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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 17:00

Creche_de_Noel-9931.jpg

Le mot crèche vient du latin cripia, qui signifie littéralement « mangeoire ». Les premiers pèlerinages à la grotte de Bethléem remontent aux débuts du christianisme. Au III° siècle, des pèlerins se rendent à la grotte de Bethléem, où l’on montre même une mangeoire, présentée comme celle où le Christ serait né. Et dès le VIe siècle, on commence à voir des crèches dans les églises des pays chrétiens.

Au Moyen âge, des représentations théâtrales dans les églises présentent des scènes bibliques et de la vie du Christ, dont la Nativité. Prenant de l’ampleur, ces représentations sortent progressivement des églises et deviennent de véritables spectacles, que l’on appelle les Mystères. C’est ainsi qu’en 1223, pour la messe de Noël, Saint François d’Assise rassemble les habitants du village de Greccio, en Italie, dans une grotte où se trouve une crèche garnie de foin. Là, il préside la messe de minuit entre un âne et un bœuf véritables.

Le sanctuaire de Greccio, où Saint François d'Assise a réalisé la première crèche vivante.

Le sanctuaire de Greccio, où Saint François d'Assise a réalisé la première crèche vivante.

Les origines de la crèche telle que nous la connaissons aujourd’hui, avec ses petits personnages sculptés, sont assez floues. La plus ancienne que l’on connaisse a été exposée en 1252, au monastère de Füssen en Bavière. Une autre a été commandée par le pape français Martin IV en 1283.

Au XVIe siècle, les Jésuites répandent les crèches de personnages qu’ils utilisent à des fins didactiques. Ils en fabriquent notamment à Prague, en 1562.

À la révolution française, les représentations théâtrales à caractère religieux sont interdites. Les familles aisées, bourgeoises ou aristocratiques, se replient alors sur des scènes bibliques, parmi lesquelles la Nativité, représentées par de petits personnages sculptés dans des boîtes vitrées, que l’on appelle des « grottes » ou des « rocailles ».

Au XIXe siècle, la crèche revient dans les rues françaises sous la forme d’automates mécaniques, où le comique, via des personnages grotesques, prend souvent le pas sur le religieux. À la même époque, les « santons » (du provençal santoun, « petits saints »), se développent. À Naples, surtout présents dans les familles bourgeoises ou aristocratiques, ils sont richement décorés et leur taille va jusqu’à la « grandeur nature ». Parallèlement, en France, se répandent les fameux santons de Provence, plus petits et plus rustiques.

Une tradition aux origines multiples 

Le récit de la Nativité figure dans l’Évangile de Saint Luc, et les mages dans celui de Saint Matthieu. Mais la plupart des autres personnages traditionnels de la crèche n’ont évidemment rien de biblique. Les santons de Provence représentent la vie quotidienne des villages provençaux au XIX° siècle.

Quant à l’âne et au bœuf, figures incontournables de la crèche, il s’agit en réalité d’une tradition tirée de l’évangile du Pseudo Matthieu, un écrit apocryphe du Ve ou VIe siècle, qui a évoqué le premier la présence des deux animaux en s’inspirant d’Isaïe :

 « Or, deux jours après la naissance du Seigneur, Marie quitta la grotte, entra dans une étable et déposa l’enfant dans une crèche, et le bœuf et l’âne, fléchissant les genoux, adorèrent celui-ci. Alors furent accomplies les paroles du prophète Isaïe disant : "Le boeuf a connu son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître", et ces animaux, tout en l’entourant, l’adoraient sans cesse. Alors furent accomplies les paroles du prophète Habaquq disant : "Tu te manifesteras au milieu de deux animaux." Et Joseph et Marie, avec l’enfant demeurèrent au même endroit pendant trois jours. » 

La Croix

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 23:40
Saint-Joseph-d-optino.jpg
Afin que les gens ne restent pas indifférents et ne placent tous leurs espoirs sur les prières des autres pour les aider, le staretz avait l'habitude de répéter un dicton russe ordinaire: "Dieu me soit en aide, mais toi-même paysan ne reste pas les bras croisés".
Une moniale lui dit: "Père! A qui doit-on demander de l'aide dans la prière si ce n'est de toi?"
Le staretz répondit: "Et tu dois toi-même le demander! Tu te rappelles, alors que les douze apôtres suppliait notre Sauveur, pour la femme cananéenne, il ne les entendit pas. Mais quand elle a commencé à Le supplier elle-même, elle a reçu une réponse."
Car la prière est l'arme la plus puissante contre l'ennemi invisible, il essaie de diverses manières d'en distraire les gens.
Le staretz raconta l'histoire suivante: "Un moine du Mont Athos avait un étourneau bien-aimé qui parlait et qui avait l'habitude de le distraire par son bavardage. Mais il y avait une chose étrange: pas plus tôt le moine avait-il commencé à s'acquitter de sa règle de prière, que l'étourneau commençait à parler sans discontinuer, ne permettant pas au moine de prier. Un jour, le jour lumineux de la Résurrection du Christ, le moine s'est approché de la cage et lui a dit: "Étourneau, le Christ est ressuscité!" et l'étourneau a répondu: "C'est le malheur pour nous qu'Il l'ait fait", et immédiatement il a péri, remplissant la cellule d'une puanteur insupportable. Là-dessus, le moine a compris son erreur et s'est repenti. "
Le staretz a dit que la chose la plus importante que Dieu considère, c'est la disposition intérieure de l'âme d'une personne: "Un jour, l'abbé Antoine a reçu la visite d'un homme avec avec un mal de jambes qui lui a dit: "Père, mes jambes me font mal et je suis troublé de voir que je ne puis pas faire des prosternations jusques à terre. "PèreAntoine a répondu: "Eh bien, il est dit dans l'Ecriture: "Mon fils, donne-moi ton cœur!", et non pas " tes jambes".
Une moniale dit au staretz qu'elle avait vu l'icône de la Mère de Dieu et L'avait entendu dire: "Qu'as-tu apporté comme offrande?" Elle répondit: "Qu'apporterai-je? Je n'ai rien." Puis Le Père a déclaré: "Il est écrit dans les Psaumes: Celui qui offre la louange me glorifie. "
Version française Claude Lopez-Ginisty

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 23:16

cloche_hiver_g.jpg

Gorze, décembre 2014

Chers Amis,

 

Nous voilà déjà à la fin du temps de l’avent ! Je devrais plutôt dire nous voici presque au sommet du temps de l’avent. Car c’est bien d’une montée dont il s’agit, que nous avons effectué jour après jour, semaine après semaine pour atteindre, paradoxalement, le fond de la grotte où naîtra dans quelques jours le Messie : Dieu descend, se fait homme pour que l’homme monte, devienne dieu.
 
Pour atteindre ce fond de la grotte de notre cœur, les sept derniers jours avant Noël à vêpres, l’Eglise médite et acclame les Noms divins du Messie, du Dieu incarné. L’Eglise primitive en Gaule a inventé ces antiennes. C’est un trésor qui date sans doute au moins du 6e siècle, puisqu’Amalaire de Metz le grand liturge carolingien en témoigne au 9e siècle comme d‘une tradition très ancienne.
 
Il est bon que spirituellement nous prenions conscience de cette montée, de cette extase amoureuse qui, dans ces antiennes, fait jaillir pour le bien aimé des noms plus beaux les uns que les autres : O Sagesse, O Adonaï, O Rejeton de Jessé, O Clef de David, O Orient, O Roi des Nations, O Emmanuel et le jour béni de l’incarnation : O Jésus !
 
Nos frères musulmans, fils d’Abraham comme nous, ont donné 99 noms à l’Unique; et pendant un temps ces antiennes étaient au nombre de douze comme les douze tribus d‘Israël, les douze portes de la Jérusalem céleste, les douze prophètes, les douze apôtres puis finalement la tradition en a retenu sept seulement mais le sept est un chiffre très signifiant, un chiffre de plénitude, des sept jours de la création aux sept dons de l’Esprit, il est présent sur nos autels par le chandelier à sept branches dont nous allumons à chaque Nom divin une autre veilleuse et il se dépasse lui-même dans le huit. Le huitième jour, jour de la résurrection après les sept jours de la création et ici dans le huitième nom, le nom de « Jésus », nom de l’incarnation parfaite de la divinité qui couronne les sept Noms divins.
 
Chaque antienne est construite sur le même plan : Une interpellation de Dieu sous un nom révélé par la première alliance, un rappel de sa façon d’être dans l’histoire de cette alliance et un appel à ce qu’Il agisse sans tarder pour notre libération.
 
Ainsi regardons le 2e Nom divin. Tout d’abord : « O Adonaï, Chef de la maison d’Israël », on interpelle Dieu, puis sa façon d’être : « toi qui es apparu à Moïse dans la flamme du buisson ardent et qui lui a donné la Thora sur le Mont Sinaï », enfin, on l’appelle : « Viens et ne tarde pas, viens nous racheter en étendant ton bras. » Et c’est ainsi pour chacun des noms.
 
Sans entrer dans le détail, ce qui serait pourtant très intéressant, regardons maintenant brièvement chaque nom :
 
- O Sagesse, c’est tout un livre de la première alliance, le Livre de la Sagesse et même trois livres avec le Qohelet et le Siracide, auquel il est fait référence; pour le judaïsme, la Sagesse c’est la Thora, le Verbe mais c’est aussi pour l’humanité toute entière, toutes les sagesses ancestrales et les philosophies dans lesquelles Dieu cherche à se révéler à nous…
 
- O Adonaï, c’est la révélation sur le mont Sinaï, Dieu se montre dans la flamme d’un buisson qui ne se consume pas, se nomme dans le nom qui ne se prononce pas : YWVH, « Je suis »
 
- O Rejeton de Jessé, le rejeton, le fils de Jessé c’est David c’est le beau roi d’Israël, mais c’est aussi le roi annoncé par Isaïe, le roi serviteur souffrant qui sera exalté. Le rejeton, la racine de Jessé c’est la croix, signe de mort et de résurrection.
 
- O Clé de David, autre nom pour cette même croix glorieuse qui ouvre et qui ferme, cette croix qu’est la Parole, le Verbe, le sceptre de la maison d’Israël qui tire des ténèbres le captif alors oui nous passons des ténèbres à la lumière et nous pouvons chanter :
 
- O Orient, splendeur de la lumière éternelle, Soleil de justice. C’est vers Lui que nous construisons symboliquement nos Eglises afin de tourner nos cœurs vers Lui. O Orient nous le chantons, ce n’est pas un hasard le 21 décembre, jour du solstice d’hiver où les jours recommencent à augmenter.
 
- O Roi des Nations, leur désiré. C’est le roi universel, pas seulement celui d’Israël, pas seulement celui des chrétiens, « pierre angulaire qui de deux peuples en fait un seul, » dit l’antienne mais au-delà des Juifs et des Chrétiens c’est le Dieu de tous, le Dieu de toutes choses car il a tout fait, comme l ‘homme « qu’il forma du limon ». Toute la création soupire dans ce nom de « leur désiré », oui ici les Nations c’est toute la création dont l’homme est le roi et qui soupire pour être sauvée.
 
- O Emmanuel, le frémissement se fait plus intense encore car, comme nous l’apprend Isaïe et le reprend l’évangile selon Saint Matthieu, Emmanuel veut dire : « Dieu avec nous. » La révélation est presque totale : Dieu est avec nous. Chaque nom est un escalier, un degré pour nous rapprocher de cette révélation phénoménale que « Dieu est avec nous » et déjà perce l’ultime révélation dans cette septième antienne : « O Emmanuel, notre roi et notre libérateur, attente des nations et leur Sauveur… » Oui leur Sauveur, aux vigiles de la Nativité comme huitième antienne nous chanterons enfin O Yeshoua, O Jésus, c’est-à-dire littéralement : O Dieu sauve.
 
Pour nous captifs, dans les ténèbres, quelle révélation extraordinaire : Dieu sauve ! Non seulement Il est avec nous mais Il nous sauve ! Et dans cette échelle de ces Noms divins Il nous montre comment Il nous sauve. Oui, relisons les et méditons les, ces antiennes, contemplons à travers elles notre Dieu, contemplons son action pour nous libérer et faisons nôtre cette sainte impatience, « ne tarde pas », qui revient à chaque antienne. Oui, ne tarde pas, maranatha ! Viens Seigneur Jésus, viens !
 
Je vous dis toute mon amitié en Christ,
Belle fête de la Nativité du Sauveur, à bientôt !
 
Père Pascal
 
 

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