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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 23:55
La Paix de Dieu
La Paix de DieuLa Paix de Dieu
Peu de passages de la Sainte Écriture ont fait l’objet d’une interprétation aussi erronée que le verset 14 de l'Évangile selon saint Luc.
 
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
 
Il s’agit de l’hymne entonné par les anges lors de cette nuit divine de la Nativité du Verbe Divin, notre Seigneur Jésus-Christ.
 
Nous concevons de manière mauvaise et erronée cette paix, en croyant qu’il s’agit d’une paix extérieure, d’un état d’amitié entre les hommes, entre un individu et un autre, entre un peuple et un autre peuple, tout ceci étant accompagné de la cessation des guerres et des combats. 
 
Une telle paix n’a jamais été annoncée dans l’Évangile : celle-ci est intérieure, elle est l’état de calme qui règne dans l’âme de l’homme croyant, de l’homme qui est en communion avec Dieu. Il s’agit de la paix entre l’homme et Dieu, et non de l’homme avec un autre homme. 
 
C’est le renversement du  «mur de séparation », qui séparait la terre et le ciel, l’homme et Dieu. C’est la fin de la révolte, celle de la création contre le Créateur.
 
C’est cette paix qu’apporte au monde le Fils de Dieu. Depuis lors, chaque croyant en Jésus-Christ Incarné, Crucifié et Ressuscité, a Dieu pour ami et se trouve en communion filiale avec Lui.
 
Il n’est plus rebelle, révolté, ennemi de Dieu, il a été «réconcilié» avec Lui par le Médiateur éternel, le Seigneur Jésus-Christ.
 
L’état de révolte et d’inimitié envers Dieu appartient entièrement au passé et ne constitue pour le fidèle qu’une simple mais amère réminiscence.
 
Depuis la venue du Seigneur et par la force de Son sacrifice sur la Croix, l’homme est entré dans une nouvelle période, un nouvel état, celui de la Grâce, de la Réconciliation, de la Filiation. Les promesses de paix du saint Évangile se rapportent à cette paix et non à la paix du monde extérieur : «Je vous laisse la paix, dit le Seigneur aux Apôtres, C’est ma paix que Je vous donne  ».
 
Et pour souligner que cette paix est une paix d’une autre sorte, Il ajoute : « Je ne vous la donne pas comme le monde la donne» (Jn 14,27). En outre, dans un autre passage, parlant de la paix extérieure, Il dit qu’Il ne l’apporte pas. Au contraire, Il prévoit que la foi en Lui sera cause de discordes entre les hommes. Les incroyants persécuteront les fidèles de Jésus et, ainsi, les guerres non seulement ne diminueront pas, mais augmenteront, en ce sens qu’à celles qui existent, s’ajoutera celle qui se dirigera contre la nouvelle foi. 
 
«Ne pensez pas, dit-Il, que je sois venu apporter la paix sur la terre ; Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Car Je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère » (Mt 10,34-35). 
 
Avant d’avoir été conduit volontairement sur le Golgotha, afin de boire le calice d’une mort terrible, Il accorda la paix intérieure aux Apôtres, une paix qui ne sera pas troublée par des myriades d’épreuves et d’afflictions extérieures. Malgré celles-ci, cette paix existe, car, précisément, elle est intérieure :
 
 «Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en Moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde »  (Jn 16,33).
 
Il accorda la paix aux Apôtres, tout en sachant quelles morts douloureuses les attendaient, tout en leur disant ouvertement qu’Il les envoyait «comme des brebis au milieu des loups»  (Mt 10,16). Était-il donc possible qu’Il leur accordât la paix extérieure ? Sûrement pas! 
 
Quant à saint Paul, il est le prédicateur et l’apôtre de cette paix intérieure, de cette paix envers Dieu: «Ayant donc reçu notre justification de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ », écrit-il aux Romains (5,1). S’adressant cette fois aux Éphésiens, il dit que le Seigneur Jésus-Christ est «notre paix », Celui qui est venu proclamer 1a paix... «par Lui nous avons en effet... libre accès au Père » (Éph. 2,14-18). 
 
En conclusion: la paix de l’hymne angélique est la paix de l’homme avec Dieu, il ne s’agit pas d’une paix extérieure. Cette paix a régné véritablement «sur terre», celle-ci a été réconciliée avec le ciel par l’humilité jusqu’à la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ.
 
Il est inutile d’ajouter que l’homme qui est en paix avec Dieu, est en paix avec ceux de l’extérieur. Seul un tel homme peut dire: « Avec ceux qui haïssent la paix, j’étais pacifique » (Ps 119,16). Il aime et fait du bien même à ses ennemis.
 
La paix intérieure est la condition préalable à la paix extérieure.
 
Quant à la paix extérieure, elle n’est pas seulement inaccessible, mais inconcevable sans la paix intérieure.
 
Telle est précisément la tragédie de notre époque : tandis qu’elle a déclaré la guerre à Dieu, elle recherche anxieusement la paix entre les hommes.
 
Tandis qu’elle est totalement indifférente à la paix intérieure, elle recherche à cor et à cri la paix extérieure.
 
Elle déraciné l’arbre et attend les fruits; elle détruit la maison et recherche sa chaleur ; elle s’éloigne du soleil et veut la lumière. 
 
"Acquiers un esprit de paix, et des milliers autour de toi seront sauvés."
De tous temps, «l'objet du désir de tous les hommes» est « la paix »  (Est 3,l2a). Cependant, aucune époque n’a autant que la nôtre eu soif de la paix.
 
Réussirait-elle donc là où toutes les autres époques ont lamentablement échoué ? En d’autres termes, réussirait-elle à construire la paix sans Dieu? Mettrait-elle fin aux terribles armes d’aujourd’hui? Ferait-elle des guerres des souvenirs historiques lointains? A l’aide de quoi? De la science? De la technologie? De l'humanisme?
 
De la profondeur des siècles retentit l'avertissement clair, catégorique et saisissant, dont la vérité et la valeur sont, hélas, confirmées!
 
Une amère expérience de presque trois millénaires qui se sont écoulés depuis: «Si vous voulez bien obéir, vous mangerez les produits de la terre. Mais si vous refusez et vous rebellez, vous serez dévorés par le glaive. Car la bouche du Seigneur a parlé.»    (Is 1,l9-20).
 
Que ce glaive soit un glaive ordinaire ou un autre, d’une nouvelle conception, comme, par exemple, le produit de l’énergie
nucléaire, n’a que peu d’importance en soi...  
 
« Seigneur notre Dieu, donne-nous la paix, car Tu nous as rendu toutes choses. Seigneur notre Dieu, prends possession de nous...» (Is 26,l2-13).                                          
 P. Épiphane Théodoropoulos
Texte traduit par B. Le Caro 
in Le Messager Orthodoxe n°103. L'original est paru dans le périodique grec Koinonia en 1984.)
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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 23:58
Le coeur en hébreu
  • #

    Le cœur moral

    Le mot hébreu pour cœur, lev (לב) se trouve des centaines de fois dans la Bible. Dans la mentalité biblique, lev est bien plus que l'organe qui pompe inlassablement le sang dans nos veines. Lev est l'organe humain central. Il représente le moi intérieur. C'est ce qui nous fait aimer, pleurer, pécher et compatir. Un meilleur équivalent français serait « psyché ». Pour cette raison, en hébreu originel de la Bible, d'innombrables qualités morales sont exprimées en utilisant le mot lev

  • #

    Qu’y a-t-il dans le cœur ?

    Voici un exemple de la façon dont la Bible utilise le mot lev pour exprimer une grande variété de personnalités humaines : 

    • une personne honorable est décrite comme yashar-lev,     « cœur juste » (Ps. 7:11)
    • une personne obstinée est kashe-lev, « cœur dur » (Ez. 3.7)
    • une personne arrogante est coupable de gevah-lev, « cœur élevé » (Prov. 16:5)
    • une personne malhonnête a un lev va-lev, un « cœur et cœur » ou un « double cœur » (Ps. 12:3)
    • une personne courageuse est qualifiée de amitz-lev, « grand cœur » (Amos 2:16)

  • #

    Le courage de retourner à la source

    Votre Bible traduite en français a pris la fascinante et riche langue hébraïque et l'a aplanie pour la rendre plus fluide pour les francophones. Cela prive les Écritures de leur pouvoir vital. Une figure héroïque comme David n'est pas seulement « courageuse », mais aussi « au cœur puissant ». L'une des choses les plus gratifiantes à propos de l'apprentissage de la lecture de la Bible en hébreu est la capacité à « lire entre les lignes » de la traduction

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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 23:51
Baptiser les extra-terrestres ?

 Avec les progrès réalisés dans l’observation de notre voûte étoilée et les nombreuses découvertes d’exoplanètes, pas une semaine ne passe sans que l’une ou l’autre revue sérieuse s’interroge sur l’existence d’une vie intelligente autre que l’humanité.

On se souvient des propos du pape François à propose des Martiens.

En mai 2014, à Radio Vatican, sur le ton de l’humour, il avait déclaré : « Si, par exemple, une expédition de Martiens débarque… Des Martiens, pas vrai ? Vert, avec un long nez et de grandes oreilles, comme les enfants les dessinent… Et que l’un d’eux dit « Je veux être baptisé! » Que se passera-t-il ? Qui sommes-nous pour leur fermer la porte ? »

Si la déclaration tient de la boutade, dans la foi nous savons que si civilisation d’extraterrestres il y a, ils ont forcément été créés par le Christ.

Qu’ils ressemblent aux terribles aliens de Ridley Scott ou aux braves Klingons de Star Trek, tout dans l’univers est l’œuvre de Notre Seigneur. Peut-être que les extraterrestres n’ont pas besoin d’être sauvés ?

Après tout, la parole du Christ dans Matthieu pourrait bien s’adresser à l’Humanité perdue contrairement aux multitudes non égarées habitant sur d’autres mondes : car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée ? (Matthieu 18, 11-12)

Mais si les extraterrestres sont pêcheurs comme nous, il sera du devoir des Catholiques de leur apporter la Bonne Nouvelle comme ils l’ont fait pour le reste du monde.

Sans écarter le fait que le plan de Salut ne touche peut-être pas seulement la Terre et que Dieu a pu s’incarner dans d’autres réalités que la nôtre afin de les mener à Lui.

Qu’ils soient bien disposés ou au contraire de sanglants envahisseurs comme le montre souvent Hollywood, l’arrivée des extraterrestres ne provoquera pas de crise majeure de la foi.

Selon une étude de la Royal Society, réalisée en 2011, 90 % des croyants interrogés déclarent qu’aussi passionnante soit-elle, un débarquement d’outre espace ne bouleversera pas leur foi.

Rappelons que déjà au XIIIe siècle saint Thomas d’Aquin se posait la question des autres mondes habités et de leur implication théologique.

Et pour cause, la foi catholique est beaucoup trop ancrée dans la vérité, beaucoup trop sereine dans sa rationalité et beaucoup trop ouverte à l’inattendu pour se laisser troubler outre mesure par un choc civilisationnel majeur tel que celui-là. 

Sébastien Morgan

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