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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 23:58
La Lettre de Béthanie N°139

Chers Amis,

Les attentats se suivent impitoyablement à travers le monde. On ne peut pas s’y habituer ! Cela ne peut pas devenir banal et on ne peut pas se cacher les yeux, même si les derniers attentats étaient plus « loin » de nous, en Turquie, en Irak et en Egypte notamment.

Je me suis interrogé : quel sens ont ces événements pour un chrétien, quand il vise des chrétiens parce qu’ils sont chrétiens et qu’il en est victime, lui-même ou à travers ses proches, ses parents, ses enfants ?

Il est impossible d’avoir à ce sujet une parole juste et crédible en étant bien au chaud dans son bureau, devant l’ordinateur comme je le suis aujourd’hui !

Mais la réponse m’est venu d’un prêtre orthodoxe copte, le père Daoud Lamei.

Ses paroles m’ont profondément touchées, mais aussi interrogées à propos de ma foi ! Aussi j’ai souhaité pour cette lettre mensuelle me taire et lui laisser la parole. Il s’exprime après l’attentat qui a lieu au Caire le dimanche 11 décembre dans une église bondée et qui a fait au moins 25 morts et 49 blessés :

« Ce qui s’est produit ce matin m’a fortement fait penser à ce que l’on chante lors de la Tasbeha (louange) : « Festoyez avec lui dans son Royaume ».

Cette phrase m’a profondément interpelée, puisque l’Eglise s’apprête à bientôt fêter la Nativité.

Aussi, il est évident que lorsque nous avons ouïe ce terrible drame, nous nous sommes tous dit à quels point ces martyrs étaient chanceux… Nos enfants et nos mamans qui sont partis au ciel ce matin étaient au sein-même de l’église, et s’apprêtaient à faire la queue pour communier le Corps et le Sang du Christ lorsque ce drame a eu lieu. Cela a une grande signification...

Le plus bel aboutissement d’une vie pour tout chrétien, c’est la présentation de son corps comme offrande pour Dieu. Le martyre, c’est l’essence de tout chrétien qui aime Dieu.

Et, si un chrétien a vécu toute une vie, quoi de plus beau que de donner la fin de sa vie à Dieu ?

Nous savons que nous partirons tous, mais lorsqu’une personne part en martyr pour le Christ, c’est une chose encore plus magnifique !

Alors de tout mon cœur, je dis à ces victimes : Bienheureux ! Nous aimerions tous être comme vous.

A travers l’actualité, je remarque que le monde pense que ce type d’événements est inquiétant pour l’Eglise. Mais en réalité, c’est tout l’inverse qui se produit.

Ce type d’événement est non seulement réjouissant pour l’Eglise, mais en plus fortifiant. 

Pourquoi ? L’Eglise est une maman, dont le but est d’amener ses enfants (nous) au ciel. Et lorsque celle-ci apporte plusieurs enfants au ciel en les présentant comme martyrs, l’Eglise ne peut qu’être heureuse et fière.

Par conséquent, nous ne devons jamais être tristes pour un martyr, mais triste pour une personne qui s’est éloigné de Dieu.

Nous voulons également dire à ceux qui ont commis ces actes que nous n’avons ni peur, nous ne sommes ni en colère, ni inquiets, ni même triste.

Même ce qui peut s’apparenter à de la tristesse a une toute autre signification, puisque nous écrasons la tristesse par l’espoir.

… les historiens ont dit une parole très sage sur notre Eglise : « Le sang des martyrs sont les semailles de l’Eglise ».

Saviez-vous qu’à la seconde-même où un chrétien devient martyr, des milliers de personnes se repentent et d’autres milliers croient en notre Seigneur ?

En effet, le plus grand témoignage pour notre Eglise, ce sont nos enfants qui meurent pour elle.

Plus grand que quelconque sermon, et plus grand que quelconque argument !

Chers frères et sœurs, le premier message que je peux vous donner est le suivant : Que votre cœur ne se trouble point ! Et ne soyez pas triste, cet acte est une puissance pour l’Eglise ! Ce qui s’est produit dimanche ne déstabilise pas l’Eglise, non, il la fortifie !

Le second message que j’aimerais partager avec vous est le suivant : La sainte Liturgie, c’est le Ciel qui est sur terre.

Lorsque ces martyrs quittent la messe pour rejoindre directement et réellement le ciel, ceci est la plus belle chose qui peut arriver pour un homme.

Vous l’entendez bien, le prêtre prononce en fin de messe : « Je crois et je confesse jusqu’au dernier soupir… ».

Cette phrase a une place toute particulière dans l’histoire de l’ère des martyrs, puisque, anciennement, on amenait le chrétien pour qu’il nie et se détourne de Dieu, jusqu’à son dernier soupir. 

En outre, lorsque nous célébrons la Sainte Liturgie, cette phrase prononcée par le prêtre est très forte et remplie de symbole : nous sommes tous prêts à mourir en martyr pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ.

Tant que nous prions et élevons notre cœur vers Dieu, nous sommes de fait prêts à mourir pour lui. Tant que nos yeux sont rivés vers le ciel, nous n’avons pas de plus grande chose sur terre, que le Seigneur.

Il est normal et compréhensible que nous soyons affectés par ce qui vient de se produire.

Cependant, vous devez comprendre que par cette tristesse, vous participez à la souffrance du Christ.

A toutes les personnes qui ont perdu un enfant, une sœur, une épouse ou une mère, je vous le dis : vous êtes bienheureuses également, car vous avez participé avec le Christ dans sa Passion.

Vous avez également participé à la souffrance de la Vierge Marie lorsqu’elle était tristement impuissante devant la crucifixion de son Fils.

Nous savons pertinemment et croyons véritablement que tout comme le Christ est mort puis ressuscité, nos martyrs sont morts pour rejoindre le Christ. Ils ont accompli la manifestation du Christ. 

Enfin, mes bien-aimés, je vous demande de prier pour toutes les personnes qui ont commis cet acte.

Parfois, nos sentiments s’orientent vers un mauvais chemin, la colère, l’injustice ou la haine.

Ne laissons pas s’il vous plaît notre cœur prendre ce chemin.

Laissons au contraire notre cœur prendre le chemin que nous a enseigné le Christ : « Priez pour ceux qui vous font du mal » (Mt 5, 44).

Prions Dieu qu’Il illumine les yeux de ceux qu’ont commis cet acte…

Que Dieu accepte les âmes de ceux qui nous ont quittés et les récompense des couronnes des martyrs.

Que Dieu donne également de la patience aux familles, et nous donne à tous une foi ferme. »

Il n’y a rien à ajouter à ces bousculantes paroles du père Daoud mais méditons-les et gardons-les précieusement dans notre cœur. 

Je vous dis toute mon amitié en Christ, 
et vous souhaite de sainte fête de Noël, 
à bientôt !
  
        Père Pascal, prêtre de la communauté de Béthanie

Télécharger la lettre
Cliquez ICI

Voir une vidéo qui témoigne de la foi extraordinaire des chrétiens orientaux

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 23:28
Le seul trésor qui vaille

Le dernier dimanche de juillet 2014, lors de l'Angélus, le Pape a évoqué les deux paraboles consacrées au Royaume des cieux, celle du marchand de perles qui trouve une perle d'une valeur infinie et qui vend tout ce qu'il a pour l'acquérir, et celle du paysan qui trouve un trésor caché et vend ses terres pour acheter le champ où il se trouve. Ni le marchand, ni le paysan ne doutent de ce qu'ils ont, parce qu'ils se rendent compte de la valeur incomparable de leur découverte.

«Il en est de même pour le Royaume de Dieu. Qui le trouve n'a pas de doute, il sent que c'est ce qu'il cherchait, qu'il attendait et qui répond à ses aspirations les plus authentiques. C'est vraiment ainsi: qui connaît Jésus, qui le rencontre personnellement, reste fasciné, attiré par tant de bonté, tant de vérité, tant de beauté, le tout dans une grande humilité et simplicité. Chercher Jésus, rencontrer Jésus, voilà quel est le grand trésor!

Combien de personnes, combien de saints et de saintes, en lisant avec un cœur ouvert l'Evangile, ont été tellement touchés par Jésus qu'ils se sont convertis à lui.

Pensons à saint François d'Assise qui était déjà chrétien mais un chrétien à l'eau de rose.

Quand il lut l'Evangile, à un moment décisif de sa vie, il rencontra Jésus et découvrit le Royaume de Dieu et alors tous ses rêves de gloire terrestre s'évanouirent.

L'Evangile te fait connaître le vrai Jésus, il te fait connaître Jésus vivant. Il parle à ton cœur et te change la vie. Alors oui, tu laisses tout.

Tu peux effectivement changer de type de vie ou continuer à faire ce que tu faisais avant, mais tu es un autre, tu as connu une nouvelle naissance, car tu as trouvé ce qui donne un sens, ce qui donne de la saveur, ce qui illumine tout même les peines, même les souffrances et même la mort.»

Le Pape a ensuite rappelé la nécessité de lire l'Evangile, un passage chaque jour, de l'avoir sous la main, parce que «tout prend son sens quand là, dans l'Evangile, tu trouves ce trésor que Jésus appelle le Royaume de Dieu, c'est à dire Dieu qui règne dans ta vie, dans notre vie, Dieu qui est amour, paix et joie en tout homme et chez tous les hommes...

Lire l'Evangile c'est trouver Jésus et avoir cette joie chrétienne qui est un don de l'Esprit Saint...

La joie d'avoir trouvé le trésor du Royaume de Dieu transparaît, se voit.

Le chrétien ne peut tenir sa foi cachée, parce qu'elle transparaît dans chaque parole, dans chaque geste, même dans les plus simples et quotidiens.

C'est l'amour que Dieu nous a donné par Jésus qui transparaît.

Prions, par l'intercession de la Vierge Marie, pour que vienne en nous et dans le monde entier son Royaume d'amour, de justice et de paix.»

Cité du Vatican, 27 juillet 2014 (VIS)

© Libreria Editrice Vaticana

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 23:56
Pour être sauvé il faut choisir d'être en marge

Pour expliquer ce que signifie être «en marge» pour être sauvés, le Pape s'est référé à la liturgie du jour, qui présente deux passages particulièrement éloquents, tirés du deuxième Livre des Rois (5,1-15 a) et de l'Evangile de Luc (4,24-30). «Les lépreux et les veuves à cette époque étaient exclus.»

En particulier, «les veuves vivaient de la charité publique, elles n'appartenaient pas à la société normale», alors que les lépreux devaient vivre à l'extérieur, loin du peuple.

Mais Jésus dit: «Ecoute, si tu ne te sens pas exclu, tu n'auras pas le salut! Cela c'est l'humilité, la voie de l'humilité: se sentir exclu» au point d'avoir «besoin du salut du Seigneur. Et seul lui nous sauve; mais pas notre observance des préceptes».

Pour être guéri de la lèpre, Naamàm «va chez le roi, avec de nombreux dons, avec de nombreuses richesses: il se sent sûr, il est le chef de l'armée!»

Mais le prophète Elisée l'invite à se mettre en marge et à se baigner «sept fois» dans le fleuve Jourdain. Une invitation qui a dû lui sembler «un peu ridicule». Au point que Naamàn «se sentit humilié, s'indigna et s'en alla», précisément comme «ceux de la synagogue de Nazareth».

L'Ecriture utilise le même verbe pour les deux situations: s'indigner.

On demande donc à Naamàn «un geste l'humilité, d'obéir comme an enfant: faire ce qui est ridicule!».

Mais il réagit avec dédain: «Nous avons tant de beaux fleuves à Damas, comme l'Abanà et le Parpar, et je dois me baigner sept fois dans ce petit fleuve? Il y a quelque chose qui ne va pas!».

Ses collaborateurs, avec bon sens, «l'ont aidé à se mettre en marge, à faire un acte d'humilité».

Et du fleuve, Naamàn sort guéri de la lèpre.

C'est précisément cela qui est «le message d'aujourd'hui :« si nous voulons être sauvés, nous devons choisir la route de l'humilité, de l'humiliation ».

Regardons le témoignage de Marie, qui «dans son cantique ne dit pas qu'elle est contente, parce que Dieu a regardé sa virginité, sa bonté, sa douceur, les nombreuses vertus qu'elle possédait», mais qui exulte «parce que le Seigneur a regardé l'humilité de sa servante, sa petitesse».

C'est précisément «l'humilité que regarde le Seigneur».

Ainsi nous aussi, « nous devons apprendre cette sagesse de nous mettre en marge pour que le Seigneur nous trouve ».

En effet, Dieu «ne nous trouvera pas au centre de nos certitudes. Non, le Seigneur ne va pas là! Il nous trouvera dans l'exclusion, dans nos péchés, dans nos erreurs, dans nos nécessités d'être guéris spirituellement, d'être sauvés. C'est là que nous trouvera le Seigneur».

Lundi 24 mars 2014, à cours de la messe à chapelle de la maison Sainte-Marthe

Libreria Editrice Vaticana

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