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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 22:46

 

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« Tirer une flèche est un acte banal ; tirer – bien – une flèche est un acte sacré » !

Le maître de tir à l’arc (Kyudo) attire notre attention sur un impératif qui concerne aussi la personne qui pratique l’assise (zazen), la cérémonie du thé (Chado) ou un art martial (Budo).

Un maître d’Aïkido me disait que « L’efficacité dans un art martial provient de la ‘’ritualisation‘’ de la technique ». 

Tirer – bien – une flèche, faire – bien – ce pas si vous pratiquez la marche méditative appelée  Kin Hin …est un acte sacré ! 

Faire – bien –! Il s’agit de la ‘’ritualisation‘’ d’une action, d’un geste, d’une technique pour qu’elle ne devienne pas reflexe, banale.

Lorsque le maître dans l’art du tir à l’arc, le maître d’Aïkido, le maître zen formule cet impératif, il ne faut pas prendre le mot sacré au sens religieux.

Est sacré ce qui n'est pas insignifiant. 

Nous sommes conditionnés à l’idée que le sacré désigne ce qui est en dehors des choses ordinaires ; que le sacré s’oppose essentiellement au profane et à l'utilitaire.

La vie est sacrée ! Oui mais ma vie est sacrée lorsque j’ai terminé la vaisselle, n’est-ce pas ?

La pratique de la Voie dans le quotidien, l’attitude méditative, c’est poser un regard neuf sur nos activités quotidiennes. « Faire la vaisselle est un acte banal ; faire – bien – la vaisselle est  un acte sacré ».

« Marcher de son domicile à l’arrêt du bus est un acte banal ; marcher – bien – de son domicile à l’arrêt du bus est un acte sacré ».

Commencez … petit ! Lorsque vous sortez de la pratique de la méditation de pleine attention, ritualisez la vingtaine de pas qui vous mènent à la cuisine où vous allez préparer le petit déjeuner. « Faire un pas est un acte banal ; faire – bien – un pas est un acte sacré. »

Yuho Seki Roshi nous disait que « La ritualisation d’une action élève celui qui agit vers ce qui n’est jamais nommé ».

Ce qui m’a permis de comprendre, ce qui n’est pas à comprendre mais à réaliser dans la pratique du tir à l’arc, « Ne tirez pas, laissez ‘’cela‘’ tirer ! ».

C’est la ‘’ritualisation‘’ de la technique qui opère le passage d’une technique de combat (Aïki-jitsu) à une voie d’éveil (Aïki-Do).

Le maître zen Thich Nhat Hanh écrit : « Buvez votre thé lentement et avec révérence, comme si c’était l’axe sur lequel la terre faisait sa révolution – lentement, régulièrement, sans vous précipiter vers l’avenir ». 

Vous êtes en chemin ? Alors, faites-le !

Jacques Castermane

http://www.seraphim-marc-elie.fr/

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 22:06
La religion : se faire valoir devant Dieu

    

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1.      L'homme a conscience d'une Puissance divine sur son existence et il organise une relation (religion) avec elle,

2.      mais il l'organise spontanément selon le mode de relations humaines entre faible et puissant ;

3.      le faible doit donc se faire valoir devant le puissant, agir sur (contre) le puissant pour le faire réagir favorablement. La religion devient ainsi une initiative, une action de l'homme sur Dieu en vue de provoquer une réaction de Dieu, si possible favorable et utile à l'homme ;

 

4.      et parce que l'homme est faible et que le Puissant est exigeant, voilà que s'accumule le péché, cette action de l'homme qui provoque la réaction menaçante de Dieu. Avec le péché monte aussi la peur et l'angoissante tentative, jamais achevée, de payer pour le passé, de gonfler la valeur des sacrifices, pour pouvoir un jour, peut-être, satisfaire aux exigences du Puissant.L'homme le verrait alors sourire de satisfaction.Ainsi, spontanément, agit l'homme. Mais cette religion ne correspond pas du tout aux vues de Dieu. 

La foi : Dieu fait valoir l’homme

Foi

Ce que Dieu attend de l'homme c'est qu'il accueille, qu’il ne cesse jamais d'accueillir de « reconnaître » et pour cela qu'il « se rappelle » sans cesse cette relation nouvelle, différente. C'est Dieu qui agit le premier l’homme, lui réagit, accueille et reconnaît. Ce n'est plus l'homme qui se fait valoir devant Dieu. C'est Dieu qui fait valoir l'homme, sans aucune considération pour le passé, le mérite ou le démérite de l'homme. 

La foi : avec l’homme, Dieu fait valoir l’homme

Autres

Tel est l’espace nouveau que la religion humaine ne peut concevoir. Marquant une rupture totale, l’homme va prolonger vers les autres ce qu’il reçoit de Dieu, ouvrir aux autres le même espace de vie que Dieu lui ouvre. Il s’agit d’agir dans la justice, aimer avec tendresse, marcher humblement avec son Dieu. Non pas «devant», c'est-à-dire «contre» Dieu, pour triompher de ses exigences, pour ôter au Puissant toute raison d'écraser le petit. Mais « avec » Dieu. La « Justice » reçue sera identiquement une justice confiée : agir dans la justice, c'est agir honnêtement et plus encore, c'est faire vivre, libérer, aider, épanouir les autres. L'Amour reçu doit être prolongé dans la tendresse pour les autres. Et ne s'inquiétant plus du passé, d'un bilan à faire valoir ou à compenser, l'homme peut se découvrir marcheur, humble marcheur avec Dieu, sachant durer dans cette collaboration. Rejoint d'abord, l'homme ensuite marche-avec.Tout ce qui constitue la religion «objective» : les vérités, les rites, les commandements — croire, célébrer, agir — tout peut se vivre dans un contexte de religion humaine ou se convertir au contraire à la relation nouvelle de la foi : c'est une question d'esprit, de connaissance de Dieu. La foi fait tout redisposer ! La rupture établie ainsi entre le dieu que projette la religion humaine et celui qui se révèle au croyant est donc complète.

 

Le schéma récapitulatif suivant achève de le montrer concrètement, en même temps qu'il retient dans l'ordre logique les trois temps de l'expérience de la foi :

1. la révélation de Dieu qui fait vivre l'homme qui l'accueille ;

2. l'action de l'homme qui prolonge vers les autres la vie qu'il reçoit de Dieu ;

3. la reconnaissance par laquelle toute cette vie revient vers Dieu pour lui rendre grâce.

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Extraits du livre de François Varone  "Ce Dieu absent qui fait problème"

http://georgesheichelbech.blog.lemonde.fr/2011/01/06/foi-et-religion/

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 22:48

Dieu_mort.jpg

Dieu a disparu de la définition de l’homme.

Dans la vie de beaucoup de monde, également de beaucoup de chrétiens, Dieu ne joue aucun rôle.

Que Dieu existe ou non, cela ne fait aucune différence dans ce qu’ils font ou non.

Manifestement, il est possible de vivre sans Dieu.

Je pense que nous touchons ici à une crise profonde que beaucoup de personnes, et aussi de religieux, connaissent.

Dans la définition de notre vie, Dieu est effectivement présent !

En sorte que lorsqu’il disparaît de notre vie, nous cessons d’être ce que nous sommes. Sans Dieu, notre vie en tant que chrétien, religieux, n’a plus aucun sens.

Pourtant, il y a parfois dans la vie de chrétiens, de religieux, une sécularisation imposée, même si ce n’est pas exprimé par beaucoup de mots. Ma vie, telle qu’elle est vécue concrètement, se joue sans lui.

Récemment, j’ai entendu l’expression « sécularisation intérieure ». Donc, plus seulement la situation de notre société occidentale, où Dieu ne reçoit plus de place dans la vie publique, mais la situation du cœur de l’homme occidental, et peut-être aussi de notre propre cœur. 

Je remarque que parfois, lorsqu’il se passe quelque chose en communauté, entre les frères, ou dans les frères, nous abordons le problème à partir de notre rationalité humaine, à partir de la psychologie, de notre fonctionnement psychodynamique... ; mais nous oublions que la lumière de la foi peut aussi apporter quelque chose. Dieu a disparu, parfois même de notre propre cœur.

Et que se passe-t-il alors pour nous, religieux dont la vie est à Dieu, appartient à Dieu ?

La question de savoir si Dieu est encore réellement présent dans nos vies est donc fondamentale.

Et je ne parle pas d’une présence théorique de Dieu, en paroles ou dans des rituels ou dans une piété mièvre. Il en va d’une présence de Dieu dans la réalité vécue de notre vie, en sorte qu’Il puisse effectivement donner contenu, sens et direction à notre vie.  

Frère Manu

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