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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 23:04
Le feu au-dessus du monde

Le Feu, ce principe de l’être, nous sommes dominés par l’illusion tenace qu’il sort des profondeurs de la Terre, et que sa flamme s’allume progressivement le long du brillant sillage de la Vie. Vous m’avez fait la grâce, Seigneur, de comprendre que cette vision était fausse, et que, pour vous apercevoir, je devais la renverser.

Au commencement, il y avait la puissance intelligente, aimante et active.  Au commencement, il y avait le Verbe souverainement capable de s’assujettir et de pétrir toute Matière qui naîtrait. Au commencement, il n’y avait pas le froid et les ténèbres ; il y avait le Feu. Voilà la Vérité.

Ainsi donc, bien loin que de notre nuit jaillisse graduellement la lumière, c’est la lumière préexistante qui, patiemment et infailliblement, élimine nos ombres. Nous autres, créatures, nous sommes, par nous-mêmes, le Sombre et le Vide.

Vous êtes, mon Dieu, le fond même et la stabilité du Milieu éternel, sans durée ni espace, en qui, graduellement, notre Univers émerge et s’achève, en perdant les limites par où il nous paraît si grand. Tout est être, il n’y a que de l’être partout, hors de la fragmentation des créatures, et de l’opposition de leurs atomes.

Esprit brûlant, Feu fondamental et personnel, Terme réel d’une union mille fois plus belle et désirable que la fusion destructrice imaginée par n’importe quel panthéisme, daignez, cette fois encore, descendre, pour lui donner une âme, sur la frêle pellicule de matière nouvelle dont va s’envelopper le Monde, aujourd’hui.

Je le sais. Nous ne saurions  dicter, ni même anticiper, le moindre de vos gestes. De Vous, toutes les initiatives, à commencer par celle de ma prière.

Verbe étincelant, Puissance ardente, Vous qui pétrissez le Multiple pour lui insuffler votre vie, abaissez, je vous prie, sur nous, vos mains puissantes, vos mains prévenantes, vos mains omniprésentes, ces mains qui ne touchent ni ici, ni là (comme ferait une main humaine), mais qui, mêlées à la profondeur et à l’universalité présente et passée des Choses, nous atteignent simultanément par tout ce qu’il y a de plus vaste et de plus intérieur, en nous et autour de nous.

De ces mains invincibles, préparez, par une adaptation suprême, pour la grande œuvre que vous méditez, l’effort terrestre dont je vous présente en ce moment, ramassée dans mon cœur, la totalité. Remaniez-le, cet effort, rectifiez-le, refondez-le jusque dans ses origines, vous qui savez pourquoi il est impossible que la créature naisse autrement que portée sur la tige d’une interminable évolution.

Et maintenant, prononcez sur lui, par ma bouche, la double et efficace parole, sans laquelle tout branle, tout se dénoue, dans notre sagesse et dans notre expérience, – avec laquelle tout se rejoint et tout se consolide à perte de vue dans nos spéculations et notre pratique de l’Univers. – Sur toute notre vie qui va germer, croître, fleurir et mûrir en ce jour, répétez : « Ceci est mon corps. » – Et, sur toute mort qui s’apprête à ronger, à flétrir, à couper, commandez (mystère de foi par excellence !) : « Ceci est mon sang ! » 

« LA MESSE SUR LE MONDE » – Teilhard de Chardin, 1923

http://www.seraphim-marc-elie.fr/

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 23:52
J'appellerai le feu
L'Offrande

Puisque,  une fois encore, Seigneur, non plus dans les forêts de l’Aisne, mais dans les steppes d’Asie, je n’ai ni pain, ni vin, ni autel, je m’élèverai par-dessus les symboles jusqu’à la pure majesté du Réel, et je vous offrirai, moi votre prêtre, sur l’autel de la Terre entière, le travail et la peine du Monde.

Le soleil vient d’illuminer, là-bas, la frange extrême du premier Orient. Une fois de plus, sous la nappe mouvante de ses feux, la surface vivante de la Terre s’éveille, frémit, et recommence son effrayant labeur. Je placerai sur ma patène, ô mon Dieu, la moisson attendue de ce nouvel effort. Je verserai dans mon calice la sève de tous les fruits qui seront aujourd’hui broyés.

Mon calice et ma patène, ce sont les profondeurs  d’une âme largement ouverte à toutes les forces qui, dans un instant, vont s’élever de tous les points du Globe et converger vers l’Esprit. – Qu’ils viennent donc à moi, le souvenir et la mystique présence de ceux que la lumière éveille pour une nouvelle journée !

Un à un, Seigneur, je les vois et les aime, ceux que vous m’avez donnés comme soutien et comme charme naturel de mon existence. Un à un, aussi, je les compte, les membres de cette autre et si chère famille qu’ont rassemblée peu à  peu, autour de moi, à partir des éléments les plus disparates, les affinités du cœur, de la recherche scientifique et de la pensée.

Plus confusément, mais tous sans exception, je les évoque, ceux dont la troupe anonyme forme la masse innombrable des vivants : ceux qui m’entourent et me supportent sans que je les connaisse ; ceux qui viennent et ceux qui s’en vont ; ceux-là surtout qui, dans la vérité ou à travers l’erreur, à leur bureau, à leur laboratoire ou à l’usine, croient au progrès des Choses, et poursuivront passionnément aujourd’hui la lumière.

Cette multitude agitée, trouble ou distincte, dont l’immensité nous épouvante, – cet Océan humain, dont les lentes et monotones oscillations jettent le trouble dans les cœurs les plus croyants, je veux qu’en ce moment mon être résonne à son murmure profond. Tout ce qui va augmenter dans le Monde, au cours de cette journée, tout ce qui va diminuer, – tout ce qui va mourir, aussi, – voilà, Seigneur, ce que je m’efforce de ramasser en moi pour vous le tendre ; voilà la matière de mon sacrifice, le seul dont vous ayez envie.

Jadis, on traînait dans votre temple les prémices des récoltes et la fleur des troupeaux. L’offrande que vous attendez vraiment, celle dont vous avez mystérieusement besoin chaque jour pour apaiser votre faim, pour étancher votre soif, ce n’est rien moins que l’accroissement du Monde emporté par l’universel devenir.

Recevez, Seigneur, cette Hostie totale que la Création, mue par votre attrait, vous présente à l’aube nouvelle. Ce pain, notre effort, il n’est de lui-même, je le sais, qu’une désagrégation immense. Ce vin, notre douleur, il n’est encore, hélas ! qu’un dissolvant breuvage. Mais, au fond de cette masse informe, vous avez mis – j’en suis sûr, parce que je le sens – un irrésistible et sanctifiant désir qui nous fait tous crier, depuis l’impie jusqu’au fidèle : « Seigneur, faites-nous un ».

Parce que, à défaut du zèle spirituel et de la sublime pureté de vos Saints, vous m’avez donné, mon Dieu, une sympathie irrésistible pour tout ce qui se meut dans la matière obscure, – parce que, irrémédiablement, je reconnais en moi, bien plus qu’un enfant du Ciel,  un fils de la Terre, – je monterai, ce matin, en pensée, sur les hauts lieux, chargé des espérances et des misères de ma mère ; et là, – fort d’un sacerdoce que vous seul, je le crois, m’avez donné, – sur tout ce qui, dans la Chair humaine, s’apprête à naître ou à périr sous le soleil qui monte, j’appellerai le Feu.

(à suivre)

« LA MESSE SUR LE MONDE » – Teilhard de Chardin, 1923

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 23:38
Notre-Dame de Béchouate honorée par les chrétiens et les musulmans
Notre-Dame de Béchouate honorée par les chrétiens et les musulmans

MOHAMMED AL-HAWADI, qui se trouvait en vacances au LIBAN chez des amis de son père, et dont le pullman s’était arrêté à BÉCHOUATE, voit la VIERGE s’animer sous ses yeux, alors qu’il est assis dans la petite chapelle.

Le phénomène prend de court tout le monde, y compris l’adulte qui se trouvait assis à ses côtés.

D’autres personnes, ce même soir, «voient» la statue prendre vie. Depuis ce mémorable samedi 21 août, des milliers de personnes affirment avoir «vu» la VIERGE pleurer, respirer, déplacer son regard, bénir, à l’endroit même où quelques instants auparavant et quelques instants plus tard se tenait une statue en plâtre.

Devant une statue de NOTRE DAME DE PONTMAIN, le jeune garçon s'entend prononcer une prière «plus grande que lui» :
«Salut à toi, Vierge Marie, Reine du monde, de la paix et de l'amour. 
Des vieillards, des enfants et des femmes tombent, de par le monde. 
Instaure la paix, l'amour et la liberté sur la face de la terre, ô Reine du monde
»

Le miracle d’août 2004 est à l’origine de l’important afflux de pèlerins que connaît aujourd’hui BICHÛ’ÂT.

Le principal acteur du miracle d’août 2004, MUHAMMAD AL-HAWADI, est un musulman : âgé de dix ans à l’époque, il est originaire de JORDANIE et sunnite. Il est donc doublement «Autre » : Jordanien et sunnite.

En août 2004, il accomplissait au LIBAN un voyage touristique, avec son père, haut fonctionnaire jordanien. Guidés par un ami maronite, FRANÇOIS SAAB, ils se rendirent le 21 août dans la région des Cèdres, un haut lieu touristique libanais.

En chemin, «par hasard», ils firent un arrêt à BICHÛ’ÂT. L’enfant et FRANÇOIS SAAB entrèrent dans la chapelle pour une visite en «touriste».

Alors qu’il contemplait la statue de NOTRE-DAME DE BICHÛ’ÂT, l’enfant demanda à l’ami de la famille «qui était cette femme qui lui souriait».

L’adulte lui expliqua qu’il s’agissait d’une statue qui «ni ne bougeait, ni ne souriait».

Mais l’enfant, à la surprise de son compagnon et d’un habitant du village alors présent dans l’église prononça une longue prière que la presse libanaise chrétienne qualifia de «plus grande que lui». «Plus grande que lui», parce qu’elle fut perçue comme une prière à très forte connotation chrétienne.

Étonnés par le comportement de l’enfant, les deux adultes s’approchèrent de la statue et constatèrent qu’elle respirait.

Ils perçurent également un mouvement du chapelet disposé entre ses mains. Cette dernière fit ensuite le signe de croix avec ses pupilles. Plus tard, elle exsuda de l’huile odorante.

La nouvelle du miracle se propagea rapidement dans la région et le jour suivant de nombreux pèlerins chrétiens et musulmans se rendirent dans la chapelle.

Le surlendemain la guérison miraculeuse d’un infirme fut le point de départ d’un immense afflux de pèlerins.

Ce même soir et durant les journées qui suivront, de nombreux fidèles verront la statue exsuder une huile odorante.

Le phénomène fit l’objet d’une immédiate mise en doute, notamment de la part des autorités religieuses maronites qui jusqu’à ce jour se sont refusées à enquêter officiellement sur l’événement pour l’entériner ou au contraire le rejeter.

Des prêtres et un évêque se sont personnellement engagés dans l’affaire, mais ont été finalement écartés par leur hiérarchie.

Cependant, des entrepreneur politiques (organes de l’État, médias, partis politiques) ont largement participé au succès immédiat du pèlerinage en interprétant le miracle comme un appel de la VIERGE pour l’union des Libanais.

Cette lecture nationaliste et politique a eu un retentissement redoublé du fait des événements que le LIBAN a connu en 2005 : assassinat de l’ex-Premier ministre RAFIQ HARÎRÎ et évacuation syrienne du LIBAN.

Dans les médias chrétiens – la LEBANESE BROAD CASTING (LBC), TÉLÉ LUMIÈRE, L’ORIENT LE JOUR – l’enfant a fait l’objet d’une attention particulière. Il est devenu MUHAMMAD, le «jeune voyant jordanien». Dans les nombreux reportages qui lui sont consacrés, on insiste sur son identité «musulmane» : il est précisé qu’il est d’une «famille pieuse où le CORAN est à l’honneur», que sa mère porte le foulard…

Le 21 août 2005, une cérémonie fut organisée à BICHÛ’AT par l’évêque maronite de la région pour célébrer l’anniversaire du miracle. MUHAMMAD AL-HAWADI et son père en étaient les invités d’honneur. L’évêque insista longuement sur l’appartenance religieuse de MUHAMMAD, sur sa fréquentation assidue d’une école coranique d’AMMAN et sur sa nationalité jordanienne. Il souligna également que MUHAMMAD était «bon élève à l’école».

L’identité religieuse du jeune témoin du miracle d’août 2004 a donc joué un rôle tout à fait déterminant dans l’ampleur qu’a pris le pèlerinage de BICHÛ’ÂT. Tout se passe comme si elle constituait une preuve attestant de l’authenticité du miracle.

Le second «signe» donné par la VIERGE survient le 29 août.

Il s’agit d’une grâce accordée à un jeune étudiant, SERGE NAKHLÉ, paralysé depuis trois ans après être tombé du balcon de l’appartement qu’il habite, à ROUMIEH.

Étudiant en audiovisuel, SERGE tentait de prendre une photo d’un arc-en-ciel quand l’accident s’est produit. Il s’en était sorti vivant, non sans avoir sombré auparavant dans le coma et passé 14 mois à l’hôpital de BHANNÈS. L’accident l’a laissé aux trois quarts paralysé et complètement insensible du côté droit.

Venu en pèlerinage avec son père, BÉCHARA NAKHLÉ, un commerçant de BROUMMANA, et ses tantes, SERGE, assisté de son père et de trois autres adultes, pénètre dans la chapelle avec son «walker" et avance lentement vers la statue. «Merci, merci», répond-il aux fidèles sur place qui lui ouvrent le chemin.

Devant la statue, il prie : «Donne-moi seulement un signe que ce que je demande n’est pas impossible à DIEU.»

Et la VIERGE fait le signe de la croix avec le crucifix qu’elle tient des deux mains. Ses yeux deviennent mobiles et son regard se dirige de gauche à droite et de bas en haut, en croix.

Fort de ce signe, SERGE et son père quittent la chapelle, incommodés en partie par la cohue, et regagnent leur voiture.

Avant de démarrer, sa mère, intuitive, lui demande s’il a «quelque chose à finir».
«Oui, répond-il, écartez-vous».

Il descend de voiture, refuse le walker et entre en extase. Il voit une voie lumineuse au bout de laquelle se tient la VIERGE, qui lui fait signe d’approcher. Et le voilà qui avance, qui court, sans son walker. .

L’extraordinaire scène a été filmée.

Il sort de son extase quelques moments plus tard, après être parvenu devant la statue de la VIERGE.

«Pourquoi pleurez-vous ?» interroge-t-il son père et les gens autour de lui.

C’est alors qu’il constate qu’il se tient debout, dans la chapelle qu’il venait de quitter.

Sur le chemin du retour, il constate que la sensibilité lui est revenue tout au long du côté droit, qui était totalement insensible depuis l’accident.

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