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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 07:31
Samedi saint, un jour très particulier

J’aime la sobriété du Samedi saint qui contraste avec la magnificence du Jeudi saint et la gravité du Vendredi saint. Il n’y a pas de rite particulier en ce jour, pas d'Eucharistie, sauf le soir à la veillée pascale.

Jour du grand silence de l’espérance en la résurrection, les chrétiens prennent une pause tout en continuant à faire mémoire de la mort du Seigneur. Jour d’attente et de veille, nous nous ouvrons à la nouveauté pascale à venir. Le vide que nous ressentons est rempli du souvenir du Seigneur, son absence devient ainsi une forme supérieure de présence.

[...]

En ce jour de repos, le fidèle est invité à descendre dans sa « cellule intérieure », comme disait Catherine de Sienne, pour vivre un cœur à cœur amoureux avec le Christ en prolongeant sa prière d’offrande au Père. « Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. » (Jn 17, 11)

[...]

Voici le sabbat du Christ, son grand repos salvifique, où il « est descendu aux enfers », comme nous le confessons avec toute l’Église dans le Symbole des apôtres. 

Un aspect important de la spiritualité du Samedi saint c'est l’espérance en la résurrection du Christ qui a changé le cours du temps et de l’histoire.

Cette espérance chrétienne est un dynamisme de vie qui s’enracine dans l’amour du Père qui envoie son Fils pour nous ouvrir les portes de la vie éternelle par le don de sa vie et de l’Esprit Saint. Avec François d’Assise, nous pouvons appeler la mort corporelle « notre sœur », puisque par elle nous verrons Dieu. Le Christ, en habitant la mort, ne nous a pas laissés seuls face à elle, il l’a remplie de sa présence. En lui, la vie n’est pas détruite, mais transformée.

« Jésus ne descend pas seulement chez les morts; il descend dans sa mort; il descend dans l’état de mort et il l’habite. Il l’habite longuement, posément, gravement; ainsi lorsque nous serons nous-même en cet état, nous n’y serons pas seuls : nous le trouverons déjà habité et réchauffé par lui; Jésus s’y sera allongé, déjà, à notre place. » (François Cassingena-Trévedy, Étincelles, Ad Solem, 2004, p. 61)

Jacques Gauthier

 

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 22:57
La Parole crucifiée

«Au  commencement  était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. ... Tout  fut par lui,  et sans  lui rien ne  fut. Ce qui  fut en lui était la vie et la vie était la lumière des  hommes...»   (Jn1,1-5)

C'est par la puissance constituante de sa Parole, le Verbe Jésus-Christ, que Dieu a tout créé du néant, dans un acte d'amour éternel.

Nous sommes donc chacun une œuvre  du  Verbe Créateur, c'est-à-dire le fruit miracu­leux d'une profération trois fois  sainte, vivifiée par l'Es­prit Saint.

«...  Dieu créa le ciel et la terre.  ... Dieu  dit:  "Que  la lumière   soit"  et  la  lumière fut.»  (Gn 1,1-3)

Ce n'est pas tout: nous ne continuons d'exister  qu'en vertu  de l'amoureux  intérêt de Dieu à  notre égard. S'il se détournait un instant de nous, nous disparaîtrions.

La Source de notre vie ne réside ni dans la nature, ni dans nos facultés personnelles: le Créateur seul nous permet d'être.

«Comment aurait-il sub­sisté, si tu ne l'avais  pas voulu? Comment serait-il resté vivant, si tu ne l'avais pas appelé?» (Sa 11,25)

Ces immenses mystères, qui nous seront révélés dans les  cieux,  n'échappent pas à Satan,dont la fureur n'a  cessé de croître depuis que le Créateur a ordonné la supré­matie de la nature humaine sur la nature angélique, dans les Personnes de Jésus et de Marie, Roi et Reine des uni­vers visibles et invisibles.

«Jamais je ne me proster­nerai devant un être de chair, fût-Il Dieu, et encore moins devant sa Mère, moi qui suis le plus grand des anges!», hurla  Lucifer à  la  Face  du Très-Haut, avant d'être précipité dans  les Enfers.

Sa haine de l 'humanité date de ce jour terrible où, révolté contre les voies de  Dieu, il se sépara définitivement de la Grâce pour devenir Satan, "d'éternel  désespéré".  

Qu'on ne s'étonne  pas qu'il ait tout mis en œuvre pour pervertir les hommes et les conduire à la  ruine, eux  qui  sont  si chers  au Seigneur.

Quant à sa  rage  infernale  contre  le Verbe Incarné, c'est bien aux jours de la Passion qu'elle a atteint son paroxysme.

Trahir, accuser, arrêter, condamner, ridiculiser,  torturer  et,  pour finir, tuer Dieu! Voilà son plan sans précédent dans l'histoire de la Création.

Mais il fallait, dans  cette  affaire - la  plus inimaginable qui  se puisse concevoir - la complicité de quelques-uns parmi ces «créatures de prédilection», Judas, les docteurs et les prêtres de Yahvé, la  foule  assoiffée de sang,  les soldats...

Ce serait alors bien les hommes qui auraient  assassiné  le Christ, ceux-là  mêmes dont Dieu attendait un retour d'amour!

En  inspirant  cette  abomination superlative, Satan signait sa défaite, puisque la Rédemption allait s'opérer par le Sacrifice des sacrifices, à l'échelle  divine, capable de racheter l'ensemble des créatures :  le Crucifié vaincrait à jamais son infernal pouvoir

"Maintenant  a   lieu    le jugement     de   ce   monde! Maintenant  le prince  de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j'aurai  été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi." (Jn 12,31·32) Crucifier le  Verbe! Cruci­fier la Parole incarnée!

En  clouant   Jésus-Parole de  Vie à  l'infâme  gibet  de la   Croix,   c'est   la   Source même de tout ce qui est que, dans  son  total aveuglement, l'homme  immolait pour  tenter de la supprimer.

Inconscients de la portée de  leurs  actes, les ennemis du Christ attentaient ainsi au Principe, Créateur et Dispensateur de tout bien, celui de qui ils tenaient l'être et par qui ils subsistaient, mais également à l'Unique Cause, éternelle et infaillible, de l'espérance humaine, l'Ori­gine du sens de toute chose!

Et si Jésus eût vraiment été anéanti, au même instant, la Création eût cessé d'être...

A chaque étape  de la Passion, à chaque nouvelle cruauté,  dont la  perversité n'avait pu être suggérée que par le diable, un coup  était
porté à l'un des attributs de l'Essence divine et, par répercussion, à ses  persécuteurs, qui réduisaient à néant les grâces que Dieu infuse avec largesse dans les âmes de bonne volonté.

Jésus: «le suis le Chemin, la  Vérité  et la  Vie. Nul  ne vient au Père que par  moi.» (Jn 14,6)

Le Christ est la  Voie, nul ne va au Père que par lui?

Eh bien, arrêtons-le  et enchaînons-le, puis traînons le sur le chemin que nous avons  choisi  pour  lui,  celui de  sa condamnation!

Nous sommes les maîtres de son destin comme du nôtre.

Le Christ est la Vérité libératrice ? Attachons-le à un poteau, flagellons-le jusqu'à ce qu'il soit en lambeaux, car nous ne voulons pas de cette vérité-là.

Le Christ est la Vie, l'Alpha et l'Oméga de tout être? Met­tons-le à mort et nous verrons bien qui demeure, de lui ou de nous!

Jésus  se  dit  Fils du  Père des cieux?

Libérons à sa place Jésus-Barabbas, vrai fils d'un père bien réel de notre com­munauté - bar-abbas signifie «fils du père» et ce brigand s'appelait aussi Jésus!

C'est le «Jésus de ce monde» que nous préférons à Celui qui se prétend Fils de Dieu!

Jésus:  «Vous, vous êtes d'en bas! moi, je suis d'en haut.  Vous, vous êtes de ce monde! moi, je ne suis pas de ce monde.» (Jn 8,23)

Telles sont aujourd'hui encore  les intentions des négateurs   du   Christ, ces «incrédules, dont  le dieu de ce monde a aveuglé l'entende­ment, afin qu'ils ne voient pas briller  l'Evangile de la gloire du Christ, qui est  l'image de Dieu». (2 Co 4,4)

Lequel, parmi ses accusa­teurs, était-il conscient d'ac­complir mot pour mot les prophéties  d'Isaïe et de par­ticiper au Sacrifice suprême, celui  de  l'Agneau  de  Dieu livré pour notre salut?

Et lequel, parmi ceux qui se croyaient si forts, se doutait qu'il n'aurait  aucun  pouvoir sur  le Fils de Dieu, si cela ne lui  avait  été donné d'en haut ?
«. . . s'il offre sa vie en sacrifice expiatoire...,  par  lui  la volonté  de  Yahvé s'accom­plira.» Os 53,10)

«Maltraité,  il s'humiliait, il  n'ouvrait  pas  la  bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette...» (Is 53,7)

Mais ce n'était  pas encore assez. La vengeance de Satan ne serait  pas  complète  tant que la Parole Incarnée  n'au­rait été blasphémée selon chacune de ses dénomina­tions.

«L'ayant dévêtu, ils lui mirent une chlamyde écarlate, puis,  ayant  tressé une cou­ronne avec des épines, ils la placèrent sur sa tête, avec un roseau dans sa main droite. Et, s'agenouillant devant lui,
ils  se moquèrent de  lui  en disant: "Salut, roi des Juifs!" et, crachant sur lui,  ils prenaient  le roseau et en frap­paient sa tête.» (Mt 27,28·30)

Aussi fallait-il que la Jus­tice éternelle  soit  livrée  par un  traître  et condamnée  par de faux témoignages! Que, tel un  fantoche,  le Roi des rois paraisse vêtu d'un travestissement et reçoive la plus vile et cruelle des couronnes!

Que la Puissance de Dieu faite Homme soit affublée d'un sceptre grotesque!

Que la Sagesse soit tournée en déri­sion par les goguenardises des brutes, et la Sainte Face de l'Oint de Dieu, couverte de l'immonde onction des crachats.

«Jésus sortit donc dehors, portant la couronne d'épines et  le  manteau de pourpre!  Et Pilate leur dit: "Voici l'homme!"» (Jn 19,5)

L'Homme parfait, venu nous   rendre   notre   dignité d 'héritiers  du Père, serait exhibé quand  la flagellation aurait achevé de le défigurer, au  point  qu'on était «saisi d'épouvante à sa vue, car il n'avait plus figure  humaine et  son  apparence n'était plus celle d'un homme» (ls 52,14)!

Prince de la Paix, il serait la proie de la foule en furie. Qui le croirait encore  «Assise du monde», en le voyant tomber lamentablement sous le poids de la Croix?

Il se prétendait «le rameau sorti  de  la  souche de Jessé» (Is 11,1): le bois deviendrait l'instrument de son supplice!

Et ses mains, qu'on  disait miraculeuses, on les y clouerait à coups de marteau.

Les soldats et les passants :
«... sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la Croix!»  (M t 27,40)

De chaque  étape  du  Mar­tyre  divin, aucun de ceux qui  se gaussaient de Jésus ne  soupçonnait l'extraordi­naire portée : le Crucifié allait «réduire à l'impuissance, par sa mort, celui qui a la puis­sance de la mort, c'est-à-dire le diable» (He 2,14)

«Mais lui, il a été trans­percé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur  lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison.

Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et Yahvé a fait retom­ber sur lui nos fautes à tous.» (Is 53,5-6)

Ainsi le «Berger des nations», qui avait  arpenté nos  routes  pour sauver les brebis perdues,  fut  fixé  à la Croix, les bras grands ouverts, dans une immuable étreinte du monde.  

Lui, qui est la  Source d'Eau vive, reçut pour toute boisson du fiel et du vinaigre.

Et, parce qu'il est l'Amour, son Cœur infiniment sacré devait lui aussi être supplicié. C'est alors que Satan, terrifié, vit sortir de la Plaie au Côté les Sacrements de l'Eglise naissante, dont la divine puissance écraserait sa tête ignoble: l'Eau du baptême et le Précieux Sang, qui  donne la vie éternelle.

Alors,  tout  fut  accompli, selon les Ecritures.

«Quand il fut la sixième heure, l'obscurité se fit sur la terre entière jusqu'à la neu­vième heure.» (Mc 15,33)

Les hommes venaient de tuer le Verbe de Dieu, la Lumière du monde!
«Il  a  effacé ... la  cédule de notre dette, qui  nous était contraire! Il  l'a  supprimée en la clouant  à la croix. Il a dépouillé les Principautés  et les Puissances et les a don­nées en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal.»  (Col
2,14-15)

 

Marie Vérenne

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 22:57
Notre Dame du chêne
Notre Dame du chêne
Notre Dame du chêne

À Notre-Dame du Chêne, la Vierge Marie n'a pas parlé... elle est restée silencieuse. Voilà la richesse du lieu ! Faisant écho au silence de Marie à la basilique, il y a le silence de Jésus au Saint-Sépulcre.

La basilique et la réplique du Saint-Sépulcre se répondent à Notre-Dame du Chêne, explicitant le mystère le plus caché de Marie, son silence et sa compassion.

Une riche histoire glorieuse, mais aussi un lieu prophétique pour aujourd'hui et demain...

Les origines.

Nous sommes en 1494, sur les terres de la province d’Anjou, à la frontière du Maine, à un peu moins de cinq kilomètres du village de Vion (Sud de l’actuel département de la Sarthe), sur les terres des comtes de Sablé.

Sur la lande se dresse un vieux chêne qui attire l’attention des bergers et des paysans de la région : de nuit, ils voient des feux brillants comme des étoiles en couronner la cime.

Le jour, l’arbre est animé par le joyeux manège de colombes qui voltigent autour de son feuillage, sans jamais s’en éloigner.

Malgré leurs efforts, ils ne peuvent ni les attraper, ni les chasser. Ils se mettent donc à prier autour de cet arbre, qui semble posséder des pouvoirs étonnants. 

Miracles et guérisons.

L'abbé James Buret, curé de Vion, interroge les uns et les autres ; puis, poussé par l’Esprit-Saint, il décide de placer dans un creux du chêne une petite statuette en terre cuite de la Vierge Marie. Dès lors, celle-ci se manifeste.

Un jeune homme, qui déroba un bouquet déposé près de la statuette, est pris de forts torticolis. Interrogé par ses parents, il avoue son forfait. Le bouquet volé remis en place, son mal disparaît.

Marie multiplie les guérisons et les conversions...

L’oratoire primitif construit autour de l’arbre devient vite trop petit pour accueillir tous les pèlerins, et une première chapelle est construite en 1515.

La même année, un infirme du village de Juigné (Sarthe) qui marche difficilement vers l’image de la Vierge Marie avec trois cierges à la main recouvre la santé.

En 1595, une femme qui ramasse du bois a la vision (ou l’apparition) de Notre-Dame du Chêne au-dessus du toit de la chapelle. Elle est là ! Elle ne dit rien…

Vingt-six ans plus tard, une nourrice obtient la guérison d’un enfant difforme dont elle avait la garde après avoir prié chaque jour Notre-Dame pendant six semaines.

En dépit des difficultés des guerres de religion puis de la Révolution, le pèlerinage à Notre-Dame du Chêne prend de plus en plus d’ampleur ; au milieu du XIXe siècle, il attire environ 60 000 pèlerins par an.

Don Guéranger, abbé de la célèbre abbaye voisine de Solesmes, y préside en 1857 une réunion de Conférences de Saint-Vincent de Paul. La Vierge Marie y est honorée, aimée et, par elle, l'adoration et un culte sont rendus à Dieu.

En 1869, Mgr Charles Fillion, évêque du Mans, envisage de construire une nouvelle église à la place de la petite chapelle. Elle est terminée en 1872 et devient basilique en 1894.   

Lumière des vocations.

L'une des peintures murales de la basilique raconte l'histoire d'Élisabeth de Quatrebarbes. Jeune fille, elle se sent appelée à entrer au carmel. Mais face au refus de sa famille, elle vient supplier Dieu à Notre-Dame du Chêne en 1617 pour comprendre ce qu'elle doit faire.

Se sentant confirmée dans son désir, elle devient religieuse sous le nom de Mère Élisabeth de la Trinité, et même prieure en 1626, au carmel de Beaune (Côte d’Or).

Les litanies invoquent ainsi : « Notre-Dame du Chêne, Lumière des vocations. » Beaucoup de petits clercs, accueillis par les missionnaires diocésains au petit séminaire de Notre-Dame du Chêne, sont en effet devenus prêtres sur cette terre riche pour l'éclosion des vocations. 

La basilique.

Au détour de la route, le visiteur est aujourd’hui surpris par l'irruption devant ses yeux de la flèche de la basilique haute de 50 mètres.

Non, pas une petite chapelle... mais un bel édifice de 44 mètres de long surmonté d'une grande couronne. Remontant la nef, large de 6,50 mètres, il trouvera dans le haut de l'abside la statuette miraculeuse.

Autour d'elle, la belle histoire de Notre-Dame du Chêne est inscrite sur les murs du chœur sous la forme de peintures murales. Au-dessus, des vitraux réalisés par les ateliers du carmel du Mans retracent l'histoire du Salut à travers le mystère de Marie. 

Les offices à la basilique. Les six Frères de Saint-Jean, installés en 2010 à Notre-Dame du Chêne par Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, y assurent la Liturgie des Heures et les deux messes quotidiennes.

Les grandes fêtes de la Vierge Marie y sont célébrées avec une ferveur particulière. Le sanctuaire s'est offert de célébrer chaque samedi, et à perpétuité, la messe pour la France promise par vœu par la ville du Mans en 1870, en gage de toute sa confiance en Marie. 

Le Saint-Sépulcre de Notre-Dame du Chêne.

En 1896, pour célébrer le 800e anniversaire de la première croisade prêchée dans cette région par le pape français Urbain II, des pèlerins de la région décident de partir en pèlerinage à Jérusalem.

Dans un chêne, ils taillent une grande croix qui fera le trajet par mer jusqu’à la Ville Sainte et qu’ils porteront sur la Via Dolorosa (« Chemin de la souffrance » : rue de la vieille ville de Jérusalem emprunté par Jésus avant sa crucifixion) le long des ruelles qui montent au Golgotha (ou « Mont Calvaire », lieu de la crucifixion de Jésus).

Sur place, ils sont impressionnés par les lieux saints qu’ils traversent, tout particulièrement par le Saint-Sépulcre et la basilique de la Résurrection dans laquelle il est enchâssé.

C’est ainsi que naît l’idée de reproduire ce monument à Notre-Dame du Chêne. La première pierre est posée alors que la croix se trouve encore à Jérusalem.

À son retour des lieux saints, la croix est implantée près de l'édicule, et un calvaire, constitué de statues « grandeur nature », l’entoure bientôt.

Un parc paysagé de buis, représentant le plan de la basilique de la Résurrection, est planté tout autour. En vue de célébrer pour la première fois l'office de la Mise au Tombeau du Christ, pendant la Semaine Sainte 2017, une « pierre d'onction », copie de celle de Jérusalem, est venue compléter cette représentation des lieux saints.

Le site de Notre-Dame du Chêne appelle ainsi à suivre la Vierge Marie dans son mystère de compassion. Comment a-t-elle vécu au pied de la croix, comment a-t-elle vécu le Samedi Saint ? En quoi ce mystère est-il important pour l'Église et le monde en 2017 ? 

Le Centre Spirituel.

Vers 1850, Mgr Bouvier, évêque du Mans, conçoit le projet d’installer des missionnaires diocésains à Notre-Dame du Chêne. Son successeur construit en 1860 une grande maison qui deviendra de nos jours le Centre Spirituel.

Cette maison, tenue par quatre missionnaires et un chapelain, permet d'héberger et de restaurer les pèlerins et retraitants de passage. Avec la Bellangerie, une maison plus petite et située sur la place de la basilique, la capacité d'accueil du Centre Spirituel est de 90 personnes.

La Bellangerie est tout particulièrement adaptée à l'accueil des familles. La « Grande Maison », complétée par les salles Saint-Jean, Sainte-Hildegarde et Saint-Joseph, toutes renouvelées, est le lieu des sessions, retraites et autres enseignements principalement prêchés par les six Frères de Saint-Jean.

Il y a les retraites spirituelles et bientôt un programme pour une écologie intégrale. 

Le jardin.

Le sanctuaire baigne paisible au cœur de dix hectares de nature verdoyante et offre aux visiteurs, soucieux de se ressourcer, un silence profond qui n'est pas étranger aux mystères de Marie et de Jésus.

Tout dispose en effet à une profonde intériorité et permet aux visiteurs de se recentrer en Dieu et, par Lui, en soi. Le jardin redevient dès 2017 un lieu important du sanctuaire ; pour son silence mais aussi par sa beauté où les Frères, les amis du Sanctuaire mais aussi les pèlerins sont invités à découvrir toute la richesse de l'encyclique Loué sois-Tu.

Sur la sauvegarde de la Maison Commune du pape François. 

Un lieu prophétique ?

Si l'histoire du lieu commence en 1494 sans message explicite, la main maternelle de Marie ne l'a jamais quitté. Encore aujourd'hui, elle est là, dans sa compassion.

Elle accueille et porte la nature blessée de l'homme et de la terre.

Elle nous invite avec saint Jean, saint François et le pape François à écouter le cri du pauvre ; de ce Dieu qui s'est fait pauvre en Jésus, de ce Frère et de cette Sœur en humanité qui portent ce cri.

Elle invite chacun à écouter le cri de son propre cœur ; elle invite à entendre le cri de la terre et de la nature. Encore aujourd'hui, la Vierge Marie bénit ses enfants à travers la brise légère qui soutenait autrefois le vol des colombes et le feu de l'Esprit.

Notre-Dame du Chêne est devenu le lieu de pèlerinage le plus important du  diocèse du Mans, avec environ 70 000 visiteurs par an.

Frère Alain-Dominique Recteur du sanctuaire Notre-Dame du Chêne

Un titre pas unique dans le pays. 

Arbre fréquent sous les climats français, symbole de solidité et de stabilité, mais aussi rappel de l’alliance de Dieu avec Abraham (la visite des trois inconnus au chêne de Mambré dans la Genèse), le chêne est plusieurs fois associé en France à la dévotion mariale.

Le Père Drochon, auteur d’une Histoire illustrée des pèlerinages français de la Très Sainte Vierge (Plon, 1890), compte pas moins de 16 lieux de culte dédiés à Notre-Dame du Chêne, dispersés dans des régions différentes.

Outre celle de Vion, une des plus connues est la chapelle du Chêne de Saint-Martin-de-Connée (Mayenne), à 50 km au nord de Vion, datant également de la Renaissance.  

Litanies de Notre-Dame du Chêne
de la Malcôte, près d'Ornans (Doubs)

 

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus, écoutez-nous.
Jésus, exaucez-nous.
Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Notre-Dame du Chêne, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, qui Vous êtes révélée à nous par des apparitions miraculeuses, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, Vierge très humble, si longtemps cachée dans le chêne de Grand-Champ, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, dont la douce image s'est montrée dans les branches d'un arbre séculaire, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, dont la bonté se signale toujours par les plus précieuses faveurs, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, qui avez fixé votre demeure dans la vallée pour y répandre Vos Dons Maternels, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, gloire éclatante de la contrée, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, protectrice Toute-Puissante, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, asile ouvert à tous les malheureux, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, Mère de la Sainte Espérance, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, doux repos de l'âme affligée, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, espoir des âmes abattues, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, asile assuré durant la tempête, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, amie des humbles de cœur, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, arme de victoire, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, échelle mystérieuse, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, aimant des cœurs, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, Mère de Miséricorde, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, Fontaine de Grâces, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, Refuge des pécheurs, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, Salut des infirmes, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, paix et lien des familles, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, joie et douceur de notre exil, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, délice des cœurs purs, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, Voie qui conduit à Jésus, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, Mère toute dévouée à ceux qui Vous implorent, priez pour nous.

Notre-Dame du Chêne, qu'on n'invoque jamais en vain, priez pour nous.

 

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

V. Priez pour nous, Ô Notre-Dame du Chêne,

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Ô douce Vierge du Chêne, qui avez choisi la forêt de Grand-Champ pour théâtre de Vos merveilles, faites qu'en ces lieux bénis nous trouvions Grâces et Salut. Découvrez à nos âmes le prix de l'humilité, afin que, à Votre exemple, nous aimions à vivre cachés en Dieu ; et, puisque les pauvres et les humbles attirent plus particulièrement Vos regards, mettez en nous les dispositions qui Vous plaisent, afin que nous ayons part à Vos faveurs. Nous Vous bénissons, Ô Divine Mère, et nous Vous offrons le tribut de nos louanges et de notre amour, à Vous, si Bonne, si Puissante et si digne d'être la Souveraine et Bien-Aimée Reine de la terre et des Cieux. Ainsi soit-il.

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