1 mars 2011
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Le silence est la meilleure préparation à la méditation. Quand vous vous apprêtez à méditer,
prenez une ou deux minutes pour vraiment vous installer confortablement. Si vous désirez vous
asseoir sur une chaise, choisissez-en une à dossier droit. Si vous vous assoyez sur le plancher, adoptez une posture confortable. Puis efforcez-vous d'être aussi immobiles que possible pendant le durée entière de la méditation. Cela n'est pas des plus faciles pour la plupart des débutants, mais la méditation suppose l'immobilité de l'esprit et du corps. Ce qui permet de se percevoir comme un être unifié, immobile et complet. Il faut donc apprendre à rester aussi immobile que possible en position assise.
Une fois assis et immobile, fermez les yeux et commencez à répéter, intérieurement et silencieusement dans votre coeur, le mot Maranatha. Dans certaines traditions, on appelle cela un «mantra»; dans d'autres, un «mot-prière» ou une «formule d'invocation ».
« L'essence et l'art de la méditation consistent simplement à apprendre à dire ce mot, à le réciter, à le faire résonner en soi du début à la fin de la méditation. C'est d'une extrême simplicité; dites-le ainsi: «Ma-ra-na-tha». Quatre syllabes également appuyées. La plupart des gens disent le mot en conjonction avec leur respiration, mais cela n'est pas l'essentiel. L'essentiel est de dire le mot du début à la fin, de continuer à le dire pendant toute la période de la méditation. Il faut opter pour un débit nettement lent, nettement saccadé: « Ma-ra-na-tha ».
C'est tout ce qu'il faut savoir pour méditer. On a un mot, on répète ce mot et on reste immobile.
John Main - « Le chemin de la méditation » - p.17-18
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26 février 2011
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Tout homme veut être heureux ; il n'est personne qui ne le veuille, et si fortement qu'il le désire avant tout. Bien mieux : tout ce qu'il veut en plus de cela, il ne le veut que pour cela. Les hommes suivent des passions différentes, tel celle-ci, tel autre celle-là ; il y a aussi bien des manières de gagner sa vie dans le monde : chacun choisit sa profession et s'y exerce. Mais qu'on s'engage dans tel ou tel genre de vie, tous les hommes agissent en cette vie pour être heureux... Qu'est-ce donc que cette vie capable de rendre heureux que tous souhaitent mais que tous n'ont pas ? Cherchons-la...
Si je demande à quelqu'un : « Veux-tu vivre ? », personne ne sera tenté de me répondre : « Je ne veux pas »... De même si je demande : « Veux-tu vivre en bonne santé ? », personne ne me répondra : « Je ne veux pas ». La santé est un bien précieux aux yeux du riche, et pour le pauvre elle est souvent le seul bien qu'il possède... Tous sont d'accord pour aimer la vie et la santé. Or, lorsque l'homme jouit de la vie et de la santé, peut-il se contenter de cela ?...
Un jeune homme riche a demandé au Seigneur : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » (Mc 10,17) Il craignait de mourir et il était contraint de mourir... Il savait qu'une vie de douleurs et de tourments n'est pas une vie, qu'on devait plutôt lui donner le nom de mort...
Seule la vie éternelle peut être heureuse. Santé et vie d'ici bas ne l'assurent pas, vous craignez trop de les perdre : appelez cela « toujours craindre » et non « toujours vivre »...
Si notre vie n'est pas éternelle, si elle ne comble pas éternellement nos désirs, elle ne peut pas être heureuse, elle n'est plus même une vie... Lorsque nous serons entrés dans cette vie-là, nous serons certains d'y demeurer toujours. Nous aurons la certitude de posséder éternellement la vraie vie, sans aucune crainte, car nous serons dans ce Royaume dont il est dit : « Et son règne n'aura pas de fin » (Lc 1,33).
Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 306, passim
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23 février 2011
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Imaginons qu'il y a en nous un palais d'une immense richesse, construit tout en or et en pierres précieuses, digne enfin du Maître auquel il appartient. Puis dites-vous, mes sœurs, que la beauté de cet édifice dépend aussi de vous. C'est vrai, car est-il plus bel édifice qu'une âme pure et pleine de vertus ? Plus elles sont grandes, plus les pierreries resplendissent. Enfin, songez que dans ce palais habite ce grand Roi qui a bien voulu se faire notre Père ; il se tient sur un trône de très haut prix, qui est votre cœur...
Peut-être rirez-vous de moi, et direz-vous que c'est fort clair, et vous aurez raison, mais cela a été obscur pour moi pendant un certain temps. Je comprenais bien que j'avais une âme, mais l'estime que méritait cette âme, la dignité de celui qui l'habitait, voilà ce que je ne comprenais pas.
Les vanités de la vie étaient comme un bandeau que je mettais sur les yeux. Si j'avais compris, comme je le fais aujourd'hui, qu'en ce tout petit palais de mon âme habite un si grand Roi, je ne l'aurais pas laissé seul si souvent ; je me serais tenue de temps en temps près de lui, et j'aurais fait le nécessaire pour que le palais soit moins sale.
Qu'il est donc admirable de songer que celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s'enferme ainsi en une si petite demeure !
Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l'Église
Le Chemin de la perfection, ch. 28, 9-11 (trad. OC, Cerf 1995, p. 805)
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