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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 23:54
Ils ont prophétisé la venue de Christ

Il existe de nombreuses prophéties de l’Ancien Testament concernant Jésus-Christ. Certains exégètes ont répertorié plusieurs centaines de prophéties messianiques. Voici celles qui sont considérées comme les plus claires et les plus importantes.

Sur la naissance de Jésus

Isaïe 7.14 : « Voilà pourquoi c’est le Seigneur lui-même qui vous donnera un signe : la vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et l’appellera Emmanuel. »

Isaïe 9.5 : « En effet, un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l’appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. »

Michée 5.1 : « Et toi, Bethléhem Éphrata, qui es petite parmi les villes de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël et dont l’origine remonte loin dans le passé, à l’éternité. »

David prédit l'adoration des mages : Des rois de l'Arabie et de Saba lui apporteront des présents.

Noël est l’occasion de méditer sur l’accomplissement de la Parole prophétique annonçant la venue du Sauveur et Seigneur Jésus Christ. Des dizaines de prophéties messianiques ont eu leur parfait accomplissement en la naissance de Jésus.

En voici cinq d'entre elles expliquées dans leur contexte:

1. Né de la tribu de Juda

La plus ancienne prophétie sur l’origine tribale du Messie se trouve dans le livre de la Genèse, 1400 ans avant notre ère : « Le sceptre ne s'éloignera point de Juda, ni le bâton souverain d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne le Schilo, et que les peuples lui obéissent » (Genèse 49:10).

Les juifs conservaient avec diligences des généalogies pour préserver leurs origines tribales. Les généalogies des douze tribus d’Israël avaient grande importance à cette époque. C’est pourquoi, certains chrétiens du premier siècle convertis du Judaïsme étaient tentés de continuer à argumenter comme leur contemporains sur ces sujets (1 Timothée 1:4; Tite 3:9), puisque toutes les tribus n’avaient pas le même honneur et les mêmes promesses (Genèse 49).

Les évangiles selon Luc et selon Matthieu décrivent de façon détaillée les ancêtres du Christ, reliant son origine paternelle et maternelle à la tribu de Juda (Luc 3:23-34 ; Matthieu 1:1-16). Fait remarquable de la providence divine, il n’y a aujourd’hui plus aucunes traces des généalogies des tribus d’Israël, car elles furent complètement brulées lors de la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 après J-C.

Pourquoi est-ce digne d’importance ? Car seul Jésus Christ peut donc être le Messie ! En effet, plus personne ne peut être identifié aujourd’hui comme provenant de la tribu de Juda, or Il était le premier et le dernier à avoir clamé être le Messie en accomplissant les prophéties messianiques. Or, Dieu Tout-Puissant a décrété que de la tribu de Juda devait naitre le plus grand des rois.

2. Né descendant du Roi David

Au sixième siècle avant J-C, le prophète Jérémie déclarait : « Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je susciterai à David un germe juste ; Il régnera en roi et prospérera, Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays » (Jérémie 23:5).

Cette alliance davidique se trouvant au septième chapitre du deuxième livre de Samuel est la raison pour laquelle nous attendons le retour du Christ pour l’établissement de son règne terrestre lors du millenium. Le royaume culminera en l’établissement des nouveaux cieux et de la nouvelle terre pour un règne éternel (Apocalypse 20-22). Les juifs avaient cette attente, c’est pourquoi certains acclamèrent le Christ en ces mots : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! » (Matthieu 21:9).

3. Né à Bethléem

Selon la parole divine donnée par le prophète Michée entre 750 et 686 avant J-C, le Messie ne serait pas né dans la capitale d’Israël, ni dans une grande ville, mais dans une petite ville nommée Bethléhem : « Et toi, Bethléhem Éphrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël, et dont l'origine remonte aux temps anciens, aux jours de l'éternité » (Michée 5:2).

Ce Messie qui dominerait sur Israël et sur toutes les nations, et dont l’origine est éternelle n’est autre que Jésus Christ, le Créateur qui était présent avant le commencement de l’univers (Jean 1:1,14,17 ; Colossiens 1:16-17). Pourtant, la naissance du Messie eut lieu à Bethléhem, une ville simple et sans prétention à quelques dix kilomètres au sud de Jérusalem.

« Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel » (Esaïe 55:8). Les rois choisissent le luxe et toutes ses extravagances, Christ, le Roi des rois naquit « dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie » (Luc 2:7b).

Cette ville dont le nom signifie « maison du pain » avait été choisie pour demeurer à jamais dans les mémoires comme le lieu de naissance de Celui qui dira en vérité : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde » (Jean 6:51).

Michée poursuit sa prophétie avec force : « C'est pourquoi il les livrera jusqu'au temps où enfantera celle qui doit enfanter, et le reste de ses frères reviendra auprès des enfants d'Israël. Il se présentera, et il gouvernera avec la force de l'Éternel, avec la majesté du nom de l'Éternel, son Dieu : et ils auront une demeure assurée, car il sera glorifié jusqu'aux extrémités de la terre » (Michée 5:3-4). Et, la naissance dont il est question au début de ce texte n’aurait rien d’ordinaire, comme l’indiquait une autre prophétie.

4. Né d’une vierge

Près de sept siècles avant J-C., Esaïe prophétisa : « C'est pourquoi le Seigneur, lui, vous donnera un signe: Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel » (Esaïe 7:14, version Darby). Notons que les miracles ont toujours étaient rares, par définition. C’est pourquoi lorsque Marie apprit cette nouvelle, elle en fut la première surprise :

« L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin. Marie dit à l'ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? » (Luc 1:30-34).

La réponse à sa question se trouve dans la puissance de Dieu : « L'ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1:30-35). Christ est né du sein de Marie alors qu’elle était encore vierge, grâce à la conception miraculeuse de son corps par puissance du Saint-Esprit.

Pourquoi était-ce nécessaire ? Tout d’abord rappelons-nous que le Christ est Dieu, et que de ce fait Il est éternel. L’incarnation par la puissance du Saint Esprit était donc nécessaire, non pas pour donner la nature divine au Christ, mais pour que le corps se développant ensuite au sein de Marie soit exempt du péché originel. Christ n’est pas né de deux parents mortels (Joseph n’était pas son père biologique) car sinon il aurait été pécheur, son corps aurait été souillé du péché dès sa conception (Psaume 51:5), et Il n’aurait pas pu sauver les fidèles en mourant pour leurs péchés.

5. Né pour sauver le pécheur

Pour finir, à Noël nous célébrons le Christ né pour sauver le pécheur, né pour mourir à notre place sous la colère de Dieu. Ce si grand salut fut prophétisé également dans le Nouveau Testament par Zacharie, le père de Jean-Baptiste :

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et racheté son peuple, et nous a suscité un puissant Sauveur dans la maison de David, son serviteur, comme il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, - un Sauveur qui nous délivre… » (Luc 1:67-71a). C’est la raison pour laquelle on donna à l’enfant « le nom de Jésus ; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1:21), car Jésus signifie « Dieu sauve ».

Dieu ne laisse rien au hasard, ce qu’Il avait annoncé par la bouche des saints prophètes s’est accompli précisément lors de la venue de Jésus Christ. Puisque la véracité des prophéties messianiques fut absolue concernant de la première venue du Christ, nous pouvons donc attendre avec certitude sa seconde venue prophétisée dans le Nouveau Testament et dire avec l’apôtre Jean :

« Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22:20).

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 23:55

Les « Ô » sont les grandes antiennes des vêpres1 des sept jours qui précèdent la vigile de Noël : on les appelle ainsi parce qu’elles commencent toutes par l’exclamation « Ô », suivie d’un des Noms divins prophétiques annonçant la venue du Messie, révélés dans l’Ancien Testament.

Elles sont très anciennes, puisqu’on les trouve déjà dans l’antiphonaire grégorien (attribué à saint Grégoire le Grand, pape de Rome de 590 à 604).

Mais, malgré son nom, cet antiphonaire est certainement antérieur à saint Grégoire et ces textes liturgiques sont probablement du 5ème ou 6ème siècle.

Leur nombre a varié, mais, dans l’antiphonaire grégorien, elles sont au nombre de 7, dans l’ordre suivant : « Ô Sagesse », « Ô Adonaï », « Ô Rejeton de Jessé », « Ô Clef de David », « Ô Orient », « Ô Roi des Nations », « Ô Emmanuel ». Dans le manuscrit de Paris2 (12ème siècle), elles sont au nombre de 9 (on trouve en plus : « Ô Saint des Saints », et « Ô Pasteur d’Israël ») et dans le manuscrit de saint Gall2 (10ème siècle), elles sont au nombre de 12.

Mais il semble bien que le chiffre 7 soit le plus traditionnel, puisque c’est celui qu’avait adopté le Missel romain, jusqu’à la réforme liturgique de Vatican II (1965) qui a fait disparaître ce trésor du rite romain3.

Huitième antienne

Lorsqu’il a fallu reconstituer une année liturgique orthodoxe de rite occidental pour les communautés françaises (à partir de 1945), l’évêque Jean de Saint-Denis4 a tenu à y intégrer ces admirables antiennes, qui comptent parmi les plus beaux textes liturgiques de l’Occident latin5, en suivant l’ordre de l’antiphonaire grégorien, et dont il composa la mélodie6, qui est originale et particulièrement festive.

Mais il a eu l’idée géniale d’ajouter un huitième nom, qui est l’accomplissement des prophéties : « Ô Jésus », et il écrivit une huitième antienne, sur le même modèle que les autres,  qui est chantée le huitième jour, c’est-à-dire le 25 décembre (en fait le 24 au soir à vêpres, juste avant la vigile de Noël).

La Tradition consiste, non pas simplement à reprendre ce qui existe depuis longtemps, mais à créer, car elle est vivante  (« Dieu œuvre sans cesse »-Jn 5/17), et l’évêque Jean était un homme particulièrement créatif, capable d’innover et de renouveler.

La pédagogie

Cet ensemble constitue une pédagogie liturgique. Pendant 7 jours, sont proclamés successivement les 7 principaux Noms divins révélés dans l’Ancien Testament, et ceci dans le sens d’une révélation de plus en plus explicite, puisque l’on commence par « Sagesse », pour arriver à « Emmanuel » (« Dieu avec nous »- Mt 1/23), le Nom révélé par le prophète Isaïe, lorsqu’il fit la prophétie de la venue du Messie, au 8ème siècle av. J-C. 

Et ces 7 Noms prophétiques nous préparent à la révélation du Nom de Jésus, « le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au Nom de Jésus tout genou fléchisse au Ciel, sur Terre et dans l’Enfer » (Phi 2/9-10), qui est proclamé le 8e jour (8 est le nombre symbolique de la Résurrection et du Royaume).

On passe ainsi liturgiquement de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance.  Cette « semaine des Noms divins » est une véritable mystagogie, préparant le cœur des croyants à être cette « grotte » qui « contient l’Incontenable »7.

Les 7 antiennes

Voici les 7 antiennes, dans leur ordre liturgique, avec l’indication de la lecture d’Ancien Testament du jour (qui révèle le Nom).

1er Nom divin : « Ô Sagesse » (17 décembre au soir, c’est-à-dire 18 décembre) :

« Ô Sagesse, Toi qui es sortie de la bouche du Très-haut, qui atteins d’une extrémité du monde à l’autre et qui disposes toutes choses avec force et douceur, viens – et ne tarde pas! Viens nous enseigner la voie de la prudence et l’amour de ta beauté ».  (lecture des vêpres : Sag 7/15-8/1)9

2e Nom divin : « Ô Adonaï » (18 décembre au soir, c’est-à-dire 19 décembre) :

« Ô Adonaï, Chef de la maison d’Israël, Toi qui es apparu à Moïse dans la flamme du buisson ardent et qui lui as donné la loi sur le Mont Sinaï, viens – et ne tarde pas ! Viens nous racheter en étendant ton bras ».   (lecture : Ex 3/1-6)

3e Nom divin : « Ô Rejeton de Jessé » (19 décembre au soir, c’est-à-dire  20 décembre) :

« Ô Rejeton de Jessé, qui es l’étendard des peuples, devant lequel les rois garderont le silence et que les nations imploreront, viens – et ne tarde pas ! Viens nous racheter, ne tarde plus ! ». (lecture: Is 11/1-10 ; il faut remplacer « Isaïe » par « Jessé »)

4e Nom divin : « Ô Clef de David » (20 décembre au soir, c’est-à-dire  21 décembre) :

« Ô Clef de David et Sceptre de la maison d’Israël, qui ouvres sans que personne puisse fermer et fermes sans que personne puisse ouvrir, viens – et ne tarde pas ! Viens libérer le captif plongé dans les ténèbres et l’ombre de la mort ».  (lecture : Is 22/20-22)

5e Nom divin : « Ô Orient » (21 décembre10 au soir, c’est-à-dire  22 décembre) :

« Ô Orient, Splendeur de la lumière éternelle et Soleil de justice, viens – et ne tarde pas ! Viens éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort ! ». (lecture : Za 3/8-9)11

6e Nom divin : « Ô Roi des nations » (22 décembre au soir, c’est-à-dire  23 décembre) :

« Ô Roi des Nations, leur Désiré, Pierre angulaire réunissant les deux peuples, viens – et ne tarde pas ! Viens sauver l’homme que tu formas du limon ! ».  (lecture : Jer 10/6-7)

7e Nom divin : Ô Emmanuel » (23 décembre au soir, c’est-à-dire  24 décembre) :

« Ô Emmanuel, notre roi et notre législateur, Attente des nations et leur Sauveur, viens – et ne tarde pas ! Viens nous sauver, notre Seigneur et notre Dieu ! ».  (lecture : Is 8/5-8)

Et aux vêpres du 24 décembre12, c’est-à-dire le 25 décembre  est proclamé : « Ô Jésus » :

« Ô Jésus, né de la Vierge Marie Mère de Dieu, Lumière de notre intelligence, Toi qui sans quitter le Père t’incarnas pour notre salut, Tu viens apporter la paix sur la terre et la bienveillance parmi les hommes ».  (lecture : Is 66/7-2)

[…]                                                                                                 Père Noël Tanazacq

 

(1) Ce sont les antiennes du Magnificat. Dans les rites occidentaux, le Magnificat est chanté aux Vêpres, et non pas, comme en Orient, aux Matines (9ème ode du Canon). La grande antienne du Magnificat concerne la fête du jour (ou le temps liturgique) et constitue un équivalent du tropaire d’une fête en Orient.
(2) BNF, ms latin 17 436.  Saint-Gall ms 390-391
(3) Elles se trouvaient encore dans l’Année liturgique de Dom Guéranger (l’Avent, p. 534-557, 20e éd., 1920), mais avaient déjà disparu du Missel de Dom Gaspard Lefèvre de 1955. Dans ma jeunesse, après la 2ème guerre mondiale, je ne les avais jamais entendues chanter dans l’église.
(4) Eugraph Kovalevsky (1905-1970), évêque de Saint-Denis (1905-1970), maître d’œuvre de la restauration de l’ancienne  liturgie des Gaules au sein de l’Orthodoxie. Les grandes antiennes « Ô » furent restaurées dans le rite des Gaules en 1950 .
(5) C’était d’autant plus légitime qu’après l’interdiction du rite des Gaules par Charlemagne et l’imposition du rite romain, il y a eu une fusion des deux rites, au bénéfice du rite romain, au 9ème  s.: les grandes « Ô » furent donc communes à toutes  les Eglises d’Occident.
(6) L’évêque Jean composa la mélodie des grandes antiennes « Ô », et son frère Maxime Kovalevsky en fit l’harmonisation.
(7) Martines byzantines de Noël : hirmos de la 9ème ode.
(8) Membre de phrase emprunté à l’antienne du 3e Nom divin et ajouté au texte primitif des autres antiennes.
(9) On pourrait prendre aussi Prov 9/1-6 (« la Sagesse a bâti Sa maison… »)
(10) Le 21 décembre est aussi, en Occident, la fête de St Thomas, qui fut l’apôtre des Indes, l’Orient par excellence (il est fêté en Orient le 6 octobre).
(11) Mieux que Mal 4/1-3, où est nommé le « Soleil de justice » et surtout qu’Is 60/1-3, où  est simplement mentionnée la « Lumière ».
(12) Juste avant la Vigile proprement dite.
(13) Les 7 veilleuses ou cierges des autels chrétiens de l’église antique, rappellent le chandelier à 7 branches du Temple de Jérusalem et symbolisent les « 7 lumières qui se tiennent devant le trône de Dieu » (Apo 4/5), c’est-à-dire les 7 séraphins. L’allumage du chandelier à 7 branches dans le Temple de Jérusalem constituait un des deux éléments essentiels de l’office vespéral (avec l’offrande de l’encens, mais qui n’était pas spécifiquement vespérale). L’usage d’allumer une à une les veilleuses, a certainement un lien avec Hannoukah [après la profanation du Temple par Antiochus IV en 167 av. J-C,  il y eut une deuxième dédicace du Temple sous Judas Maccabée, en 164, et l’on retrouva une  fiole d’huile avec le sceau du dernier grand-prêtre,  qui permit, par miracle, de faire brûler le chandelier à 7 branche pendant 8 jours. On institua ensuite une fête anniversaire de ce miracle, appelée Hannoukah, célébrée fin décembre, pendant 8 jours, et, chaque soir, on allume une lampe d’un chandelier à 8 branches, le hannoukiah, avec une neuvième lampe, qui sert à allumer successivement les huit autres. L’Evangile mentionne cette fête en Jn 10/22].

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 23:55

Les textes

L’eucharistie est le sommet de la vie sacramentelle de l’Église et le sommet de l’Église elle-même. Elle en est également la base, le mot « corps » désignant à la fois le contenu du sacrement de la communion et l’assemblée entière des baptisés sous la tête du Christ Seigneur.

Quatre textes décrivent dans les mêmes termes le grand mystère : Prenez, mangez, buvez, dit le Seigneur, en désignant le pain et la coupe de vin ; ceci est mon corps et mon sang (Matthieu 26, 26-29 ; Marc 14, 22-25 ; Luc 22, 15-20 et 1 Corinthiens 11, 23ss).

Dans les Actes des apôtres (2, 42) et en Jean 13 (le lavement des pieds), il est question du repas eucharistique.

Le rite

La forme de ce repas suprême est claire. Elle reprend celle du repas juif. Elle repose sur la bénédiction. Le mot « eucharistie » signifie l’action de grâces. Le repas en commun définit la qualité des relations humaines et divino humaines, le mystère de l’unité, celui de la communion interpersonnelle…

On nous rappelle souvent qu’il est fondé sur l’écoute de la Parole, sur la réconciliation entre frères et avec le Père, sur la gratitude, sur le repentir. Mais certains saints nous invitent à aller plus loin et à découvrir l’Eucharistie comme expérience bouleversante.

Le Pain de Vie

Le discours de Jésus Christ se désignant lui-même comme le Pain de vie (Jean 6, 23, 27, 35, 47-58) indique qu’il s’agit de plus qu’un rite. L’Eucharistie est une mystique.

Saint Syméon le Nouveau Théologien et saint Nicolas Cabasilas insistent avec réalisme sur l’expérience saisissante que peut faire le baptisé d’une connaissance personnelle du Sauveur bien-aimé.

L’union au Sauveur commence par l’accomplissement des commandements de vie, parce que, si nous aimons quelqu’un, nous voulons nous approcher le plus possible de cette personne en faisant ce qu’elle aime.

Nous voulons suivre le Maître en faisant sa volonté : c’est déjà une forme de communion. Nous voulons rompre avec tous les péchés de notre vie : c’est déjà une expérience profondément ressentie que celle de la miséricorde.

On voit des personnes verser des larmes de repentir, vivant ce dont parle David en son psaume, le sacrifice intérieur du cœur brisé d’amour et de douleur de s’être séparé de l’Amour en personne.

Le ressenti

Ces grands saints de l’Église souligne l’importance du ressenti. Nous pouvons avoir une conscience saisissante de la communion au Corps précieux et au Sang très pur de celui qui est le Pain de Vie.

Sans une telle conscience, dont les larmes peuvent être le signe, nous finirions par communier sans communier, nous avertit saint Syméon : « alors nous avons reçu un pain pur et simple et non pas Dieu en même temps » (Éthique, 10).

Le même saint recommande la communion fréquente à condition qu’elle soit accompagnée d’une telle conscience ; c’est celle-ci qui rend le baptisé digne du Banquet. 

Autrement, dit saint Basile (2ème prière avant la communion), « je suis coupable et je mange et je bois ma condamnation en ne discernant pas le Corps et le Sang de mon Christ et mon Dieu ».

Le sens des grandes quarantaines

L’expérience eucharistique est réelle. Pour cette raison, nous essayons, sans pouvoir la provoquer – car le monde divin n’est pas conditionné – de la préparer.

L’enseignement des Pères orthodoxes tend précisément à éviter l’écueil de la banalisation de la communion et de l’insensibilité.

Les grandes périodes de carême ont pour enjeu principal de restaurer en nous une authentique expérience eucharistique.

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