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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 23:50
Le feu de l'amour

Dieu est un feu d'amour, et Il l'est pour les bons comme pour les méchants. Il y a toutefois une grande différence dans la façon dont les êtres reçoivent ce feu aimant.

Saint Basile dit que «l'épée de feu fut placée à la porte du paradis pour garder l'approche de l'arbre de vie ; elle était terrible et brûlante pour les infidèles, mais douce et accessible pour les fidèles, leur apportant la lumière du jour».

Le même feu d'amour apporte la clarté à ceux qui répondent à l'amour par l'amour et brûle ceux qui répondent par la haine.

Le Paradis et l'enfer sont le même et unique Fleuve de Dieu, un feu d'amour qui embrasse et enveloppe tout de la même volonté bienveillante, sans différence ni discrimination. La même eau vivifiante est vie éternelle pour les fidèles et mort éternelle pour les infidèles ; elle est l'élément vital des premiers et l'instrument de suffocation éternelle des seconds ; le paradis des uns et l'enfer des autres.

Ne vous étonnez pas. Le fils qui aime son père est heureux dans ses bras, alors que l'accolade aimante du père sera un tourment pour son fils qui ne l'aime pas. C'est aussi pourquoi ceux qui nous détestent ressentent comme des charbons ardents sur leurs têtes l'amour que nous leur portons.

Saint Isaac le Syrien dit que «ceux qui souffrent en enfer souffrent d'être fouettés par l'amour... Il est tout à fait erroné de penser que les pécheurs en enfer sont privés de l'amour de Dieu. L'amour est un enfant de la connaissance de la vérité, et est indubitablement donné à tous de la même façon. Mais la puissance de l'amour agit de deux façons : il tourmente les pécheurs alors qu'il fait les délices de ceux qui ont vécu en accord avec lui» (Homélie 84).

Dieu est amour. Si nous croyons vraiment à cette vérité, nous savons que Dieu ne déteste jamais, ne punit jamais, ne se venge jamais.

Comme le dit l'abba Ammonas : «L'amour ne déteste personne, ne fait de reproche à personne, ne condamne personne, ne fait de peine à personne, n'exècre personne, ni les fidèles ni les infidèles, ni les étrangers ni les pécheurs ni les fornicateurs, ni les impurs, mais ce sont précisément les pécheurs, les faibles et les négligents qu'il aime davantage, pour lesquels il ressent de la peine, s'attriste et se lamente...».

Quiconque est perplexe et ne comprend pas comment l'amour de Dieu peut rendre quelqu'un affreusement misérable, le faire souffrir et le brûler comme une flamme devrait songer au frère aîné de l'enfant prodigue.

N'était-il pas dans la maison de son père ? Tout ce qui s'y trouvait ne lui appartenait-il pas ? N'était-il pas aimé par son père ? Son père ne l'avait-il pas invité, supplié de se joindre au festin joyeux ? Qu'est-ce qui le rendait misérable et le brûlait d'amertume et de haine ? Qui lui avait refusé quoi que ce fût ? Pourquoi ne s'est-il pas réjoui du retour de son frère ?

Pourquoi n'avait-il pas d'amour, ni pour son père ni pour son frère ? N'était-ce pas à cause de sa mauvaise humeur intérieure ? N'était-ce pas pour cela qu'il restait en enfer ? Et qu'était cet enfer ? Etait-ce un endroit à part ? Y avait-il quelque instrument de torture ? Ne continuait-il pas à vivre dans la maison de son père ?

Qu'est-ce qui le séparait (le la joie qui régnait dans la maison, sinon sa haine et son amertume ? Est-ce que son père ou même son frère, avaient cessé de l'aimer ? N'était-ce pas précisément cet amour qui endurcissait son cœur toujours davantage ? N'était-ce pas la joie qui l'attristait ? Son cœur ne brûlait-il pas de haine, haine pour son père et pour son frère, pour l'amour de son père envers son frère et pour l'amour de son frère envers son père ?

C'est là l'enfer : la négation de l'amour ; la haine en réponse à l'amour ; l'amertume à la vue de la joie innocente ; être entouré d'amour et avoir de la haine en son cœur.

Telle est la condition éternelle de tous les damnés. Ils sont tous tendrement aimés. Ils sont tous invités au joyeux festin. Ils vivent tous dans le Royaume de Dieu, dans la nouvelle terre et les nouveaux cieux. Personne ne les chasse.

Même s'ils voulaient s'en aller, ils ne pourraient s'enfuir de la nouvelle création de Dieu ni se cacher du tendre amour du Dieu partout présent.

Leur seul choix serait peut-être de s'éloigner de leurs frères et de chercher un isolement amer, mais ils ne pourront se soustraire à Dieu et à Son amour, ce qui est d'autant plus terrible que dans cette vie éternelle, dans cette nouvelle création, Dieu sera tout pour Ses créatures.

Comme le dit saint Grégoire de Nysse : «Dans la vie présente, nous avons des liens avec plusieurs choses, comme le temps, l'air, le lieu, la nourriture et la boisson, le vêtement, la lumière du soleil, la lumière des lampes et d'autres nécessités de la vie dont aucune n'est Dieu malgré leur nombre ; l'état de béatitude dans lequel nous espérons ne comporte aucune de ces choses, mais l'Etre divin sera tout et tiendra lieu de tout pour nous, Se distribuant Lui-même proportionnellement à chaque besoin de cette existence. Il est clair aussi selon les saintes Ecritures que Dieu devient pour ceux qui le méritent, lieu, maison, vêtement, nourriture, boisson, lumière, richesse, royaume et tout ce qu'on peut imaginer qui contribue au bonheur de la vie».

Dans la nouvelle vie éternelle, Dieu sera tout pour Ses créatures, non seulement pour les bons mais aussi pour les méchants, non seulement pour ceux qui l'aiment mais aussi pour ceux qui le haïssent.

Mais comment celui qui hait Dieu pourra-t-il supporter de tout recevoir des mains de Celui qu'il déteste ? Quel tourment éternel ce sera, quel feu éternel, quels grincements de dents !

Allez-vous en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu intérieur et éternel de la haine,
dit le Seigneur,
car j'ai eu soif de votre amour et vous ne Me l'avez pas donné,
j'ai eu faim de votre béatitude et vous ne Me l'avez pas offerte,
J'étais en prison dans Ma nature humaine
et vous ne m'avez pas visité dans Mon Eglise.
Vous êtes libres d'aller où votre malice le désire,
loin de moi,
dans la haine torturante de vos cœurs,
étrangère à Mon cœur aimant qui n'a de haine pour personne.
Libre à vous de quitter l'Amour pour l'enfer éternel de la haine,
inconnu de moi et de ceux qui sont avec Moi,
mais qui a été préparé par la liberté pour le diable,
du jour où J'ai formé mes créatures libres et raisonnables.
Mais où que vous alliez
dans la ténèbre de vos cœurs pleins de haine,
Mon amour vous suivra comme un fleuve de feu,
car quel que soit le choix de votre cœur,
vous êtes et vous resterez éternellement
Mes enfants.
Amen.

Extrait de LE FLEUVE DE FEU, la tradition orthodoxe sur l'Enfer
Alexandre Kalomiros

Traduit par Hélène Pignot

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 23:30
Eloge de la persévérance

Le témoignage de nos frères chrétiens d’Orient est poignant : « Jamais nous n’avons cherché le malheur. Nous pressentions qu’il surviendrait. Nous devons tenir bon dans le Christ. »

Tenir dans le Seigneur ! Cette endurance chère à l’Apôtre Paul. Cette persévérance dont Jésus fait l’éloge en l’évangile ce dimanche. Comment la cultivons-nous en nos cœurs ?

[...]

Tandis que déclinent les jours de novembre, mois de communion à nos frères nous précédant dans le sommeil de la mort, tandis que l’année liturgique s’achève bientôt sur la proclamation de la Royauté d’amour, l’appel du Christ est essentiel : « C’est par la persévérance que vous serez sauvés ! »

Persévérer est la clé de vie spirituelle. Non par masochisme aveugle. Mais persévérer en Lui ! Recevoir du Christ force et sérénité afin de traverser les ombres et lumières de l’existence. En Jésus et par Lui, être des hommes debout, frères les uns des autres.

L’évangile n’est pas un fatalisme mais la source du salut.

Le Christ, nous le savons, s’exprimait à des auditeurs que pouvaient légitimement déconcerter les controverses sur la résurrection de la chair, la fin des temps, la venue du Messie. Notre mondialisation n’est pas moins déconcertante.

La même parole du Christ veut rejoindre nos cœurs. Où en sommes-nous du soin urgent à porter à notre planète et à nos frères ? La persévérance dont il est ici question s’incarne dans la miséricorde que le pape François nous a invités, en l’année jubilaire, à contempler en Jésus. Fermer la Porte Sainte n’est pas un achèvement, mais le consentement à accueillir toutes choses nouvelles, dans un cœur miséricordieux comme le Père. L’appel de Jésus à persévérer ne peut mieux tomber.

L’endurance dont il s’agit est une confiance indéfectible.

C’est par amour reçu de Lui que ses disciples endurent les vicissitudes. Comme le disait tout à l’heure notre frère persécuté, nul ne cherche la croix pour elle-même. Mais nul ne se dérobe quand elle se dessine sur la route.

La persévérance est communion ineffable au Christ livré par amour.

Les contours apocalyptiques que prend l’actualité ne doivent nous faire fuir ou rejoindre les démagogies ambiantes. Mais être signes qu’un autre monde est possible. Attester que le Royaume est déjà là.

Quand il prêchait sur la persévérance, Vincent de Paul disait : « Elle consiste à ne rien retrancher de la volonté de Dieu, et à s’y donner entièrement. »

Le chrétien n’a pas vocation à édulcorer la force du message de Jésus quand les temps sont difficiles. Le Christ est la Vie.

Rien de vital ne peut nous être enlevé si nous sommes en Lui.

La persévérance rassemble en notre être toute notre force, toute notre âme, afin de faire ce que dit le Maître. Elle espère tout. Elle est prière, action, discernement et fidélité.

Elle devient contagieuse quand un ami du Christ en témoigne.

Merci à ceux qui en communiquent la conviction.

P. Bernard Podvin

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 23:32
Histoire d'une conversion improbable

Après des années de vie d'excès Charles de Foucauld jeune homme riche et libertin trouve la foi.

« Au commencement d'octobre de cette année 1886, après six mois de vie de famille , pendant que j'étais à Paris, [...] une grâce intérieure extrêmement forte me poussait : je me mis à aller à l'église, sans croire, ne me trouvant bien que là et y passant de longues heures à répéter cette étrange prière: "Mon Dieu, si Vous existez, faites que je Vous connaisse !" »

« Mais je ne Vous connaissais pas… »

« Oh ! mon Dieu comme Vous aviez la main sur moi, et comme je la sentais peu ! Que vous êtes bon ! Que vous êtes bon ! Comme Vous m'avez gardé ! Comme Vous me couviez sous vos ailes lorsque je ne croyais même pas à Votre existence ! »

« Par la force des choses, Vous m'aviez obligé à être chaste. C'était nécessaire pour préparer mon âme à recevoir la vérité : Le démon est trop maître d'une âme qui n'est pas chaste. »

« En même temps Vous m'aviez ramené dans ma famille où j'ai été reçu comme l'enfant prodigue. »

« Tout cela c'était Votre oeuvre, mon Dieu, Votre oeuvre à vous seul... Une belle âme Vous secondait, mais par son silence, sa douceur, sa bonté, sa perfection... Vous m'avez attiré par la beauté de cette âme. »

« Vous m'avez alors inspiré cette pensée : "Puisque cette âme est si intelligente, la religion qu'elle croit ne saurait être une folie.
Etudions donc cette religion : prenons un professeur de religion catholique, un prêtre instruit, et voyons ce qu'il en est, et s'il faut croire ce qu'elle dit." »

« Je me suis alors adressé à l'Abbé Huvelin. Je demandais des leçons de religion : il me fit mettre à genoux et me fit me confesser, et m'envoya communier séance tenante... »

«Je ne puis m’empêcher de pleurer en y pensant, et je ne veux pas empêcher ces larmes de couler, elles sont trop justes, mon Dieu! Quels ruisseaux de larmes devraient couler de mes yeux en souvenir de telles
miséricordes! Que vous avez été bon! Que je suis heureux, qu’ai-je fait pour cela?» 

« S'il y a de la joie dans le ciel à la vue d'un pécheur se convertissant, il y en a eu quand je suis entré dans ce confessionnal ! »

« Que vous avez été bon ! Que je suis heureux ! »

« Moi qui avais tant douté, je ne crus pas tout en un jour; tantôt les miracles de l'Evangile me paraissaient incroyables; tantôt je voulais entremêler des passages du Coran dans mes prières. Mais la grâce divine et les conseils de mon confesseur dissipèrent ces nuages... »

« Mon Seigneur Jésus, vous avez mis en moi ce tendre et croissant amour pour vous, ce goût de la prière, cette foi en votre Parole, ce sentiment profond du devoir de l'aumône, ce désir de vous imiter, cette soif de vous faire le plus grand sacrifice qu'il me fut possible de vous faire. »

« Je désirais être religieux, ne vivre que pour Dieu. Mon confesseur me fît attendre trois ans. »

« Le pèlerinage en Terre Sainte, quelle influence bénie il a eu sur ma vie, quoique je l'ai fait malgré moi, par pure obéissance à Monsieur l'Abbé… »

« Après avoir passé la Noël de 1888 à Bethléem, avoir entendu la Messe de Minuit et reçu la Ste Communion dans la Ste Grotte, au bout de deux ou trois jours, je suis retourné à Jérusalem. La douceur que j'avais éprouvée à prier dans cette grotte qui avait résonné des voix de Jésus, de Marie, de Joseph avait été indicible. »

« J'ai bien soif de mener la vie que j'ai entrevue, devinée en marchant dans les rues de Nazareth, que foulèrent les pieds de NS, pauvre artisan perdu dans l'abjection et l'obscurité... »

Charles de Foucauld

Vie de Charles de Foucauld en résumé

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