3 février 2006
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Un juif naufragé se retrouve seul sur une île déserte. Après quelques années, il est recueilli par un bateau. Avant de partir, il fait visiter son campement à ses sauveteurs. Près de sa hutte, deux cabanes. L'une, explique-t-il, est sa synagogue. Et l'autre? - Celle-là? C'est la synagogue où je refuse de mettre les pieds
Cette blague juive illustre un des paradoxes fondamentaux du judaïsme, fondé sur une parole révélée, la Torah, donnée par Dieu au Sinaï et transmise par Moïse aux Hébreux. Émanant directement de la divinité, la parole révélée est, en principe, absolue. Mais la tradition juive a imaginé une autre logique : d'abord, il n'est pas interdit d'interpréter la parole révélée; ensuite aucune autorité humaine n'est habilitée à imposer à tous les juifs son interprétation comme étant l'unique possible.
Ainsi, à côté du texte immuable de la Torah, s'est développée une riche tradition de débats exégétiques qui, après des siècles de transmission orale, a été transcrite dans le Talmud.
Extrait de l'article Les courants du judaïsme
Nelly Hansson
Le Monde des Religions Hors série N°2 sur le judaïsme
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2 février 2006
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Seigneur, donne-moi d'accueillir paisiblement tout ce que cette journée va m'apporter.
Apprends-moi à m'abandonner pleinement à ta volonté.
Seigneur, à tout moment et en tout, instruis-moi et soutiens-moi.
Fais-moi connaître ta volonté, pour moi et pour ceux qui m'entourent.
Quelles que soient les nouvelles au cours de cette journée, donne-moi de les recevoir dans la paix et avec une ferme conviction que ta sainte volonté est sur toute chose.
Seigneur, grand, miséricordieux, dans toutes mes actions et paroles, guide mes pensées et mes sentiments, en toutes circonstances imprévues, ne me permets pas d'oublier que tout vient de toi.
Seigneur, apprends-moi à être juste vis-à-vis de mon prochain, sans attrister ni troubler personne.
Accorde-moi de supporter la fatigue de toute cette journée et de tout événement au cours d'elle.
Conduis ma volonté, apprends-moi à prier et à aimer tous sincèrement.
Cette prière fut récitée par les moines de l'ermitage d'Optino, le haut lieu du renouveau spirituel orthodoxe dans la Russie du XIXe siècle. Des écrivains célèbres tels que Gogol, Tolstoï, Soloviev et Dostoïevski se rendirent à Optino.
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Prières
1 février 2006
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Saint soufi Sarmad
Galerie Marco Polo, Paris
Dans la mystique musulmane, la sainteté est un concept qui ne doit pas être réduit à l'idée de perfection morale de l'individu, tel qu'il est souvent compris dans le christianisme. Le saint n'est pas seulement un modèle de conduite, mais quelqu'un qui participe au soutien du monde. Le saint est celui qui est près de Dieu, celui qui est son ami intime, celui qui est le but de la création. D'après la tradition musulmane, Dieu dit: "J'étais un Trésor (caché) et je n'étais pas connu. Or, J'ai aimé être connu. Je créai donc les créatures afin que je Me fasse connaître à elles. Alors elles Me connurent." Dieu crée donc le monde pour être connu par quelqu'un, et celui-ci est le saint. Il connaît Dieu parce qu'il est tellement proche de Lui qu'il arrive à s'identifier à Lui, de telle sorte que le saint accomplit en lui-même les dits : "Dieu créa l'homme à son image" et "qui se connaît soi-même, connaît son Seigneur". Le saint accomplit en lui le fait d'être l'image de Dieu.
Il est le miroir de Dieu, qui se voit et se reconnaît dans son reflet. Pour devenir l'image de Dieu, l'homme doit se vider complètement pour s'habiller des attributs divins. (...)
Le but de la création est donc de créer un être capable de cette relation d'identification avec Dieu. Aussi les saints sont-ils les soutiens du monde, car s'ils n'existaient pas, le monde perdrait sa raison d'être et Dieu le laisserait retourner au néant. L'image utilisée est celle des cieux qui entourent la terre comme une tente. Les saints forment les piliers de cette tente et empêchent qu'elle s'écroule. Les soufis ont classifié de façon hiérarchique les saints selon leur fonction de soutien du monde.
Jaume Flaquer
extrait de l'article" Les saints dans l'Islam: entre méfiance et vénération"
Religions et histoire N°6 Janvier 2006
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