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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 19:36

Le peuple des oiseaux disparaît lentement, année après année.

Combien d’oiseaux encore pouvons-nous voir ?

Pouvons-nous seulement les dénombrer ?

C’est une question théologique, expliquait malicieusement l’écrivain Jorge Luis Borges : « Je ferme les yeux et je vois un vol d’oiseaux. La vision dure une seconde, peut-être moins. Leur nombre était-il ou non défini ?

Le problème enveloppe celui de l’existence de Dieu.

Si Dieu existe, le nombre est défini, car Dieu sait combien d’oiseaux j’ai vus. Si Dieu n’existe pas, le nombre n’est pas défini, car personne n’a pu en faire le compte.

Dans ce cas, j’ai vu un nombre d’oiseaux, disons, inférieur à dix et supérieur à un, mais je n’ai pas vu neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois ni deux oiseaux. J’en ai vu un nombre compris entre dix et un, qui n’est ni neuf, ni huit, ni sept, ni six, ni cinq, etc.

Ce nombre entier est inconcevable ; donc, Dieu existe. » (Jorge Luis Borges, L’Auteur et autres textes, Gallimard).

Si Dieu n’existe pas… donc Dieu existe. Mais à condition de ne jamais pouvoir donner le nombre défini d’oiseaux que nous avons vus.

Or aujourd’hui, nous sommes condamnés à devoir donner un nombre le plus défini possible d’oiseaux car nous savons qu’ils disparaissent et que leur disparition signifierait alors que nous ne pourrions plus nous interroger sur le nombre du vivant, et que la question de l’existence de Dieu tomberait d’elle-même…

Nous serions bien seuls et privés de tout questionnement.

Dieu existe tant que nous pouvons nous interroger indéfiniment sur le nombre du vivant, semble dire Borges, c’est-à-dire sur le mystère de sa présence comme nombre. Or il y a bien un nombre défini d’oiseaux mais ce nombre aujourd’hui est devenu le signe alarmant de notre propre détresse.

Nous sommes condamnés à devoir compter les oiseaux que nous voyons parce que bientôt, si nous n’agissons pas, nous ne pourrons plus les compter, ou si peu, que, sans doute, nous devrons affronter la question de notre propre existence…

Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme.

Plus de 600 millions d’oiseaux ont disparu en Europe depuis les années 1980 (selon le récent décompte de la BirdLife International, la Royal Society for the Protection of Birds et la Société tchèque d’ornithologie, à partir de données récoltées entre 1980 et 2017 sur 378 espèces d’oiseaux natifs de l’Union européenne).

Il ne s’agit pas d’espèces particulièrement rares, mais bien d’oiseaux communs, comme le moineau domestique, la bergeronnette printanière, l’étourneau sansonnet et l’alouette des champs.

Villes et campagnes sont touchées.

Les causes de cette catastrophe sont connues : le développement d’une agriculture intensive et de l’emploi massif de pesticides, la disparition des insectes, l’urbanisation bruyante et lumineuse, la pollution croissante de l’atmosphère et des eaux, les effets du réchauffement climatique.

Les oiseaux doivent composer avec tous ces facteurs. Beaucoup disparaissent purement et simplement, et d’autres tentent de migrer vers le nord pour continuer de vivre à une température qui leur convient.

Et cette situation n’est pas propre à l’Europe évidemment, plus de trois milliards d’oiseaux ont disparu depuis 1979 en Amérique du Nord.

Comprenons bien l’apologue : tant que je peux m’interroger indéfiniment sur le nombre d’oiseaux que j’ai vus dans le ciel, l’espérance est possible ; mais si j’en viens à devoir donner un nombre défini d’oiseaux parce que leur disparition rend impossible leur « indéfinité », l’espérance recule.

Nous nous préparons un monde bien silencieux, et dans lequel compter ne voudra plus rien dire sinon signifier notre propre et terrifiant silence.

La vraie leçon : le nombre du vivant doit rester indéfini sinon c’est notre propre décompte final qui s’enclenche.

Frédéric Boyer, écrivain

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 19:30

 

Cette vierge aux lignes byzantines, les croisés l'auraient rapporté d'Orient par Guillaume de Peyre entre entre 1212 et 1222, où les moines du mont Carmel, héritiers d'Elie, l'auraient sculptée dans un bois très dur, (peut-être de l'olivier), "dans le culte de la vierge-mère. Elle est datée pourtant du XIème siècle.

Assise sur un siège d'époque récente, drapée dans une robe aux plis harmonieux, elle tend les bras en avant. tout le corps était peint en rouge, seule la tête et le cou sont recouverts d'un vernis noir.

Elle apparait dans l'histoire dès 1249: Randon de Chateauneuf rend hommage à l'évêque Odilon de Mercoeur devant " l'altar de Madona Santa Maria, en la gleiza de Mende ".

Deux fois elle fut sauvée de la destruction. En 1579, quand les Huguenots eurent pris Mende, une vieille femme aurait eu l'astuce de demander "cette vieille souche de bois" pour son feu aux soldats de Merle qui allaient la brûler.

Le 8 décembre 1793, les révolutionnaires la jetèrent à bas de son trône pour faire monter sur l'autel la déesse raison. Après la fête, une femme vint ramasser la statue oubliée et l'emporta, furtivement, sous son manteau.

Le 15 août 1894, on lui fit quitter sa chapelle (chapelle des mariages qui fut plus tard celle de Saint Roch) pour l'installer à nouveau sur le maitre-autel.

Revenue à sa chapelle en 1960, depuis que le maitre-autel n'est plus qu'une simple table .

Un nombre impressionant de reliques sont cachées entre ses deux épaules, dans une cache-reliquaire,ce qui est presque unique chez les vierges noires. L'inventaire canonique de 1857 en donne le détail:

Cheveux de la vierge, parcelles de ses vêtements, de son tombeau, fragments de la vraie-croix, sans oublier des restes des Saints Pierre, André, Paul, Martial, Denis, Jacques...

lozere_012Pour le cinquantenaire de son couronnement, en 1946, l'ancien curé de Mende écrivit ces lignes:

" Les 15 Madones Lozériennes les plus marquantes étaient les invitées de Notre-Dame de Mende: les unes venues en personne, comme celle de la Carce (Marvejols), de tout pouvoir (Langogne), de Pitié (Saint chély); d'autres, trop lourdes pour se déplacer, s'étaient fait représenter: ainsi les vierges du rocher (Meyrueis et Serverette) ou de la sentinelle (Nasbinals).

Les madones de Quézac, de Nogaret, de la Malène étaient là; celle du bon-secours (les Salelles), de Beaulieu (Paulhac), de la Salette (Saint-Privat de Vallongue), de toutes grâces (Cheylard l'évêque) et enfin celle de Bouldoire, la dernière mais non la moins ancienne. Toutes assistaient à cette parade, qui eut étonnée nos aïeux du moyen-äge, habitués pourtant aux processions de reliques et aux rassemblements de prélats."

On ne saura jamais ce qu'est devenu son fils.....

Vierges noires

Notre-Dame de Courpiere 2 Notre-Dame ? Forez ND de Vollore Nonette_27 Notre-Dame du Pont de Saint-Floret ND de Mailhat Palais Saint-Pierre musée vierge noire Saint-Flour 1 Notre-Dame d'Usson Notre-Dame de Chalus dorres Tindari Tindari 2 Odeillo Montserrat Paris Sainte-Marie des Chazes Saugues Colamine Moussages Beaulieu Heume-l'Eglise Vernols Orcival Clermont ND de la Bonne Mort Clermont, Roche-Charles Beaune Dijon musée archéologique Dijon Velars-sur-Ouche Vievy Lantenay Saint-Saturnin ND Chalet Prats-de-Mollo Saint-Michel de Cuxa Saint-Michel de Cuxa Saint-Martin du Canigou Cases-de-Pène Vinça Espira de Conflent Corneilla de Conflent Thuir Amélie-les-Bains Coulandon Chazeuil Taxat-Senat Vernouillet Vernusse Garde-Adhémar Garde-Adhémar Vauclair Manosque Vassivière Besse en Chandesse Ronzières Le Puy Rocamadour Montserrat Meymac Conques (Sainte Foy) Clermont-Ferrand (ND de la Bonne Mort) Saint-Gervazy Valfleury Marsat photos_par_rem_520 photos_par_rem_521 Le Puy

 
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13 mai 2022 5 13 /05 /mai /2022 19:30

Le samedi de la cinquième semaine de carême, l’Église d’Orient célèbre l'Hymne Acathiste de sa Très Sainte Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie en souvenir des événements qui marquèrent Constantinople (aujourd’hui Istanbul, en Turquie) au temps d’Héraclius.

En ce temps-là, des troupes innombrables venues d’Europe centrale avec leurs généraux païens, firent irruption par l'Ouest jusqu'à Constantinople, en poussant des cris blasphématoires contre Dieu.

La mer fut couverte de navires, la terre ferme se remplit de fantassins et de cavaliers.

Alors le Patriarche Serge exhorta le peuple de Constantinople à ne pas se laisser abattre, mais à reporter de tout cœur toute son espérance sur Dieu et sur Sa Mère, la Divine Génitrice Tout-Immaculée.

Le Patriarche, avec tout le peuple, porta en procession l'icône de la Mère de Dieu en haut des remparts, pour assurer leur résistance, avec l'Icône du Christ « non-peinte-de-main-d’homme ».

Des barques pleines de soldats furent dirigées contre l'église Notre-Dame des Blachernes (à Constantinople), mais une violente tempête secoua la mer à l'improviste, et cette flottille fut mise en pièces.

De la rive des Blachernes, la Mère de Dieu repoussa tous les assaillants.

Et le peuple reconnaissant de Constantinople, rendant grâces à la Mère de Dieu, lui chanta une hymne toute la nuit, sans s'asseoir (Acathiste), puisqu'elle n'avait pas cessé elle-même de veiller sur eux et qu'avec une surnaturelle puissance elle avait remporté la victoire sur les ennemis.

En souvenir de ce prodige, l'Église a pris l'habitude de consacrer cette fête à la Mère de Dieu, en ce temps de l'année où elle donna la victoire.

Et on l'appelle Acathiste, puisque c'est debout qu'elle fut alors célébrée par le clergé de la ville et par tout le peuple.

D’après le « Triode de carême »
Diaconie Apostolique 1993

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