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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 23:57
On construit encore des cathédrales en Europe
On construit encore des cathédrales en Europe

Des artisans allemands construisent une cathédrale avec des techniques du Moyen-Âge

Étalé sur 25 hectares de terrain dans la ville de Messkirch, cet ambitieux projet est l’œuvre de 25 maîtres artisans et quinze bénévoles de Campus Galli. Il sera probablement terminé dans plus d’un siècle.

 
Construction de la cathédrale sur le chantier de Campus Galli.
Construction de la cathédrale sur le chantier de Campus Galli.

Au cœur de la Forêt-Noire allemande, on peut entendre d’étonnants bruits anachroniques: tintement du burin contre la pierre, bruit sourd des haches s’abattant sur les troncs d’arbres, léger raclement du fer contre la pierre à aiguiser... Il s’agit des travaux de construction d’une cathédrale, avec des outils et plans du IXe siècle. Un chantier entamé en 2013 dans la ville de Messkirch.

Construit sur 25 hectares de terrain, ce projet est l’œuvre de 25 maîtres artisans et quinze bénévoles de Campus Galli. Ce dernier se distingue des autres sites d’histoire vivante (tels que Colonial Williamsburg, en Virginie, aux États-Unis) tant le projet est ambitieux: bâtir une grande cathédrale de pierre et environ 40 autres bâtiments, en utilisant des méthodes et des matériaux médiévaux.Mais ériger une cathédrale en pierre sans matériel moderne prend du temps.

Provenant d’une carrière située à environ 80km du chantier, les pierres sont transportées par camion à place des charrettes à bœufs: c’est le seul recours à la technologie utilisé par les artisans. Toutefois, à leur arrivée sur Campus Galli, ces pierres sont déplacées à l’aide d’anciennes méthodes telle une grue de roulement -semblable à celles inventées à l’époque romaine, un homme marchant dans la roue centrale pour générer la force de levier. De cette façon, les artisans redécouvrent les joies de l’artisanat avec d’anciennes méthodes comme la poterie, la maçonnerie et de la menuiserie, et autres artisanats.

Un plan vieux de 1200 ans

Seul rescapé du début du Moyen-Âge et nommé après le supérieur de l’abbaye de Saint-Gall, le plan aurait été dessiné aux environs de l’an 820 par des moines du monastère bénédictin de l’île de Reichenau, située dans le sud-ouest de l’Allemagne, aujourd’hui patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le plan de Saint-Gall représente donc un objet très précieux de cette époque. «Il fait apparaître, comme sous une lentille grossissante, une image précise de toute la vie de l’époque carolingienne», a écrit Walter Horn, expert de l’architecture de l’Empire carolingien (800-888 après Jésus-Christ).

Ce n’est que 1 200 ans plus tard qu’un homme d’affaires allemand, Bert Geurten, a l’idée de construire Saint-Gall. Campus Galli était une manière d’honorer sa foi catholique et de laisser sa marque dans le monde avec un chantier grandiose qu’il n’en verrait pas la fin. Il mourra d’une crise cardiaque en 2018 à l’âge de 68 ans.

 

«Un chantier touristique»

Après avoir essuyé plusieurs refus, Bert Geurten trouve des investisseurs. Quatre millions d’euros ont été investis par la municipalité de Messkirch et l’Union européenne pour la construction de la cathédrale, convaincue que ce chantier stimulerait le tourisme.

C’est un pari gagné. Ouvert au public du mois d’avril à novembre, le chantier a compté entre 36 000 et 83 000 visiteurs entre 2013 et 2018. Au tarif d’entrée de 9 euros pour les adultes, ce coût permet de financer la construction et de payer les quelques artisans, vendeurs, cuisiniers et administrateurs travaillant sur le chantier.

Les touristes sont en immersion totale, ils peuvent observer comment les artisans travaillent et de découvrir d’anciennes méthodes. C’est aussi l’occasion de mieux comprendre les civilisations passées.

Aucun des artisans ni touristes ne verra la fin de la construction de la cathédrale qui est prévue dans plus d’un siècle. Mais cela n’empêche pas les artisans et le public de profiter des joies du travail manuel.

Tour du chantier de Campus Galli à Messkirch

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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 23:55
Comment apprendre à prier ?
Comment apprendre à prier ?Comment apprendre à prier ?
Il n’y a pas de recette toute faite pour vivre cette « rencontre d’amitié » avec Dieu, mais de nombreux conseils spirituels et pratiques.

En écho à la demande adressée par les disciples au Christ lui-même – « Seigneur, apprends-nous à prier » (1) –, la prière suscite chez les chrétiens beaucoup de questions. Pour frère Olivier Rousseau, maître des étudiants au couvent des carmes de Paris, aborder ce sujet mérite d’écarter quelques fausses idées : « Jamais personne ne pourra dire :  ”Je sais prier.” Prier ne s’apprend pas. En réalité, nous resterons toujours des commençants dans la prière. »

La prière n’est pas un savoir ni une technique. « On n’apprend pas à prier en faisant des conférences ou des cours sur la prière mais en s’y exerçant dans le concret du quotidien », écrit le père Jean Lafrance (2). Si la tradition de l’Église recèle de nombreux conseils pratiques et spirituels pour prier, la prière reste « un don de Dieu », rappelle sœur Claire-Marie, prieure du carmel de Flavignerot (Côte-d’Or). « Et nous pouvons commencer ainsi, en demandant au Seigneur la grâce de la prière. »

Faire silence

Sainte Thérèse d’Avila donne de la prière une définition très simple : « Un (échange) intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. » Pour aborder ce cœur-à-cœur, « il s’agit moins d’apprendre quelque chose que de se désencombrer », poursuit sœur Claire-Marie. « Faire silence pour écouter Dieu, être là tout entier, livré comme un enfant contre sa mère, et Le laisser agir en nous, selon les mots de sainte Élisabeth de la Trinité. »

Prêtre de la communauté de l’Emmanuel, à Autun (Côte-d’Or), le père Francis Manoukian propose de « commencer par le Notre Père, car ces paroles portent notre intention : nous sommes là pour Dieu, prêts à accueillir sa volonté, à l’école du Christ ».

L’esprit humain étant tourné vers l’action, entrer dans l’intériorité exige quelques arrangements extérieurs (trouver un calme, éteindre son téléphone) et une juste attention au corps. On peut se tenir debout, assis, à genoux, sur un siège ou un tabouret de prière, mais « il est difficile de prier enfoncé dans un fauteuil les jambes croisées », sourit frère Olivier Rousseau.

Dans Demandez et vous obtiendrez (3), Alain Noël conseille de trouver une position stable et de bien « respirer ». C’est sur le souffle que s’appuie précisément la tradition orthodoxe de la prière du cœur : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu » (en inspirant), « aie pitié de moi pécheur » (en expirant).

Méditer la Parole

« Peu importe le mode de prière : prière vocale (louange, rosaire), adoration du Saint-Sacrement, oraison silencieuse… Il faut trouver ce qui nous aide personnellement à prier et engager notre cœur, estime frère Olivier Rousseau. Mais il est bon de commencer par la méditation de la Parole : c’est par elle que Dieu se fait connaître. » Nul besoin de beaucoup lire : on peut prendre l’évangile du jour et s’arrêter sur un simple verset, un mot qui nous parle.

Parler à Dieu

« Jésus nous invite à la simplicité. ”Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés” (4). La véritable prière commence lorsqu’on se met simplement à parler à Dieu », explique sœur Cécile, prieure des fraternités monastiques de Jérusalem, à Paris. Selon frère Olivier Rousseau, les prières composées sont cependant « une grâce », « surtout si nous les connaissons depuis l’enfance ». « Elles nous façonnent et reviennent facilement à notre mémoire. Si jamais elles deviennent trop mécaniques, on peut en changer : la prière a besoin de créativité. »

Affronter les distractions

La prière se mue quelquefois en lutte contre les pensées parasites et la fatigue, voire le sommeil. Mais ce combat doit être paisible. « Lorsque ces pensées (…) nous obsèdent, elles peuvent devenir matière à prière », propose le bénédictin Benoît Billot (5). Et « il suffit que la lumière de la conscience tombe sur (elles) pour (qu’elles) s’évanouissent et retournent au néant d’où elles viennent ».

Prier peut même consister en ce simple effort, selon saint François de Sales : « Même si tu n’as rien fait dans toute ta vie que de ramener ton cœur et de le placer à nouveau en présence de Dieu, alors que chaque fois, il reprenait la fuite, ta vie aura été bien remplie » (6).

Consentir au silence de Dieu

Quelquefois, un apparent vide est insupportable : si je ne ressens rien, cela vaut-il encore le coup de prier ? « J’ai appris à ne pas juger ma prière, explique sœur Cécile. Selon sainte Thérèse d’Avila, le seul critère de vérification est la qualité de notre vie fraternelle : est-ce que la vie de prière nous conduit à donner notre vie pour nos frères ? »

L’expérience de la « nuit » chez les mystiques, comme saint Jean de la Croix, souligne que cette sécheresse est féconde : « Elle nous protège de la gourmandise spirituelle et nous fait véritablement entrer dans la prière, qui est un acte gratuit d’amour », explique frère Olivier Rousseau. L’impression de ne pas être exaucé conduit aussi à une purification : « Quand je prie, est-ce que je rumine mon monologue, espérant une solution à ma mesure, ou est-ce que je m’ouvre à l’inouï de Dieu ? », demande sœur Cécile.

Choisir la fidélité

« Si vous décidez de prier quand vous en aurez envie ou quand vous en aurez le temps, vous ne prierez pas souvent », écrit avec humour le dominicain Jean-Marie Gueullette (7). « La fidélité inscrit la prière dans notre vie. Tout le monde ne peut pas faire oraison deux heures par jour, mais prendre trois minutes chaque matin pour offrir sa journée, oui. Qu’est-ce qui est faisable pour moi ? », encourage frère Olivier Rousseau.

Prier en toutes choses

Tout peut devenir matière à prière, nul besoin de fuir le monde. « C’est le désir qui fait la prière et qui la fait n’importe où », écrivait Madeleine Delbrêl (8). Pour cette mystique, qui a vécu à Ivry-sur-Seine, « cinq stations de métro », « nos allées et venues d’une pièce à l’autre », l’attente à la caisse ou à l’arrêt de bus « sont des moments de prière préparés pour nous, dans la mesure où nous sommes préparés pour eux. » « Le désir de Dieu est de partager notre vie, tous les moments de notre vie, pas seulement les grands, écrit Alain Noël. Ce sont justement ces petits moments que la prière peut transformer en grands moments. »

Adrien Bail

(1) Évangile selon saint Luc (11, 1). (2) Prie ton père dans le secret, Jean Lafrance, Médiaspaul, 328 p., 16 €. (3) Demandez et vous obtiendrez, la méthode simple pour commencer à prier, Alain Noël, Mame, 80 p., 9,90 €. (4) Évangile selon saint Matthieu (6, 7). (5) Benoît Billot, « L’assise contemplative : que faire des pensées ? », La Maison de Tobie, bulletin trimestriel n° 68, juin 2006. (6) Saint François de Sales, cité par Jean-Luc Souveton dans Soif de vie. Jeûne et méditation, Nouvelle Cité, 220 p., 13,99 €. (7) Petit Traité de la prière silencieuse, Jean-Marie Gueullette, Albin Michel, 187 p., 12,20 €. (8) Notre vie, tome 15 des Œuvres complètes, Madeleine Delbrêl, Nouvelle Cité, 332 p., 19 €.

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 23:55

Et même si l’Évangile que nous annonçons reste voilé, il n’est voilé que pour ceux qui vont à leur perte, pour les incrédules dont l’intelligence a été aveuglée par le dieu mauvais de ce monde ; celui-ci les empêche de voir clairement, dans la splendeur de l’Évangile, la gloire du Christ, lui qui est l’image de Dieu.

En effet, ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus.

Car Dieu qui a dit : Du milieu des ténèbres brillera la lumière, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.

Mais ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous.

En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis.

Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps.

En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort.

Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous.

L’Écriture dit : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé. Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons.

Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous.

Et tout cela, c’est pour vous, afin que la grâce, plus largement répandue dans un plus grand nombre, fasse abonder l’action de grâce pour la gloire de Dieu.

C’est pourquoi nous ne perdons pas courage, et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour.

Car notre détresse du moment présent est légère par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle qu’elle produit pour nous.

Et notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.

Saint Paul

2 Corinthiens 4

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