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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 23:15

billes acier

 

Que penser de l'habitude ?

 

Car enfin, sans cette « seconde nature » dont parlaient les médiévaux comme Thomas d'Aquin, comment espérer tenir dans la durée de nos existences ?

 

Notre époque est marquée par la précipitation, par l'obsession de « l'urgence », par la flexibilité imposée, parfois par un impératif de larguer nos attaches pour dire notre autonomie. Retrouver alors le sens de l'habitude, d'une nécessaire routine, n'est pas chose facile et pourtant indispensable - une force - afin que nos vies ne s'effondrent pas. Car le nouveau peut être un culte épuisant, vide, une illusion pour se cacher de la vieillesse et de la mort.

 

La prière des Psaumes, la liturgie, l'adresse silencieuse au Christ, la lecture de l'Écriture sont des lieux spirituels qui scandent les jours. Sans la répétition, il faudrait déployer une énergie considérable pour chaque fois repartir de zéro. Aimer le monde ordinaire, tel est un enjeu caché de la répétition.

 

Notre horloge est habillée par « ce qui revient » : travail, vie familiale... mais aussi trace de l'intime compagnie de Dieu. Grâce à la régularité, notre volonté est soutenue, gardée en réserve pour les temps où il faudra faire face à des ruptures, à de l'inattendu.

 

Grâce à ce tempo du familier, les jours sont plus légers. Voir nos pieds nous précéder. Le piège, bien sûr, serait que le coeur et l'intelligence ne suivent pas. Ne suivent plus. Alors, il faut s'interrompre, interroger ce qui serait « dés-habité », rabâchage.

 

Mais ne perdons pas de vue le prix d'une vie ponctuée par nos habitudes acquises, décidées, visage de nos amours, de nos engagements. C'est là un signe inestimable de la fidélité.

 

Cultivons nos recommencements ordinaires, qui nous font du bien, qui sont des tuteurs pour notre goût d'aimer et de vivre, pour notre joie de croire en un Dieu à portée d'habitudes. Et quittons les répétitions qui nous entravent et sont sans âme.

 

La liberté n'est pas de tout réinventer chaque matin. Mais de nous tenir humblement auprès de notre Dieu. Ce faisant, nous portons l'espérance d'être attentifs à sa voix comme à celle des plus humbles, ouverts à la nouveauté de Dieu qui viendra de surcroît.   

 

Véronique Margron
religieuse dominicaine

in Panorama Février 2012

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 23:09

simone_weil.jpg

 

L'humilité,

c'est le refus d'exister

en dehors de Dieu

 

Simone Weil

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 23:41

trinh_xuan_thuan_1.jpg

 

Et l'esprit ? Quelles réponses vous donnez-vous sur cette question de la singularité de l'être humain?

Parlons du « principe anthropique ». Il y a une quinzaine de constantes physiques qui règlent l'Univers. On connaît leur valeur, mais on est incapables de dire pourquoi elles ont cette valeur. Par exemple : la vitesse de la lumière, la constante de Planck qui détermine la taille des atomes, la force gravitationnelle...

 

On s'est aperçu que si on variait un peu ces constantes, l'Univers ne fabriquerait pas d'étoiles, il n'y aurait pas d'éléments lourds, pas de vie, pas de conscience. Donc, il faut un réglage précis des constantes initiales pour que l'homme apparaisse. C'est le principe anthropique.

 

Un physicien anglo-américain que j'aime beaucoup, Freeman J. Dyson dit: «L'Univers savait quelque part que l'homme allait venir.»

 

Je pense que l'homme est primordial pour donner un sens à l'Univers.

 

Pourquoi créer un Univers d'une telle beauté, d'une telle harmonie, si personne ne l'appréhende ? Un Univers vide et stérile n'aurait pas de sens.
 

 Je pense qu'il y a un choix métaphysique. Le réglage si précis de l'Univers est-il un effet du hasard ou est-il nécessaire? Pour Jacques Monod, prix Nobel de biologie, auteur du « Hasard et la nécessité », « l'homme a émergé par hasard dans un Univers qui lui est complètement indifférent. » D'autres ont abondé dans ce sens, comme Steven Weinberg, prix Nobel de physique, qui dit que « plus on comprend l'Univers, plus il est dépourvu de sens, comme notre existence est dépourvue de sens. »


La science se trouve donc sans réponse ?

 

La science ne peut pas distinguer. La majorité de mes collègues, probablement, n'aime pas parler de quelque chose qui règle les choses dès le début, d'un principe créateur. Ils évacuent cela en invoquant le hasard.

 

Trinh Xuan Thuan

astrophysicien

Panorama février 2012

 

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