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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 23:56
La responsabilité des chrétiens devant le projet de loi bioéthique

A la lecture du texte de Martin Steffens, « L’impossible opposition des chrétiens à la révision de la loi de bioéthique »(La Croix du 5 novembre), quelque chose me heurtait.

À son défaitisme s’ajoutait la contradiction entre le fait d’interroger des pratiques procréatives et l’accueil inconditionnel de tous les enfants qui en sont issus.

En effet, la question n’est pas de savoir si, le combat étant perdu, nous serons capables demain d’accueillir au nom de l’Évangile ces enfants…

La question reste de savoir si nous sommes assez lucides aujourd’hui pour éclairer hic et nunc une société qui s’empoisonne.

Ce n’est pas pour « nous » que nous devons nous battre, c’est pour ceux qui ne connaissent pas la promesse liée à l’existence qu’ils ont reçue et qui demain auront encore moins de chance de la connaître !

Il en va de la responsabilité d’offrir une parole donnant un sens suffisamment puissant sur la vie pour contenir les folles transgressions que rendent possibles les techniques sur le vivant.

Six ans après la contestation massive du mariage de personnes de même sexe, une capitulation anticipée face à la volonté politique de réécrire le droit de la filiation semble pour certains une sage option.

D’ailleurs, la foi chrétienne n’assure-t-elle pas la beauté d’une Origine qui dépasse les modalités de notre commencement ?

« Après tout… À quoi bon… Et de toute façon, Dieu nous assume et nous aime. Nos errances ne sont-elles pas le lieu de la rencontre de sa miséricorde ? »

Pour consolante que soit cette vision des choses, elle ratifie la totale soumission de la société aux revendications catégorielles.

Or, la mission des baptisés ne consiste-t-elle pas justement à oser un optimisme de la raison face à la foi technologique ?

L’Esprit Saint trouve dans l’esprit de chaque personne son lieu d’action de prédilection.

Il n’y a de lois de bioéthique qu’issues des travaux du Parlement. Si le pilonnage médiatique finit par façonner des options dans toutes les consciences, les députés et les sénateurs doivent retrouver toute l’estime de l’opinion publique, afin de prendre la mesure de leur responsabilité.

C’est parce que nous négligeons la valeur de leur liberté de conscience que nous refusons de voir les pressions qu’ils endurent. Les chantres d’un avenir technicisé font oublier que tout passe encore par le travail du législateur.

C’est vers lui qu’il faut se tourner, c’est en lui que l’action de l’Esprit dans les âmes peut dévoiler avec douceur la splendeur de la vérité.

La fierté ne se trouve pas dans la victoire contre un autre, mais dans la vaillance avec laquelle nous aurons plaidé lorsqu’il nous sera demandé ce que nous avons fait des talents qui nous furent confiés pour les autres.

Comme chacun de nous, tous les enfants qui naîtront demain in vitro ou in utero quitteront cette terre après quelques décennies.

En ce monde, nul ne reste. C’est donc que l’enjeu de l’existence est ailleurs. Il est en chaque homme, en chaque femme !

Or, la clé d’interprétation de la vie se trouve aussi dans la manière dont nous fûmes conçus.

Pour les chrétiens, l’enfant Jésus a puisé dans le cœur de sa mère la force d’âme de livrer sa vie jusqu’au bout par amour.

Elle sut lui apprendre qu’il était « don de Dieu » pour être « don de Dieu aux hommes », et donc que tout enfant est et devient don de Dieu, pour la gloire de Dieu et non pour celle de l’homme !

La foi de l’Eglise dévoile l’aptitude de chacun à répondre avec confiance à l’action de l’Esprit Saint, qui seul réalise notre perfection.

La vie humaine n’est pas finalisée par l’attention des parents ou par la bienveillance de la société mais par l’union de l’Esprit Saint à l’esprit de l’homme, d’où jaillit la conscience de la fraternité humaine.

Le meilleur des débats qui s’annoncent ne sera pas dans la définition du permis et du défendu pour « faire naître de l’homme », mais dans la manière de « devenir homme » et selon quel modèle.

Cela suppose une capacité de dialogue, une recherche commune par la raison de la vérité. Le dialogue mène à la sagesse et la promeut.

Devant l’incohérence de ses contemporains, le Christ rappelle que « par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste » (Lc 7, 35).

Père Laurent Stalla-BourdillonDirecteur du Service diocésain pour les professionnels de l’information

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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 23:55
La lettre de Béthanie N°157
Chers amis,
 
Dans le temps de l’avent, il y a trois personnages centraux, trois piliers de ce temps. Ce sont Marie, la vierge qui va devenir la mère, la Mère de Dieu, Isaïe le prophète par excellence de l’avent, et puis Jean le Baptiste. 

C’est sur lui que je voudrais m’arrêter car il est omniprésent dans la bonne Nouvelle et pourtant d’une discrétion fabuleuse. 

On l’appelle le précurseur, le témoin, le dernier des prophètes, le porteur de la puissance et de l’esprit d’Elie, l’ami de l’époux. C’est celui que Jésus reconnait comme le plus grand de tous les hommes qui sont nés sur cette terre !
 
Parmi les saints, il est le seul dont la naissance terrestre est fêtée par l’Eglise. Pour tous les saints on fête leur naissance au ciel, c’est-à-dire l’accomplissement de leur vie. Pour Jean-Baptiste, on célèbre aussi sa naissance terrestre. Il est le seul dans ce cas avec Marie, la Mère de Dieu.
 
Comme la Mère de Dieu, il se révèle dès sa conception comme un fruit magnifique de la sainteté du peuple d’Israël. C’est pourquoi il tressaille de joie dans le ventre de sa mère, Elisabeth, quand Marie, enceinte de Jésus, rend visite à sa cousine. 

Déjà Jean discerne, déjà il est la lampe qui précède la Lumière qui va illuminer le monde, déjà il annonce la bonne nouvelle du salut. Il n’est pas la Lumière mais le témoin de la Lumière, comme le dit saint Jean.
 
Jean comme Jésus, selon la Loi juive, est circoncis le huitième jour et il reçoit le nom que Dieu lui a donné et qui révèle sa vocation : Yohanan, « Dieu fait grâce ». Il est cette voix qui annonce Jésus, Yeshouah, ce qui veut dire : « Dieu sauve » … On peut donc dire que « Dieu fait grâce » annonce que « Dieu sauve » ! 

Jean annonce cette joie et cette espérance au monde : Dieu nous fait grâce, Dieu nous sauve. Par sa naissance même, il témoigne de cela, il témoigne de la miséricorde et de la puissance divine qui a rendu féconde Elisabeth, cette vieille femme stérile. Il témoigne aussi de la miséricorde et de la puissance divine qui a libéré la parole de Zacharie, rendu muet par le péché du doute.
 
Nous sommes tous des Elisabeth et des Zacharie, nous sommes tous vieux et stériles quand nous oublions Dieu et que, souvent, nous sommes dans le doute intérieur. Aussi chacun de nous est appelé à mettre au monde cet archétype qu’est saint Jean le Baptiste.
 
L’histoire de saint Jean est notre histoire, il est une référence pour notre vie spirituelle. Jean a d’abord vécu dans la solitude, le jeûne et la prière, à son exemple accordons nous des temps de désert pour nous retirer dans la chambre haute de l’intimité de notre cœur, pour méditer, pour prier. Mais écoutons aussi son appel à la repentance en posant un regard clair sur notre vie à la lumière de l’Esprit Saint. Puis en confessant nos péchés, implorons le pardon divin.
 
Faisons aussi nôtre sa voix quand elle nous dit : « Il faut qu’Il grandisse et que moi je diminue ». Il parle du Christ, bien sûr, car le Christ ne peut naître et grandir en nous’ si nous ne faisons pas diminuer la puissance de notre moi, de notre ego, si nous ne laissons pas de la place dans nos cœurs, dans notre vie. 

Jean le Baptiste en nous désignant le Christ dit : « voici l’agneau de Dieu », et ainsi il nous invite à orienter notre vie vers Jésus, vers cet agneau de Dieu qui nous délivre du poids, du fardeau de nos péchés et nous fait entrer dans la vie éternelle, c’est-à-dire dans la vie même de Dieu.
 
Il termine sa courte vie, décapité, pour avoir dit la vérité à Hérode, et par là je crois qu’il nous invite à avoir une attitude radicale face à la vérité, face à la vérité ultime, pas celle de nos petites vérités relatives, mais celle qui nous dit : Je suis le chemin, la vérité la vie. 

Il nous invite à être authentique face à Dieu, face aux autres et face à nous-mêmes, et cela quel qu’en soit le prix, et donc il nous invite à traverser nos doutes, nos peurs et à aller jusqu’au bout.
 
Jean-Baptiste est un vrai guide dans la foi, prenons-le comme modèle, comme clef de lecture, de discernement de notre vie, mais aussi prions-le en ce temps de descente vers la grotte de Bethléem.
 
Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !
 
Père Pascal
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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 23:55
Croyons-nous que Jésus est véritablement Dieu ?

Cher frère,  Chère sœur,

Je pose à chacun de nous cette question : es-tu chrétien ?

J’en pose une autre et je me la pose : est-ce que tu as la certitude que Jésus a existé ? Et si oui est-ce que tu crois vraiment que cet homme Jésus était Dieu ?

Enfin une dernière : est-ce que tu es certain que croire en Jésus suffit à t’assurer la vie éternelle après ta mort ?

Libre à chacun d’avoir une opinion sur le sujet, mais ne peut se dire chrétien que celui qui, baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, confesse qu’il croit en un Dieu unique en trois personnes, que Jésus est Dieu fait homme, qu’Il est mort et ressuscité par amour pour nous et qu’Il est le seul à pouvoir nous donner la vie éternelle.

Ce n’est pas moi qui le dit c’est la traduction par nos Pères du message révélé par Jésus dans ses enseignements et sa vie.

Pourquoi donc cette interpellation brutale sur notre foi ?

C’est parce que j’ai été récemment confronté à un discours très bien argumenté pour démontrer à qui veut bien l’entendre que Jésus est un sage parmi d’autres qui incarne un  principe universel d’amour et de guérison, qu’il n’a jamais été dit qu’il était Dieu et que le christianisme est une religion sectaire voire fanatique qui dénie aux non chrétiens d’être sauvés.

La Parole de Dieu est une information qui donne la vie, la parole des faux prophètes est une « fake news » (une « infox » en français), qui donne la mort !

Saint Paul recommande dans l’épitre de ce jour d’ « instruire avec douceur les contradicteurs (car)  qui sait si Dieu ne leur donnera pas de se convertir pour connaître le salut »

J’avoue ne pas avoir suivi ce conseil et avoir réagi de façon vive et abrupte non pas pour convertir qui que ce soit mais pour alerter les chrétiens de l’assistance qui auraient pu être séduits par ce discours plein d’intelligence et de grands sentiments humanistes et altruistes que ce n’était pas le message du Christ.

Avoir cette certitude ne découle pas d’un raisonnement. C’est le cœur qui entend la Parole qui traverse les Evangiles et qui y adhère sans mesure sans vraiment savoir pourquoi.

Cette Parole en Jean est si évidente, si claire, si extraordinaire qu’elle sidère l’intelligence qui ne peut y croire.

Vous avez entendu ce que Jésus dit : « Moi et le Père nous sommes un »[1], « Je suis celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde »[2], « J’ai dit : Je suis Fils de Dieu »[3], « Sachez et reconnaissez que le Père est en moi et que je suis dans le Père »[4]. Il dit en résumé : Je suis Dieu !

C’est inouï qu’un homme puisse dire cela avec autorité ! C’est insupportable pour une oreille juive : un homme qui se fait Dieu, pire, un Dieu qui se ferait homme !

Est-ce plus recevable aujourd’hui ? Qui peut l’entendre ? Ce n’est plus un blasphème dans un monde qui ne croit plus mais c’est du grand délire à soigner d’urgence !

Pourtant lisez l’Evangile de Jean et vous trouverez l’affirmation mainte fois répétée que le Père et Jésus sont un.

Jésus est donc, pour le croyant, Dieu et homme. Il est une des trois personnes de la Trinité, le Fils, et il une double nature, divine et humaine.

C’est cette vérité qui sera proclamée au Concile de Chalcédoine dans une magnifique formule : « nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l'humanité »

C’est notre foi et cette foi en Jésus, Fils de Dieu, est la garantie de notre salut si nous nous remettons à lui.

Pourquoi ? Parce qu’Il nous le dit : « Qui croit en moi a la vie éternelle »[5], « si vous croyez en moi vous êtes de mes brebis »[6] et « moi je vous donne la vie éternelle »[7].

Le salut qui est offert à tous les hommes est néanmoins assuré au disciple et c’est parfaitement logique si l’on écoute l’enseignement de Jésus : « Qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux et toi en moi. »[8] et « vous reconnaîtrez que vous (êtes) en moi et moi en vous. »[9]

Donc si Dieu est en nous et si nous sommes en Dieu nous participons de facto à la vie divine, à la vie éternelle qui est communion à Dieu.

C’est cela le mystère de la grâce qui nous divinise.

Mais pour être en Dieu et Dieu en nous il faut avoir la foi dans le Christ c’est-à-dire l’aimer, répondre par notre amour à son amour infini pour nous.

Je n’invente rien c’est encore le Christ qui le dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, et mon Père l’aimera et nous ferons en lui notre demeure »[10], « que l’amour dont tu m’as aimé demeure en eux et moi en eux »[11] et « si quelqu’un garde ma Parole, il ne mourra pas pour l’éternité »[12].

Aimer n’est pas affaire de volonté, il faut un déclic, un coup de foudre. Pour aimer le Christ il faut le rencontrer et en tomber amoureux.

Là je butte sur le mystère de la foi.

Pourquoi est-ce qu’un jour Jésus est entré dans ma vie et y a pris de plus en plus de place ? Je ne sais que dire, je ne peux que le constater.

 « C’est, dit Paul, un don de Dieu »[13]

Un jour il y a eu une ouverture du cœur à une présence vivante et transcendante, une parole qui a pris racine en moi. La suite c’est d’avoir pris au sérieux cet appel et avoir cherché à y répondre.

Vladimir Soloviev le dit mieux que moi :

« C’est la grâce qui nous convertit à Dieu, nous ne faisons qu’agréer de notre propre volonté à cette conversion, et c’est là l’essence de la prière. »

Quand nous entendons l’appel de Dieu dans nos cœurs – et c’est une grâce – nous avons la liberté d’y répondre à chaque instant de notre vie par la prière et la contemplation.

On peut donc comprendre le commandement de Jésus qui nous dit : « demeurez en moi, comme moi en vous »[14]… en priant sans cesse.

Nous, orthodoxes, nous connaissons la Prière de Jésus : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ».

Par sa répétition incessante, porté par notre amour pour Jésus et par le repentir de nos fautes,  nous confessons notre foi dans Notre Seigneur, nous gravons son nom au fond de notre cœur et nous devons croire qu’il nous donne en retour de participer à sa vie divine.

On peut aussi obéir au commandement de Jésus qui nous dit : « demeurez en moi, comme moi en vous »… en communiant le plus souvent possible car il a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui ... et moi, je le ressusciterai au dernier jour »

Marc-Elie 

[1] Jean 10, 30

[2] Jean 10, 36

[3] Jean 10, 36

[4] Jean 10, 38

[5] Jean 6, 47

[6] Jean 10, 26 : « Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. »

[7] Jean 10, 28

[8] Jean 17, 23

[9] Jean 14, 20

[10] Jean 14, 23

[11] Jean 17, 26

[12] Jean 8, 51

[13] Éphésiens 2.8

[14] Jean 15, 4

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