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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 22:01
L' art de bénir

Au réveil, bénissez votre journée 
car elle déborde déjà d'une abondance de biens.
Que vos bénédictions font apparaître. 
Car bénir signifie reconnaître le bien infini 
qui fait partie intégrante de la trame même de l'univers. 
Il n'attend qu'un signe de nous pour se manifester.


En croisant les gens dans la rue, dans le bus, 
sur votre lieu de travail, bénissez-les tous. 
La paix de votre bénédiction sera la compagne de leur chemin, 
et l'aura de son discret parfum une lumière sur leur route. 
Bénissez ceux que vous rencontrez dans leur santé, 
dans leur travail, leur joie, leur relation au divin, à eux-mêmes et aux autres. 
Bénissez-les dans leur abondance et dans leurs finances. 
Bénissez-les de toutes les façons concevables, 
car de telles bénédictions ne sèment pas seulement les semences 
de la guérison mais, un jour, jailliront comme autant de fleurs de joie 
dans les espaces arides de votre propre vie.

En vous promenant, bénissez votre village ou votre cité, 
ceux qui la gouvernent et ses enseignants, 
ses infirmières et ses balayeurs, ses prêtres et ses prostituées. 
A l'instant même où quelqu'un exprime la moindre agressivité, 
colère ou manque de bonté à votre égard, 
répondez avec une bénédiction silencieuse. 
Bénissez-les totalement, sincèrement, joyeusement, 
car de telles bénédictions sont un bouclier 
qui les protège de l'ignorance de leurs méfaits, 
et détourne la flèche qui vous est adressée.

Bénir signifie désirer et vouloir inconditionnellement, 
totalement et sans réserve aucune le bien illimité 
pour les autres et les évènements de la vie
en puisant aux sources les plus profondes et les plus intimes de votre être. 
Cela signifie révérer et considérer avec un émerveillement total 
ce qui est toujours un don du Créateur 
et cela quelles que soient les apparences. 
Celui qui est porté par votre bénédiction est mis à part, consacré, entier. 
Bénir signifie invoquer la protection divine sur quelqu'un 
ou quelque chose, penser avec une reconnaissance profonde à elle, 
l'évoquer avec gratitude. 
Cela signifie encore appeler le bonheur sur quelqu'un
encore que nous ne soyons jamais la source de la bénédiction, 
mais simplement le témoin joyeux de l'abondance de la vie.

Bénir tout et tous, sans discrimination aucune, 
constitue la forme ultime du don, 
car ceux que vous bénissez ne sauront jamais 
d'où vient ce rayon de soleil 
qui soudain perça les nuages de leur ciel, 
et vous serez rarement témoins de cette lumière dans leur vie.

Quand dans votre journée, quelque événement inattendu vous bouleverse 
vous autant que vos plans, éclatez en bénédictions, 
car la vie est en train de vous apprendre une leçon, 
même si sa coupe peut vous sembler amère. 
Car cet événement que vous pensez être si indésirable, 
vous l'avez en fait suscité, afin d'apprendre la leçon qui vous échapperait 
si vous hésitiez à le bénir. 
Les épreuves sont des bénédictions cachées, 
et des cohortes d'anges suivent leurs traces.

Bénir signifie reconnaître une beauté omniprésente 
cachée aux yeux matériels. 
C'est activer la loi universelle de l'attraction qui, 
du fond de l'univers, amènera dans votre vie exactement 
ce dont vous avez besoin dans le moment présent pour grandir, 
progresser, et remplir la coupe de votre joie.

Quand vous passez devant une prison, bénissez ses habitants 
dans leur innocence et leur liberté, leur bonté, 
la pureté de leur essence et leur pardon inconditionnel. 
Car on ne peut qu'être prisonnier de l'image qu'on a de soi-même, 
et un homme libre peut marcher sans chaînes dans la cour 
d'une prison, tout comme les citoyens d'un pays libre 
peuvent être prisonniers quand la peur se tapit dans leur pensée.

Quand vous passez devant un hôpital, bénissez ses patients 
dans la plénitude de leur santé, 
car même dans leur souffrance et leur maladie, 
cette plénitude attend simplement d'être découverte. 
Et quand vous voyez une personne en pleurs 
ou apparemment brisée par la vie, bénissez-la dans sa vitalité et sa joie : 
car les sens ne présentent que l'inverse de la splendeur 
et de la perfection ultimes que seul l'oil intérieur peut percevoir.

Il est impossible de bénir et de juger en même temps. 
Alors maintenez en vous ce désir de bénir 
comme une incessante résonance intérieure 
et comme une perpétuelle prière silencieuse, 
car ainsi vous serez de ceux qui procurent la paix, 
et, un jour, vous découvrirez partout la face même de Dieu.

P.S. 
Et par-dessus tout, n'oubliez pas de bénir cette personne merveilleuse, 
totalement belle dans sa vraie nature, et si digne d'amour que vous êtes.



Pierre Pradervand dans Vivre sa spiritualité au quotidien, Éditions Jouvence 2007

 

http://www.seraphim-marc-elie.fr/
 
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deuxième

 

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 22:13
La Lettre de Béthanie N° 126

Chers Amis,

Les temps sont difficiles, même durs ! Nous avons tous notre lot d’épreuves personnelles, familiales, ecclésiales, mais aussi économiques, sans oublier celles de beaucoup de peuple qu’ils soient du Moyen-Orient, d’Ukraine, du Tibet ou d’ailleurs ; je n’ai pas besoin de vous faire un dessin, ni une liste ; mais ce qui fait vivre, malgré tout, le disciple du Christ, ce n’est pas la facilité, la sécurité et le confort, c’est la certitude que le Christ est déjà vainqueur de ce qui nous oppresse, nous opprime et même nous tue à petit feu ou brutalement, la certitude qu’il est vivant, Lui, vrai homme et vrai Dieu, la certitude qu’Il est présent et qu’Il nous conduit. Beaucoup de réfugiés arabes chrétiens en témoignent.

Le Christ nous dit dans l’Evangile : « Mes brebis entendent ma voix et moi je les connais, et elle marchent derrière moi, et moi je leur donnerai la vie éternelle et elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main ; mon Père, qui me les as données, est plus grand que tous, et personne ne peut rien arracher de la main de mon Père. Mon Père et moi, Nous sommes Un. »

C’est extraordinaire ! Il est vrai que notre difficulté, c’est que nous ne voyons pas le Christ, que nous ne le touchons pas chaque jour ni à volonté ; mais nous avons un moyen merveilleux de le rejoindre quand nous sommes dans la difficulté, le chagrin, l’épreuve : là où nous sommes, il nous suffit de tendre l’oreille pour entendre la voix de ce Berger : « Mes brebis entendent ma voix, dit Jésus, et moi, je les connais, et elles marchent derrière moi ».

Vous savez, il existe une sorte de connivence entre les brebis et le berger, et si la voix de notre berger n’est pas une voix qui s’impose. De temps à autre, Il parle, comme pour dire : « Je suis là, avec vous et je m’en vais par là ». Et les brebis qui écoutent, suivent ! C’est bien cela, en effet, qui nous fait réagir et repartir dans la vie : cette voix du Christ qui dit et redit : « Je suis là avec toi ; je suis là pour toi, et je te connais et Je te donnerai la vie éternelle : jamais tu ne périras ».

Non, jamais nous ne périrons, parce que nous serons défendus. Le berger, pour nous, n’est pas seulement une voix qui nous hèle ; c’est une main qui nous tient et qui nous protège. Et jamais, rien ni personne ne pourra nous arracher de la main du Christ, car le Christ nous garde et nous serre contre Lui, nous sommes le cadeau d’amour que son Père Lui a fait : « Ils étaient à toi, et tu me les as donnés, et je n’en ai perdu aucun » dit-il ailleurs. (Jn 17,6.12).

Le Christ vient nous dire ici qu’Il tient à nous, que Dieu son Père, que Dieu notre Père tient à nous, lui qui est « plus grand que tout ». C’est bien cela l’inouï, dans cet univers immense : que Dieu veuille à ce point nous protéger et nous conduire pour nous donner la vie éternelle. Mais si le Seigneur nous assure ainsi de sa présence aimante et rassurante, Il ne nous invite pas pour autant au repos, du moins pas encore : « Mes brebis marchent derrière moi », dit Jésus, ne l’oublions pas.

Nous sommes, comme le Christ, envoyés, chaque jour envoyés, chaque jour en marche. Si nous suivons le Christ nous savons où nous allons aller. Nous allons aller jusqu’au bout de notre chemin terrestre sur le chemin de l’amour, de l’amour total, jusqu’au bout du don de nous-mêmes. Ce que Dieu a dit à l’Apôtre Paul au cours de sa mission, Il le redit à chacun et chacune de nous dans la prière : « J’ai fait de toi la lumière des nations, pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 13,47). Ces paroles s’adressent à nous qui sommes avec le Christ, sur le même chemin.

Cela veut dire que nous sommes porteur du message de Jésus jusqu’au bout du vaste monde qui est l’horizon de chacune de nos vies, jusqu’au bout dans notre couple, jusqu’au bout de notre dialogue avec nos enfants, jusqu’au bout de notre pardon en famille, en communauté, dans le cercle de nos relations, au travail, jusqu’au bout de notre dévouement et de notre solidarité envers tout homme.

Marchons, cheminons, suivons Jésus. Faisons preuve de notre fidélité au quotidien s’il est des jours où l’épreuve se fait plus lourde, où la fidélité se fait plus difficile, des jours où l’on est las d’être en route, las de soi-même et déçu du troupeau, s’il est des heures où toute lueur d’espoir semble s’éloigner, pour nous-mêmes et pour ceux que nous aimons, pour notre pays ou pour notre planète. A ces moments-là, rappelons-nous que notre Dieu est « plus grand que tous et que personne ne peut rien arracher de la main de notre Père ».

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

Père Pascal

Centre Béthanie

http://www.centrebethanie.org

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 22:13
Ce qu'est Dieu pour Jung

Jung parle souvent de Dieu dans ses ouvrages. Lors d'une émission de la B.B.C. en 1959 (« Face à Face ») on lui demanda : « Croyez-vous en Dieu ? ».

Jung répondit «Je n'ai pas besoin de croire en Dieu ; je sais. »

Cette réponse provoqua immédiatement un flot de lettres écrites par ceux qui croyaient que la foi de Jung en « Dieu » était la même que la leur ; d'autres auditeurs disaient qu'ils ne croyaient pas en « Dieu », alors que d'autres encore voulaient savoir ce qu'il entendait au juste par « Dieu ».

Dans l'impossibilité de répondre à ces nombreux correspondants, Jung choisit d'exprimer sa pensée sur ce point dans une lettre datée du 21 janvier 1960 qui fut publiée dans The Listener :

Monsieur,
J'ai reçu de nombreuses lettres dans lesquelles il était fait état de mes propos sur la « connaissance » (de Dieu).

Ma façon de concevoir la « connaissance de Dieu » est peu conventionnelle et je comprendrais fort bien que l'on me reprochât de ne pas être un bon chrétien.

Pourtant je me considère chrétien car je me fonde sur des concepts chrétiens.

J'essaye seulement d'échapper à leurs contradictions internes en faisant intervenir une attitude plus modeste qui tienne compte des vastes ténèbres qui règnent dans l'âme humaine.

L'évolution continue de l'idée chrétienne, comme celle du bouddhisme également, est une preuve de vitalité.

Notre époque a certainement besoin de voir se développer un nouveau mode de pensée à ce sujet, car il n'est plus possible de continuer à penser à la façon des Anciens ou des chrétiens du moyen âge lorsque nous pénétrons dans le domaine de l'expérience religieuse.

Je n'ai pas dit, au cours de l'émission radiophonique en question : « Dieu existe ». J'ai dit : « Je ne crois pas en Dieu : je sais ». 

Ce qui ne veut pas dire que je connaisse un certain Dieu (Zeus, Jahvé, Allah, le Dieu de la Trinité, etc...) mais plutôt : je sais que je me trouve, de toute évidence, en face d'un facteur inconnu que j'appelle « Dieu » en consensu omnium (« quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditur »).

Je me souviens de Lui, je L'évoque, chaque fois que je me sers de Son nom lorsque la colère ou la crainte m'envahit, chaque fois qu'involontairement je dis : « Oh Dieu ».

Ceci se passe chaque fois que je rencontre quelqu'un ou quelque chose de plus fort que moi.

C'est une expression heureuse qui convient à toutes les émotions irrésistibles de mon propre système psychique, qui maîtrisent ma volonté consciente et s'emparent du contrôle que j'exerce sur moi-même.

C'est le nom par lequel je désigne tout ce qui traverse mon chemin violemment et sans ménagement, tout ce qui bouleverse mes idées subjectives, mes plans et mes intentions et qui change le cours de ma vie pour le meilleur et pour le pire.

D'accord avec la tradition, j'appelle « Dieu » la puissance du destin sous son aspect positif comme sous son aspect négatif et dans la mesure où son origine n'est pas vérifiable ; c'est un « dieu personnel » puisque mon destin signifie surtout moi-même, surtout lorsqu'il me parle sous la forme de la conscience comme une vox Dei avec laquelle je puis même m'entretenir et discuter. (Nous faisons et en même temps nous savons que nous faisons. Nous sommes sujet et objet à la fois.)

Et cependant, je considère qu'il serait intellectuellement immoral de se permettre de penser que le dieu que je conçois est l’Être universel et métaphysique des confessions ou des « philosophies ».

Je n'ai pas l'impertinence de postuler une hypostase, ni l'arrogance de décerner des attributs tels que : « Dieu ne peut être que bon ».

Seule mon expérience personnelle peut être bonne ou mauvaise, mais je sais que la volonté supérieure repose sur une base qui transcende l'imagination humaine.

Étant donné que je connais ma confrontation avec une volonté supérieure, je connais Dieu, et si, de façon illégitime, je tentais d'hypostasier ma représentation, je dirais que je connais un Dieu qui est au-delà du bien et du mal, qui règne en moi comme ailleurs : Deus est circulus cuius centrum est ubique, cuius circumferen-tia vero nusquam.

Zürich ( E.A. Bennet )

Commentaire de Marc-Elie

Quoiqu'en dise Jung sa conception de Dieu n'est pas chrétienne au sens de la révélation annoncée et vécue par le Christ Jésus et transmise par une expérience de Dieu vécue et exprimée par nos Pères dans la foi. 

http://www.seraphim-marc-elie.fr/
 
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