenons nous-mêmes, nous commençons à vivre pleinement…

Mais avant d’être illumination, l’Amour est purification. A Dieu qui ne cesse de chercher l’homme et de descendre dans le dépouillement le plus extatique jusqu’à adopter un corps pour être son égal, à vivre les affres de la croix et de l’enfer pour pouvoir dire à son cœur un « Je t’aime » inconditionnel, « Tu es tout pour moi », je ne peux donner qu’un accord sans réserve ou… refuser, car chacun a le droit aussi de choisir la mortalité. Pourvu qu’il le fasse consciemment !

Mais celui qui dit « oui » entre dans un mouvement d’acceptation de tout, inconditionnelle et anticipée, y compris de l’humiliation, du rejet ou de l’insignifiance, de la mort sur sa propre croix, comme nous l’avons dit. Car il faut mourir à la dépendance de soi pour dépendre de l’Autre. Hors de Toi j’accepte de n’être rien. Je veux être par Toi et pour Toi. Pauvreté totale.

Désappropriation.

La médiation et la prière sont le champ privilégié où se livre ce combat. Et si cette purification est une agonie, l’Amour qui la réalise en moi est la plénitude de la Présence divine. Cloué sur les difficultés de ma méditation et de ma prière, je traverse d’une manière ou d’une autre les mystères de Celui qui m’a précédé à Gethsémani.

C’est Lui qui les vit en moi et avec moi. Ce qui se passe alors est très important, même si parfois le désespoir me frise parce que j’ai mal médité ou mal prié et qu’à mes yeux je n’arrive à rien… Cette saveur-là, quand on la goûte et la vit intensément dans l’Amour, nous révèle la profondeur de Dieu autant que la joie ou l’illumination.

Et bientôt les deux ne feront plus qu’un. C’est quand le Christ n’en peut plus sous le poids de ses souffrances qu’Il s’abandonne entre les mains du Père et que tout est accompli. La Résurrection n’est pas loin…

Seule cette ouverture extrême à l’Amour inouï de Dieu fait que l’homme devienne vraiment lui-même, car il a été créé pour répondre à cet appel. Et de là naît toute fécondité. Transparent à Dieu, l’homme Le reconnaît partout et en tout ; ce n’est que maintenant qu’il devient vraiment sensible à l’autre dans sa réalité dernière, capable de communiquer au-delà des apparences impersonnelles.

De tout temps les mystiques savent quelle énergie extraordinaire est libérée par l’Amour. Aujourd’hui certains savants commencent à le corroborer. L’énergie vitale contenue dans l’Amour dépasse toutes les autres et ne tombe pas sous le coup des instruments de mesure. « La mesure de l’Amour, dit saint Bernard, c’est d’être sans mesure. » Voilà l’énergie qui soutient l’homme et l’univers entier.

C’est pourquoi un seul acte d’Amour réalise plus que toutes les œuvres extérieures ensemble dans le monde. En disant cela, le grand mystique qu’était saint Jean de la Croix résume la conviction la plus intime de la Tradition spirituelle.

Cette force prodigieuse agit d’une façon mystérieuse, la plupart du temps invisiblement, et fait du cœur de l’homme un foyer rayonnant de la plus haute activité élevant l’humanité et transformant le monde, y compris du cosmos.

« La fibre la plus dure, disait Gandhi, est tenue de se dissoudre au feu de l’Amour. C’est la puissance la plus active qu’il y ait au monde, indestructible, supérieure à toutes les forces réunies.

Dès qu’elle devient active, elle se propage avec une rapidité extraordinaire et le miracle éclate, la victoire est manifeste. » Voilà l’étincelle première apportée par le Christ au monde. Allons au front de la vie avec Lui !

Il n’y a pas d’autre révolution, c’est la seule qui nous introduira dans la « nouveauté » absolue de cette année…

Avec toute notre affection !

Père Alphonse et Rachel

 

La lettre lue en anglais par Ted Nottingham

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 20:38

Il n’a jamais prétendu pouvoir lire l’avenir. Non, sa sagesse était bien trop grande pour cela. D’ailleurs, il avait modéré ses remarques initiales en se déchargeant ainsi : « Soyons prudents dans ce que nous annonçons. Ce qu’a dit Saint Augustin est toujours vrai : l’Homme est un abysse. Personne ne peut savoir à l’avance ce qui va ressortir de ces profondeurs. Et quiconque considère que l’Église n’est pas déterminée uniquement par cet abysse qu’est l’Homme, mais qu’elle s’efforce d’atteindre le grand, l’infini abysse divin, sera le premier à douter de ses propres prédictions, car cette volonté naïve de vouloir avoir raison à coup sûr ne pourrait qu’être la preuve d’une incompétence sur le plan historique. »

Mais son époque, marquée par un danger existentiel, un cynisme politique et une morale qui allait à vau-l’eau, avait faim de réponses. L’Église catholique, une balise dans ces eaux agitées, avait elle aussi opéré certains changements, et les « pro » et les « anti-changements » se demandaient chacun de leur côté ce qui allait advenir de l’Église.

C’est dans ce contexte, en 1969, que le père Joseph Ratzinger allait donner une réponse très réfléchie à la radio allemande. Voici ses remarques de conclusion.

« Je pense, non, je suis sûr, que le futur de lÉglise viendra de personnes profondément ancrées dans la foi, qui en vivent pleinement et purement. Il ne viendra pas de ceux qui s’accommodent sans réfléchir du temps qui passe, ou de ceux qui ne font que critiquer en partant du principe qu’eux-mêmes sont des jalons infaillibles. Il ne viendra pas non plus de ceux qui empruntent la voie de la facilité, qui cherchent à échapper à la passion de la foi, considérant comme faux ou obsolète, tyrannique ou légaliste, tout ce qui est un peu exigeant, qui blesse, ou qui demande des sacrifices. Formulons cela de manière plus positive : le futur de l’Église, encore une fois, sera comme toujours remodelé par des saints, c’est-à-dire par des hommes dont les esprits cherchent à aller au-delà des simples slogans à la mode, qui ont une vision plus large que les autres, du fait de leur vie qui englobe une réalité plus large. Il n’y a qu’une seule manière d’atteindre le véritable altruisme, celui qui rend l’homme libre : par la patience acquise en faisant tous les jours des petits gestes désintéressés. Par cette attitude quotidienne d’abnégation, qui suffit à révéler à un homme à quel point il est esclave de son égo, par cette attitude uniquement, les yeux de l’homme peuvent s’ouvrir lentement. L’homme voit uniquement dans la mesure où il a vécu et souffert. Si de nos jours nous sommes à peine encore capables de prendre conscience de la présence de Dieu, c’est parce qu’il nous est tellement plus facile de nous évader de nous-mêmes, d’échapper à la profondeur de notre être par le biais des narcotiques, du plaisir etc. Ainsi, nos propres profondeurs intérieures nous restent fermées. S’il est vrai qu’un homme ne voit bien qu’avec le cœur, alors à quel point sommes-nous aveugles ?

Ce qui restera, c’est l’Église du Christ, l’Église qui croit en un Dieu devenu Homme et qui nous promet la vie éternelle

Quel rapport tout cela a-t-il avec notre problématique ? Eh bien, cela signifie que les grands discours de ceux qui prônent une Église sans Dieu et sans foi ne sont que des bavardages vides de sens. Nous n’avons que faire d’une Église qui célèbre le culte de l’action dans des prières politiques. Tout ceci est complètement superflu. Cette Église ne tiendra pas. Ce qui restera, c’est l’Église du Christ, l’Église qui croit en un Dieu devenu Homme et qui nous promet la vie éternelle. Un prêtre qui n’est rien de plus qu’un travailleur social peut être remplacé par un psychologue ou un autre spécialiste. Un prêtre qui n’est pas un spécialiste, qui ne reste pas sur la touche à regarder le jeu et à distribuer des conseils, mais qui, au nom de Dieu, se met à la disposition des Hommes, est à leurs côtés dans leurs peines, dans leurs joies, dans leurs espoirs et dans leurs peurs, oui, ce genre de prêtres, nous en aurons besoin à l’avenir.

L’Église sera de taille réduite et devra quasiment repartir de zéro

Allons encore un peu plus loin. De la crise actuelle émergera l’Église de demain – une Église qui aura beaucoup perdu. Elle sera de taille réduite et devra quasiment repartir de zéro. Elle ne sera plus à même de remplir tous les édifices construits pendant sa période prospère. Le nombre de fidèles se réduisant, elle perdra nombre de ses privilèges. Contrairement à une période antérieure, l’Église sera véritablement perçue comme une société de personnes volontaires, que l’on intègre librement et par choix. En tant que petite société, elle sera amenée à faire beaucoup plus souvent appel à l’initiative de ses membres.

L’Église ordonnera à la prêtrise des chrétiens aptes, et pouvant exercer une profession

Elle va sans aucun doute découvrir des nouvelles formes de ministère, et ordonnera à la prêtrise des chrétiens aptes, et pouvant exercer une profession. Dans de nombreuses petites congrégations ou des groupes indépendants, la pastorale sera gérée de cette manière. Parallèlement, le ministère du prêtre à plein temps restera indispensable, comme avant. Mais dans tous ces changements que l’on devine, l’essence de l’Église sera à la fois renouvelée et confirmée dans ce qui a toujours été son point d’ancrage : la foi en un Dieu trinitaire, en Jésus Christ, le Fils de Dieu fait Homme, en l’Esprit-Saint présent jusqu’à la fin du monde. Dans la foi et la prière, elle considérera à nouveau les sacrements comme étant une louange à Dieu et non un thème d’ergotages liturgiques.

Le temps de « l’Église des doux » arrivera

L’Église sera une Église plus spirituelle, ne gageant pas sur des mandats politiques, ne courtisant ni la droite ni la gauche. Cela sera difficile pour elle, car cette période d’ajustements et de clarification va lui coûter beaucoup d’énergie. Cela va la rendre pauvre et fera d’elle l’Église des doux. Le processus sera d’autant plus ardu qu’il faudra se débarrasser d’une étroitesse d’esprit sectaire et d’une affirmation de soi trop pompeuse. On peut raisonnablement penser que tout cela va prendre du temps. Le processus va être long et fastidieux, comme l’a été la voie menant du faux progressisme à l’aube de la Révolution française – quand un évêque pouvait être bien vu quand il se moquait des dogmes et même quand il insinuait que l’existence de Dieu n’était absolument pas certaine – au renouveau du XIXe siècle. Mais quand les épreuves de cette période d’assainissement auront été surmontées, cette Église simplifiée et plus riche spirituellement en ressortira grandie et affermie. Les hommes évoluant dans un monde complètement planifié vont se retrouver extrêmement seuls. S’ils perdent totalement de vue Dieu, ils vont réellement ressentir l’horreur de leur pauvreté. Alors, ils verront le petit troupeau des croyants avec un regard nouveau. Ils le verront comme un espoir de quelque chose qui leur est aussi destiné, une réponse qu’ils avaient toujours secrètement cherchée. Pour moi, il est certain que l’Église va devoir affronter des périodes très difficiles. La véritable crise vient à peine de commencer. Il faudra s’attendre à de grands bouleversements. Mais je suis tout aussi certain de ce qu’il va rester à la fin : une Église, non du culte politique car celle-ci est déjà morte, mais une Église de la foi. Il est fort possible qu’elle n’ait plus le pouvoir dominant qu’elle avait jusqu’à maintenant, mais elle va vivre un renouveau et redevenir la maison des hommes, où ils trouveront la vie et l’espoir en la vie éternelle. »

L’Église catholique survivra en dépit des hommes et des femmes, et pas forcément grâce à eux. Et pourtant, nous avons notre rôle à jouer. Nous devons prier et cultiver l’amour de l’autre, l’abnégation, la fidélité, la dévotion aux sacrements et une vie centrée sur le Christ.

Il est possible d’approfondir ces questions et de retrouver l’intégralité de ces propos en lisant l’ouvrage de Joseph Ratzinger La foi chrétienne hier et aujourd’hui.

Tod Worner - Publié le 15/07/16 sur Aleteïa

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