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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 22:55
Lourdes : les guérisons miraculeuses vues par la médecine

160 ans après les célèbres apparitions de Bernadette Soubirou à Lourdes, médecins et scientifiques ont planché dans le cadre de la 25e journée mondiale du malade sur ces guérisons miraculeuses qui défient l’entendement.

Entre témoignages de grâces* et invocations des malades, Claude Corse a pu rencontrer le Docteur De Franciscis, président du bureau des constatations médicales.

Explorez ensuite avec le Docteur Patrick Theillier, son prédécesseur, l’avenir de la médecine spirituelle à travers les expériences de mort imminente (EMI/NDE)…

Quand les médecines alternatives éclairent d’un jour nouveau les promesses de la foi…
*Témoignages extraits du Journal des grâces TV Lourdes avec l’aimable autorisation du Sanctuaire de Lourdes.

Interrogé en 2015 par Radio Notre-Dame sur l’existence effective des miracles à Lourdes, le Pr François-Bernard Michel, pneumologue de renommée mondiale, qui présidait le comité médical international de Lourdes, affirmait : « Depuis 1858 (date de la 1ère apparition de la Vierge à Bernadette Soubirou -ndlr), on a parcouru un chemin considérable. Le mot guérison n'a plus la même signification…

Cancer vs miracle

De nouveaux moyens de diagnostic, scanner et IRM, sont apparus. Les traitements ont changé, et pas un cancéreux ne va à Lourdes sans être passé par une chimio ou une radiothérapie… On est confronté aujourd'hui à la difficulté de savoir qui, de Marie à Lourdes ou de la chimiothérapie, a provoqué la guérison... »

7 200 cas de guérisons

Force est de reconnaître qu’après 7 200 cas de guérisons inexpliquées, seuls 69 cas de miracles ont été officiellement déclarés par l’Eglise après une enquête scrupuleuse menée par le bureau des constatations médicales qui nous a ouvert ses portes. « Contrairement à ce qu'ont prétendu certains, comme Émile Zola, poursuit le médecin, il n’y a jamais eu d'envie de l'Église de multiplier les miracles… Au contraire ! »

Recherche et santé

Ce qui ne veut pas dire que les rapports entre l’Eglise et la science sont tendus. Bien au contraire : l’heure est à l’œcuménisme sur l’autel de la foi : « Avec la construction du nouveau Centre de recherche, nous avons donné une impulsion forte à la recherche scientifique dans le champ des maladies rares et des maladies dégénératives, explique le Docteur Domenico Crupi, directeur général de l’Hôpital de la Casa Sollievo Delle Soffrenza (Italie).

Cellules souches et sclérose

(…) Avec des expérimentations en cours, par exemple de greffes de cellules souches adultes sur des malades atteints de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot) et de scléroses multiples (sclérose en plaques), nous avons agi de manière à rendre opérationnelle la vision que Padre Pio a eu de sa Maison, avec en son sein un centre d’études intercontinental impliqué dans la recherche transnationale, comme il le prophétisa à la fin des années cinquante... »

6 millions de pélerins

Le décor est planté. Et ce ne sont pas les marchands du temple qui envahissent par centaines l’entrée du sanctuaire avec des bondieuseries made in China qui s’en plaindront : Près de 6 millions de pèlerins et de touristes défilent toujours chaque année autour de la sainte grotte, premier sanctuaire de France, dans l’espoir d’une guérison, d’une rémission ou d’une simple amélioration de leur état ou celui d’un proche.

Recueillement aux offices

Retour au département Communication pour recevoir nos accréditations. Les consignes distribuées, nous pouvons circuler à peu près librement dans l’enceinte du sanctuaire. « Nous devons préserver l’atmosphère de recueillement de ce lieu saint, nous dit-on, surtout à l’intérieur de la Basilique pendant les offices… »

Pouvoir de la prière

Ce jour-là, le légat du Pape est attendu sur place. Repensant aux propos du Pape François en 2015 : « L’Église a toujours considéré le fait de prendre soin des malades comme faisant partie intégrante des sa mission », je lui aurais bien demandé son avis sur les médecines alternatives et le pouvoir guérisseur de la prière. Mais le staff veille tout comme le sourcilleux évêque de Tarbes, qui protège son invité avec le zèle d’un garde du corps…

Prendre soin des malades

C’est qu’ici l’aide aux malades n’est pas qu’une posture intellectuelle, comme le rappelle Don Carmine Arice, membre du Comité Pontifical pour les hôpitaux catholiques, citant Saint Camille de Lellis, patrons des malades : « Il appelait souvent ses Frères à “servir tous les malades avec l’affection qu’une mère manifeste à son fils malade” ».

L’hôpital, un lieu théologique

Elle fait partie des devoirs de l’institution, pour qui l’hôpital est un lieu théologique, dans la lignée de Saint François d’Assise, dont le baiser au lépreux, que l’on peut considérer comme le virage qui détermine sa conversion, a eu un rôle formidable au Moyen Âge pour promouvoir l’activité caritative des hommes de foi, qui n’imaginaient pas qu’un jour des médecins étudieraient l’influence de l’amour sur le taux de croissance de bactéries…

Médecine spirituelle occidentale

Son exemple de vie, ainsi que celui de ses frères auprès des lépreux et avec tous les pauvres de leur temps, avant Saint Jean de Dieu ou Saint Vincent de Paul, grands réformateurs de l’assistance sanitaire, incarnait sans le dire une médecine spirituelle occidentale, où chaque geste de ces guérisseurs convaincus du pouvoir rédempteur de leur foi était nourri d’amour désintéressé et de compassion, qui font aujourd’hui l’objet d’études passionnantes dans les labos de neurosciences…

La guérison par l’Amour

Auteur d’un best seller « La guérison par l’amour », le Docteur Léonard Laskow a suivi à sa manière la voie des pères de l’Eglise. Les recherches auxquelles il a participé révèlent que la compassion profonde et le sentiment d’amour peuvent produire des modifications électro-physiologiques dans le corps que l’on peut constater par un électrocardiogramme. Don d’amour pour soi en automédication. Et pourquoi pas en protocole de soins holistiques ?

Dialogue entre foi et médecine

Direction le bureau des constatations médicales où m’attend son directeur, le Dr De Franciscis, infatigable ambassadeur d’un dialogue entre foi et recherche médicale, et qu’on dit toujours pressé par ses nombreuses activités scientifiques. En chemin, une jeune italienne nous demande le chemin de la Grotte miraculeuse, le cabinet médical le plus célèbre du pays. « Suivez la foule, c’est tout droit… »

15 médecins es miracles

Le sanctuaire a installé son premier médecin permanent en 1883. Le 15e représentant de cette dynastie de praticiens sollicités pour expertiser les guérisons miraculeuses en impose avec ce regard pétillant et rieur d’un homme qu’on devine enclin aux traits d’humour. Depuis son cabinet un peu désuet, séparé d’un bureau où sont empilées les revues d’Harvard et de l’American medical association par un simple paravent, le Dr De Franciscis mène ses rendez-vous à un train d’enfer ou, plutôt en pareil lieu, de ministre régalien, portant haut l’accent chaleureux de son Italie natale…

Tout commence par un diagnostic

« Comme tous les médecins, nous commençons par établir un diagnostic précis pour tous les malades. Rien à voir avec les méthodes du 19è siècle… » Puis nous cherchons à savoir si le malade est guéri, exclusivement suivant nos critères statistiques et scientifiques, laissant à l’évêque le soin d’évaluer l’action de Dieu… »

La médecine ouverte à la religion

« Depuis 20 ans, je constate un regain d’intérêt de la médecine clinique et académique pour la religion, je devrais dire les religions… poursuit le médecin. Lourdes est devenu un lieu de rencontre entre foi et science unique au monde ! »

Remède contre AVC et cancer

Des échanges qui permettent de constater par exemple que des femmes qui sont impliquées dans la religion (peu importe laquelle) ont une espérance de vie 33 % plus élevée que les autres pour les accidents cardio-vasculaires et le cancer…

La charité comme médicament ?

Allant en conférence, jusqu’à reconnaître que les médecins ne savent pas guérir, l’un de ses confrères pense-t-il aux pouvoirs insondables de la charité comme véhicule de la guérison ? Celle-là même que défend le courant quantique de la médecine informationnelle ? Un débat qui montre en tout cas l’ouverture de l’institution sur la terra incognita du pouvoir de l’esprit, pas forcément Saint…

Claude Corse  

Alternative Santé

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 22:48
Les Noms divins & leurs énergies divines 

Déjà saint Athanase affirmait que la génération du Fils est une œuvre de nature. Et saint Jean Damascène, au VIIIe siècle, distinguera l’œuvre de nature, génération et procession, et l’œuvre de volonté, qui est la création du monde.

L’œuvre de nature n’est d’ailleurs pas une œuvre au sens propre, mais l’être même de Dieu : car Dieu est, par sa nature, Père, Fils et Saint-Esprit. Dieu n’a pas besoin de se révéler à lui-même, par une sorte de prise de conscience du Père dans le Fils et l’Esprit, comme l’a cru un Boulgakov.

La révélation n’est pensable que par rapport à l’autre que Dieu, c’est-à-dire dans la création. Pas plus qu’il n’y a dans l’existence trinitaire le résultat d’un acte de volonté, il est impossible d’y voir le processus d’une nécessité interne.

II faut donc soigneusement distinguer de la causalité du Père qui pose les trois hypostases dans leur diversité absolue et sans qu’on puisse établir entre elles un ordre quelconque, sa révélation ou manifestation.

L’Esprit, par le Fils, nous mène au Père où nous découvrons l’unité des Trois. Le Père, selon la terminologie de saint Basile, se révèle par le Fils dans l’Esprit. Ici s’affirme un processus, un ordre d’où résulte celui des trois Noms : Père, Fils et Saint-Esprit.

De même tous les Noms divins, qui nous communiquent la vie commune aux Trois, nous viennent du Père par le Fils, dans le Saint-Esprit. Le Père est la source, le Fils la manifestation, l’Esprit la force qui manifeste.

Ainsi le Père est-il la source de la Sagesse, le Fils la Sagesse elle-même, l’Esprit la force qui nous approprie la Sagesse. Ou encore, le Père est la source de l’amour, le Fils amour qui se révèle, l’Esprit amour en nous réalisé.

Ou, selon l’admirable formule de Mgr Philarète, le Père est l’amour crucifiant, le Fils l’amour crucifié, l’Esprit l’amour triomphant. Les Noms divins sont l’écoulement de la vie divine dont la source est le Père, que nous montre le Fils et que l’Esprit nous communique.
 
La théologie byzantine nomme " énergies " ces Noms divins : le mot convient particulièrement à ce rayonnement éternel de la nature divine : mieux que les attributs de la théologie scolaire, il évoque pour nous ces forces vivantes, ces jaillissements, ces débordements de la gloire divine.

Car la théorie des énergies incréées est profondément biblique : la Bible évoque souvent la gloire flamboyante et tonnante qui fait connaître Dieu hors de lui-même tout en le dissimulant sous une profusion de lumière. Saint Cyrille d’Alexandrie parle de la splendeur de l’essence divine qui se manifeste.

Les termes lumineux, qui n’ont rien ici de métaphorique mais expriment l’expérience de la plus haute contemplation, reviennent sans cesse pour désigner le resplendissement d’une éblouissante beauté. La gloire divine est multiforme. " Jésus a fait encore bien d’autres choses : si on les écrivait une à une, le monde entier, je crois, ne pourrait contenir les livres qu’on en écrirait " (Jn 21, 25).

De même, le monde entier ne peut contenir les noms innombrables de la gloire.

Dunameis dit le Pseudo-Denys : et tantôt il parle au singulier, tantôt au pluriel. Le nombre ici n’a que faire. Ni un, ni plusieurs, mais l’infinité des Noms divins. Dieu est Sagesse, Amour, Justice..., non parce qu’il le veut, mais parce qu’il est tel. Il n’y a pas ici de mascarade : Dieu montre ce qu’il est.

Nous ne pouvons connaître jusqu’au fond l’essence divine, mais nous connaissons ce rayonnement de gloire qui est vraiment Dieu : car si nous appelons essence la nature divine en tant qu’elle est transcendance inépuisable, et si nous l’appelons énergie en tant qu’elle se manifeste glorieusement, c’est toujours la même nature.

" Père, glorifie-moi de cette gloire que j’avais avant que le monde ne fût " (Jn 17,5). La manifestation énergétique ne dépend donc pas de la création : elle est rayonnement de toujours, que ne conditionne nullement l’existence ou l’inexistence du monde.

Certes, nous la découvrons dans la créature, car " depuis la création du monde, les œuvres (de Dieu) rendent visibles à l’intelligence ses attributs invisibles " (Rm 1, 20) : la créature est marquée du sceau de la divinité.

Mais cette présence divine est une gloire permanente, éternelle, une manifestation non-contingente de l’essence, comme telle inconnaissable.

C’est la lumière qui de toute éternité baigne la plénitude en soi parfaite de la vie trinitaire.

Vladimir Lossky
Extrait de Théologie dogmatique

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 22:25
Du spirituel en politique

En période électorale, les promesses abondent toujours et sur quasiment tous les aspects de nos vies.

Une seule promesse reste désespérément absente, comme si elle n’avait pas droit au chapitre de la vie politique : la promesse de rendre meilleur l’être humain lui-même.

Pourquoi diantre la nature humaine demeure-t-elle la grande absente de toute réflexion politique ?

Pour que notre pays puisse aller mieux économiquement, socialement et culturellement, il doit commencer par se redresser spirituellement. Mais que signifie redresser spirituellement un pays sinon appeler chacun de ses membres à reprendre contact avec la vie de l’esprit ?

Je tiens en effet que la vie spirituelle est la condition nécessaire et préalable à tout développement humain économique, social et culturel…

Commençons donc par le b.a.-ba : qu’est-ce que la vie spirituelle ?

Elle est ce par quoi l’être humain prend conscience de sa capacité de donner un sens rationnel à sa vie et d’énoncer la signification des choses qui l’environnent.

Accueilli dans un univers qui le précède, se recevant lui-même dans un corps, tout être humain fait l’expérience du temps et de la finitude.

Ces trois points fondamentaux de la vie spirituelle devraient être réinvestis sans attendre pour que se lève la brume qui trouble tant nos esprits.

À l’évidence, la première cause de nos problèmes vient de ce que nous ne nous interrogeons pas suffisamment. Le questionnement est un chemin de croissance de l’humain. « Qu’est-ce que c’est ? » est la question la plus nourrissante pour l’être humain, car elle fortifie en son esprit la possibilité d’une cohérence du monde. Une cohérence que chacun va concevoir afin de former en soi une sagesse, un ordre des réalités qui nous environnent.

Recueilli dans une parole, ce « verbe de vie » peut alors être partagé et nourrir d’autres personnes. Sans la perception de la cohérence du monde, nous finissons par perdre la saveur de la vie et commençons à faire n’importe quoi.

La seconde cause de nos problèmes découle de cette méprise sur le monde réel. Il en résulte un mépris du corps, auquel nous ne voulons pas adresser ce questionnement. « Pourquoi sommes-nous comme nous sommes ? De quoi notre corps est-il le signe jusque dans son métabolisme ? »

Ce point d’aveuglement atteint son maximum lorsque nous nous refusons à questionner la signification de la différenciation sexuelle, en corps masculin et corps féminin.

Pour l’être humain, elle est beaucoup plus qu’une simple participation au mode de reproduction des mammifères. Cette différence lisible sur le corps de l’homme et sur le corps de la femme est le signe visible d’une réalité invisible : elle ouvre l’intelligence à la relation entre l’homme et Dieu.

En réduisant le corps à un objet, nous fermons la possibilité de son dépassement, donc à une transcendance. Nous nous condamnons à l’enfermement dans la matérialité du monde. Cet enfermement est inconsciemment la cause de la folie meurtrière des hommes.

Enfin, la troisième cause des drames de notre époque est que nous ne prenons pas la mort assez au sérieux !

Parce qu’elle est infiniment douloureuse, nous croyons en avoir dit le dernier mot en la réduisant là encore à un simple phénomène biologique, alors qu’elle est d’abord pour l’être humain un événement spirituel et le signe d’un accomplissement nécessaire à la manifestation de la plénitude de l’humain.

Pour les chrétiens, la mort a livré son secret dans le corps ressuscité de Jésus. Elle est la condition de possibilité d’un don de nous-mêmes et d’un état nouveau du corps ; dans le dépassement de la mort se trouve donc le sens ultime de toute l’histoire.

Ce monde, notre corps et la mort seraient donc les trois énigmes par lesquelles l’esprit humain pourrait retrouver sa vigueur. Il pourrait redécouvrir les raisons d’une organisation sociale, économique et culturelle à la mesure de la dignité de l’homme : l’amour créateur au fondement de tout, la fécondité du don de soi par amour et la vie éternelle, horizon invisible de nos existences temporelles.

Rien de moins nécessaire, mais rien de plus essentiel, rien de plus urgent !

Père Laurent Stalla-Bourdillon, directeur du Service pastoral d’études politiques

La Croix

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