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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 23:47

Ode

bras-leves.jpg

 

J'ai levé les bras au ciel, vers la grâce du Seigneur.
Il a jeté mes chaînes loin de moi.
Mon protecteur m'a élevé selon sa grâce et son salut.
J'ai dépouillé l'obscurité et j'ai revêtu la lumière ;
mes membres n'éprouvent plus ni peine, ni angoisse, ni douleur.
La pensée du Seigneur m'a secouru ;
sa lumière m'a exalté ;
j'ai marché en sa présence ;
je m'approcherai de lui en le louant et le glorifiant.
Mon cœur a débordé, il a envahi ma bouche,
il a jailli sur mes lèvres.
La joie du Seigneur et sa louange épanouissent mon visage.
Alléluia !

Je me suis échappé de mes chaînes et j'ai fui vers toi, ô mon Dieu !
Tu as été ma droite, mon salut et mon aide.
Tu as contenu ceux qui se dressaient contre moi et ils ont disparu.
Ton visage était avec moi et ta grâce me sauvait.
J'étais méprisé et réprouvé aux yeux de la multitude.
Mais tu m'as donné force et secours.
Tu as placé la lumière à ma droite et à ma gauche.
Que tout en moi ne soit que lumière !
J'ai revêtu le vêtement de ton Esprit,
et tu as ôté de moi les vêtements de peau (Gn 3,21).
Ta droite m'a élevé et a chassé loin de moi la maladie.
Ta vérité m'a rendu robuste et ta justice m'a sanctifié.
J'ai été justifié par ton amour si doux,
et ton repos est pour moi dans les siècles des siècles.
Alleluia !       

Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)
N° 21 et 25 (trad. Hamman, DDB 1981, p.43, 48)

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 23:43

prier_devant_fenetre.jpgLe bien suprême, c'est la prière, l'entretien familier avec Dieu... La prière est la lumière de l'âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes. Par elle, l'âme s'élève vers le ciel et embrasse Dieu dans une étreinte inexprimable. Comme un enfant pleurant vers sa mère, elle exprime la profondeur de son désir. Elle exprime ses volontés profondes et elle reçoit des présents qui dépassent toute la nature visible. Car la prière se présente comme une puissante ambassadrice, elle réjouit, elle apaise l'âme.


      Lorsque je parle de prière, ne t'imagine pas qu'il s'agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l'apôtre Paul parle ainsi : « Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Une telle prière,  si Dieu en fait la grâce à quelqu'un, est pour lui une richesse perpétuelle, un aliment céleste qui rassasie l'âme. Celui qui l'a goûté est saisi pour le Seigneur d'un désir éternel, comme d'un feu dévorant qui embrase son cœur.

 

Homélie du 5e siècle sur la prière
Attribué à tort à saint Jean Chrysostome ; PG 64, 461 (trad. bréviaire)

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 23:57

 

      Un jour que François priait dans la solitude et que, emporté par sa ferveur, il était tout absorbé en Dieu, le Christ en croix lui est apparu. A cette vue, « son âme s'est fondue » (Ct 5,6) et le souvenir de la Passion du Christ l'a percé si profondément qu'à partir de ce moment il pouvait difficilement se retenir de pleurer et de soupirer lorsqu'il venait à penser au Crucifié ; lui-même en a fait un jour l'aveu peu de temps avant sa mort. Et voilà comment il a compris que c'était à lui que s'adressait la parole de l'Évangile : « Si tu veux venir après moi, renonce à toi-même, prends ta croix et suis-moi » (Mt 16,24).

      Il s'est abandonné dès lors à l'esprit de pauvreté, au goût de l'humilité et aux élans d'une piété profonde. Alors que jadis non seulement la compagnie, mais la vue d'un lépreux, même de loin, le secouait d'horreur, il se mettait dorénavant, avec une parfaite insouciance pour lui-même, à leur rendre tous les services possibles, toujours humble et très humain, à cause du Christ crucifié qui, selon la parole du prophète, a été considéré et « méprisé comme un lépreux » (Is 53,3).

 

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église
Vie de Saint François, Legenda major, ch. 1 (trad. cf. Vorreux, Éds franciscaines 1951, p. 572)

 


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