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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 09:50
Si le sel s'affadit

Que de critiques pour avoir accepté de donner des conférences chez les juifs et les musulmans !

Maintenant voilà que l'on me reproche de voir du bien chez les bouddhistes ...Est-ce ma faute si je suis tombé très tôt dans la marmite du dialogue des cultures et des religions ?

Déjà à 17 ans, interprète de la délégation scoute de Birmanie au Jamboree de la Paix de Moisson. Plus de 40 000 jeunes de plus de 40 pays..... Les Birmans étaient bouddhistes....Étaient-ils moins "enfants de Dieu" ?...

Avoir été invité après l'ordination sacerdotale dans plus de 50 pays pour des conférences n'est-ce pas là une grâce, une chance ????

Mais ensuite on lit la Bible autrement, on regarde la chrétienté autrement... Le mot "catholique "retrouve son sens : universel. On comprend pourquoi tant de gens piétinent notre "religion". Jésus nous avait averti : "Si le sel s'affadit, il n'est bon qu'à être piétiné par les passants" ....

(Photo. Un village tout entier va accompagner les cendres d'un défunt à 500 m en mer en marchant).

Leur religion mêle hindouisme et bouddhisme. La joie éclate des chœurs d'instruments . Ce n'est pas un chef qui vient de mourir c'est un "Lambda".....

Le Concile Vatican II me disait il y a 70 ans " Les religions non chrétiennes enseignent : "qu'est ce que l'homme? l'origine et le but de la souffrance, la voie pour parvenir au bonheur, qu'est ce que la mort? Quelle rétribution après la mort?

L'Eglise ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les autres religions. Elle considère avec respect....etc

"Beaucoup qui avaient flirté avec ces courants orientaux ont découvert Jésus. Comme saint Paul après sa conversion, ils ont "considéré comme épluchures tout ce qui n'était pas Jésus Christ"...

Ils ont seulement oublié que Jésus est le premier dans "le dialogue interreligieux". Pour une part, il l'a payé de sa vie.

Croit-on que les prêtres et les servants du Temple aient apprécié la parabole du bon Samaritain ?

Et son attitude à l’égard d'une païenne : "Je n'ai jamais vu une foi pareille ! et l'hommage à la foi d'un officier "de l'armée d'occupation" et païen !

Tant et tant de jeunes ne supportent pas nos vieilles outres. Leur vin nouveau les fait craquer.

Pendant 60 ans de sacerdoce, j'ai entendu : "Vous êtes petits, vous êtes étriqués, vous êtes ennuyeux, laissez les morts enterrer les morts..." "Vous n’êtes pas catholiques.

Catholiques veut dire : "ouverts à la planète, à l'humanité toute entière".

Oui j'ai entendu ce message, ce cri : "Qu'attendez-vous pour vous convertir au vrai Jésus, celui qui est vivant ?.... Celui du père Zundel, du père Maillard, du père Finet, du père Ravanel, du père Jean-François Hue"

Le pape François nous montre le chemin après Jean Paul II et Benoit XVI. L'ouverture vers ceux qui sont différents nous dérange.

N'ayons pas peur ! Laissons nos traditions si elles sont une limite au dialogue, à l'ouverture.

"J'ai mis devant toi la mort et la vie. Choisis la Vie !" (Deutéronome)

Stan Rougier

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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 22:55
La Lettre de Béthanie 163

Chers amis

 

 La liturgie et particulièrement la liturgie orthodoxe ne s’aborde pas en premier lieu avec le mental, la réflexion et la raison, mais sollicite l’être dans toute ses dimensions, utilisant une pédagogie à la fois réaliste et charnelle sans cesser d’être spirituelle, celle de nos cinq sens.

Les Pères ont toujours considéré nos sens comme des « fenêtres ouvertes sur l'invisible ». Ils considèrent que Dieu nous les a donnés pour Le voir, pour L'entendre, pour Le humer, pour Le toucher, pour Le goûter... 

Pendant la liturgie nos yeux vivent une véritable mutation du regard. Lorsqu’on entre dans une église orthodoxe, notre vue est amenée d’abord à une sorte d’abstinence des images de l’extérieur. Dans l’église tout semble différent. Les fresques ou les icônes remplissent peu à peu nos yeux, par imprégnation, de la gloire divine. Il y a donc une purification du regard.

L'ouïe, dans le même temps, est sollicitée puisque tout est chanté ! Le chant liturgique a la propriété de nous faire passer du psychique au spirituel. Il va nous détendre, nous libérer des crispations de notre ego  et des soucis de la vie et saisir notre esprit pour porter la Parole chantée au-delà de ses limites audibles.

L'odorat, lui, est sollicité par l'utilisation de l'encens et s'adresse à la mémoire olfactive. Béni par le célébrant, l’encens nous fait expérimenter le mystère divin. Nous humons le parfum du Christ. L'odorat est l'organe du flair et décèle les sympathies et les antipathies, il oriente les désirs. Dans l’église, il contribue à donner un axe à nos pulsions, à nos instincts et mène notre désir vers la Présence.

A mesure que nous plongeons dans cette atmosphère mystérieuse va naître en nous le sens du goût. Il est à son sommet au moment de la communion, quand il n'y a plus rien à dire et que l'Ineffable, Dieu lui-même nous visite. On chante alors le psaume : « Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ! »

Peu à peu une nouvelle manière de goûter se manifeste et s'installe, même en dehors de la liturgie. Une manière plus profonde, plus fine que les Pères du désert désignent par cette admirable expression : « La flamme des choses ».

Le « toucher », lui, est un sens synthétique et global. Nous touchons ou sommes touchés à travers les cinq sens. Le corps tout entier est concerné. En tant que temple de l'Esprit Saint et membre du corps du Christ, notre corps est un lieu d'initiation aux Mystères. A la fin de sa mission terrestre, Jésus n'a pas dit à ses disciples : « Vous penserez à moi »... mais « Touchez-moi ! ».

Nous sommes infiniment plus proches de Dieu par le sentir, le toucher que par la pensée. La moindre pensée, même sur Dieu, est un obstacle à le rencontrer disent les Pères.

Saint Isaac le Syrien au 6e s. disait que la vie éternelle consiste à tout sentir en Dieu, et déjà saint Clément d'Alexandrie au 2e s., invitait les premières générations de chrétiens à pressentir ce qu'est Dieu à travers toute sensation.

La liturgie exerce le corps à se laisser toucher par Dieu et à devenir physiquement conscient de sa présence. Cela se fait par le détail subtil de chacun des sens toujours stimulés et maintenus en état de vigilance ; cela se fait aussi par les grandes attitudes corporelles : debout, l’attitude fondamentale du chrétien, homme ressuscité ; assis, l’attitude de l’écoute ; prosterné, l’attitude de l’humilité, du retournement.

L'homme qui a sa vie ponctuée par une liturgie régulière et qui introduit cette même vigilance dans son existence quotidienne sait que toute action a deux aspects : d’une part, elle est fonctionnelle, on fait quelque chose, et d’autre part, elle est liturgique, car Dieu se manifeste à travers elle.

Aussi la liturgie se prolonge spontanément hors du temple. Elle n’est plus un piétinement ennuyeux d’une heure toutes les semaines, mais le ressourcement d’une attitude, d’une manière d’être là ; elle est une rencontre avec le Bien-Aimé et celle-ci, peu à peu, pourra devenir permanente.

 

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

                       Père Pascal

 

Texte à méditer

 

Ce qui était dès le principe, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont palpé du Verbe de vie, oui, la vie a été manifestée, nous l’avons vue et nous en sommes témoins, et nous vous annonçons la Vie éternelle qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, afin que vous soyez aussi en communion avec nous; et notre communion est au Père et à son Fils Jésus Christ. Nous vous écrivons cela pour que votre joie soit complète. Voici le message que nous avons entendu de Lui et qu’à notre tour nous vous annonçons : Dieu est lumière, en Lui point de ténèbres !

Saint Jean 1.1 à 5

 

 

Prière pour les vacances qui viennent

Nous Te prions Seigneur pour ceux qui sont en voyage : Toi qui es le phare qui guide les égarés, Toi qui es le port et le refuge de ceux qui naviguent, protège Tes serviteurs … qui partent pour un long voyage, écarte de leur route toute embûche, aplanis le chemin devant leurs pas et guide-les, nous T'en prions, écoute-nous et aie pitié de nous.

 

En juin-juillet 2019

vous pourrez vivre à Béthanie
 

Pèlerinage à saint Thiébault

Un pèlerinage pour honorer saint Thiébault et obtenir de lui une guérison. Nous vous proposons de vivre ensemble cette démarche de prière, de foi et de joie par la célébration de la Divine Liturgie pontificale en l’honneur de saint Thiébault et la prière de guérison autour de ses reliques. Visite commentée de la chapelle.

Le dimanche 30 juin 2019 de 10h30 à 17h          

Le Hara, centre vital de l’homme

L’homme porte en lui une Source ineffable de quiétude et de vitalité qui se manifeste dans et par son corps. Pour s’abreuver à cette Source un chemin est offert par l’équilibre des trois centres énergétiques : le hara (la terre), la tête (le ciel) et le cœur (l’homme). C’est une véritable “thérapie initiatique” basée sur la pratique de la vigilance pour goûter la saveur de l’instant présent. Commence alors l’aventure du "toujours nouveau" qui nous arrache à la routine et ouvre notre vie à l’émerveillement.

Du 12 juillet (9h) au 14 juillet 2019 (16h30)

Atelier d’écriture : écrire le corps

On n’écrit pas avec son mental, mais avec son expérience, on n’écrit pas depuis ses connaissances mais depuis son hara, son coeur… Trois jours pour écrire sur et avec « frère corps ». Il sait tout faire, pleurer, rire, étreindre, souffrir, épauler, s’agenouiller… Pour s’approcher de ce corps que l’on a et de ce temple que l’on est.

Du 18 juillet (19h) au 21 juillet 2019 (16h30)

Chanter la liturgie orthodoxe (dans le rite occidental)

La divine liturgie (la messe) est une action commune au cours de laquelle nous sommes amenés à vivre un jeu liturgique entre le clergé, les chantres et les fidèles. Pour vivre le sacrement, nous sommes invités à la fois à entrer dans l’écoute et à exprimer notre louange et notre participation plénière, fondamentale pour la validité du rite. Nous apprendrons le chant des fidèles et contemplerons la structure symbolique de la liturgie.

Du 19 juillet (9h) au 21 juillet 2019 (16h30)    

BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE

Télécharger la lettre en format PDF

Cliquer ICI

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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 22:55
L’Esprit et la Lettre

Une histoire soufi qui peut s’appliquer au christianisme d'aujourd'hui et qui rappelle ses enseignements quand il s’adressait aux pharisiens. Et qui n'est pas un peu pharisien dans sa pratique de foi? Ici est réaffirmé la différence entre une vie imposée par une morale extérieure et une vie dans l'Esprit. Une histoire qui devrait être aussi racontée aux intégristes de tout poil.

On rapporte que l'Imam al-Ghazali fut invité un jour à une réunion de juristes.

Tu es un homme éminent, lui dit le chef des juristes et, comme nous tous ici, du nombre des savants. Les humbles viennent donc te demander d'interpréter la Sainte Loi, la Sharia.

Or le bruit court que tu aurais conseillé à tel et tel de ne pas observer le jeûne pendant le mois de Ramadan ; on raconte aussi que tu aurais déclaré qu'il valait mieux pour certains ne pas faire le pèlerinage de La Mecque; d'autres affirment que tu as réprimandé des croyants pour avoir dit : " Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah."

Ces propos pernicieux, s'il est vrai que tu les as tenus, sont pour nous la preuve suffisante de ton infidélité.

Seule ta réputation t'a jusqu'ici épargné le châtiment réservé aux apostats. Les gens sont en droit d'être protégés contre des individus tels que toi.

Ghazali poussa un soupir, et répondit:

La Sainte Loi de l'Islam nous le dit: ceux qui n'ont pas une claire intelligence de la Loi et de ce qu'elle signifie ne peuvent être coupables de manquements à la Loi et ne sont pas assujettis à ses règles.

Cela vaut obligatoirement pour les enfants et les imbéciles, mais cela vaut aussi pour tous ceux qui sont privés de compréhension.

Si un homme ne perçoit pas la réalité intérieure du jeûne ou ne fait un pèlerinage que pour se mortifier ou bien encore récite la profession de foi sans avoir la foi, cet homme-là est dénué de compréhension, et il n'est pas juste de l'encourager à persévérer dans ses pratiques.

Quelqu'un devra le mettre sur la voie de la compréhension. Vous l'avez dit : les gens sont en droit d'être protégés - protégés contre vous, les juristes, qui voudraient les récompenser pour des mérites inexistants et les persécuter pour des fautes imaginaires.

Si un homme ne peut marcher parce qu'il est impotent d'une jambe, allez-vous lui dire de marcher, ou bien lui donnerez-vous une béquille, ou le guérirez-vous de son infirmité?

C'est parce qu'il avait prévu la venue de gens tels que vous que le Prophète a dit : " L'Islam a commencé dans l'exil et finira dans l'exil."

La compréhension du sens des choses n'est pas dans votre intention ni en votre pouvoir ; et vous n'avez pas appris à comprendre.

Aussi bien tout ce que vous savez faire, c'est menacer les autres de la mort pour apostasie.

En vérité, ce n'est pas moi qui suis un apostat, mais chacun d'entre VOUS.


Idries Shah

 

Abû Ḥamid Moḥammed ibn Moḥammed al-Ghazālī (1058-1111), connu en Occident sous le nom d'Algazel2, est un soufi d'origine persane. Personnage emblématique dans la culture musulmane, il représente la mystique dogmatique.

Al-Ghazali pendant onze ans mène une vie solitaire consacrée à l'adoration de Dieu, entre Damas, Jérusalem et La Mecque, copiant ainsi les pratiques des moines chrétiens de l'époque. C'est à cette époque qu'il commence à écrire le plus important de ses livres, Ihya' `Ulum al-Din (Revivification des sciences de la religion) - qu'il termine peut-être ultérieurement.

Al-Ghazali regagne Bagdad en 1097 et continue à vivre comme un soufi dans le ribat d'Abou Saïd de Naysabur, qui se trouve en face de la madrasa Nizamiyya. Il reprend pendant un certain temps l'enseignement, qu'il consacre essentiellement à la 'Ihya' `Ulum al-Din, puis se rend à Tus, sa ville natale, où, continuant à vivre en soufi et à écrire, il achève semble-t-il son œuvre majeure susmentionnée et produit d'autres ouvrages dont l'inspiration mystique est manifeste9.

En 1104, al-Ghazali reprend ses fonctions à la madrasa Nizamiyya de Naysabur, à la demande du ministre seldjoukide Fakhr al-Mulk, après quelque dix années d'absence. Il continue néanmoins à vivre la vie des soufis et à écrire. Il quitte Naysabur10 et regagne à nouveau Tus, sa ville natale, où il poursuit la vie de renoncement des soufis et l'enseignement.

Près de sa maison, il fait construire un khangah (sorte d'ermitage soufi) où il écrit à cette époque Minhaj Al-'Abidin (La voie de la dévotion)11, qui semble être une description de sa vie et de celle de ses élèves : renoncement au monde d'ici-bas, solitude et éducation de l'âme. C'est ainsi qu'il coule le reste de ses jours, jusqu'à sa mort en 1111.

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