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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 19:32

Le texte que nous venons d’entendre est une splendeur de vie ordinaire. Les apôtres travaillent, ils lavent leurs filets, ils ont passé la nuit à la pêche. Rien de plus commun et la seule question qui se pose alors à nous, c’est de savoir en quoi je suis concerné(e). C’était il y a deux mille ans et si la Parole est de Dieu, alors c’est de moi qu’il s’agit.

Jésus descend non pas dans la barque de Pierre il y a deux mille ans, il descend dans ma barque.

Je vous ai invité à mettre votre prénom à la place des prénoms bibliques. Il descend dans ma barque : la barque – nous le savons depuis l’Arche de Noé – c’est mon intériorité.

Quand Noé est descendu dans l’Arche et qu’il a emmené tous ces animaux ( vous vous en souvenez), ce sont les énergies puissantes qui sont en nous, quand nous sommes dépendants de toutes nos passions ; il a fallu les dompter, se purifier, et étant purs, le Messie peut alors descendre en personne. Il respecte nos dépendances. Tant que nous avons d’autres dieux et que nous sommes idolâtres, Il nous respecte totalement.

Mais il y a une chose qui est sûre, c’est qu’Il ne vient pas en nombre avec tous ces dieux là, que nous alimentons, dans lesquels nous cherchons nos plaisirs et dont nous devenons finalement les esclaves. Il respecte cela totalement du moment que cela est notre chemin et notre petite volonté propre.

Mais pour un homme qui a traçé son intention, qui a une direction, qui a un chemin et donc une profondeur, Il y descend.

Le Christ m’habite, c’est le mouvement même de l’incarnation. Il est descendu dans mon intériorité, dans ma barque et je suis un être habité.

C’est sa croix et sa résurrection qui m’ont libéré, définitivement. Je suis purifié de tous les faux dieux. Il ne tient qu’à moi de faire le choix.

Et qu’est ce qui se passe quand le Christ est dans cette barque, quand Il est dans ma profondeur intérieure ?

Le texte dit : « Il prend le large face à la terre et il enseigne. »

Dès que nous sommes conscients de cette présence inouïe au fond de nous et que nous avons avec elle une relation vivante, alors nous percevons l’enseignement.

Je ne fais pas de métaphore, c’est une réalité, c’est révélé dans la Bible elle-même :

Dieu me parle, mais qui écoute ?

Il s’agit de percevoir cette présence et d’accueillir l’enseignement pour peu qu’on prenne la distance vis à vis du rivage où il y a la turbulence de la vie extérieure.

Et quel est cet enseignement que je perçois au fond de moi ?

Le Christ dit à Pierre, c’est-à-dire à toi, à moi :

« Avance en eaux profondes »   c’est superbe !

Avancer, c’est quoi ? c’est quitter.

Cette parole qu’Il a déjà dite à Abraham

« Abraham , quitte la terre dans laquelle tu t’es installé indûment, qui est devenue ta propriété, ton dieu, quitte, avance (où ça ? ) en eaux profondes.

L’eau – nous le savons depuis toujours – elle est la matrice, c’est d’elle que toute vie est sortie. Elle a trois caractéristiques essentielles :

  • c’est d’être source de vie
  • moyen de purification (dans toutes les traditions)
  • enfin centre de régénérescence

Ce sont les grands attributs du Messie et dans la profondeur de ces eaux, Il est là.

C’est le lieu du poisson, on ne pêche pas à la surface.

Le lieu du poisson et le poisson sont le symbole du Christ – ictus – ce sont les syllabes de Jésus Christ. Il est le poisson. Il est la profondeur habitée de moi-même et si je prête écoute, alors je suis constamment vivifié par sa source, je suis constamment purifié.

Je n’ai pas à faire l’ascèse des Stoïciens ; c’est Lui, sa présence, qui me purifie et je suis constamment restauré, ici et maintenant.

Et les eaux profondes, c’est la haute mer, c’est-à-dire qu’on quitte la surface agitée des choses, celle où au quotidien – comme dit Saint Pierre  admirablement

« Seigneur, nous avons peiné toute la nuit et nous n’avons rien attrapé »

La surface extérieure, agitée, sans le Christ, c’est le vide. Il n’y a aucun fruit – on ne porte rien – c’est le néant et de surcroît, c’est la nuit.

On a beau peiner, il n’y a rien au bout et nous vivons cela souvent –

Combien nos travaux nous paraissent vides de sens parce que, hors de Lui (comme Il le dira ailleurs), « vous ne pouvez rien faire ».

Mais alors Pierre a une réponse de foi extraordinaire. Il dit :

« Sur Ta parole, je vais jeter les filets. »

Eux qui ont peiné toute la nuit, ce sont des hommes de métier, ils connaissent depuis des décennies le métier. Ils connaissent le lac par cœur. C’est leur milieu de vie et voilà que cet homme Jésus, qui est jeune, qui n’a jamais été pêcheur, qui ne connaît pas leur métier.

Il leur dit : «  malgré cette longue nuit, jetez les filets »

Et Pierre qui va jeter les filets, ça veut dire que au lieu de construire, comme nous le faisons si souvent, sur nos réflexions psychiques, techniques mêmes, sur nos émotions ( parce que nous vivons selon nos émotions ), nous sommes ballotés  par notre âme et ses états continuels – et bien, on peut construire sa vie sur la Parole – sur Ta parole, je vais jeter les filets – C’est inouï ! et ça c’est une trame de toute la Bible – depuis Abraham qui était un homme de la Parole jusqu’à Marie qui dira :

« Qu’il me soit fait, selon ta Parole » et je crois que la grande conversion de celui qui se dit chrétien et qui passe de la religion vide à la présence de Quelqu’un, c’est celui qui construit désormais sa vie sur la Parole.

Ca suppose qu’il la fréquente, qu’elle devienne sa nourriture quotidienne, qu’il en soit le familier pour qu’il puisse construire là dessus – ce dont notre esprit est habité et non plus les émotions de notre âme. Tout l’enjeu est là.

Et quand on construit sa vie sur la Parole de Dieu, on est en eaux profondes.

La haute mer ressemble au désert. C’est table rase de tout le reste. On ne voit plus que l’horizon, il n’y a plus rien d’autre. On ne peut s’attacher qu’à la profondeur et quand on a ses racines dans la profondeur, la surface porte ses fruits.

Les filets sont tellement remplis qu’ils n’arrivent même plus à sortir ; alors il faut faire appel aux autres, alors c’est la naissance de l’amour. C’est l’aide et le service de l’autre. C’est magnifique !

Donc cette attitude nous fait porter des fruits comme dira le Christ à cent pour un.

Et étant habités par cette réalité, nous serons comme Il dit « des pêcheurs d’hommes » c’est-à-dire « des vrais témoins », ces témoins vers lesquels le monde actuel en détresse crie, parce qu’ils manquent  tellement – ces hommes rayonnant de présence – ces porteurs de paix, de joie et d’amour et c’est pour cela que nous quittons tout.

C’est la dernière phrase de l’Evangile.

Pour faire cela, nous quittons tout pour le suivre.

Cette admirable finale « Ils quittèrent tout pour le suivre »

Sans quitter notre maison ou notre travail, nos meubles qui nous entourent, nous nous détachons, comme on détache la barque du rivage pour jeter l’ancre dans ses profondeurs et alors, pour ne vivre que par Lui, pour Lui et en Lui, à cause de la Parole.

C’est une merveille que chacun peut commencer ici et maintenant.

Au Seigneur soit la Gloire, la Puissance aux siècles des siècles.                 

Amen

Père Alphonse Goettmann

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 19:30
LA DATE DE PAQUES

Les chrétiens d'occident et d'orient ne fêtent pas toujours la résurrection du Christ, Pâques, à la même date. C'est pourtant l'élément fondateur de notre croyance : la révélation d'une promesse en une vie éternelle que nous annonce Dieu incarné sur terre.

Il est surprenant que cette date aussi importante diffère dans les 2 hémisphères du monde, et encore plus surprenant dans le monde occidental dans lequel ces 2 dates qui se vivent en décalé pour une même célébration génèrent de fortes incompréhension.

On peut imaginer que le futur, proche ou lointain,  verra la décision d'une date commune, mais aujourd'hui le poids des traditions, la peur de l'église du changement en relation avec une méconnaissance de la part des fidèles qui leur ferait rejeter ce changement, font que cela n'est pas à l'ordre du jour.

Une approche différente dans la croyance en est également une raison, l'occident portant un poids important sur la vérité scientifique, là ou l'orient porte un poids important sur l'immuabilité et le respect de la tradition.

Alors essayons de comprendre à partir de 2 analyses l'une écrite et l'autre télévisée:

  • Analyse proposée par Vladimir Golovanow (référence : Vladimir Golovanow, page facebook du 26 mars 2021) :

"L'un des objectifs du Concile de 325 fut de régler les controverses pascales qui, dès le IIe siècle, se cristallisent autour de la date de Pâques, et empoisonnent la vie de l’Eglise.
A cette date, deux observances pascales s’opposent : l’une, suivie par toute l’Asie proconsulaire, célèbre la fête chrétienne de Pâques le même jour que l’échéance de la fête juive, le soir du 14e jour du mois de nisan, d’où son nom d’observance quartodécimane. Le célèbre évêque de Smyrne et martyr saint Polycarpe suivait cette pratique.

L’autre, se basant sur le fait que le Sauveur est ressuscité un dimanche, exige que la fête de Pâques soit célébrée le dimanche qui suit le 14 nisan : c’est l’usage qui prévaut à Rome, tel qu’il est attesté sous le règne du pape Xyste, au premier quart du IIe siècle.

Peu à peu les choses s’enveniment, et Rome voit d’un œil de moins en moins favorable ceux qu’elle nomme les Quartodécimans, car la controverse pascale n’accuse pas seulement une divergence sur la date de la fête, mais aussi une différence en ce qui concerne le jeûne préparatoire à Pâques.

Dans le courant du IIIe siècle, dans le monde latin, des cycles pascals sont calculés afin de prévoir la date de Pâques plusieurs années à l’avance : ils reposent sur le calendrier solaire, et non lunaire, afin de se démarquer davantage du peuple juif dont le calendrier fait intervenir les cycles de la lune. Les écarts de date n’en deviennent que plus grands.

L’usage se répand ainsi à Rome de célébrer Pâques le dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps : dès lors, Pâques tombe au plus tôt le 22 mars, et au plus tard le 25 avril.

En 314, au concile d’Arles, il est statué que tous les chrétiens devront célébrer la fête de Pâques le même jour, et que le pape, par une circulaire, en annoncerait la date chaque année.

Quelques années plus tard, le concile de Nicée répudie la manière en cours en orient de fixer Pâques « selon la coutume des Juifs », et fixe que tous les chrétiens devront suivre l’usage pascal auquel se conforment « la ville de Rome, l’Italie, et l’Afrique entière, les Espagnes, les Gaules, les Bretagnes, toute la Libye, la Grèce, le diocèse d’Asie, celui du Pont et de la Cilicie ».

Il faudra encore deux siècles pour que les dispositions du concile de Nicée soient acceptées par tous, et qu’on se mette d’accord sur la façon de calculer : par exemple, la fixation de la date de l’équinoxe, qui diffère alors entre Rome et Alexandrie…

Avec l’adoption du calendrier grégorien en occident à la fin du XVIe siècle, qui vise à recaler le calendrier julien qui a dérivé astronomiquement après plusieurs siècles, le problème rebondit, car les Latins et les Grecs n'utilisent plus le même calendrier et ne célèbrent plus la fête de Pâques à la même date.

 La conférence panorthodoxe convoquée par le patriarche de Constantinople en 1923 proposa un "NOUVEAU CALENDRIER" (appelé aussi calendrier julien réformé ou calendrier grec…), amalgame entre un calendrier grégorien "amélioré" pour les fêtes fixes (il supprimera 1 jour en 2800 qui ne sera pas une année bissextile contrairement au calendrier grégorien classique…) et le comput Alexandrin pour ce qui concerne Pâques et les fêtes mobiles. Si ce calendrier est suivi par la majorité des Églises orthodoxes... il refusé par une grande partie des fidèles puisque les Églises de Jérusalem, Russie, Serbie et Géorgie ainsi que les monastères du mont Athos ne le suivent pas.

L'église russe quant à elle ne participa pas à cette conférence mais le saint patriarche Tikhon tenta d'instaurer ce Nouveau Calendrier et fut obligé de reculer devant le refus de la majorité des croyants. Des schismes "Vétéro-calendaristes" se produisirent dans les Églises des Balkans qui l'instaurèrent (Grèce, Bulgarie, Roumanie…). Aujourd'hui la diaspora orthodoxe est divisée, des paroisses orthodoxes voisines célébrant selon des calendriers différents… 

Le débat rebondit dans le cadre du processus préconciliaire. Le document proposé à la commission préparatoire en 1982 énonçait: "actuellement, selon l’opinion des savants astronomes, le nouveau calendrier est plus juste que l’ancien. Il en résulte que le meilleur moyen de résoudre la question du calendrier et de la pascalie est la reconnaissance par toutes les Églises orthodoxes du nouveau calendrier, tant en ce qui concerne les fêtes fixes que pour la pascalie…" .

Mais les délégués des Églises russe, serbe et de Jérusalem s'y opposèrent en arguant de difficultés pastorales et le document finalement adopté, se limitait à constater que «actuellement, le passage de toutes les Églises locales au calendrier julien rectifié s’avère impossible». Le patriarche de Moscou Cyrille ferma le débat fin 2015 en déclarant: "Le thème «de la fixation d’une date de Pâques plus exacte» n’est absolument pas d’actualité pour l’Église orthodoxe et ne peut que semer le trouble parmi de nombreux fidèles".

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 19:30

Le  Notre Père n’est pas une prière comme les autres : c’est la prière que l’Evangile nous transmet. Elle vient de Jésus lui-même.

Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.

L’origine  du Notre Père

C’est Jésus lui-même qui nous l’a enseigné. Non pas en nous donnant une liste de formules à apprendre par coeur, mais par son exemple. Luc et Matthieu présentent cette prière, chacun à leur manière. Matthieu l’inclut dans l’enseignement du « Sermon sur la montagne », juste après deux avertissements : « Ne priez pas comme les hypocrites », et « Ne rabâchez par comme les païens ». Luc raconte que les disciples, impressionnés par l’attitude de Jésus en prière, lui ont demandé : « Apprends-nous à prier ». Le Notre Père est aussi un texte tissé d’expressions bibliques, qui rappelle le Kaddish, une très ancienne prière juive de sanctification du Nom du Seigneur.

Comment le Notre Père est-il arrivé jusqu’à nous ?

Jésus l’a prononcé dans sa langue, l’araméen. Puis les évangiles de Luc et de Matthieu ont été rédigés en grec. Le Pater Noster, sa traduction en latin, a été longtemps utilisé à la messe. A la suite du Concile Vatican II, le Notre Père actuel a été écrit, à partir du texte grec, en collaboration avec les chrétiens orthodoxes et protestants. C’est alors que l’acclamation :
« car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire », utilisée dès le IIe siècle en Orient, mais tombée dans l’oubli en Occident, a été ajoutée.

Le Notre Père a d’abord été prié en privé. Les nouveaux baptisés n’étaient autorisés à l’apprendre que peu de temps avant leur baptême. Ce n’est qu’au IVe siècle qu’il a été intégré à la liturgie eucharistique : l’évêque de Carthage, Cyprien, s’étonnait : « Nous prions au pluriel, donc pas chacun pour
soi ! ». Ainsi, sur la voie tracée par Jésus, voie de liberté, le Notre Père, prière chrétienne par excellence, n’a cessé de trouver des mots nouveaux.

Que contient  cette prière ?

C’est une prière de demande en deux parties inséparables. D’abord les « grands désirs », l’appel  à  Dieu :  le  nommer,  souhaiter  son  règne,  lui  faire  confiance.  Puis  la  cause  de l’homme : ses besoins essentiels, sa faiblesse, sa libération. Dieu et l’homme sont ainsi inséparables. La prière d’aujourd’hui contient en tout sept demandes, selon le texte de Matthieu. La version de Luc, plus synthétique, n’en présente que cinq.

Cette prière nous apporte cette nouveauté : Dieu est notre Père. Nous « osons le dire », nous adresser à lui en termes familiers, comme à un Père qui nous aime, et qui a la tendresse d’une mère. Nous sommes alors enfants de Dieu.

Cette prière nous sort de notre isolement : nous sommes avec le peuple de Dieu.

Dire le Notre Père est une aventure qui nous renvoie sans cesse à l’Evangile, Bonne Nouvelle de confiance et de libération. Le Notre Père, modèle de la prière chrétienne, s’adapte aux possibilités et aux limites de chacun dans sa relation à Dieu qui est toujours à l’écoute.

Il se divise en 3 grandes parties :

la louange de Dieu « Notre Père qui es au cieux »
les vœux « que ton nom soit sanctifié, que ton Règne, que ta volonté… »
les demandes « donne-nous aujourd’hui, pardonne-nous, ne nous soumets pas, délivre- nous ».

Découverte pas à pas

NOTRE PERE :
Dieu est comme un père qui aime ses enfants. Comme un père, il donne vie, nous accompagne, Il nous guide sur le chemin de la vie…
Il nous donne ce qui est bon pour nous.
Il est un peu comme un papa qui s’allonge sans rien dire auprès de son enfant juste pour lui dire : » Tu n’es pas seul, je suis avec toi… »

QUI ES AUX CIEUX :
Aux cieux
C’est une façon de dire : « Notre père qui est Dieu ». S’il n’est pas un père de famille, il n’est pas pour autant loin de nous. Présent partout, il ne se laisse pas enfermer dans le monde. Il l’enveloppe comme le ciel enveloppe la terre.

Bien sûr, il ne vit pas dans le ciel !  Etre aux cieux, c’est être plus grand que tout, dépasser tout ce que l’on peut imaginer. Mais je sais que  son Amour est plus grand, plus haut, plus fort, que tout l’amour que je pourrai rencontrer ou mettre sur terre.
Il est un peu comme le ciel, il dépasse tout, il est infini.

QUE TON NOM SOIT SANCTIFIÉ :
Sanctifié
Dieu seul est saint. Il doit être reconnu comme tel, car il est le seul qui aime jusqu’au bout. Nos actes et nos paroles doivent en être les témoins, les signes de la sainteté de Dieu.

«Sanctifier = Dire de quelqu’un qu’il est saint.»
Que Ton Nom soit sanctifié signifie = que tous sachent que tu es Saint !
Mais pour que tout le monde sache que Dieu est saint, ça ne se fera pas tout seul, il faut que je le dise autour de moi.

QUE TON REGNE VIENNE :
Ton règne
Amour, justice et liberté sont notre espérance. Ce règne de paix est annoncé par la Bonne Nouvelle, qui appelle les hommes à vivre d’accueil et de partage, pour que ce règne de justice et de liberté se réalise dans le monde.

De même, le Règne de Dieu ne tombera pas du ciel comme ça. Et pour que cet amour de Dieu rayonne sur le monde, on peut déjà commencer à faire fleurir un peu de ce règne en semant des petites graines d’amour dans nos petits groupes : en famille, au caté, à l’école, au travail… Ne jamais oublier que sur ce chemin nous ne sommes jamais seuls.

Le Règne de Dieu, c’est l’amour et la paix. « Que ton Règne vienne » est un appel de Dieu à laisser grandir son Règne = son amour en nous et à l’éparpiller autour de soi.

QUE TA VOLONTE SOIT FAITE  SUR LA TERRE COMME AU CIEL :
«Que ta volonté soit faite», c’est une phrase difficile à dire…
Souvent, je préfère faire ma volonté… et aimer les gens que j’ai envie d’aimer… Lorsque je dis : « Que ta volonté soit faite », j’ai un peu peur de ce que Dieu va me demander, vers qui il va m’inviter à marcher ? Qui va t-il m’envoyer à aimer ?

Dire « que ta volonté soit faite », c’est se laisser conduire par Dieu sur le chemin. C’est dire aussi « que ta volonté soit faite en moi »
C’est laisser Dieu agir en nous, tout près, sur la terre où je vis, où je ris, où je pleure… pour que la volonté de Dieu sur la terre approche celle qui est dans les cieux.

DONNE-NOUS AUJOURD’HUI NOTRE PAIN DE CE JOUR :
Notre pain
Il ne s’agit pas seulement du pain de l’Eucharistie. Nous parlons en tant qu’hommes pour oser demander ce qui nous est vital. Dans le texte grec, c’est un cri. Autant que de pain, nous avons aussi faim et soif de justice : « Donne-nous de quoi nourrir notre espérance ».

Dieu donne ce qui est bon pour vivre : La patience, l’écoute, l’amour, le pardon, tendresse, écoute, chaleur, réconfort, générosité, miséricorde, paix, respect, tendresse, partage, don, service, confiance,…accompagnement…. Et cet Amour peut devenir notre pain quotidien, notre nourriture, c’est à dire ce qui est nécessaire pour que nous puissions vivre chaque jour notre vie d’enfant de Dieu. Il donne généreusement, inlassablement… Il donne  aujourd’hui : maintenant, là, en ce moment, en cet instant où nous vivons !

Le « pain » peut être différent pour chacun (Exemples : Aujourd’hui, je vais au caté ; on va me demander de partager : je vais demander à Dieu  la force de partager. Il y a un enfant dans le groupe que j’ai du mal à aimer : je vais demander à Dieu la force  de me rapprocher de  lui.  J’ai  toujours  envie  de  parler  de  moi ;  les  autres  ne  m’intéressent  pas :  je  vais demander à Dieu la force de  regarder vers l’autre et de  l’écouter…). Chacun cherchera quel
« pain » il est important pour lui de demander à Dieu.

« Donne-nous notre pain de ce jour », c’est demander à Dieu, chaque jour ce qui nous manque pour vivre de sa Vie d’Amour ! Ce pain peut aussi être celui de l’eucharistie. L’eucharistie peut nous aider à mieux aimer son prochain.

PARDONNE-NOUS NOS OFFENSES :
Pardonne-nous
Quoiqu’il arrive, Dieu nous pardonne. Il nous invite ainsi à pardonner. Il n’en fait pourtant pas une condition à son propre pardon, qui nous est toujours ouvert.

Prise toute seule, la phrase peut paraître curieuse… Comment douter un seul instant que Dieu puisse ne pas pardonner ? Cette phrase ne doit pas être séparée de la suivante…

Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés :

Dieu nous demande de pardonner à notre prochain comme Dieu nous pardonne. Dieu nous pardonne toujours, il ne faut pas en douter : c’est ce que nous dit la seconde partie de la phrase.

Mais,   avant   d’arriver   devant   Dieu,   nous   avons   tout   un   chemin   à   parcourir. Et sur ce chemin, nous pouvons être freinés, arrêtés même, par notre lourd fardeau : Tous nos manques d’amour, nos manques de regard vers les autres, mais aussi ce poids pesant qu’est le refus de pardonner.

Car « notre » Père c’est aussi le Père de celui à qui je ne veux pas pardonner et ce n’est qu’ensemble et dans la paix que nous marcherons vers Lui.

Mais comment pardonner ? Parfois, c’est vraiment très difficile ! Peut-être pouvons-nous déjà commencer par reconnaître nos manques, notre pauvreté, notre dénuement… Les faiblesses des autres sont aussi les nôtres…

Ensuite, ne pas désespérer. Se tourner vers Dieu qui est toujours là et qui nous donne le pain utile pour ce jour… Pourquoi ne pas lui demander la force du pardon ?

Cette phrase est en fait une demande à Notre Père, de nous aider à pardonner, à pardonner à ceux qui m’ont offensé, à aimer mes ennemis,

ET NE NOUS SOUMETS PAS A LA TENTATION :
Ne nous soumets pas
Nous sommes tentés, tous les jours, de nous éloigner de Dieu.
Par exemple, en nous croyant intouchables, en étant fermés aux autres. C’est parfois plus confortable. Nous demandons à Dieu de nous éviter ce risque : « Ne m’engage pas dans la vie apparemment facile de ma destruction ».

Tous les jours, nous sommes tentés de ne pas aimer son prochain. C’est si facile de ne pas aimer l’autre, de le juger, de le mépriser, de l’écraser, de le blesser avec des mots méchants, avec des gestes, ou tout simplement en étant indifférent, en l’ignorant.

Mais attention,  ce n’est pas Dieu qui nous soumet. Au contraire, sur le chemin qui mène à Lui, nous sommes libres : libre de dire « oui », « non », « oui, mais…», « non, sauf si…»  Nous éprouvons la tentation de fuir, de faire demi-tour, de s’arrêter, de se replier, de vivre sa vie pour soi, de regarder certains mais pas d’autres.

Dire « ne nous soumets pas à la tentation » c’est, demander à Dieu de nous aider à combattre cette tentation de ne pas aimer.

MAIS DELIVRE-NOUS DU MAL :

C’est demander à Dieu de nous  libérer de tous nos poids, de nos obscurités, de nos égoïsmes, et de nous faire entrer dans sa Lumière… Le Notre Père est une marche ; une marche aboutissant à un pays où il n’existe ni mal, ni haine, ni séparation… Mais où le Royaume est là… comme un nouveau jour qui se lèverait…

Dans Le Notre Père, nous émettons un grand et beau souhait : nous prions pour que le monde dise son « oui » à l’Amour de Dieu (Que Ton Nom soit sanctifié, que Ton Règne vienne, que Ta Volonté soit faite )… Nous sommes aussi conscients que la construction du Royaume ne se réalisera pas sans nous (d’où la difficulté, car nous sommes bien faibles d’amour). Mais nous savons aussi que Dieu n’abandonne pas l’homme. Alors, nous Lui demandons le Pain (générosité, douceur, patience,…), la force du pardon, le courage de ne pas abandonner et de toujours persévérer (aide-nous dans la tentation)…

Notre demande d’aide sera à renouveler chaque jour, tout simplement parce qu’un jour nous manquerons de patience, un autre d’écoute, un autre de mots, de compréhension…

Monique Jacquet (paroisse Saint Vincent en Lignon)

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