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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 18:33

(Pierre tombale de Jean Tauler)


Ce que Dieu veut de nous avant toutes choses, c'est que, lui cédant entièrement notre volonté, nous lui laissions faire tout ce qui lui plait. De là découle la paix véritable et continuelle dont nous jouissons. Sans cela, tout ce que nous disons à Dieu, tout ce qu'il nous dit lui-même ne nous sert de rien, ou nous sert de très peu de chose, jusqu'à ce que nous puissions dire dans le sentiment de l'Apôtre : Seigneur, que voulez-vous que je fasse?(Ac 9,6)


Car Dieu sait ce qu'il doit faire, et notre résignation lui est bien plus agréable que si nous lui promettions de faire par un mouvement de propre volonté des choses extraordinaires pour sa gloire ; or, quoique nous puissions faire ou dire, Dieu ne demande et ne désire rien tant de nous, que de nous entendre lui dire du fond de notre coeur : Seigneur, que votre volonté, qui m'est plus chère que toute chose, soit accomplie!

 

Jean Tauler, Institutions, 18.

 

Jean Tauler est né à Strasbourg vers 1300 ; il entre au couvent des dominicains et y suit le cycle de formation.
Même si son activité de prédication et de direction spirituelle se situe surtout à Strasbourg, il séjournera à Cologne en 1339, puis à Bâle, peut-être à Bruxelles.
Il meurt à Strasbourg le 16 Juin 1631 (date inscrite sur la pierre tombale conservée aujourd’hui en l’église du Temple neuf à Strasbourg.)
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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 18:23

"Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres", dit le Seigneur. Ce sont les paroles de Jésus-Christ, par lesquelles il nous exhorte à imiter sa conduite et sa vie, si nous voulons être vraiment éclairés et délivrés de tout aveuglement du coeur.


Que notre principale étude soit donc de méditer la vie de Jésus-Christ.


La doctrine de Jésus-Christ surpasse toute doctrine des Saints : et qui posséderait son esprit y trouverait la manne cachée. Mais il arrive que plusieurs, à force d'entendre l'Evangile, n'en sont que peu touchés,parce qu'ils n'ont point l'esprit de Jésus-Christ.


Veux-tu comprendre parfaitement et goûter les paroles de Jésus-Christt? Applique-toi à conformer toute ta vie à la sienne.

Que te sert de raisonner profondément sur la Trinité, si tu n'es pas humble, et que par là tu déplais à la Trinité?


Certes, les discours sublimes ne font pas l'homme juste et saint, mais une vie pure rend cher à Dieu.


Quand tu saurais toute la Bible par coeur et toutes les sentences des philosophes, à quoi te servirait tout cela sans la grace et la charité?


Vanité des vanités, tout n'est que vanité, hors aimer Dieu et le servir lui seul.


La souveraine richesse est de tendre au royaume du ciel par le mépris du monde.

 

Thomas a Kempis

Imitation de Jésus-Christ

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 18:19

On sait que dans la première lettre aux Corinthiens, Paul rappelle les différentes apparitions du Christ après sa Résurrection : " [...] Et en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton. " (1 Co, 15, 8)


Cette traduction m'est familière depuis toujours. la mention de l'apparition à Paul, défini comme " l'avorton", est également coutumière. Le mot, da ns son acception populaire, a un cachet de commisération, proche de l’injure : malingre, mal formé, si ce n’est contrefait.


[…] Il vaudrait mieux, pour être au plus près du terme grec, parler de celui qui a été tiré aux fers, ou aux forceps, lorsque le bébé ne parvient pas naturellement au jour. […]. Le mot grec litigieux EKTROMA ne se trouve nulle part ailleurs dans les textes du Nouveau Testament. Dans la traduction grecque de l’Ancien Testament (dite des Septante) il est employé trois fois, dans chaque cas, pour désigner des fœtus mort-nés. Visiblement ce sens n’a aucun rapport avec ce que veut signifier Paul.


Plus intéressante est l’étude étymologique qui se rapporte au verbe qui signifie percer, déchirer et qui désignerait «  au sens propre le fœtus né d’une manière violente et prématurée ; métaphysiquement, l’image paulinienne serait celle d’un corps arraché de force au sein d’une femme (la synagogue). Paul exprimerait le caractère anormal et soudain de sa naissance à la foi chrétienne et au ministère apostolique. Son cas étant bien différent de celui des Douze. Lui, Saul, « seulement un embryon spirituel » , il explique, en effet, immédiatement « puisque j’ai persécuté l’Eglise de Dieu » . Or dans les emplois d’EKTROMA l’accent est toujours mis sur la naissance anormale, avant le temps, que le bébé soit mort ou vivant. Il a fallu une intervention toute-puissante du Christ pour donner d’un coup à ce persécuteur et la foi et l’apostolat. »


[…] Lui-même ne cessera d’insister sur cette singularité, notamment dans le témoignage qu’il donne de sa vie aux Galates : « Sachez-le, en effet, mes frères, l’Evangile que j’ai annoncé n’est pas à mesure humaine : ce n’est pas non plus d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par une révélation de Jésus-Christ »


[…] L’appel du Ressuscité signifie une autre naissance, un autre commencement radical qui redouble la sortie du ventre maternel : Saul est saisi par le Christ, arraché des entrailles de la Synagogue, avant qu’il ait réfléchi par lui-même et consenti à la réalisation des promesses et des prophètes en Jésus-Christ.

 

Extrait de Saint Paul par Gérard Leclerc Editions Pygmalion

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