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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 22:10

cgt_charpentier.jpg

Voici deux lettres, (novembre 2004). L’une a été écrite par Sœur M., moniale visitandine à Nantes. 

La réponse est signée Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.

 

Lettre adressée par Sœur M. à la CGT.

 

Madame, Monsieur,

 

Religieuse cloîtrée au monastère de la Visitation de Nantes, je suis sortie, cependant, le 19 juin, pour un examen médical. Vous organisiez une manifestation.

Je tiens à vous féliciter pour l’esprit bon enfant qui y régnait. D’autant qu’un jeune membre de votre syndicat m’y a fait participer ! En effet, à mon insu, il a collé derrière mon voile l’autocollant CGT après m’avoir fait signe par une légère tape dans le dos pour m’indiquer le chemin. C’est donc en faisant de la publicité pour votre manifestation que j’ai effectué mon trajet.

La plaisanterie ne me fut révélée qu’à mon retour au monastère. En communauté, le soir, nous avons ri de bon cœur pour cette anecdote inédite dans les annales de la Visitation de Nantes.

Je me suis permis de retraduire les initiales de votre syndicat (CGT = Christ, Gloire à Toi). Que voulez-vous ? on ne se refait pas. Merci encore pour la joie partagée. Je prie pour vous.

Au revoir, peut-être, à l’occasion d’une autre manifestation.

Sœur M.

 

Réponse du secrétaire général de la CGT

 

Ma sœur,

 

Je suis persuadé que notre jeune camarade, celui qui vous a indiqué le chemin, avait lu dans vos yeux l’humanité pure et joyeuse que nous avons retrouvée dans chacune des lignes de votre lettre.

Sans nul doute, il s’est agi d’un geste inspiré, avec la conviction que cette pointe d’humour « bon enfant » serait vécue comme l’expression d’une complicité éphémère et pourtant profonde.

Je vous pardonne volontiers votre interprétation originale du sigle de notre confédération, car nous ne pouvons avoir que de la considération pour un charpentier qui a révolutionné le monde.

 

Avec tous mes sentiments fraternels et chaleureux,

 

Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 22:26

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"La pleine conscience existait déjà chez les Pères du désert"

patrice_gourrier.jpg

propos recueillis par Elisabeth Marshall (La Vie)

Pourquoi notre tradition a-t-elle oublié son expertise en méditation ? Le psychologue et prêtre Patrice Gourrier, qui a été formé à la mindfulness, nous éclaire.

« Nous avons, de par notre histoire, une méfiance par rapport à la méditation contemplative, à ce chemin intérieur mystique. La crise quiétiste du XVIIe siècle, entre Bossuet, Fénelon et Mme Guyon, qui initièrent une recherche de la paix intérieure qui faisait fi de l’Église et des sacrements, a laissé des traces. On a condamné le quiétisme et la méfiance est restée. Il y a aussi cette influence cartésienne qui demeure prégnante sur la séparation du corps et de l’esprit. Pour les platoniciens, le corps était le tombeau de l’âme. Les chrétiens ont peur aussi que la méditation ne soit qu’auto contemplation. Et pourtant l’Évangile nous dit bien que le Royaume est “en nous”.

D’ailleurs la pleine conscience n’a rien inventé. On trouve, au IVe siècle, dans la mystique des Pères du désert, les premiers moines chrétiens, des expériences de contemplation silencieuse, tournée vers la rencontre de Dieu au sein de nous-même. “Assieds-toi, tais-toi et apaise tes pensées”, conseille Abba Arsène au disciple qui l’interroge sur le bon chemin pour être sauvé. Tandis qu’Évagre le Pontique explique, dans son Traité des Pensées, “comment ne pas se disperser”. 

Ces sages chrétiens nous parlent bien de l’apaisement de la pensée, de la nécessaire attention telle que la promeut la pleine conscience. Disparue très vite de la tradition occidentale, la méditation est restée plus présente au sein de la tradition orientale chrétienne, jusqu’au XIVe siècle, grâce à la prière du cœur notamment. Dans les Récits d’un pèlerin russe, nous assistons à la transformation du mental d’un homme inquiet en un spirituel en harmonie avec le monde. Nous sommes en Occident devenus très cérébraux. Or, nos contemporains ont soif d’autre chose. Notre époque encourage la dispersion qui crée l’épuisement. Tout ce qui peut nous apprendre à être plus présent est fondamentalement chrétien. »

http://www.lavie.fr/religion/spiritualite/la-pleine-conscience-existait-deja-chez-les-peres-du-desert-07-02-2013-36158_22.php

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 17:44

LAVEMENT_PIEDS.jpg

Les évangélistes Mathieu, Marc et Luc rapportent le dernier repas de Jésus avec ses disciples, et font le récit de l’institution de l’eucharistie. L’évangéliste Jean, lui, retient un autre événement de ce même soir. On peut y voir le récit de l’institution d’un autre sacrement : le pardon du Christ.

Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus se lève de table, enlève son vêtement puis, comme un serviteur, revêt un tablier et se met à laver les pieds des apôtres. Les premiers semblent se laisser faire, probablement surpris. Devant Pierre qui se rebiffe et s’indigne, Jésus dit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi » (*). Il faut se laisser laver par le Christ pour participer à la vie qu’il offre.

Les anciennes pratiques de la confession invitaient à s’agenouiller et à dire « Mon Père, je m’accuse de… » Le lavement des pieds, au soir de la Cène, n’est pas le passage devant le juge, devant un tribunal ; c’est au contraire le Christ qui s’agenouille devant moi, s’abaissant plus bas que mon péché pour le recueillir et me laver. Jésus précise que cela est nécessaire pour entrer dans le salut.

Lors du sacrement de réconciliation, le Christ est agenouillé devant moi, et me demande ce que je souhaite qu’il purifie. À moi de décider si j’avance un orteil, un pied ou les deux ! Il lavera ce que je lui présenterai.

 

Il n’est pas venu pour juger mais pour sauver.

Il est là, serviteur de la réconciliation avec Lui.

« Que veux-tu que je lave pour toi ? » 

 

* Évangile selon saint Jean, chapitre 13, verset 8 

Frère Emmanuel Dollé 

http://www.caremedanslaville.org/

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