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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 22:10
Divine blessure

La blessure a pour vertu première de réveiller, de faire sortir de la torpeur, de l'habitude.Il est bon de préciser dès ici la grande différence qui sépare les meurtrissures psychologiques de la blessure spirituelle.

Sur le plan psychologique, l'individu se sent atteint par la méchanceté, l'injustice, le mensonge, la froideur, l'humiliation. Il s'est éprouvé lésé, agressé, il est une victime.

C'est la manifestation d'un monde de laideur, de choses négatives qui l'a affligé. Et, bien sûr, il cherche à être compris, choyé. Son moi doit être guéri de toutes ces blessures.

Mais sur le plan spirituel, l'être n'est pas blessé par des choses douloureuses, il l'est avant tout par l'Amour, la Beauté, la Sagesse, l'Infinité de Dieu.

Il se sent dépassé, profondément atteint et arraché à lui-même.

Ces hautes révélations renvoient l'homme à ses limites, à son insuffisance.

Et à son prétentieux petit moi qu'il ne s'agit plus de conforter mais bien d'oublier, du moins de mettre à sa juste place. Ainsi, la blessure spirituelle offre à chacun la chance de sortir de sa citadelle et de se relier à la Source.

Se reconnaître blessé est un premier pas sur la vole. On peut aborder de trois façons la blessure que l'on ressent: soit on cherche à la refermer, et on se situe au niveau thérapeutique; soit on fait un travail de transformation, à la façon dont la perle naît d'une écharde dans la chair de l'huître, et c'est un chemin initiatique; soit on la garde vive, et c'est la vole mystique.

Dans cette troisième démarche l'être se sait inconsolable parce que touché, appelé par l'infini.

Je tiens à l'écrire une fois pour toute, pour bien faire la distinction entre la valeur transformatrice de la blessure et le goût de souffrir.

Toute dévotion peut connaître des déviations et des perversions. Et toute souffrance peut être récupérée par une religion qui veut asseoir son pouvoir et contrôler ses fidèles.

Or la douleur n'est pas en elle-même sanctifiante et l'humiliation volontaire qui va jusqu'à l'abjection n'a rien d'une délivrance. Le dolorisme est un asservissement tandis que la blessure que chantent les mystiques ouvre à une liberté et à une joie qui rapprochent de Dieu.

Le malaise que ressentent de plus en plus les hommes du monde contemporain, en particulier les habitants des pays riches, viendrait moins des souffrances psychologiques subies que du désir forcené d'éviter toute souffrance, du déni de la blessure.

Grégoire le Grand affirmait clairement que la santé ne consiste pas en l'absence de toute meurtrissures et que la véritable maladie vient de l'oubli de la blessure.

Prenant appui sur la douce plainte de la Bien Aimée du Cantique des Cantiques, «Je suis blessée d'Amour», Grégoire le Grand évoque les atteintes que le péché et le désir font à l'homme endurci, avant de montrer combien l'amour divin touche profondément l'âme devenue sensible, l'âme qui se sent en exil.

Cette blessure irréversible devient brûlure et flamme, aspiration à l'Unique, seul Désir.

L'être spirituel est semblable à l'amante du Cantique qui cherche sans se lasser «Celui que son coeur aime» et par qui elle est profondément marquée Grégoire le Grand en vient à considérer: «La santé du corps n'a plus aucune importance pour celui qui a été frappé par la blessure de l'amour.

En effet, la santé d'un coeur qui ignore la douleur de cette blessure doit plutôt être appelée maladie.

Mais lorsque le désir se met à aspirer fortement vers les chose du ciel, et que la blessure de l'amour devient sensible, l'âme qui auparavant était malade corporellement recouvre maintenant la santé, parce que son trouble la rappelle vers la sûreté du repos intime de l'amour».

La blessure faite par l'Amour est l'unique blessure, celle à laquelle toutes les autres-les physiques, les psychologiques-ramènent.

La blessure irrémédiable, heureuse aussi, causée par l'Amour vient d'une rencontre ineffable, splendide: désormais, celui qui a été touché aspire de toutes ses forces à rejoindre cette immensité qui est son climat, à se fondre en cet Amour qui est son être véritable, éternel.

La haute blessure l'engage à une approche sans fin, le meut en un désir inlassable.

Ainsi, toute illumination d'amour se révèle en même temps, d'un même coup de flèche ou de lance, blessure inoubliable.
Jacqueline KELEN

 

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 22:52

Je vous propose régulièrement de magnifiques mandalas réalisés par l'artiste Ana Castilho à partir de combinaisons d'éléments de la nature - feuilles, fleurs, fruits, gousses, bois, pierres - .
Contemplez-les et méditez.

Mandala de la terre - 27
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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 22:57
Dieu, le coiffeur et la douleur

Un homme, dans un salon de coiffure, est entrain de se faire couper les cheveux et soigner la barbe.Tandis que le coiffeur s'occupe de lui la conversation va bon train, si bien qu'ils en viennent à parler de Dieu.

Le coiffeur dit : «Moi je ne crois pas que Dieu existe» . 

«Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?» répond le client. «Eh bien il suffit de sortir dans la rue pour constater que Dieu n'existe pas! Si Dieu existait-il n'y aurait pas tant de gens malades, tant de malheureux abandonnés. Si Dieu existait il n'y aurait ni souffrance ,ni douleur. Je ne peux pas imaginer un Dieu d'Amour qui laisserait faire tout ça.»

Le client, ne sachant quoi répondre et préférant ne pas contrarier le coupeur de barbe équipé d'un rasoir garde un prudent silence .

Quittant le magasin il rencontre un pauvre homme cheveux et barbe sales et hirsutes.

Sans plus attendre le client retourne voir le coiffeur et lui dit: «Les coiffeurs-barbiers n'existent pas.»

L'autre, surpris : «Comment pouvez-vous dire ça? Je suis là et je viens de vous couper les cheveux et de rafraîchir votre barbe...» «Non les coiffeurs n'existent pas parce que s'ils existaient, il y n'aurait pas de gens avec des cheveux sales et des barbes hirsutes comme ceux de cet homme là !»

Le coiffeur indigné, s'écrie: «Mais les coiffeurs existent. S'il est dans cet état c'est qu'il ne vient pas me voir! 

«Exactement, dit le client, c'est comme pour Dieu, voilà ce qui arrive quand les gens ne vont pas à Lui, ne croient ni à Ses soins, ni à son Secours.Il y a de la douleur et des malheurs dans le monde.

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