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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 22:58
Les miracles pleins d’humour de Padre Pio

 On sait que le capucin de San Giovanni Rotondo ne fut pas épargné par les épreuves que de grandes grâces compensèrent amplement. Mais on connaît moins l’humour dont il était capable !

Prends garde où tu marches !

Un homme était allé jusqu’à San Giovanni Rotondo pour rencontrer Padre Pio, mais il y avait une telle foule sur place qu’il avait dû rentrer chez lui, sans avoir pu le voir. Pendant qu’il s’éloignait du couvent, il sentit le merveilleux parfum qui émanait des stigmates du padre et en fut réconforté.

Quelques mois plus tard, alors qu’il traversait une zone montagneuse, il respira à nouveau le même parfum. Il s’arrêta et demeura quelques instants en extase, humant l’odeur exquise. Quand il revint à lui, il s’aperçut qu’il se trouvait au bord d’un précipice et que sans le parfum du padre, il aurait continué à avancer.

Il décida de se rendre à San Giovanni Rotondo sur le champ, pour remercier Padre Pio. Quand il arriva au couvent, Padre Pio, qui ne l’avait jamais vu, l’interpella en souriant : « Mon fils! Prends garde où tu marches! ».

Sous le matelas

Une femme souffrait de terribles migraines, à tel point qu’elle décida de mettre une photo du Padre Pio sous son oreiller, espérant que sa douleur disparaîtrait. Après plusieurs semaines, la douleur persistain ; emportée par son tempérament italien elle s’exclama : « Eh bien voilà Padre Pio, puisque tu n’as pas voulu me délivrer de ce mal, comme punition je vais te mettre sous le matelas ».

Quelques mois plus tard, elle se rendit à San Giovanni Rotondo pour se confesser au padre. À peine s’était-elle agenouillée devant le confessionnal, que le padre la regarda fixement et claqua le portillon du confessionnal d’un coup sec.

La femme resta pétrifiée, elle était clairement dépassée par cette réaction inattendue et ne put articuler un mot. Quelques instants plus tard, le portillon se rouvrait à nouveau et le padre lui dit en souriant : « Cela ne t’a pas plu, n’est-ce pas ? Eh bien moi non plus je n’ai pas apprécié que tu me mettes sous le matelas ! ».

Les conseils du Padre Pio

Un prêtre argentin avait tant entendu parler des conseils du Padre Pio qu’il décida de voyager jusqu’en Italie, dans le seul but de recevoir des recommandations utiles du padre, pour le guider dans sa vie spirituelle. Une fois arrivé, il se confessa auprès du padre et rentra chez lui, sans avoir reçu le moindre conseil. 

De retour en Argentine, il était si déçu qu’il ressentait le besoin d’en parler à tout le monde. « Je ne comprends pas pourquoi le Padre ne m’a rien dit », regrettait-il, « Et moi qui ai voyagé depuis l’Argentine, juste pour ça ! » « Padre Pio lit dans les consciences et il savait bien que j’étais venu avec l’espoir de recevoir une de ses recommandations » etc. 

Il se plaignait tant que ses paroissiens commencèrent à l’interroger : « Père, êtes-vous certain que Padre Pio ne vous a rien dit ? N’aurait-il pas esquissé quelque geste inhabituel ? « .

Le prêtre réfléchit posément et finalement, se souvint que le Padre Pio lui avait effectivement fait un geste un peu étrange. Il m’a donné la bénédiction finale en faisant le signe de croix extrêmement lentement, tant et si bien que j’avais pensé : cela ne va-t-il jamais se terminer ? », expliqua-t-il à ses fidèles. « Le voilà son conseil ! », s’exclamèrent-ils.

« Vous le faites si vite, vous, quand vous nous donnez la bénédiction, que cela ressemble plus à un gribouillis qu’à une croix ». Le prêtre fût enchanté d’avoir finalement reçu un conseil, avec cette touche originale propre à Padre Pio.

Le gardien et les voleurs

« Des voleurs sévissaient dans un quartier de Rome et cela empêchait un habitant de rendre visite au Padre Pio. Finalement, il prit la décision d’y aller, malgré tout, en ayant scellé, au préalable, un pacte mental avec lui : « Padre, je vous rendrais visite, si vous gardez ma maison… ».

Une fois arrivé à San Giovanni Rotondo, il put se confesser avec le Padre. Le jour suivant, il alla vers lui pour le saluer, mais il se fit réprimer : « Mais, tu es encore là ? Et moi qui suis en train de suer à force de retenir ta porte ! « .

Il se mit en route immédiatement, sans parvenir à comprendre ce qu’il avait voulu me dire. Arrivé sur place, il réalisa rapidement que les voleurs étaient venus. Ils avaient forcé la serrure, mais il ne manquait rien dans la maison ».

Les enfants et les bonbons

Une femme n’était pas allée visiter Padre Pio depuis si longtemps quelle se torturait l’esprit en croyant qu’il l’aurait sûrement oubliée. Un matin, après avoir confié sa fille à sa protection, comme à l’accoutumée, elle se rendit à la messe. En revenant, elle retrouva sa petite fille en train de déguster un caramel. Elle lui demanda, étonnée, qui lui avait donné son « melito » — c’est ainsi qu’elle avait l’habitude de désigner les caramels. Toute réjouie, sa fille lui désigna le portrait de Padre Pio qui surplombait son petit parc où l’installait sa mère le temps de ses brèves absences. La maman  n’accorda pas plus d’importance à cet épisode.

Après quelques temps, ne parvenant pas à apaiser l’inquiétude de voir Padre Pio l’oublier, elle pu enfin faire le déplacement. Tout de suite après la confession, elle s’empressa de lui baiser la main. Il me demande alors en riant : « Toi aussi tu veux un “melito”? ».

Un chauve

Un homme souffrant de calvitie refusait absolument de devenir chauve. Il s’adressa un jour à Padre Pio et lui demanda : « Padre, priez pour que mes cheveux ne tombent pas ».

À ce moment précis, le padre descendit les escaliers du chœur. Il le suivit des yeux, d’un regard anxieux, dans l’attente d’une réponse. Quand il fût près de lui, son visage changea d’expression et d’un regard suggestif il indiqua une personne qui venait derrière lui, en me disant : « Recommande-toi à lui ». Je me tournais pour voir venir un prêtre entièrement chauve, avec une tête si brillante qu’elle luisait comme un miroir. Nous fûmes tous pris d’un fou rire. »

Le coup de chaussure

Un paroissien de Padre Pio souffrait de terribles rages des dents. La douleur était si vive qu’elle ne lui laissait aucun répit, à tel point que sa femme lui suggéra : « Pourquoi ne pries-tu pas Padre Pio afin qu’il te libère de cette souffrance ? Tiens, voici sa photo, prie-le ». Le mari se fâcha et cria furibond : « Avec une douleur telle que la mienne, tu n’as rien d’autre à me proposer que la prière ? ». Il se saisit alors d’une chaussure qu’il lança de toutes ses forces contre le portrait de Padre Pio.

Quelques mois plus tard, sa femme parvint à le convaincre d’aller se confesser auprès de Padre Pio à San Giovanni Rotondo. Il se mit à genoux dans le confessionnal du Padre et, après avoir énoncé la liste de tous les péchés dont il se souvenait, Padre lui répondit : « De quoi d’autre te souviens-tu ? ». « Rien d’autre », avoua l’homme. « Plus rien ? Et que fais-tu du coup de chaussure que tu m’as donné en plein visage?! ».

Le « grand grand » salut

Une fille spirituelle de Padre Pio était restée à San Giovanni Rotondo, trois semaines, dans le seul but de parvenir à se confesser auprès de lui. N’y parvenant pas, elle ne pouvait se résoudre à rentrer chez elle, en Suisse, tant sa tristesse était profonde. Elle se souvint soudain, que Padre Pio donnait tous les jours la bénédiction depuis la fenêtre de sa cellule.

Elle reprit courage à l’idée de pouvoir au moins, recevoir sa bénédiction avant de partir. Ainsi, elle se hâta de regagner le couvent. Chemin faisant, elle se disait à elle-même : « Je veux un salut grand, grand, pour moi seule ». Quand elle arriva au couvent, elle ne croisa que des gens qui se dispersaient peu à peu. Padre Pio avait déjà donné sa bénédiction. Il les avait tous salué en agitant son mouchoir du haut de sa fenêtre, puis il s’était retiré pour se reposer.

Un groupe de femmes qui priaient le rosaire le lui confirmèrent. Il était inutile d’attendre. La dame ne se découragea par pour autant, elle s’agenouilla avec les autres femmes tout en se disant en son for intérieur : « Ce n’est pas grave, moi je veux un salut grand, grand pour moi seule ».

Quelques minutes plus tard, la fenêtre de la cellule du Padre s’ouvrit, et ce dernier, après avoir nouvellement donné sa bénédiction, commença à saluer à nouveau, en agitant un drap à la place de son mouchoir. Tout le monde commença à rire et une femme commenta : « Voyez, le padre est devenu fou ! ». La fille spirituelle du padre fut émue jusqu’aux larmes, car elle savait que cela était le « grand, grand » salut qu’elle avait demandé pour elle.

Un garçon et les bonbons

Le fils d’un garde civil, un petit garçon, rêvait d’avoir un petit train électrique depuis très longtemps. La fête des Rois mages approchant à grands pas, il s’adressa au portrait de Padre Pío qui était accroché sur un mur et il lui fit cette promesse : « Écoute, Padre Pío, si tu réussis à faire qu’on me donne un petit train électrique, moi je t’apporterai un sachet de bonbons ».

Le jour des Rois, le garçon reçut le petit train tant espéré. Quelque temps plus tard, le garçon accompagna sa tante à San Giovanni Rotondo. Le Padre Pío, lui demanda sur un ton paternel et souriant : « Et les bonbons, où sont-ils ? ».

Pour deux figues !

Un jour, une femme qui avait une grande dévotion pour Padre Pio avait mangé une paire de figues de trop. Tenaillée par les scrupules, car il lui semblait qu’elle avait commis un péché de gourmandise, elle se promit d’aller se confesser auprès du padre, dès qu’elle le pourrait.

L’occasion arriva et elle put se rendre à San Giovanni Rotondo. Au terme de sa confession, elle ajouta très préoccupée : « Padre, j’ai l’impression que j’ai oublié un péché, et c’est peut-être quelque chose de grave ». Le padre lui répondit : « Ne vous inquiétez pas. Pour deux figues, cela n’en vaut pas la peine! ».

Tu penses que c’est moi qui vais l’épouser ?

Le Padre Pio célébrait une messe de mariage. Arrivé au point culminant de la cérémonie, sous le poids de l’émotion, le marié ne parvenait pas à prononcer le « oui » rituel.  

Le Padre attendit quelques instants, essayant de l’encourager d’un sourire. Mais voyant que tous ses efforts étaient vains, il s’exclama avec force : « Enfin, veux-tu dire oui, ou penses-tu que c’est moi qui vais l’épouser?! ».

Padre, priez pour mes petits enfants !

Une femme, très dévote, n’allait jamais dormir sans avoir recommandé tous ses enfants à Padre Pio. Tous les soirs, elle s’agenouillait devant l’image du Padre et elle disait : « Padre, je vous confie mes enfants ».

Après trois années à répéter ce même rituel tous les soirs, elle eut la possibilité de se rendre à San Giovanni Rotondo. Quand elle fut auprès du Padre elle lui dit : « Padre, je vous confie mes petits enfants ». Le padre lui répondit : « Je sais, ma fille. Cela fait trois ans que tu me répètes incessamment la même chose, tous les jours ! ».

Et toi, tu te moques !

Une fervente admiratrice de Padre Pio avait l’habitude de prier à genoux tous les jours, devant l’image du Padre, en lui demandant sa bénédiction. Son mari, était aussi un grand admirateur du Padre, mais il ne pouvait s’empêcher de rire car il trouvait cela trop exagéré. Tous les soirs, la même scène se répétait entre les deux époux.

L’occasion se présenta où ils purent rendre visite à Padre Pio ensemble. Le mari lui dit : « Padre, ma femme vous demande votre bénédiction tous les soirs ». « Je le sais bien », répondit le Padre, « et toi tu te moques ». 

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 22:25
Deux positions par rapport à la notion de l'existence d'une loi naturelle en l'homme
1. La loi naturelle selon C.S. Lewis

Existe-t-il une morale en dehors des conventions sociales inventées par l’Homme ?

Dans sa démonstration magistrale de l’existence d’une Loi naturelle, l’écrivain C.S. Lewis interpelle le lecteur : « Vous est-il arrivé d’entendre des gens se quereller ? »[1]

Après cette simple question, tout le monde répond « bien sûr » par l’affirmative et se retrouve pris dans le raisonnement de l’auteur : Nous pouvons apprendre une leçon importante en écoutant ce que les gens disent quand ils s’insurgent : « Tu aimerais qu’on te fasse la même chose ? C’est ma chaise, j’y étais avant toi ! Allez, tu l’as promis !” ».[2]

Dans la citation ci-dessus, on remarque immédiatement que le plaignant (et nous le faisons tous) fait toujours appel à quelque chose qui est extérieur à la dispute. *

Il ne fait pas que dire « ton comportement me déplaît ». Non, c’est comme si l’attitude de la personne que l’on a en face de soi contrevenait à une conduite implicite que le vis-à-vis n’est pas censé ignorer.

Et celui qui est accusé se justifie à son tour par rapport à cette règle implicite : « Il prétend que dans ce cas particulier la personne n’avait pas à garder son siège ou qu’un événement fortuit l’a empêché de tenir sa promesse… Manifestement, les deux parties ont à l’esprit une sorte de loi ou règle de franc-jeu ou de bonne conduite sur laquelle ils se basent. »[3]

Agir selon des règles implicites

Lewis en vient à la conclusion que le monde entier agit tout le temps comme si des règles du jeu universelles existaient de manière implicite.

À moins de souffrir d’un dérèglement pathologique grave, personne ne va jamais vouloir faire le mal sciemment.

Tout le monde va toujours essayer de mettre la « règle de franc-jeu » de son côté.

En général personne ne saute à la gorge de son voisin ou de son collègue de manière instinctive, comme un animal dont l’instinct dicte le comportement.

La plupart des gens vont plutôt essayer de montrer qu’ils ont droit à ce qu’ils demandent car l’autre a tort.

Et bien sûr comme la plupart des gens (sinon tous) sont à des degrés divers de mauvaise foi ou se trompent sur la règle, le mal arrive.

Cette règle implicite fut toujours appelée « Loi naturelle » et Lewis de mettre immédiatement en garde contre une fausse idée qu’on pourrait se faire de celle-ci.

Car bien sûr la plupart des gens lorsqu’ils entendent parler de « Loi naturelle » pensent immédiatement aux lois de la physique ou de la biologie.

La différence entre les deux relève du libre arbitre : « Quand les penseurs d’autrefois appelaient Loi naturelle la loi du Bien et du Mal, ils pensaient en fait à la Loi de la nature humaine. L’idée était la suivante : de même que tous les corps sont gouvernés par la loi de la gravitation et les organes par la loi de la biologie, la créature appelé Homme a aussi sa loi. Cette dernière est pourtant très différente : alors qu’un corps ne peut choisir s’il doit obéir ou non à la loi de la gravitation, un homme peut choisir d’obéir ou non à la Loi de la nature humaine. »[4]

D’où vient cette Loi naturelle ?

La question à se poser est bien sûr que s’il y a Loi naturelle, il faut que quelqu’un l’ait écrite.

Cet auteur est sans conteste, pour le chrétien, Dieu. Saint Paul ne disait pas autre chose « Quand des païens, sans avoir la loi, font naturellement ce qu’ordonne la loi, ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, eux qui n’ont pas de loi. Ils montrent que l’œuvre voulue par la loi est inscrite dans leur cœur : leur conscience en témoigne également ainsi que leurs jugements intérieurs qui tour à tour les accusent et les défendent. C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus Christ le comportement caché des hommes. » (Romains 2, 14 -16).

Chacun, quelque soit sa foi ou qu’il soit croyant ou non est capable de faire le Bien puisque Dieu a placé en chacun la capacité à discerner le Bien du Mal.

La conscience est l’organe permettant de saisir cette Loi universelle et éternelle qui ne dépend ni du temps, ni du lieu.

L’Église Catholique, inspirée par l’Esprit, se fait l’écho au travers de ses prises de position morale de cette Loi naturelle universelle.

Le fidèle catholique fait exactement la même chose.

Ce n’est pas qu’il suit aveuglement et sans réflexion la direction donnée par l’Église mais c’est qu’il s’en nourrit, qu’il l’utilise pour stimuler sa conscience et opérer le discernement entre le Bien et le Mal.

Ce faisant, s’aidant par la prière, le croyant est ouvert au souffle de l’Esprit qui attise la Loi naturelle qui sommeille en son cœur.

Il peut alors porter un jugement moral personnel sur le monde.

Sébastien Morgan

 [1]C.S.Lewis, Les fondements du christianisme, Ed. Aimé Viala, 2013, p. 19.

[2]ibidem p. 19.

[3]ibidem p. 19.

[4]ibidem p. 20.

2. Autre réflexion sur la loi naturelle

Résumé d'un travail collectif d'une commission théologique internationale : 

A la recherche d'une éthique universelle : Nouveau regard sur la loi naturelle, Suivi de Pour lire le document "A la recherche d'une éthique universelle" 

La loi naturelle est la norme de l'éthique que tous les hommes peuvent découvrir en eux, au coeur irréductible de la personne humaine, que nous appelons sa nature.

Ce n'est donc pas seulement la constatation empirique de la convergence des éthiques qui peut motiver l'agir humain, mais la conscience que l'éthique a un fondement dans l'humanité même de l'homme, et qu'elle crée par là même des droits et des devoirs pour tous les hommes.

Puisque nous prétendons que cette loi existe dans l'humanité de l'homme, elle n'est pas à inventer, mais à découvrir, à déceler dans les différentes cultures humaines qui l'expriment chacune d'une manière singulière.

Notre travail tente de discerner dans les grandes traditions philosophiques et religieuses de l'humanité le surgissement de cet universel humain (...).

Nous avons fait le pari que la notion revisitée de loi naturelle n'effrayera pas le lecteur. Notre travail s'adresse en premier lieu aux acteurs de l'Eglise catholique qui pratiquent le dialogue avec la culture contemporaine, dans les domaines qui aujourd'hui demandent des réponses communes aux grands défis de la bioéthique, de l'économie, de l'environnement. Nous souhaitons ainsi contribuer au dialogue interculturel et interreligieux, en poursuivant la recherche éthique, et en invitant les grandes traditions religieuses et philosophiques à opérer cette même maïeutique qui permet de dégager l'universel humain sur lequel nous devons construire nos relations en ce monde.

Roland Minnerath, archevêque de Dijon

Conclusion de cette réflexion

Conclusion

[113] L’Église catholique, consciente de la nécessité pour les hommes de rechercher en commun les règles d’un vivre ensemble dans la justice et la paix, souhaite partager avec les religions, les sagesses et les philosophies de notre temps les ressources du concept de loi naturelle.

Nous appelons loi naturelle le fondement d’une éthique universelle que nous cherchons à dégager de l’observation et de la réflexion sur notre condition humaine commune.

Elle est la loi morale inscrite dans le cœur des hommes et dont l’humanité prend de mieux en mieux conscience au fur et à mesure qu’elle avance dans l’histoire.

Cette loi naturelle n’a rien de statique dans son expression. Elle ne consiste pas en une liste de préceptes définitifs et immuables. Elle est une source d’inspiration toujours jaillissante dans la recherche d’un fondement objectif à une éthique universelle.

[114] Notre conviction de foi est que le Christ révèle la plénitude de l’humain en l’accomplissant dans sa personne. Mais cette révélation, pour spécifique qu’elle soit, rejoint et confirme des éléments déjà présents dans la pensée rationnelle des sagesses de l’humanité.

Le concept de loi naturelle est donc d’abord philosophique et, comme tel, il permet un dialogue qui, dans le respect des convictions religieuses de chacun, fait appel à ce qu’il y a d’universellement humain dans chaque être humain.

Un échange sur le plan de la raison est possible lorsqu’il s’agit d’expérimenter et de dire ce qu’il y a de commun à tous les hommes doués de raison et de dégager les exigences de la vie en société.

[115] La découverte de la loi naturelle répond à la quête d’une humanité qui, depuis toujours, cherche à se donner des règles pour la vie morale et la vie en société.

Cette vie en société concerne tout un arc de relations qui va de la cellule familiale jusqu’aux relations internationales, en passant par la vie économique, la société civile, la communauté politique.

Pour pouvoir être reconnues par tous les hommes, dans toutes les cultures, les normes du comportement en société doivent avoir leur source dans la personne humaine elle-même, ses besoins, ses inclinations.

Ces normes, élaborées par la réflexion et soutenues par le droit, peuvent ainsi être intériorisées par tous.

Après la Seconde Guerre mondiale, les nations du monde entier ont su se doter d’une Déclaration universelle des droits de l’homme qui suggère implicitement que la source des droits humains inaliénables se situe dans la dignité de toute personne humaine. La présente contribution n’avait pas d’autre but que d’aider à réfléchir sur cette source de la moralité personnelle et collective.

[116] En apportant notre contribution propre à la recherche d’une éthique universelle, et en en proposant un fondement rationnellement justifiable, nous souhaitons inviter les experts et les porte-parole des grandes traditions religieuses, sapientielles et philosophiques de l’humanité à procéder à un travail analogue à partir de leurs propres sources afin d’aboutir à la reconnaissance commune de normes morales universelles fondées sur une approche rationnelle de la réalité.

Ce travail est nécessaire et urgent. Nous devons parvenir à nous dire, par-delà les divergences de nos convictions religieuses et la diversité de nos présupposés culturels, quelles sont les valeurs fondamentales pour notre commune humanité, de manière à travailler ensemble à promouvoir compréhension, reconnaissance mutuelle et coopération pacifique entre toutes les composantes de la famille humaine.

Le texte complet de ce travail est accessible en cliquant le lien ci-dessous

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 22:48
Camilian Demetrescu - Abbraccio cosmico

Camilian Demetrescu - Abbraccio cosmico

Il y a des éléments de la nature avec lesquels nous ne pouvons pas jouer.

Il y a des réalités de la vie de l’homme avec lesquels nous ne pouvons pas jouer ; qui que nous soyons en ce que nous pouvons vivre ou désirer personnellement.

Il y a des lignes rouges que nous ne pouvons pas franchir sans quoi nous en connaîtrions des conséquences désastreuses pour la nature, l’environnement, la création toute entière et tout particulièrement pour l’homme et la femme. 

Les Etats s’engagent en faveur de la planète en demandant à chacun de respecter ce qui est écrit dans la nature.

Mais en même temps, on veut  codifier et défier la nature en brouillant des données naturelles au sujet de l’homme et de la femme dès sa conception.

L’exemple nous en est donné avec la PMA aujourd’hui et la GPA demain.

Elles déracinent l’homme de la nature et crée une fracture jusque dans l’harmonie elle-même entre les hommes : quels liens désormais entre la sexualité et la maternité ? Entre la sexualité et procréation ?

Procréation et filiation ? Entre filiation et paternité ?  

L’amour humain se trouve morcelé, humilié.

La « mère de location » (Commission familiale de l’épiscopat français 1984) peut-elle oublier le lien qu’elle tisse avec l’enfant qu’elle porte en elle ?

« Qu’en est-il pour le père qui donne la semence humaine, portant un patrimoine génétique, sans en assumer la responsabilité de l’éducation future de l’enfant ? » (cf. Commission familiale de l’épiscopat français 1984 )

La « manipulation de la nature que nous déplorons pour l'environnement devient ici le choix fondamental de l’homme à l’égard de lui-même. »(Benoit XVI, le 21 décembre 2012)

En effet, « Des processus biogénétiques en viennent à briser la filiation naturelle » (Jean Paul II au Conseil de l’Europe en 1988).

Aussi avec la PMA,

« l’homme n’est plus le résultat d’un amour par le processus si mystérieux de la procréation et de la naissance : il est un produit industriel » Il se trouve ainsi « déshonoré et privé de son propre éclat de créature ». Oui, "Il y a des limites que nous ne pouvons pas franchir sans devenir des destructeurs de la création.

Il est incontournable que la vie humaine doit rester ce dont on ne dispose pas.

Il faut une limite à ce que nous faisons, à ce que nous pouvons, à ce que nous avons le droit de faire, d’expérimenter.

« L’homme n’est pas une chose à notre disposition mais chaque homme particulier représente la présence même de Dieu dans le monde » (Cad Ratzinger, Voici quelle est notre Dieu. Ed Plon Mame p 92-93).

Face à cette logique de véritable rébellion de l’homme contre Dieu-Créateur (Cf Jean Paul II, le 14 mars 1988), nous ne pouvons et devons pas accepter les projets de lois qui s’annoncent au nom même de la vérité sur la personne humaine telle que Dieu Créateur et Père l’a inscrite dans la conscience de chaque personne depuis le matin du monde.

Dans l’Histoire des hommes, des civilisations entières ont disparu pour avoir fait un mauvais usage de la liberté, en avançant la main sur l’arbre de Vie.

C’est pourquoi, nous avons la responsabilité d’aider les jeunes dans leur formation à se préparer à accepter et assumer la responsabilité du don de l’amour et de la vie, dans l’unité de leur être.

Il y va de la survie de l’Humanité.

1er juillet 2017

Abbé Hubert Lelièvre

Délégué épîscopal à la Famille

diocèse Avignon

L'homme en flagrant délit de rébellion contre Dieu

Pour y réfléchir

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