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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 23:22
La vieillesse fondement d'une société véritablement divino-humaine
La vieillesse fondement d'une société véritablement divino-humaine

Chers frères et sœurs, bonjour!

Je me réjouis de vivre avec vous cette journée de réflexion et de prière, qui s’inscrit dans le cadre de la fête des grands-parents.

[...]

L’Église considère les personnes âgées avec affection, reconnaissance et grande estime. Celles-ci constituent une partie essentielle de la communauté chrétienne et de la société.

Je ne sais pas si vous avez bien entendu  : les personnes âgées sont une partie essentielle de la communauté chrétienne et de la société.

Elles représentent en particulier les racines et la mémoire d’un peuple.

Vous êtes une présence importante, car votre expérience constitue un trésor précieux, indispensable pour envisager l’avenir avec espérance et responsabilité.

Votre maturité et votre sagesse, accumulées au fil des années, peuvent aider les plus jeunes, en les soutenant sur leur chemin de croissance et lorsqu’ils commencent à s’ouvrir à l’avenir, lorsqu’ils cherchent leur voie.

Les personnes âgées, en effet, témoignent que, même dans les pires épreuves, il ne faut jamais perdre confiance en Dieu et en un avenir meilleur.

Elles sont comme des arbres qui continuent de donner du fruit : malgré le poids des années, elles peuvent apporter une contribution originale en vue d’une société riche de valeurs et de l’affirmation de la culture de la vie.

Nombreuses sont les personnes âgées qui consacrent avec générosité leur temps et les talents que Dieu leur a accordés en s’ouvrant à l’aide et au soutien envers les autres.

Je pense à celles qui se rendent disponibles dans les paroisses pour un service vraiment précieux : certaines se consacrent à l’ornement de la maison du Seigneur, d’autres comme catéchistes, animatrices de la liturgie, témoins de la charité.

Et que dire de leur rôle dans le contexte familial? Combien de grands- parents prennent soin de leurs petits-enfants, en transmettant avec simplicité aux plus petits l’expérience de la vie, les valeurs spirituelles et culturelles d’une communauté et d’un peuple!

Dans les pays qui ont subi une grave persécution religieuse, ce sont les grands-parents qui ont transmis la foi aux nouvelles générations, en conduisant les enfants au baptême dans un contexte de clandestinité douloureux.

Dans un monde, comme celui d’aujourd’hui, où la force et l’apparence sont souvent idéalisées, vous avez la mission de témoigner des valeurs qui comptent vraiment et qui demeurent pour toujours, car elles sont inscrites dans le cœur de tout être humain et garanties par la Parole de Dieu.

Précisément en tant que personnes dites du troisième âge, vous, ou plutôt nous — car j’en fais partie —, sommes appelés à œuvrer en vue du développement d’une culture de la vie, témoignant que chaque étape de la vie est un don de Dieu, et possède une beauté et une importance propres, même avec les fragilités qui la caractérisent.

A côté des nombreuses personnes âgées qui, dans les limites de leurs possibilités, continuent à se prodiguer pour leur prochain, tant d’autres vivent avec la maladie, avec une mobilité réduite et ont besoin d’assistance.

Je rends grâce aujourd’hui au Seigneur pour les nombreuses personnes et structures qui se consacrent au service quotidien de ces personnes âgées, pour favoriser des contextes humains adéquats où chacune d’elles peut vivre dignement cette étape importante de sa vie.

Les instituts qui accueillent les personnes âgées sont appelés à être des lieux d’humanité et d’attention pleins d’amour, où les personnes les plus faibles ne sont pas oubliées ou négligées, mais visitées, rappelées et protégées  comme de grands frères et sœurs. Ainsi s’exprime la reconnaissance envers ceux qui ont tant donné à la communauté et qui sont sa racine.

Les institutions et les différentes structures sociales peuvent faire encore beaucoup pour aider les personnes âgées à exprimer au mieux leurs capacités, pour faciliter leur participation active, et surtout pour veiller à ce que leur dignité de personnes soit toujours respectée et valorisée.

Pour ce faire, il est important de s’opposer à la culture nocive du rejet, qui marginalise les personnes âgées, en les considérant improductives.

Les responsables publiques, les structures culturelles, éducatives et religieuses, ainsi que tous les hommes de bonne volonté, sont appelés à s’engager en vue de construire une société toujours plus accueillante et inclusive.

Ce rejet est très laid!

Une de mes grands-mères me racontait l’histoire d’une famille où le grand-père, qui habitait avec eux [enfants et petits-enfants], était veuf, mais il tomba malade, malade..., et à table, il ne mangeait pas bien, faisait tomber un peu de nourriture.

Un jour, le père décida de ne plus faire manger le grand-père à table avec eux, mais dans la cuisine, et il a fabriqué une petite table pour le grand- père. Ainsi, la famille mangeait sans le grand-père. Quelques jours plus tard, en rentrant à la maison après le travail, il trouva un de ses enfants en train de jouer avec du bois, des clous et un marteau... «  Mais que fais-tu? » [lui demanda son papa]. L’enfant lui répondit : « Je fabrique une table » — « Mais pourquoi? » — « Pour toi. Pour que quand tu deviendras vieux, tu puisses manger comme ça ».

Les enfants naturellement sont très attachés aux grands-parents et ils comprennent des choses que seuls les grands-parents peuvent expliquer à travers leur vie et leur attitude.

Cette culture du rejet dit : « Tu es vieux, dehors! ». Tu es vieux, oui, mais tu as tant de choses à nous dire, à nous raconter, sur l’histoire, la culture, la vie, les valeurs... Il ne faut pas laisser cette culture du rejet progresser, il faut toujours qu’il y ait une culture inclusive.

Il est important également de favoriser les liens entre générations.

L’avenir d’un peuple exige que les jeunes et les personnes âgées se rencontrent : les jeunes sont la vitalité d’un peuple en chemin et les personnes âgées renforcent cette vitalité par la mémoire et la sagesse.

Et parlez avec vos petits-enfants, parlez. Laissez-les vous poser des questions. Leur particularité est différente de la nôtre, ils font d’autres choses, aiment d’autres musiques..., mais ils ont besoin des personnes âgées, de ce dialogue continu. Notamment pour leur donner de la sagesse.

Cela me fait beaucoup de bien de lire l’histoire de Joseph et Marie qui amenèrent l’Enfant Jésus — l’enfant avait 40 jours — au temple ; et là, ils trouvèrent deux grands-parents [Syméon et Anne], et ces grands-parents étaient la sagesse du peuple ; ils louaient Dieu pour que cette sagesse puisse se poursuivre avec cet Enfant.

Ce sont les grands-parents qui accueillent Jésus au temple, pas le prêtre : celui-ci vient après. Lisez cela vous aussi, dans l’Évangile de Luc, c’est très beau!

Chers grands-pères et grands-mères, merci pour l’exemple d’amour, de dévouement et de sagesse que vous offrez. Continuez avec courage à témoigner ces valeurs! Que votre sourire et votre regard lumineux ne manquent jamais à la société : que la société puisse les voir!

Je vous accompagne par ma prière, et vous aussi, n’oubliez pas de prier pour moi. Et à présent, j’invoque sur vous, sur vos intentions et projets de bien, la bénédiction du Seigneur.

Prions à présent la grand-mère de Jésus, sainte Anne ; prions sainte Anne, qui est la grand- mère de Jésus, et faisons-le en silence, un instant. Que chacun demande à sainte Anne de nous enseigner à être de bons et sages grands-parents.

Merci.

PAROLES DU PAPE FRANÇOIS 
À L'ASSOCIATION DES TRAVAILLEURS ÂGÉS

Salle Paul VI
Samedi, 15 octobre 2016

Commentaire de Sébastien Morgan dans son blog Reliance universelle

Le christianisme* est une voie mystique profonde qui vise à la naissance de Dieu en soi, but ultime de toute existence.  Dans cette perspective, le christianisme est également une vision globale de l'être qui accorde une dignité infinie à chaque être humain fait à l'image et à la ressemblance de Dieu.  Sans cette conscience anthropologique catholique, la société humaine post-moderne devient tôt ou tard froide et utilitariste mettant au rebut les faibles, les handicapés et les vieux.

C'était le sens de l'appel lancé par le Pape François au cours de l’audience à sept mille membres de la Senior Italia Federanziani et de l’association nationale des travailleurs âgés, reçus en audience dans la matinée du samedi 15 octobre dans la salle Paul VI. 

 

* L'auteur a écrit "Catholicisme" mais il me semble juste de l'étendre à toute la chrétienté

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 23:40
Purifiez-vous avec l’hysope


Dans un des passages les plus dramatiques de l’Ancien Testament, le roi David surprend Bethsabée, la femme d’un de ses généraux, se baignant nue dans une fontaine. 

Ébloui, il entreprend de la séduire. Il y parvient. Mais Bethsabée tombe enceinte, tandis que son mari est à la guerre ! 

David sait qu’il va être découvert. Il fait tuer son général sur le champ de bataille, pour s’en débarrasser. 

Il ne fut cependant pas débarrassé de sa mauvaise conscience

Selon les textes, il se tourna alors « vers l’Éternel » et lui demanda de le « purifier avec l’hysope ». 

« Purifie-moi avec l’hysope »

Or l’hysope est une plante, et pas n’importe laquelle. 

C’est une plante médicinale extrêmement puissante, utilisée dans l’Antiquité et au Moyen Âge en Europe. 

Jusque dans les années soixante, dans toutes les églises du monde, les prêtres commençaient les offices en aspergeant les fidèles d’eau bénite purificatrice, tandis que ceux-ci répétaient en boucle : 
 

« Asperge-moi, Seigneur, avec l’hysope et je serai pur, plus blanc que neige… »
L’hysope redécouverte

Ces rites ont pratiquement disparu aujourd’hui.  Mais l’hysope, elle, existe toujours. 

Elle a toujours les mêmes vertus qu’à l’époque du roi David. 

L’hysope fait partie des « simples », ces plantes que l’on cultive dans les jardins de plantes médicinales. Elles tiennent ce nom du fait qu’elles peuvent, à elles seules, guérir, par opposition aux potions, mélanges et autres mixtures. 

Elle produit une huile essentielle très puissante, entre autres. 

Les Romains s’en servaient contre la peste et comme désinfectant pour les petites plaies. 

C’est une plante qui mesure 60 centimètres et qui a une tige « poilue » avec des petites feuilles pointues et des fleurs bleues, violettes et blanches. 

Elle est considérée comme l’une des huiles essentielles antivirales les plus puissantes, parce qu’elle contient presque tous les types de composés chimiques présents dans les huiles essentielles. 

Utilisation de l’huile essentielle d’hysope

L’huile essentielle d’hysope est aujourd’hui utilisée pour traiter les problèmes liés aux systèmes respiratoire et digestif. 

Elle peut aussi servir à soulager les douleurs articulaires, les douleurs dentaires et les douleurs au tympan. 

Elle contribue à réguler la tension artérielle et a un effet calmant contre l’anxiété. 

Ses principaux composants sont les monoterpènes (cis-pinocamphone, trans-pinocamphone et bêta-pinène) et les sesquiterpènes (germacrène et élémol). 

En aromathérapie, les pinènes et les monoterpènes fonctionnent comme décongestionnants et sont souvent utilisés pour fluidifier le mucus dans les membranes du système respiratoire. 

Usages de l’huile essentielle d’hysope

L’huile essentielle d’hysope exerce une action antibactérienne et antifongique (contre les champignons) contre certaines souches d’organismes pathogènes (qui provoquent des maladies). 

Une étude a constaté une forte activité antimicrobienne contre le staphylocoque doré, l’Escherichia coli, le Candida albicans et le staphylocoque pyogène [1]. 

Elle a aussi montré une puissante activité contre le virus de l’herpès [2]. 

L’huile essentielle d’hysope peut également être utilisée pour combattre :

  • les problèmes de peau liés à l’âge, comme les rides et la peau distendue ; 
     
  • les crampes, spasmes musculaires et douleurs abdominales aiguës ; 
     
  • les rhumatismes, l’arthrose, la goutte et les inflammations articulaires ; 
     
  • la perte d’appétit, les maux d’estomac, les indigestions et les flatulences ; 
     
  • l’hypotension (tension artérielle trop basse) ; 
     
  • les cycles menstruels irréguliers et la ménopause ; 
     
  • les problèmes respiratoires comme le rhume, la toux et la grippe. 
Comment appliquer l’huile essentielle d’hysope

L’huile essentielle d’hysope peut être utilisée de nombreuses façons. Elle peut être appliquée sur la peau ou inhalée avec un diffuseur à huiles essentielles. 

Voici des indications précises pour vous en servir :

  • pour soulager la fatigue, le stress, et contribuer à atténuer tous les types de douleurs : ajoutez deux gouttes d’HE (huile essentielle) d’hysope dans votre bain chaud. Cela vous aidera aussi à dormir, si besoin est ; 
     
  • diminuer les douleurs en huile de massage : mettez trois gouttes d’huile essentielle d’hysope dans 3 ml d’huile de massage (huile d’amande douce par exemple, huile vierge de noix de coco), et massez la zone douloureuse. Frottez ce mélange sur votre estomac pour soulager l’inconfort intestinal provoqué par l’indigestion et les gaz ; 
     
  • en cas de fièvre : mettez deux gouttes d’HE d’hysope dans 1 ml d’huile de noix de coco et massez la plante des pieds ; 
     
  • pour les voies respiratoires encombrées : utilisez l’HE d’hysope en inhalation, ou appliquez deux gouttes mélangées à 1 ml d’huile de massage sur votre poitrine pour un effet expectorant ; 
     
  • cicatrisation et prévention des cicatrices : ajoutez deux gouttes d’HE d’hysope à votre crème ou lotion et appliquez sur la plaie. 
Mesures de sécurité

Certains composants de l’hysope comme le pinocamphone sont agressifs et peuvent provoquer des allergies. Pour déterminer si vous avez une hypersensibilité à l’hysope, appliquez d’abord une goutte sur une zone affectée et surveillez l’apparition d’un effet indésirable. 

Utilisez-la toujours diluée dans une autre huile (amande, olive, noix de coco, noyau d’abricot). 

Ne pas utiliser chez les épileptiques. Prudence chez les enfants et les femmes enceintes. D’une façon générale, les huiles essentielles sont des produits actifs à employer avec précaution, de préférence après consultation d’un aromathérapeute. 

Plus au sujet du roi David

Pour la petite histoire, le chant dans lequel le roi David parle de l’hysope est resté très célèbre. 

Le roi David, qui était juif, l’a prononcé en hébreu. Mais en traduction latine, il commence par « 
Miserere mei… », un texte mis en musique à la Renaissance par le compositeur italien Gregorio Allegri et que vous avez certainement déjà entendu. 

Si vous ne vous en souvenez pas, tapez sur Google : « Miserere d’Allegri ». 

Vous tomberez sur des milliers d’enregistrements. C’est l’œuvre la plus connue de la musique baroque, notamment parce que le chanteur doit pousser un cri déchirant au moment du « Aie pitié de moi » (Miserere mei !). La note semble vraiment traverser l’espace pour monter jusqu’aux cieux. 

Vous pouvez l’entendre, interprété par la chorale d’Oxford en cliquant ici.  

À votre santé ! 


Jean-Marc Dupuis 

 

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 23:34
La résurrection des corps

« Je crois à la résurrection de la chair » proclament les catholiques dans le Credo. Un acte de foi qui soulève de nombreuses incompréhensions.

Que dit le catéchisme de l’Église catholique ?

Pour le Catéchisme de l’Église catholique, le Credo chrétien, c’est-à-dire la profession de foi en Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et dans son action créatrice, salvatrice et sanctificatrice,« culmine en la proclamation de la résurrection des morts à la fin des temps, et en la vie éternelle » (paragraphe 988).

« Nous croyons fermement, et ainsi nous espérons, que de même que le Christ est vraiment ressuscité des morts, et qu’il vit pour toujours, de même après leur mort les justes vivront pour toujours avec le Christ ressuscité et qu’il les ressuscitera au dernier jour (cf Jean 6, 39-40) », poursuit le texte.

Une résurrection qui, comme celle du Christ, sera l’œuvre de la Trinité, ainsi que l’exprime saint Paul dans ses lettres :« Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous » (lettre de saint Paul aux Romains 8, 11).

Quant au terme« chair », il« désigne l’homme dans sa condition de faiblesse et de mortalité ».« La ”résurrection de la chair” signifie qu’il n’y aura pas seulement, après la mort, la vie de l’âme immortelle, mais que même nos “corps mortels” (lettre de saint Paul aux Romains 8, 11) reprendront vie. »

« La résurrection concerne toute la personne, explicite le P. Jean-Pierre Brice Olivier, dominicain et auteur de Oser la chair (1).La chair telle que le christianisme la conçoit est la personne tout entière, corps, âme, esprit, tout ce qu’elle a bâti, souffert, aimé, toute sa vie. »

La croyance dans la résurrection des morts est, depuis le début, un élément essentiel de la foi chrétienne. Tertullien, théologien chrétien du IIIe siècle, écrit ainsi que la résurrection des morts est« une conviction des chrétiens » et que« cette croyance nous fait vivre ».

Déjà, dans sa première lettre aux Corinthiens, saint Paul s’interrogeait :« Comment certains d’entre vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 12-14).

Quelles difficultés cet article de foi soulève-t-il ?

Si cet article de foi est un élément essentiel du christianisme, il suscite néanmoins « incompréhensions et oppositions », reconnaît leCatéchisme de l’Église catholique (paragraphe 996).

« Sur aucun point, la foi chrétienne ne rencontre plus de contradiction que sur la résurrection de la chair », écrit saint Augustin.

L’idée qu’après la mort corporelle, l’âme de la personne continue à vivre est beaucoup plus facilement admise que la croyance en la résurrection d’un corps si manifestement mortel.

L’importance donnée à la chair dans le christianisme est sans équivalent dans aucune autre religion : religion de l’incarnation de Dieu, lequel se donne à manger dans l’eucharistie et se montre ressuscité à ses disciples dans un corps glorifié qui porte les stigmates de sa Passion.

Pour la foi chrétienne, lors de la mort, séparation de l’âme et du corps, le corps de l’homme tombe dans la corruption.

Son âme, elle, va à la rencontre de Dieu,« tout en demeurant en attente d’être réunie à son corps glorifié, explique encore le Catéchisme de l’Église catholique.

Dieu dans sa toute-puissance rendra définitivement la vie incorruptible à nos corps en les unissant à nos âmes, par la vertu de la Résurrection de Jésus ».

Devant l’incrédulité de ses contemporains face à cette question de la résurrection de la chair, Tertullien s’enflamme :« Cette chair que Dieu assembla de ses mains à l’image de Dieu, qu’il anima de son souffle à la ressemblance de sa puissance de vie (…) cette chair-là ne ressusciterait pas après avoir été tant de fois la chose de Dieu ? Arrière, arrière, la pensée que Dieu puisse abandonner à une destruction éternelle l’œuvre de ses mains, l’objet des soins de son intelligence (…), la sœur de son Christ. Dieu (…) aime la chair qui est son prochain à tant de titres. »

« Notre ”chair” est la sœur du Christ. Elle sera sauvée dans la résurrection comme la sienne, au même titre que tout ce qui fait notre condition concrète (…) », explique le théologien Bernard Sesboüé, analysant les propos de Tertullien (2).

Quand et comment se passera la résurrection des corps ?

« Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ?, s’interroge saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (15, 35-37. 42).Avec quel corps reviennent-ils ? Insensé ! Ce que tu sèmes, toi, ne reprend vie, s’il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, mais un grain tout nu (…). On sème de la corruption, il ressuscite de l’incorruption ; (…) les morts ressusciteront incorruptibles. »

Tous ressusciteront, dit en effet saint Jean :« Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal, pour la damnation » (Jn 5, 29).

Une résurrection qui devrait avoir lieu« au dernier jour » (Jn 6, 39-40), car« intimement associée à la Parousie du Christ », explique le Catéchisme de l’Église catholique qui précise :« S’il est vrai que le Christ nous ressuscitera “au dernier jour”, il est vrai aussi que, d’une certaine façon, nous sommes déjà ressuscités avec le Christ. En effet, grâce à l’Esprit Saint, la vie chrétienne est, dès maintenant sur terre, une participation à la mort et à la Résurrection du Christ. »

En quoi la résurrection de la chair est-elle différente de la réincarnation ?

La réincarnation suppose la dualité de l’âme et du corps, une même âme habitant successivement plusieurs enveloppes corporelles. Au contraire, le christianisme suppose l’unité profonde qui existe chez l’homme entre son corps et son âme.

« C’est la personne entière, avec sa personnalité, avec tout ce qu’elle a vécu dans sa vie qui va ressusciter, glorifiée », explique le P. Jean-Pierre Brice Olivier.

« Le corps humain n’est pas une prison dont l’homme doit se libérer au plus tôt, un vêtement qu’il doit quitter au plus vite, explique de son côté le P. Pierre Descouvemont (3). (…)Le fils de Dieu lui-même s’est uni pour toujours à un corps de chair, né de la Vierge Marie », et non à un corps qui ne l’aurait accueilli que temporairement.

Clémence Houdaille

(1) Oser la chair, méditations sur l’incarnation, Jean-Pierre Brice Olivier, Éd. du Cerf, 2015. (2) Croire, invitation à la foi catholique pour les femmes et les hommes du XXIe siècle, Bernard Sesboüé, Éd. Droguet & Ardant, 2001. (3) Guide des difficultés de la foi catholique, Abbé Pierre Descouvemont, Éd. du Cerf, 1989.

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