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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 23:30

christ_maitre.JPG

Il y a là, mes frères, un grand mystère à méditer : le son de nos paroles frappe vos oreilles, le Maître est au-dedans.

 

N'allez pas croire qu'on apprenne quelque chose d'un autre homme. Nous pouvons attirer votre attention par le bruit de notre voix : si au-dedans n'est pas celui qui instruit, vain est le bruit de nos paroles.

 

En voulez-vous une preuve, frères ? N'avez-vous pas tous entendu ce sermon ? Combien sortiront d'ici sans avoir rien appris ? Autant qu'il dépend de moi, j'ai parlé à tous ; mais ceux à qui cette onction ne parle pas au-dedans, ceux que l'Esprit-Saint n'instruit pas au-dedans s'en vont sans avoir rien appris.

 

Les enseignements extérieurs sont une aide, une invitation à faire attention. C'est au ciel qu'est la chaire de celui qui instruit les coeurs. Voilà pourquoi il dit lui-même dans l'Évangile : « Ne vous faites pas appeler maîtres sur la terre : un seul est votre Maître, le Christ. »

 

Qu'il parle donc, lui, au-dedans, là où nul homme ne pénètre ; car ; même si quelqu'un est à tes côtés, personne n'est dans ton coeur. Mais non ! Qu'il n'y ait pas « personne » dans ton coeur : que le Christ soit dans ton coeur ; que son onction soit dans ton coeur, afin que ton coeur ne soit pas altéré dans le désert, sans sources qui l'abreuvent.

C'est donc le Maître intérieur qui instruit, c'est le Christ qui instruit, c'est son inspiration qui instruit. Là où ne sont pas son aspiration et son onction, c'est en vain qu'au dehors retentissent les paroles.

 

Saint Augustin

Commentaire de la première épître de saint Jean.

 

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 23:16

nativite.jpg

 

Le jour de Noël, on fête une triple naissance...

La première et la plus su­blime est celle du Fils unique engendré par le Père céleste dans l'essence divi­ne, dans la distinction des personnes.

 

La deuxième est celle qui s'accomplit par une mère qui dans sa fécondité gar­da l'absolue pureté de sa virginale chas­teté.

 

La troisième est celle par laquelle Dieu, tous les jours et à toute heure, naît en vérité, spirituellement, par la grâce et l'amour dans une bonne âme.

 

Telles sont les trois naissances qu'on cé­lèbre en ce jour par trois messes.

 

On chante la première messe dans l'obscurité de la nuit. Elle commence ainsi : « Le Seigneur m'a dit : Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui. » Cet­te messe figure la naissance cachée qui s'opéra dans le mystère secret et in­connu de la divinité.

 

La deuxième mes­se débute ainsi : « La lumière brillera sur nous, aujourd'hui » ; elle nous rap­pelle le rayonnement de la nature hu­maine divinisée, et c'est pourquoi la messe est célébrée, partie pendant la nuit, partie pendant le jour, symbole d'une naissance en partie connaissa­ble, en partie inconnaissable.

 

On chante la troisième messe en plein jour. Voici son introït : « Un enfant nous est né et un Fils nous a été donné. » Elle nous fait penser à la tout aimable naissance qui, tous les jours et à cha­que instant, doit se réaliser et se réalise en chaque âme bonne et sainte, si elle veut bien y donner une amoureuse attention ».


Jean Tauler, Sermons, éd. du Cerf

Jean Tauler, un dominicain de la vallée du Rhin du Xllle siècle, médite sur la si­gnification des trois messes prévues par la liturgie le jour de Noël : dans la nuit, à l'aurore et en plein jour.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 23:26

petite_fille.jpg

 

C'était quelques jours avant Noël, dans une famille pauvre. Une fillette avait son petit frère, Emmanuel, qu'elle adorait, qui se mourait d'une tumeur au cerveau. Ses parents avaient tout fait pour le sauver. Toutes leurs maigres économies y étaient passées ; rentrant un jour, épuisé, après un ultime échec, le papa s'affala sur une chaise et dit à sa femme qui avait les larmes aux yeux : « Tu sais, chérie, c'est fini. Seul un miracle pourrait le sauver. »

 

La petite fille, dans un coin de la pièce, avait suivi cette conversation murmurée. Elle alla dans sa chambre, prit sa tirelire cachée dans un coin, vida les pièces sur son lit et les compta soigneusement : un franc et onze centimes. Elle referma la petite boîte, la mit dans sa poche, sortit en secret et se rendit à la pharmacie. Lorsque son tour vint, elle s'approcha du comptoir, se hissa sur la pointe des pieds et elle aligna ses pièces devant le pharmacien étonné.
« Qu'est-ce que tu veux ma petite ? - C'est pour mon petit frère. Il est très malade et je viens acheter un miracle. - Que racontes-tu ? - Il a un gros bouton qui lui pousse dans la tête, et papa a dit qu'il fallait un miracle pour le sauver. Alors je suis venue pour acheter un miracle. »

 

Le pharmacien répondit, avec un petit sourire attristé
« Désolé, ma petite, mais nous ne vendons pas de miracles ici... »
Il y avait, dans la pharmacie, un grand monsieur bien habillé, qui écoutait cette étrange conversation. Il s'approcha de la fillette, qui ramassait ses pièces, les yeux remplis de larmes.

 

« Pourquoi pleures-tu petite ? - Monsieur le pharmacien ne veut pas me vendre un miracle... C'est pour sauver mon petit frère Emmanuel, qui est très malade. - Combien as-tu ? - Un franc et onze centimes... mais vous savez je peux trouver plus. - Ce n'est pas nécessaire ; c'est exactement le prix d'un miracle ! Amène-moi chez toi, je voudrais voir ton frère, ton papa et ta maman. »

 

Le monsieur bien habillé n'était autre qu'un des plus grands chirurgiens du cerveau. Il opéra l'enfant et Emmanuel rentra à la maison quelques semaines plus tard complètement guéri. Le miracle avait coûté... un franc et onze centimes... plus, bien sûr, l'amour et la foi d'une enfant.

Ce conte est tiré d'une histoire qui s'est vraiment déroulée en Inde, et a été rapportée par le Père Ceyrac dans Mes racines sont dans le Ciel (Presses de la Renaissance, 135 p.,9,50 €).

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