11 février 2009
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Dès qu'on m'a parlé du Christ, j'ai cru en lui. Son message avait le goût d'une évidence. Et malgré les difficultés je n'ai jamais perdu cette foi.
Ainsi, en secret et depuis l'enfance, la prière de mes jours est symphonie de sentiments que je partage avec le Seigneur. Petit à petit, ma prière s'est diversifiée. Parole chantée pour le remercier d'une belle rencontre ; d'une joie partagée ; de l'émerveillement toujours renouvelé devant la beauté soudain révélée d'une âme, à travers un geste, une parole, un regard. Prière parfois muette dans la douleur, l'incompréhension du mal. Dans le silence, je me laisse porter par le Seigneur. Je lui remets mon fardeau, demande qu'il me donne la force ou le courage d'accepter.[...]
J'ai toujours prié avant de me coucher et parfois même dans la journée. C'est un souffle qui me relie au plan de Dieu et rythme ma vie. Dans mon dialogue avec le Seigneur, j'invoque Jésus qui a tant aimé les hommes. Je demande qu'il continue de cheminer parmi nous, en nous pêcheurs, afin qu'il me relève de mes erreurs, de mes faux pas et de mes faiblesses. Le soir, je fais le bilan de la journée et je rends grâce au Seigneur de le savoir toujours présent. Je récite d'abord le « Notre Père ». Je poursuis avec les deux derniers versets du Psaume 26 : « Mais j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. Espère le Seigneur. Sois fort et prends courage. Espère le Seigneur. »
Il y a encore ce moment privilégié, au cœur de la nuit : « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange... »
Ensuite, je récite l'hymne du jour et le psaume de la liturgie des premières heures. Au lever du jour, c'est avec une profonde joie que je m'associe à la prière des laudes retransmise sur Radio Notre-Dame.
C'est une vraie source d'amour et de belle énergie pour affronter une nouvelle journée « dans le monde ». Je prie ainsi en communion totale avec l'Eglise. [...] De plus en plus, la liturgie rythme mes jours, la prière est ma respiration. Et quel souffle ! Hélène Boitel
Panorama Février 2009
10 février 2009
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Tu l'as remarqué, Seigneur, ce bonhomme dans le désespoir qui est en train d'espérer ?
Ferme les yeux pour mieux m'entendre,
ne retiens pas Ta main qui s'en va toute seule à la recherche de mon âme.
Elargis-toi au-dessus de moi comme un arbre et comme une maison !
Un arbre pour que je l'étreigne à deux bras,
une maison pour que j'y dorme et pour que j'y mange !
Tout de même, à nous deux on s'en est tiré une fois de plus !
Entre Tes mains, Seigneur, je remets mon esprit :
Tu nous as rachetés, Seigneur, Dieu de vérité.
J'aime le vrai, je hais les riens, je hais le rien.
J'espère, j'aime, je crois, je suis soulevé de bonheur,
Tu m'as pris par la main comme quelqu'un qu'on va chercher !
EXTRAIT DU PSAUME 30, D'APRÈS PAUL CLAUDEL,
IN « PSAUMES. TRADUCTIONS1918-1953 » ©NRF-GALLIMARD
9 février 2009
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«Tu ne peux devenir moine si tu ne deviens tout entier comme un feu qui se consume », a dit un Père du désert. Et, aux premiers siècles, ils ont été des centaines, voire des milliers, à s'exercer à cet art exigeant de la prière et de l'ascèse dans le désert égyptien.
Tu seras peut-être surpris d'apprendre que parmi ces solitaires, on trouvait quelques femmes. C'est l'une d'elles que je veux t'inviter aujourd'hui à écouter. Son nom est Anima Synclétique.
Elle provenait d'une famille noble et très riche, établie à Alexandrie d'Egypte au IVe siècle. Lorsque ses parents moururent, Synclétique se retira dans un lieu solitaire pour y pratiquer une vie d'une extrême austérité, dans la prière et le jeûne. Le jeûne lui était d'ailleurs si familier qu'elle le considérait comme le fondement de toute la vie spirituelle. On dit même que lorsqu'il lui arrivait de manger plus que d'ordinaire, paradoxalement, elle en devenait toute pâle et son corps se mettait à dépérir. Sa réputation attira de nombreuses jeunes femmes dans le désert : pour les former, elle préférait le silence et les larmes aux paroles. Mais certaines de ses sentences nous sont toutefois parvenues. Lorsqu'elle parlait, pour évoquer les réalités spirituelles, Synclétique s'exprimait toujours dans un langage imagé. Rares sont les paroles qui nous ont été transmises d'elle où il n'est question de navigation, de construction, d'entraînement athlétique...
Elle compare ainsi l'effort nécessaire à la rencontre avec Dieu, dans la vie spirituelle, à celui de l'allumage d'un feu : « Pour ceux qui s'avancent vers Dieu — affirme Amma Synclétique — il y a au commencement beaucoup de luttes et de peines, et ensuite une joie ineffable. En effet, comme ceux qui veulent allumer un feu sont d'abord dans la fumée et pleurent, et par ce moyen obtiennent ce qu'ils cherchaient, ainsi nous faut-il aussi allumer le feu divin avec des larmes et de la peine. »
Amma Synclétique fait bien sûr allusion au verset biblique où il est dit de Dieu qu'il « est un feu dévorant » (Dt4,24 ;He 12, 29). Mais avant de s'en laisser embraser, il faut beaucoup d'efforts, dit-elle. Car l'assiduité à la prière n'est pas facile : ta propre expérience te l'enseigne à toi aussi, cher ami !
Tant d'autres réalités nous semblent si souvent plus importantes et urgentes. Les choses n'étaient guère différentes pour les solitaires du désert égyptien : leurs apophtegmes sont, sur ce point, on ne peut plus clairs...
Oui, bien des difficultés nous font peiner, lorsqu'on veut se mettre à prier pour rencontrer Dieu sincèrement. Celle qui est le plus fréquemment évoquée aujourd'hui est le manque de temps. Et puis, il y a les distractions qui égarent notre esprit loin de Dieu. On peut mentionner encore l'impression d'aridité, ces moments où la prière n'éveille en nous aucune émotion. Enfin, la prière est parfois perçue comme une démission, une évasion, le contraire de Faction...
Tu pourrais sans doute citer encore d'autres obstacles qui entravent régulièrement ta vie de prière. Or, répond Amma Synclétique, ces épreuves son nécessairement présentes lorsqu'on veut s'approcher du Seigneur. Elles sont la fumée que dégage initialement le feu de l'amour de Dieu. On la traverse à force de persévérance ; mais ensuite, combien la flamme réchauffe et réconforte !
La prière n'est donc pas toujours naturelle ; mais à force d'endurance elle prendra une telle vigueur qu'elle «montera devant Dieu comme un feu» affirme un Père du désert. Elle pourra même te faire devenir toi-même « tout entier comme du feu ».
Et lorsque tu y seras parvenu, conclut Amma Synclétique, « de même que les drogues les plus acres expulsent les animaux venimeux, ainsi ta prière chassera ~t- elle les mauvaises pensées » qui s'opposent à elle.
Enzo Bianchi