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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 22:12

samurai-hakuin.jpg

 

Un guerrier nommé Nobushige vint visiter Hakuin, célèbre Maître Zen, et lui posa comme question :

« Existe-t-il vraiment un paradis et un enfer? »

« Qui êtes-vous? », s'enquit Hakuin. « Un samouraï. »

« Vous, un samouraï ! », s'exclama Hakuin.

Et il se mit à l'insulter violemment : « Personne ne voudrait de vous comme garde, vous avez l'air d'un mendiant pouilleux... »

Nobushige en devint si enragé qu'il commença de tirer le sabre tandis que Hakuin continuait de plus belle.

« Ah ! vous avez quand même une sabre, mais vous êtes probablement trop stupide pour réussir à me couper la tête. »

Nobushige brandit alors son arme.

Et Hakuin remarqua : « Voici que s'ouvrent les portes de l'enfer. »

A ces mots le samouraï comprit, et s'inclina.

« Et voici que s'ouvrent les portes du paradis », dit Hakuin. 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 22:26

taize_priere.jpg

 

Trois fois par jour, tout s’arrête sur la colline de Taizé : le travail, les études bibliques, les échanges. Les cloches appellent à l’église pour prier. Des centaines, parfois des milliers de jeunes de pays très divers à travers le monde, prient et chantent avec les frères de la Communauté. La Bible est lue en plusieurs langues. Au centre de chaque prière commune, un long temps de silence est un moment unique de rencontre avec Dieu.  
 
Si nous nous laissons guider par le plus ancien livre de prière, les Psaumes bibliques, nous y trouvons deux formes principales de la prière, d’une part la lamentation et l’appel au secours, et d’autre part le remerciement et la louange. De manière plus cachée, il y a un troisième type de prière, sans supplications ni louange explicite. Le Psaume 131, par exemple, n’est que calme et confiance : « Je tiens mon âme en paix et silence… Mets ton espoir dans le Seigneur, dès maintenant et à jamais ! ».

 

Parfois la prière se tait, car une communion paisible avec Dieu peut se passer de mots. « Je tiens mon âme en paix et silence ; comme un petit enfant contre sa mère… telle est mon âme en moi. » Comme un enfant sevré auprès de sa mère qui a cessé de crier, telle peut être « mon âme en moi » en présence de Dieu. Alors la prière n’a pas besoin de paroles, peut-être même pas de réflexions.

 

Comment parvenir au silence intérieur ? Parfois nous nous taisons, mais, au dedans, nous discutons fort, nous confrontant avec des partenaires imaginaires ou luttant avec nous-mêmes. Tenir son âme en paix suppose une sorte de simplicité : « Je n’ai pas pris un chemin de grandeurs ni de prodiges qui me dépassent. » Faire silence c’est reconnaître que mes soucis ne peuvent pas grand-chose. Faire silence, c’est laisser à Dieu ce qui est en dehors de ma portée et de mes capacités. Un moment de silence, même très bref, est comme un repos sabbatique, un saint arrêt, une trêve du souci.

   

Faisant silence, nous mettons notre espoir en Dieu. Un psaume suggère que le silence est même une forme de louange. Nous lisons habituellement le premier vers du Psaume 65 : « La louange te convient, ô Dieu ». Cette traduction suit la version grecque, mais l’hébreu lit dans la plupart des Bibles : « Le silence est louange pour toi, ô Dieu. » Quand cessent les paroles et les pensées, Dieu est loué dans l’étonnement silencieux et l’admiration.  
 
Au Sinaï, Dieu parla à Moïse et aux Israélites. Des coups de tonnerre, des éclairs et un son de trompe de plus en plus puissant précédaient et accompagnaient la Parole de Dieu (Exode 19). Des siècles plus tard, le prophète Élie retourne à la même montagne de Dieu. Là il revit l’expérience de ses ancêtres : ouragan, tremblement de terre et feu, et il se tient prêt à écouter Dieu lui parler dans le tonnerre. Mais le Seigneur n’est pas dans les phénomènes traditionnels de sa puissance. Quand cesse le grand bruit, Élie entend « un bruit de fin silence », et alors Dieu lui parle (1 Rois 19).  

   

Des paroles dites à voix forte se font entendre, elles impressionnent. Mais nous savons bien qu’elles ne touchent guère les cœurs. Au lieu d’un accueil, elles rencontrent la résistance. L’expérience d’Élie montre que Dieu ne veut pas impressionner, mais être compris et accueilli. Dieu a choisi « une voix de fin silence » pour parler.

 

C’est un paradoxe :

Dieu est silencieux et pourtant il parle
 
Quand la parole de Dieu se fait « voix de fin silence », elle est plus efficace que jamais pour changer nos cœurs. L’ouragan du mont Sinaï fendait les rochers, mais la parole silencieuse de Dieu est capable de briser les cœurs de pierre. Pour Élie lui-même, le soudain silence était probablement plus redoutable que l’ouragan et le tonnerre. Les manifestations puissantes de Dieu lui étaient dans un certain sens familières. C’est le silence de Dieu qui déconcerte, car il est si différent de tout ce qu’Élie connaissait jusqu’à là.

   

Le silence nous prépare à une nouvelle rencontre avec Dieu. Dans le silence, la parole de Dieu peut atteindre les recoins cachés de nos cœurs. Dans le silence, elle se révèle « plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit » (Hébreux 4,12). Faisant silence, nous cessons de nous cacher devant Dieu, et la lumière du Christ peut atteindre et guérir et transformer même ce dont nous avons honte.

Silence et amour
 
Le Christ dit : « Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 15,12). Nous avons besoin de silence pour accueillir ces paroles et les mettre en pratique. Quand nous sommes agités et inquiets, nous avons tant d’arguments et de raisons pour ne pas pardonner et ne pas aimer trop facilement. Mais quand nous tenons « notre âme en paix et silence », ces raisons s’évanouissent.

 

Peut-être nous évitons parfois le silence, lui préférant tout bruit, des paroles ou des distractions quelles qu’elles soient, parce que la paix intérieure est une affaire risquée : elle nous rend vides et pauvres, elle dissout l’amertume et les révoltes, et nous conduit au don de nous-mêmes. Silencieux et pauvres, nos cœurs sont conquis par l’Esprit Saint, emplis d’un amour inconditionnel. De manière humble mais certaine, le silence conduit à aimer.

 

http://www.taize.fr

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 22:38

sacerdoce_cure_ars.jpg

La vie intérieure est un bain d’amour dans lequel on se plonge

(...) Voyez, mes enfants : le trésor d’un chrétien n’est pas sur la terre, il est dans le ciel. Eh bien ! notre pensée doit aller où est notre trésor.


L’homme a une belle fonction, celle de prier et d’aimer. Vous priez, vous aimez ; voilà le bonheur de l’homme sur la terre !

 

La prière n’est autre chose qu’une union avec Dieu. Quand on a le coeur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l’âme sont comme des morceaux de cire fondus ensemble ; on ne peut plus les séparer. C’est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C’est un bonheur qu’on ne peut comprendre.


Nous avions mérité de ne pas prier ; mais Dieu, dans sa bonté, nous a permis de lui parler. Notre prière est un encens qu’il reçoit avec un extrême plaisir.


Mes enfants, vous avez un petit coeur, mais la prière l’élargit et le rend capable d’aimer Dieu… La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C’est un miel qui descend dans l’âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil…

 

La prière fait passer le temps avec une grande rapidité, et si agréablement, qu’on ne s’aperçoit pas de sa durée. Tenez, quand je courais la Bresse, dans le temps que les pauvres curés étaient presque tous malades, je priais le Bon Dieu le long du chemin. Je vous assure que le temps ne me durait pas.


On en voit qui se perdent dans la prière comme le poisson dans l’eau, parce qu’ils sont tout au bon Dieu. Dans leur coeur, il n’y a pas d’entre-deux. Oh ! que j’aime ces âmes généreuses !…

 

Saint François d’Assise et sainte Colette voyaient Notre Seigneur et lui parlaient comme nous nous parlons. Tandis que nous, que de fois nous venons à l’église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander !

 

Et pourtant quand on va chez quelqu’un, on sait bien pourquoi on y va… Il y en a qui ont l’air de dire au bon Dieu : "Je m’en vais vous dire deux mots pour me débarrasser de vous…". Je pense souvent que, lorsque nous venons adorer Notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandions avec une foi bien vive et un coeur bien pur.


Catéchisme de Saint Jean-Marie Vianney

 

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