Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 23:54
Célébration dos au peuple

L'Eglise a toujours célébré dos au peuple

Aujourd’hui un courant liturgique monte en puissance, y compris au Vatican, pour dire que la liturgie dite de la parole, durant la messe, devrait se faire face au peuple tandis que la liturgie eucharistique de ladite messe devrait se célébrer tourné vers le Seigneur (pas de face à face peuple-prêtre).

Pour comprendre cette problématique, il faut absolument lire le livre écrit en 2004 et publié en français en 2006 aux éditions ad solem avec une préface de Joseph Ratzinger. L’ouvrage intitulé « Se tourner vers le Seigneur – Essai sur l’orientation de la prière liturgique » est une synthèse brillante et fouillée des travaux archéologiques, historiques, liturgiques et théologiques sur ce sujet.

L’auteur Uwe Michael Lang a fait-là un travail érudit et colossal. Ce livre vient atomiser scientifiquement les travaux très orientés de certains liturgistes qui ont fourni autrefois des armes idéologiques à ceux qui militaient pour une absolutisation dogmatisée de la messe célébrée face au peuple.

L’auteur explique d’emblée (p. 24) « Un examen des données historiques montrera que l’orientation commune du prêtre et du peuple est largement attestée dans l’Eglise primitive et qu’il y avait bien une coutume générale en ce sens.

Il deviendra clair que cette direction commune dans la prière liturgique a été une solide tradition en Orient comme en Occident. » Précisons que “l’orientation commune du prêtre et du peuple” signifie qu’ils regardent ensemble dans la même direction et donc que le prêtre ne célèbre pas face au  peuple.  

Et «p.35 Il ne fait aucun doute que, dès les tout premiers temps, il allait de soi, pour les chrétiens de tout le monde connu, de prier en direction du soleil levant, c’est-à-dire vers l’est géographique ».

C’était une direction eschatologique de retour du Christ, Lumière se levant sur le monde. Et p. 51 « Prier face à l’Est fut un élément déterminant pour la liturgie et l’architecture chrétienne des débuts. Etablie comme une règle, la direction de l’est décida de la position du célébrant à l’autel ».

Fidèles et prêtre étaient ainsi tournés  vers l’est. A ce sujet, les conclusions contraires d’Otto Nussbaum sont démontées dans le détail par l’auteur qui fait appel aux travaux d’autres chercheurs. Uwe Michael Lang montre par exemple bien pourquoi des basiliques romaines n’étaient pas tournées vers l’Est (l’entrée avait dû être faite pour accéder depuis la rue, ou il y avait un bâtiment ou des fondations préexistant à l’époque constantinienne, etc.)

Bref, l’architecture spéciale de la basilique demandait conséquemment un placement spécial de l’autel (à l’entrée, dans l’abside ou au centre de la nef) et donc une position spéciale du célébrant lui-même par rapport aux fidèles.

Dans une basilique comme le Latran par exemple, la cathèdre de l’évêque était placée dans l’abside comme il seyait alors aux plus hauts dignitaires romains dans les basiliques séculières.

Bref, quand une basilique romaine n’était pas orientée vers l’Est, lieu de direction de la liturgie, l’évêque devait dans un certain nombre de cas célébrer vers les fidèles suivant la configuration des lieux, ce qui ne veut pas dire que ces fidèles pouvaient bien voir ses mouvements lors de la partie proprement eucharistique (grande anaphore), au contraire vu la distance importante entre chœur et nef ou la superstructure érigée autour de l’hôtel (p.58) dans les grandes basiliques.

Quant à la basilique Saint-Pierre, c’était un martyrium avec le corps de l’Apôtre. L’édifice antique avait donc une destination tout à fait spéciale.

Pour l’auteur, l’examen archéologique permet de dire que « p.52 la célébration de l’Eucharistie face au peuple n’était pas du tout la pratique générale dans l’Antiquité chrétienne ».

Et l’auteur ajoute en page 61 : « En dépit des protestations du contraire, on ne trouve pas d’éléments explicites pour affirmer que dans l’Eglise primitive le point focal sur lequel s’orientait la liturgie était l’autel en lui-même ».

On célébrait vers le Seigneur et la question a toujours été jusqu’aux débuts du Moyen Age celle de l’orientation liturgique et pas du tout celle de célébrer ou non face au peuple, problématique qui est en fait contemporaine.

Les basiliques romaines avec l’abside à l’ouest ont plutôt constitué une exception qui a certes inspiré la construction d’un certain nombre d’autres églises comme celle de Saint-Gall par exemple, mais l’auteur note que par la suite les églises romaines se sont elles-même conformées dans l’orientation à la disposition habituelle des autres églises d’Occident qui était l’Est.

Un Ordo Romanus de la moitié du VIIIe siècle est suffisamment détaillé pour montrer que le Pontife ne se tournait vers le peuple que pour certaines prières alors qu’une version plus courte et plus ancienne de l’Ordo Romanus I a été rédigée pour une basilique ayant visiblement l’entrée à l’Est, ce qui mettait le pontife face au peuple.

Toujours est-il qu’ en Orient, dans le christianisme antique, l’orientation des églises à l’Est est assez généralement respectée également.

Pour Uwe Michael Lang, p. 113, l’histoire de la célébration versus populum (face au peuple) proprement dite débute à la fin du moyen âge, et à la Renaissance, époque où la compréhension du principe chrétien de diriger vers l’est la prière commença à s’estomper à cause d’interprétations erronées quant à l’architecture des églises romaines des premiers temps.
 

En conclusion, il est nécessaire de lire ce livre des éditions ad solem pour savoir de quoi l’on parle car c’est le meilleur sur le sujet. Il permet en outre de dépasser par le haut la querelle de l’orientation liturgique et de décrisper les fronts.

Ce qui est sûr c’est qu’après avoir lu cette étude on ne peut plus prêcher en faveur de l’absolue nécessité de célébrer en tout temps et en tout lieu face au peuple…

Et le pape a bien laissé entendre par ses actes et ses paroles qu’un jour, mais le processus sera prudent et lent, des choses vont bouger liturgiquement dans ce domaine de l’orientation de la prière liturgique. Le crucifix qu’il place sur son autel montre la direction.

Dans un livre publié en 2004 en anglais (et en 2006 en français par la maison d’édition “Ad solem”) et consacré à l’orientation de la prière liturgique*, celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger écrivait en préface: “Pour le catholique pratiquant ordinaire, les changements les plus patents de la réforme liturgique du second concile du Vatican semblent tenir en deux points: la disparition du latin, et le fait d’avoir tourné les autels vers le peuple. Ceux qui liront les documents de référence seront surpris de constater qu’en vérité ni l’un ni l’autre ne se trouve dans les décrets du concile. (…) Il n’y a rien dans le document conciliaire qui concerne le fait de tourner les autels vers le peuple; ce point n’apparaît que dans les instructions post-conciliaires.”

Le cardinal Ratzinger cite ensuite les textes (directives) disant qu’il est “préférable” et “souhaitable” de célébrer vers le peuple, mais ajoute que “cela n’implique aucune obligation” et que ce “n’est qu’une simple suggestion” comme l’a précisé le 25 septembre 2000 la Congrégation pour le culte divin.

Joseph Ratzinger ajoute (la préface du livre a été signée en 2003): “L’orientation physique, dit la Congrégation, doit être distinguée de l’orientation spirituelle. Même s’il célèbre vers le peuple, le prêtre devrait toujours être orienté vers Dieu par Jésus-Christ.

Rites, signes, symboles et paroles jamais ne pourront épuiser la réalité intérieure du mystère du salut. Voilà pourquoi la Congrégation met en garde contre toute position unilatérale et rigide dans ce débat.” Le pape, qui a d’ailleurs déjà célébré par exemple en janvier 2008 “tourné vers le Seigneur”, ajoute notamment dans la préface du livre précité: “Cet ouvrage récapitule un débat, qui, en dépit des apparences, n’a jamais été conclu, pas même après le deuxième concile du Vatican.

Le liturgiste d’Innsbruck Josef Andreas Jungmann, l’un des architectes de la Constitution conciliaire sur la sainte Liturgie, s’est résolument opposé, dès le tout début, au slogan polémique selon lequel auparavant le prêtre célébrait en tournant le dos au peuple; il souligne avec force que le point à considérer n’est pas que le prêtre se détournait des fidèles, mais au contraire qu’il se tournait dans la même direction qu’eux.

La liturgie de la Parole revêt le caractère de la proclamation et du dialogue: adresses et répons lui appartiennent à juste titre. Mais dans la liturgie de l’Eucharistie, le prêtre conduit l’assemblée en prière en direction du Seigneur vers qui il se tourne avec elle.

C’est pourquoi, dit Jungmann, la direction commune du prêtre et du peuple est si intrinsèquement adaptée à l’acte liturgique.

Louis Boyer (qui fut comme Jungmann l’un des liturgistes artisans du Concile) et Klaus Gamber ont l’un et l’autre, chacun à sa manière, traité de cette même question.

En dépit de leur grande renommée, il ne leur fut d’abord pas possible de faire entendre leur voix, si forte et insistante était la tendance à communaliser la célébration liturgique, qui poussait à considérer dès lors le face à face du prêtre et des fidèles comme une absolue nécessité. Ces derniers temps, l’atmosphère s’est peu à peu apaisée…”
 

 Mgr Slattery, évêque de Tulsa (Etats-Unis) célèbre désormais la messe dans sa cathédrale tourné vers le Seigneur. Voici ce qu’il dit: 

“Depuis les temps anciens, la position du prêtre et du peuple reflétait cette idée de la Messe, puisque le peuple priait, était debout ou à genou à l’endroit qui, visiblement, correspond au Corps de Notre Seigneur, tandis que le prêtre à l’autel se tenait à la tête comme Tête.

Nous formions tout le corps du Christ – Tête et membres – à la fois sacramentellement par le baptême et visiblement par notre situation et notre attitude.

De manière tout aussi importante, chacun – célébrant ou assemblée – regardait dans la même direction puisqu’ils étaient un seul dans le Christ pour l’offrande au Père du sacrifice du Christ, unique, non répétable et acceptable.

Quand nous étudions les plus anciennes pratiques liturgiques de l’Église, nous découvrons que le prêtre et le peuple faisaient face à la même direction, généralement l’Est, dans l’attente du retour du Christ puisqu’Il reviendra “de l’Orient”.

À la Messe, l’Église veille en attendant ce retour.

Cette position unique est dite ad orientem, ce qui signifie simplement “tourné vers l’Est”. Prêtre et peuple célébrant la Messe ad orientem fut la norme liturgique pendant près de dix-huit siècles. Il devait y avoir de solides raisons pour que l’Église ait maintenu pendant si longtemps cette norme.

Et il y en avait ! (…) Bien avant son élection comme successeur de saint Pierre, le pape Benoît XVI nous a vivement conseillé de faire appel à l’ancienne pratique liturgique de l’Église afin de retrouver un culte plus authentiquement catholique.

C’est pour cette raison que j’ai rétabli la vénérable disposition ad orientem quand je célèbre la Messe à la cathédrale.

Ce changement ne doit pas être mal interprété, comme : “l’évêque tourne le dos aux fidèles”, ou comme un manque d’égards envers les fidèles voire une hostilité qui seraient miens.

De telles interprétations montrent que l’on n’a pas compris qu’en faisant face à la même direction, la position du célébrant et celle de l’assemblée rendent explicite le fait que nous cheminons tous ensemble vers Dieu.

Le prêtre et le peuple sont ensemble dans ce pèlerinage. Ce serait aussi une idée erronée que de considérer cette retrouvaille d’une ancienne tradition comme un pur retour en arrière.

Le pape Benoît XVI répète constamment qu’il est important de célébrer la Messe ad orientem, mais son intention n’est pas d’encourager les célébrants à devenir des “antiquaires de la liturgie”.

Tout au contraire, Sa Sainteté veut que nous redécouvrions ce qui sous-tend cette ancienne tradition et l’a rendu pérenne pendant tant de siècles, à savoir que l’Église comprend que la célébration de la Messe est d’abord et essentiellement le culte que le Christ offre à son Père. »

 Vincent Pellegrini 

Cardinal Ratzinger, : « La prière en commun vers l'Est ne signifiait pas que la célébration se faisait en direction du mur ni que le prêtre tournait le dos au peuple – on n'accordait d'ailleurs pas tant d'importance au célébrant […]. Ils ne s'enfermaient pas dans un cercle, ne se regardaient pas l'un l'autre mais, peuple de Dieu en marche vers l'Orient, ils se tournaient ensemble vers le Christ qui vient à notre rencontre. »

(Joseph Ratzinger, L'esprit de la liturgie, Ad Solem, 2001, p.68)

__________________________________
 

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog (et regardez votre dossier spam ou indésirable pour valider ensuite votre inscription envoyée par Feedburner) :

 

Enter your email address:

Delivered by FeedBurner

 

Partager cet article
Repost0
1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 23:55
Le secret du Pape pour rester jeune

Revenant sur les mots employés par l’ange Gabriel pour définir Marie, le pape François nous invite à demander la grâce de dire "non" au péché afin de rester jeune.

« L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth à une jeune fille vierge. […] L’ange entra chez elle et dit : “Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi” ».

Ces paroles de l’ange Gabriel, rapportées dans l’évangile selon saint Luc, trouvent un écho particulier dans nos vies.

À l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception le 8 décembre 2017, le pape François est revenu sur la signification profonde de ces mots et la manière dont les interpréter aujourd’hui… pour conserver notre jeunesse.

Le péché vieillit, non l’âge
 

En l’appelant « Comblée-de-grâce » avant même de prononcer son nom, Dieu, par la voix de l’ange Gabriel, « lui donne un nom qui lui correspond mieux que celui reçu par ses parents », et lui fait « le plus grand compliment », précise le souverain pontife.

Concrètement, cela signifie que Marie « est pleine de la présence de Dieu ». Alors que le monde est contaminé par le péché, l’humanité trouve en elle son « oasis ».

Soulignant que c’est « le péché qui vieillit et non l’âge », le pape François rappelle que Marie, parce que sans péché, est immunisée contre le vieillissement.

« Puisque sa jeunesse ne dépend pas de son âge, sa beauté n’est pas de l’ordre de l’apparence extérieure. Comme le rappelle l’Évangile du jour, Marie vient d’une famille humble de Nazareth ». « Dans de nombreux tableaux [de l’Annonciation], Marie est représentée assise devant un ange avec un petit livre.

Ce livre est le texte des Écritures. Alors Marie écoutait souvent Dieu et réfléchissait avec Lui.

La Parole de Dieu était son secret : proche de son cœur, Il a pris chair dans son ventre », insiste le pape François.

À la suite de Marie, le souverain pontife invite donc chacun à demander la grâce « de rester jeune en disant “non” au péché et de vivre une vie lumineuse en disant “oui” à Dieu ».

Antoine Mekary - ALETEIA

__________________________________
 

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog (et regardez votre dossier spam ou indésirable pour valider ensuite votre inscription envoyée par Feedburner) :

 

Enter your email address:

Delivered by FeedBurner

 

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 23:55
Comment je suis devenu orthodoxe ?

Comment suis-je devenu orthodoxe ?

C’est sans doute la question qui m’a été posée le plus souvent ces dernières années. N’aimant guère parler de moi-même, j’ai généralement noyé le poisson dans quelques vagues généralités.

Aujourd’hui, après de longues hésitations, j’ai consenti à répondre.

Pourtant, alors que je prends la plume, je me dis que j’ai été bien imprudent, inconscient même, d’accepter un exercice aussi difficile, délicat et périlleux. Difficile, parce qu’il est, au fond, impossible de raconter en quelques pages ce qui est le fruit d’années de cheminement.

Délicat, parce qu’il y a dans ce parcours – comme dans tout cheminement spirituel – un mystère proprement indicible, une dimension si profonde et personnelle qu’on ne peut qu’avoir énormément de réticence à en parler.  Mais, si ma main frémit, c’est surtout que j’ai peur de parler davantage pour ma propre gloire que pour la gloire de Dieu.

Je viens d’utiliser le mot « cheminement ». J’aurais aussi pu parler d’une série de passages – au sens de Pâques –, d’une succession de morts-résurrections. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Je vois vraiment non seulement mon itinéraire spirituel, mais toute la vie comme une marche ininterrompue, un pèlerinage intérieur et une ascension toujours recommencée vers le Royaume des cieux, qui est au milieu de nous et en nous. Sur ce chemin, il y a tout ce dont l’existence est faite, mais surtout des rencontres, des personnes à travers lesquelles – sans que j’en sois toujours conscient – Dieu est venu à ma rencontre et m’a montré la voie.

Que dire de mon itinéraire spirituel et de ses différentes étapes ?

D’abord, il y a eu le temps de l’enfance, dans une famille catholique plutôt pieuse mais non rigoriste, avec le catéchisme et la messe plus ou moins « obligatoires ».

Ensuite, juste après ma confirmation, est venu le temps de la révolte de l’adolescence contre une Église jugée – à tort ou à raison – comme pharisienne, hypocrite, moralisatrice, culpabilisante. Rébellion qui va m’amener à jeter le bébé (le Christ) avec l’eau du bain (l’institution et ses dogmes).

À partir de 15 ans, je peux dire que j’étais agnostique, mais travaillé en profondeur par les grandes questions métaphysiques: qui suis-je ? quel est le but de la vie ? pourquoi la souffrance et la mort ? etc.  

Le temps de la quête avait commencé. Lecture des grands auteurs existentialistes,  études de sociologie et engagement journalistique, tout cela m’exaltait, mais rien ne me satisfaisait complètement. Il restait au fond de moi comme une béance secrète. J’avais, intuitivement, le sentiment que l’homme ne peut pas être à lui-même son propre sens, la source de sa propre vie.

Taraudé par ce manque, fatigué par « les petites éternités de jouissance » dont je relevais mon quotidien, je décidai en 1983 – terme de ma formation journalistique – de prendre une année sabbatique pour réaliser un vieux rêve : le voyage en Orient. Je passerai, de fait, quelque neuf mois dans le sous-continent indien.

Ce voyage, si riche et bouleversant que je n’ai toujours pas fini de le digérer, fut un temps de l’éveil. L’un des moments capitaux eut lieu dans le désert de Thar (Rajasthan). Le corps limé et l’âme polie par la route, j’étais descendu au petit matin au bord d’un étang dans lequel se mirait un temple.

Là, dans le silence et la solitude de l’aube, dans cette transparence cristalline de l’eau et de l’air, j’ai été soudain comme submergé par une force de paix, de plénitude, de lumière.  Les larmes, abondantes, coulaient sans raison. Entre le monde et moi, tout soudain était communion, amour, harmonie.

Cette expérience était-elle une illusion – je me méfie plutôt des états mystico-extatiques – ou une manifestation de la Gloire divine qui irradie en permanence les êtres et les choses? Je ne sais pas et je préfère ne pas me prononcer. Peu importe d’ailleurs.

L’essentiel – ce dont je suis sûr – c’est qu’après rien n’était plus comme avant. Mon cœur avait été touché, une autre dimension de la conscience s’était ouverte en moi. Oui, il y a au plus profond de l’être et du monde une force, un Etre, une Présence infinie, au-delà du temps et de l’espace, qui transcende le réel et qui le fonde.

Oui, l’homme est un mélange de finitude et d’infini, de temporel et d’éternel. A ce moment-là, cet Être, ce Tout-Autre était encore impersonnel. Il n’avait ni nom, ni visage. Je n’osais pas encore l’appeler Dieu. Mais il était.

De retour en Suisse s’imposa le temps du questionnement.  L’existence de ce Tout-Autre dont j’avais eu l’intuition remettait tout en cause. Les questions se bousculaient dans mon esprit: quelles conséquences dois-je en tirer pour ma vie ?

Puis-je simplement continuer comme avant, reproduire le même bonheur facile et superficiel ?  Un désir d’infini et d’éternité brûlait en moi. Je ressentais comme une indicible nostalgie de cette paix et de cette unité à laquelle il m’avait été donné de goûter.

Des auteurs comme Karlfried Graf Dürckheim et René Guénon me permirent de comprendre, de mettre des mots sur ce qui m’arrivait. Tout devenait clair: pour rester en contact avec cet Etre suprême, Principe de toute existence, il fallait me rendre « transparent », me libérer de mon ego et de ses illusions. Pour cela, les livres ne servaient à rien. Je devais me mettre en chemin. Il fallait une pratique de transformation spirituelle. Différentes rencontres, certaines affinités esthétiques firent le reste: le temps du zen pouvait commencer.

Laïc, sans dogmes ni croyances, « neutre » donc universel, centré sur l’expérience immédiate de l’esprit humain et non sur l’étude des textes, le zen me convenait très bien. Je m’y engageai avec beaucoup de zèle, notamment au sein d’une communauté réunie autour d’un centre de rencontres spirituelles et de méditation dans le Jura neuchâtelois. Par sa rigueur et ses exigences alliées à une étonnante fraîcheur, cette pratique a été fondatrice pour toute la suite de mon cheminement.

Ce travail de vidage et de vidange du moi, d’ouverture intérieure, de dépouillement et d’approfondissement, allait paradoxalement, secrètement, permettre à la grâce de mon baptême de se réactiver. Un jour, en pleine session zen, la figure du Christ remonta ainsi à la surface, resurgit des profondeurs de l’être.

Fabuleux humour de Dieu qui écrit droit avec des lignes courbes: cet Etre impersonnel et abstrait dont j’avais pris conscience en Inde prenait, par la pratique d’une forme impersonnelle de méditation, un visage et un Nom personnels: Jésus-Christ. Comme saint Augustin, j’avais envie de crier : « Mais toi, Seigneur, tu étais plus intérieur que ce qu’il y a en moi de plus intérieur, et plus élevé que ce qu’il y a en moi de plus élevé ».

Alors, je partis à la recherche de mes racines chrétiennes. Avec cette question, lancinante: existait-il dans le christianisme une voie offrant les éléments que la spiritualité orientale m’avait montrés comme essentiels à tout cheminement: des pratiques de transformation intérieure, une vraie «tradition», une relation maître-disciple vivante ?

René Guénon – qui mentionne l’hésychasme comme «voie initiatique» –, diverses rencontres à la faveur notamment d’une enquête journalistique sur les conversions, un reportage en Egypte chez les Coptes m’amenèrent tous à la même réponse: une telle voie existait dans le christianisme oriental.

Étrangement, une conversation que j’avais eue avec une amie deux ans auparavant me revint en mémoire avec une intensité et une insistance inhabituelles. Elle m’avait parlé alors d’un monastère « extraordinaire », fondé en Angleterre par l’archimandrite Sophrony (1896-1993), un moine orthodoxe – disciple du starets Silouane (1866-1938), canonisé en 1987 par la Patriarcat œcuménique de Constantinople – qui avait vécu plus de vingt ans au mont Athos, notamment comme ermite et père spirituel de plusieurs communautés. Ce souvenir m’obséda tellement que je finis par me rendre en Grande-Bretagne.

Le séjour au monastère Saint-Jean-Baptiste (Essex) fut absolument bouleversant. Outre l’accueil réservé à chaque visiteur (véritablement reçu comme le Christ) et la proximité entre moines, moniales et pèlerins qui se côtoyaient en toute simplicité, partageant les mêmes espaces de vie, trois choses m’ont frappé lors de ce premier séjour.

D’abord, l’extrême attention accordée à la personne, le respect absolu de son unicité. De ce respect naissait visiblement une étonnante liberté, laquelle prenait son sens et sa consistance dans le don et l’oubli de soi pour le service de l’autre.  Je découvrais ce que signifie «vivre en Église», mode d’existence qui fait – ou devrait faire – de l’Église autre chose qu’une société simplement humaine.

Ensuite, l’office de la prière de Jésus. Je me souviendrai toujours quand, dans la fraîcheur du petit matin, je suis entré pour la première fois dans l’Église Saint-Silouane.  

Tout baignait dans une lumineuse pénombre, irradiée par les veilleuses devant les icônes. Le silence régnait, rehaussé par le chant des oiseaux qui filtrait à travers les impostes.

Et pendant deux heures, cette prière psalmodiée en d’innombrables langues, slavon, grec, français, anglais: « Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, aie pitié de nous ».  Si je l’ai récitée au début quasiment comme un «mantra», cette prière allait devenir, au fil du temps, un face-à-Face personnel, vivant, pacifiant, purificateur, avec le Christ.

Dans le tréfonds du cœur, un moyen de communion avec Dieu, mais aussi un combat ardu et souvent épuisant contre les passions et pensées parasites. J’étais fasciné à l’idée que cette prière était née dans le désert d’Egypte au IVe siècle.

Cette première rencontre avec l’orthodoxie était donc aussi un retour aux racines du christianisme et de l’Europe, à l’Église une et indivise des premiers siècles.

Enfin, j’ai été bien sûr touché par la beauté des offices liturgiques, célébrés avec une profondeur qui – je le compris plus tard – était l’expression simultanée de la joie pascale et de la douleur de la Croix.

Que ce soit dans la prière de Jésus ou dans la liturgie, j’ai été immédiatement fasciné par la place donnée au corps, mobilisé dans tous ses sens – la vue par les icônes et les bougies, l’ouïe par les chants, l’odorat par l’encens, etc. – et par une série de gestes: signes de croix, prosternations (métanies)...

L’Inde, par le choc avec sa réalité nue, m’avait fait découvrir non seulement que j’avais un corps, mais que j’étais un corps. L’orthodoxie, à travers ses offices liturgiques, ses jeûnes fréquents, sa tradition ascétique, allait m’apprendre que la rencontre et l’union à Dieu passe aussi par le corps.

Pendant ce séjour, il ne me fut pas possible de voir le père Sophrony, malade. Juste avant de partir, l’un des moines me donna un tchotki à cent nœuds, un chapelet de laine noir confectionné au mont Athos. Je le reçus comme un signe non seulement d’encouragement à la prière, mais aussi de lien spirituel.

Je passerai sous silence ce qu’il me fut donné de vivre à mon retour. Je dirai simplement que mon cœur était blessé d’amour et qu’une porte s’était entrouverte, révélant mon néant et mes ténèbres intérieures devant Dieu.

« Repentez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche » (Mt 4,17), dit le Christ au début de son Evangile. Sans doute n’ai-je pas encore commencé à me repentir, mais j’ai appris que cette métanoïa est la clé de la vie spirituelle. Indissociable de l’humilité, elle est le moteur de la transformation du vieil homme en homme nouveau, de l’ouverture à l’Esprit.  

Oui, ce n’est qu’en reconnaissant mes faiblesses, mes imperfections, la poubelle qu’est mon âme, que je peux m’ouvrir à la miséricorde de Dieu, à l’amour qui est pardon et patience.  C’est cet amour, cette compassion qui change la substance même des choses, qu’il m’a été donné de découvrir d’emblée dans l’Église orthodoxe.

Ayant très naturellement abandonné le zen pour la prière de Jésus, je me plongeai avec passion dans les lectures qui m’avaient été recommandées au monastère: outre l’Evangile et les Psaumes, notamment le livre du père Sophrony sur le starets Silouane, un ouvrage sur la prière de Jésus de saint Ignace Briantchaninov et l’Essai sur la théologie mystique de l’Église d’Orient de Vladimir Lossky. Les finesses théologiques, bien sûr, m’échappaient, mais deux points résonnèrent tout de suite puissamment en moi.

D’abord, l’unité profonde, indissociable, entre théologie et mystique, exprimée par la formule célèbre d’Evagre le Pontique: « Si tu es théologien, tu prieras vraiment, et si tu pries vraiment, tu es théologien ». Autrement dit, il n’y a pas de vraie théologie sans connaissance du mystère de Dieu. Et connaître ce mystère, c’est le vivre, dans une expérience de l’Esprit saint qui dépasse, crucifie et transfigure la raison.

Le deuxième point qui me parla très fort, c’est la conception orthodoxe du salut. Non pas comme «rachat» ou «rédemption», mais comme «transfiguration» et «déification». «Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir Dieu», déclare saint Athanase d’Alexandrie.  

Chez les pères orthodoxes, l’être humain est toujours vu d’abord en référence l’image divine qui est en lui et non par rapport à son péché. Et le péché n’est pas défini comme la transgression juridique d’une norme éthique, mais comme le refus de l’amour du Père,  l’éloignement de Dieu dû à l’orgueil et aux maladies spirituelles de l’âme et du corps.

D’où une approche thérapeutique et non culpabilisante du péché, ainsi qu’une vision ontologique de la sainteté: « Saint n’est pas celui qui a atteint un degré élevé dans le domaine de la morale humaine ou dans une vie d’ascèse et même de prière (les pharisiens aussi jeûnaient et disaient de "longues" prières), mais celui qui porte en lui le Saint-Esprit », dit le père Sophrony.

Je comprenais ainsi que le christianisme n’est pas d’abord une éthique, mais un mode d’être spirituel, une voie d’union à Dieu, une vie crucifiée et ressuscitée qui fait de nous une créature nouvelle.

Les commandements du Christ ne sont pas des lois sur le mode d’un «tu feras, tu ne feras pas», mais des «énergies divines» par lesquelles nous pouvons devenir – dans notre vie, notre conscience et notre pensée – semblables au Christ.

Quant à l’Église, elle n’est pas d’abord une instance morale, ni une agence caritative ou humanitaire, mais le grand hôpital de l’âme, le lieu où nous sommes sûrs de pouvoir recevoir le Dieu vivant et participer à son Royaume.

Peu à peu, je découvrais un autre visage du christianisme que celui dont j’avais le souvenir. Un visage qui me séduisait, m’enchantait. Surtout, loin d’être une abstraction, une belle vision de l’esprit, ce christianisme était vécu, incarné – imparfaitement sans doute, mais non moins réellement – par des communautés et des personnes.

De retour au monastère Saint-Jean-Baptiste quelques mois après ma première visite, j’eus la grâce infinie de rencontrer l’archimandrite Sophrony.

Une rencontre qui marque, à l’évidence, un tournant dans mon existence.

Il y aurait mille choses à dire sur cet homme de Dieu, reconnu par tous comme un authentique starets. Mais, selon son désir, je resterai discret. Je ne dirai qu’une seule chose, capitale pour mon cheminement: j’avais sous les yeux un témoin de la vie en Christ, de la connaissance de la Trinité.

Je voyais dans cet ancien ce qu’était une « personne », un être de communion avec Dieu et les autres.  Devant tant d’amour et de liberté, de lumière et de vitalité créatrice, je pouvais donc avoir confiance dans la voie, la tradition dont il était porteur.

J’ai « flirté » ainsi, si je puis dire, intensément pendant plus de deux ans avec l’orthodoxie, me familiarisant avec ses rites, sa théologie, visitant régulièrement le monastère Saint-Jean-Baptiste, commençant à fréquenter les paroisses orthodoxes de Fribourg et de Chambésy.  Je passais de la croyance héritée de mon enfance à la foi, c’est-à-dire à une relation vivante, personnelle, avec le Christ.

Assez vite, je manifestai le désir de devenir orthodoxe. Mais le père Sophrony freina mon élan, estimant que je devais « simplement » (!) m’efforcer de « passer mes journées sans péché » et que cela pouvait se faire n’importe où (à cet égard, je ne crois pas qu’il y ait moins prosélyte que l’Église orthodoxe).

 Il m’a donc fallu attendre plus de deux ans pour pouvoir faire le pas. Avec le recul, je pense que cette attitude de réserve, d’appel à la patience, était pleine de sagesse.

Ce temps de l’attente, véritable kénose, s’est donc révélé très profitable, fécond. Il m’a permis d’approfondir ma foi, d’aller au bout de certaines questions, d’affronter certains doutes, de faire ma catéchèse, de perdre d’emblée certaines illusions sur l’Église orthodoxe, de mettre à l’épreuve la profondeur de mon désir. Il m’a permis également de régler la question de mes origines catholiques.

Devant la fin de non-recevoir du père Sophrony, j’ai en effet essayé de renouer avec ma tradition d’origine.  Malgré ces efforts, les personnes remarquables que j’ai rencontrées, la mayonnaise, comme on dit, n’a pas pris. J’étais déjà ailleurs, irrésistiblement attiré par la spiritualité chrétienne orientale où je respirais avec ampleur.

Et puis, autant je me sentais en symbiose avec la théologie et l’ecclésiologie orthodoxes, autant je butais sur certains aspects du catholicisme romain, notamment l’institution du pape, la conception de l’Esprit saint, un certain juridisme ambiant...

En 1990, je vécus la Semaine Sainte au monastère Saint-Jean-Baptiste. Une véritable mort-résurrection avec le Christ qui rendit mon « passage » – au sens de Pâque – à l’orthodoxie aussi évident qu’inéluctable.

Ce « passage » – j’en étais sûr maintenant – n’était ni une affaire de convenance, ni un choix esthétique purement subjectif, mais une nécessité intérieure. J’aurais envie de dire: une question de vie et de mort.

Le père Sophrony le comprit et, quelques semaines plus tard, j’entrais dans la communion sacramentelle de l’Église orthodoxe au monastère. Afin de marquer cette Pâque personnelle, de manifester ce désir d’entrer dans une vie nouvelle, le père Sophrony me donna le prénom de Maxime, me plaçant sous le patronage de saint Maxime le Confesseur, disciple de saint Sophrone de Jérusalem.

On l’aura compris. Mon «passage» à l’orthodoxie n’est pas le résultat d’une réflexion intellectuelle ou d’une fascination plus ou moins exotique, mais le fruit d’un long cheminement spirituel. Il n’y a en lui ni rejet, ni reniement, ni trahison d’une autre confession.  

Vu mon long éloignement de l’Église catholique, il ne s’agissait ni d’un changement – encore moins d’une rupture –, mais d’une réintégration, ailleurs, dans le corps du Christ qui est l’unique Église. Je n’ai pas choisi une confession par opposition à une autre, après un savante comparaison de leurs vertus et degrés de vérité respectifs.

Non, j’ai simplement suivi le chemin qui s’ouvrait et se déroulait sous mes pas, obéi à un attrait très fort, irrésistible même, pour une Lumière à l’éclat et à la pureté extraordinaires. En ce sens, ma conversion est essentiellement de l’ordre de l’accomplissement.

En fait, je ne me suis pas converti à l’orthodoxie, mais au Christ, qui est le chemin et la vérité.  Il faut ici clairement distinguer entre être orthodoxe et vivre en orthodoxe, c’est-à-dire en chrétien.

Autrement dit, on est orthodoxe par son «incorporation» sacramentelle et la foi que l’on confesse, mais on devient chrétien par sa vie, par l’acquisition de l’Esprit saint à travers l’assimilation et la mise en pratique de l’Evangile.

Entrer dans cette vision-là, c’est évidemment tout le contraire d’une affirmation confessionnelle autosatisfaite, exclusive, nationaliste, ethnique ou triomphaliste.

Personnellement, je me sens chrétien avant d’être orthodoxe. Ou plutôt je ne conçois l’orthodoxie que comme synonyme de la vie chrétienne, évangélique, en plénitude. En ce sens, devenir orthodoxe, ce n’est pas seulement se couvrir d’un nouveau manteau tissé de rites et de formulations théologiques, c’est revêtir le Christ lui-même. Mais revêtir le Nouvel Adam, qu’est-ce sinon accepter de mourir au vieil Adam, changer de peau et de vie ?

J’ai dit que mon entrée dans la communion sacramentelle de l’Église orthodoxe était un accomplissement. En conclusion, j’aurais envie d’ajouter qu’elle est en réalité un commencement.

Car la vraie conversion – la seule qui compte, au-delà de toute appartenance ecclésiale –, c’est la métanoïa dont parle Jésus au début de l’Évangile, le retournement de tout notre être, de notre cœur le plus profond, par lequel « notre pauvreté humaine se tourne vers la grâce de Dieu » (André Louf). Or, dans la mesure où je reste pécheur, cette révolution intérieure n’est jamais faite une fois pour toutes.

Elle ne s’interrompt ni ne se termine jamais. Elle est un mouvement infini, un devenir qui n’en finit pas d’advenir. Elle est le chemin à la suite de Celui qui est le Chemin, qui chemine avec moi et en moi: le Christ qui fait toutes choses nouvelles.

Être orthodoxe, pour moi, c’est me dire chaque matin comme saint Antoine: « Aujourd’hui je commence ».

Article paru dans la revue
Itinéraires : Recherches chrétiennes d'ouverture
No. 23, Été 1998 (Association Itinéraires, 
1052 Le-Mont-sur-Lausanne, Suisse).

__________________________________
 

277163 234956736553388 1210667500 qSi vous souhaitez recevoir chaque jour un texte spirituel choisi par le diacre Marc abonnez-vous à son blog (et regardez votre dossier spam ou indésirable pour valider ensuite votre inscription envoyée par Feedburner) :

 

Enter your email address:

Delivered by FeedBurner

 

Partager cet article
Repost0