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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 23:50

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Le livre de Raziel

Une légende juive qui remonte à la nuit des temps apparaît pour la première fois dans le livre d'Hénoch XXXIII (1). Il y est dit que l'Éternel a écrit un ou des livres de sagesse (ou selon une autre version, qu'il les a dictés à Hénoch), contenant tous les secrets de l'univers.

Par la suite il a ordonné à deux anges, Semil et Raziel, de raccompagner Hénoch du ciel à la terre, lui ordonnant de remettre ce ou ces livres à ses enfants et aux enfants de ses enfants, afin que dans les heures de doute les générations à venir puissent y trouver les réponses aux questions fondamentales qu'ils viendraient à se poser.

Telle serait l'origine du « livre de Raziel ».

Selon une autre version, le livre fut donné par l'ange Raziel à Adam. De celui-ci il passa à Noé, Abraham, Jacob, Lévi, Moïse et Josué, pour arriver enfin à Salomon.

Salomon aurait ainsi acquis une grande part de sa sagesse légendaire de même que sa puissance par la connaissance de ce livre sacré, qui, toujours selon la tradition, aurait été gravé dans du saphir. Ce qui laisserait supposer que ce livre n'aurait été destiné qu'à certains personnages élus, qui auraient eu pour mission de conduire l'humanité vers la lumière.

On lit aussi dans le targum (2) sur l'Ecclésiaste X, 20 : « Chaque jour, l'ange Raziel se tient sur le mont Horeb (nom que les plus anciennes traditions bibliques donnent au Sinaï) et proclame les secrets des hommes pour toute l'humanité, et sa voix se répercute dans le monde entier. (3) »

[...]

Le livre d'Hénoch

En hébreu, Hanôk. En grec Hénoch. La signification du nom est incertaine. Le mot est rapproché parfois du cananéen hanaku, « suivant », « adepte », d'une racine hnk, documentée en palmyré-nien avec le sens de « dédier », ou de l'égyptien hvmkt, qui évoque le sacrifice pour la pose d'une pierre de fondation.

La tradition sacerdotale recueillie dans la Genèse et retenue dans les Chroniques inscrit le personnage dans la descendance de Seth. Il est le fils de Yered et le père de Mathusalem, ce qui lui vaut de figurer dans la généalogie du Christ, selon Luc, 6. Après une vie de 365 ans, l'Éternel, avec qui il a constamment marché, l'enleva de cette terre (Gn. V, 18-24).

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Le Siracide (l'Ecclésiastique) le célèbre et toute une littérature apocryphe importante se réclame de son patronage.

Selon la tradition yahviste, les Fils de Dieu furent envoyés sur terre pour enseigner à l'humanité la vérité et la justice. Pendant trois cents ans ils enseignèrent à Hénoch tous les secrets du ciel et de la terre. Plus tard, cependant, ils convoitèrent les mortels et se souillèrent par des relations sexuelles.

Hénoch a consigné non seulement leurs enseignements divins, mais aussi leur disgrâce ultérieure. Avant leur fin, ils en étaient à posséder indifféremment vierges, femmes mariées, hommes et bêtes. Le sage et vertueux Hénoch monta au ciel, où il devint le principal conseiller de Dieu, connu depuis lors sous le nom de « Métatron ».

Dieu posa sa propre couronne sur la tête d'Hénoch, et le dota de soixante-douze ailes et d'une multitude d'yeux. Sa chair fut changée en flamme, ses muscles en feu, ses os en braises, ses yeux en torches, ses cheveux en rayons de lumière, et il fut environné d'orage, de tourbillons, de vent, de tonnerre et d'éclairs.

D'autres cependant font des Fils de Dieu des descendants fidèles de Seth, et des Filles des hommes des descendantes pécheresses de Caïn ; expliquant que, lorsque Abel mourut sans enfant, l'humanité se partagea bientôt en deux tribus : les Caïnites qui, mis à part Hénoch, étaient entièrement mauvais, et les Séthites qui furent entièrement justes.

Les Séthites habitaient une montagne sacrée à l'extrême nord, près de la grotte au Trésor certains y voient le mont Hermon. Les Caïnites vivaient de leur côté dans une vallée à l'ouest. De nombreux Séthites firent le vœu de céli-bat, à l'exemple d'Hénoch, et menèrent une vie d'anachorète.

En contraste, les Caïnites se livrèrent à une débauche effrénée, chacun ayant au moins deux femmes : la première pour avoir des enfants, la seconde pour assouvir sa convoitise. Celle qui avait les enfants vivait pauvre et délaissée, comme une veuve ; l'autre était obligée de boire une potion qui la rendait stérile - après quoi, parée comme une prostituée, elle apportait à son mari le divertissement de la volupté.

Le livre d'Hénoch éthiopien ou Premier livre d'Hénoch est un livre attribué à ce patriarche antédiluvien « enlevé par Dieu ». C'est un recueil de traditions apocalyptiques originellement indé-pendantes et provenant d'époques échelonnées entre le IIe siècle av. J.-C. et la moitié du Ier siècle ap. J.-C.

Ces traditions ont été écrites à l'origine en araméen et en hébreu. L'ouvrage est divisé en cinq parties sans aucune relation logique : le livre des Veilleurs, le livre des Paraboles, le Livre astronomique, le livre des Songes et l'épître d'Hénoch. L'œuvre nous est parvenue en fragments grecs, en fragments araméens (11 manuscrits trouvés à Qumrân) et, dans son intégralité, en version éthiopienne. On admet en général que le texte éthiopien est une traduction du grec.

Si un tel Hénoch échappe bien sûr à l'histoire, il y projette pourtant la gloire rayonnée par l'exceptionnel destin que lui reconnaît le texte biblique après qu'il eut longuement vécu de manière aussi parfaite qu'il est humainement possible - ce dont rend compte l'auteur sacré en lui accordant « 365 ans » sur terre, et en relevant qu'il « marcha avec Dieu », il « disparut car Dieu l'avait enlevé ».

Cet « enlèvement », manifestement tenu pour différent de celui qu'implique la mort de tout homme ordinaire, trouvera une réplique plus imagée dans le récit de la disparition d'Elie, « enlevé par Yahvé » au terme de son ministère terrestre.

enochAutant que le prophète, le patriarche de la plus antique tradition reste dans tous les âges le héros du mystère dont la révélation est ainsi suggérée : le juste, récompensé par l'exemption des affres de la mort, est admis, bien en vie par élection divine, à contempler les réalités célestes.

Aux derniers siècles de l'ère ancienne, l'Ecclésiastique célèbre l'exemple d'Hénoch (Ecc. XLIV, 16; XLIX, 14, 16). Et selon les versions, dans le Nouveau Testament, l'épître aux Hébreux en tire leçon.

1. Version slave, elle-même inspirée de la traduction grecque.

2. Chacune des traductions de l'Ancien Testament en langue araméenne faites après la captivité de Babylone à l'usage des juifs qui ne comprenaient plus l'hébreu.

3. Il existe un prétendu livre de Raziel, datant des environs du XIIe siècle, œuvre probable du cabaliste Eléazar ben Judah de Worms, mais il contient des croyances mystiques bien plus anciennes.

Gilbert Sinoué

Annexe au roman Le livre de saphir

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 23:50

 

croix.jpg

Le signe en forme de croix tracé sur le front est un des rites les plus antiques de l'Eglise. Comme pour la plupart de ceux-ci, il pose bien des énigmes à celui qui entreprend de rendre compte de sa pratique et de son développement au cours de l'histoire. Le lecteur jugera s'il est possible, en rassemblant, comme ici, des renseignements épars dans la littérature patristique et liturgique, et en collationnant des études savantes, de parvenir à une vision moins imprécise. Cet exorde avoue suffisamment notre ignorance de bien des aspects du sujet abordé. été, parmi d'autres, une pomme de discorde entre les églises orthodoxes et l'occident latin.

Rien ne serait plus détestable que de reproduire et de prolonger les vaines et subjectives considérations d'une mauvaise apologétique. La question, en effet, n'est pas de savoir si l'on doit se signer à main ouverte, avec deux ou trois doigts, de droite à gauche ou inversement, ni même d'évaluer les justifications théologiques a posteriori de telle ou telle pratique. Il s'agit bien plutôt d'examiner si celui qui se signe participe par cet acte, de façon vivante, à la présence du Crucifié-Ressuscité. 

Communie-t-il à ce don avec une foi et un amour qui le portent à partager le sort du Serviteur pour parvenir en Lui à la Gloire? L'honneur et la dignité du signe de la croix est le bienfait spirituel que l'on en tire et non ses règles d'accomplissement.

Cela est d'autant plus vrai que la signation, comme geste, n'est pas spécifiquement chrétienne. Pas plus d'ailleurs que la forme de la croix, symbole de spécifiquement chrétienne. Pas plus d'ailleurs que la forme de la croix, symbole de bonheur que l'on retrouve sur des sceaux, des pendentifs, des stèles bien avant l'ère chrétienne. 

Ce fait, cependant, ne permet pas de conclure que les fidèles du Christ auraient emprunté aux cultes païens. Ils se sont plutôt montré les héritiers de la tradition messianique juive, comme nous allons le voir. Aussi convient-il, avant d'étudier le signe de la croix, le Tau, de s'attarder un peu sur le signe du Tav. 

Le signe du Tav

Il semble que, dans les toutes premières communautés judéo-chrétiennes les fidèles traçaient sur leur front une marque qui évoquait autre chose que le bois de la croix. En effet, le livre d'Ezéchiel annonce que les membres de la communauté messianique seront marqués au front du signe du Tav.

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Le Tav hébreu, dernière lettre de l'alphabet, désigne Dieu à la manière dont l'Oméga le fait en grec.

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Cette lettre Tav pouvait, au temps du Christ, être représentée par le signe + ou le signe x. Nous pouvons donc penser que le signe d'Ezéchiel en forme de croix, le sceau (sjragis), est bien le Nom du Père.

Ainsi, les premiers chrétiens, majoritairement d’origine juive, étaient marqués au front d’un Tav désignant le Nom de Yahwé au jour de leur baptême. La formule de saint Luc : "Celui qui ne porte pas sa croix et ne me suit pas, ne peut être mon disciple" peut comporter une allusion liturgique au Tav en forme de croix marqué sur le front. 

Cet usage chrétien du Nom de Yahwé ne paraîtra étrange qu'à ceux qui oublient que dans la communauté chrétienne primitive, comme le confesse une homélie du deuxième siècle, "le Nom du Père est le Fils." Déjà, dans l'Apocalypse, le saint apôtre, évangéliste et théologien Jean voyait 144.000 personnes" qui avaient le Nom de l'Agneau et celui de son Père écrits sur le front."

Le Tav des premiers Chrétiens désignait le Verbe-Nom du Père, et signifiait qu'ils lui étaient consacrés.

Lorsque les communautés devinrent majoritairement grecques, le Tav devint Tau et fut naturellement interprété autrement. Il fut compris comme la croix du Christ d'autant plus aisément que de nombreux passages des épîtres de saint Paul la mentionnent à la fois comme un sujet de gloire pour le chrétien et comme l'emblème de la rédemption de l'homme. Le signe de la croix est apparu à l'origine non comme une allusion à la passion du Christ, mais comme une désignation de la Gloire divine révélée dans le Verbe. Même lorsqu'il sera référé à la croix sur laquelle est mort le Christ, celle-ci sera considérée comme l'expression de la puissance divine qui agit par cette mort. Les quatre bras de la croix montreront le caractère cosmiquede cette action salvatrice. 

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Lorsque les communautés devinrent majoritairement grecques, le Tav devint Tau et fut naturellement interprété autrement. Il fut compris comme la croix du Christ d'autant plus aisément que de nombreux passages des épîtres de saint Paul la mentionnent à la fois comme un sujet de gloire pour le chrétien et comme l'emblème de la rédemption de l'homme. Le signe de la croix est apparu à l'origine non comme une allusion à la passion du Christ, mais comme une désignation de la Gloire divine révélée dans le Verbe. Même lorsqu'il sera référé à la croix sur laquelle est mort le Christ, celle-ci sera considérée comme l'expression de la puissance divine qui agit par cette mort. Les quatre bras de la croix montreront le caractère cosmique de cette action salvatrice.

[...]

Si la signation du front était la pratique générale des premiers chrétiens, elle ne fut pas cependant exclusive. En effet, au IIème siècle, les Odes de Salomon ainsi que Justin font allusion à un signe de croix sur le visage. Sans doute s'agit-il là d'une autre façon de faire mémoire du baptême. En effet, dès les premiers siècles, les adultes candidats à l'Illumination faisaient l'objet de nombreux exorcismes dans lesquels le ministre accompagnait ses adjurations soit de l'imposition des mains, soit du signe de la croix tracé sur le front, les oreilles et les narines.

[...]

 La signation est devenue une protestation d'orthodoxie. 

Cela permet de comprendre que les fidèles aient préféré l'accomplir de façon bien visible, ce qui supposait un geste bien plus large qu'une petite croix sur le front. Un unique grand signe de croix sur le corps, à la manière ambrosienne, remplaça les multiples petits. 

Cette manière nouvelle de comprendre la signation, comme geste attestant la foi juste, permet aussi de saisir pourquoi, une fois la querelle monothélite apaisée, l'église grecque introduisit l'usage de se signer avec trois doigts en l'honneur de la sainte Trinité.

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Sans doute exprimait-on là le sentiment, par un retour à la tradition originelle, que l'identité du chrétien trouvait sa source et sa densité dans sa relation à la Trinité sainte, puisqu'il était baptisé "Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit." Car il est fort probable que dès l'antiquité, bien que nous n'en ayons aucun témoignage, certains aient accompagné leur signation de la formule baptismale. Cette manière de se signer à trois doigts deviendra progressivement générale. Elle sera commune à l'orient et à l'occident, comme nous le verrons plus loin, au début du douzième siècle.

[...]

Luc de Tuy, écrit : "une question se présente concernant le signe de la croix, si, lorsque les fidèles font le signe de la croix sur eux-mêmes ou sur d'autres, la main doit se diriger de gauche à droite ou de droite à gauche. A quoi nous répondons, selon ce que nous croyons et tenons loyalement, que les deux méthodes sont toutes deux bonnes, toutes deux saintes, toutes deux aptes à surmonter la puissance de l'ennemi ; pourvu seulement que la dévotion du chrétien en fasse usage avec la simplicité catholique.

[...]

Nous pouvons donc dire que, dans la manière de se signer, une lente évolution s'est accomplie en occident du VIII ème au XIII ème siècle. L'innovation de se signer de gauche à droite devenant peu à peu l'usage courant sans que la hiérarchie s'en alarme. 

[...]

L'histoire de la signation ne s'arrête pas, bien sur, au XIV ème siècle.

Même si les règles générales de son accomplissement sont désormais fixées dans des traditions différentes en orient et en occident, dans chacune d'elles, la piété des fidèles ou leur tempérament national n'a pas manqué de les assortir de quelque originalité.

[...]

signe-de-croix03.jpg

Les églises orthodoxes montrent, elles aussi, de notables différences, et cela au point que, à la manière de se signer, on peut reconnaître la nationalité des fidèles. L'immense signe de croix russe accompagné d'une profonde inclinaison du corps diffère autant du triple petit balayage pectoral grec conclu par un coup sur la poitrine que du signe de croix latin.

Hiéromoine Nicolas (Molinier)

http://eocf.free.fr/compression/signe_croix.pdf

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 23:00

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Le 7 janvier 2015, des rafales de kalachnikov ont foudroyé des hommes qui avaient comme armes des mots et des dessins dans leurs journaux. Terrible désastre dans cette salle de presse, sanctuaire de la déesse et sacro-sainte Liberté.
Toute l'artillerie policière a déployé sa force et resserré son étau sur ceux que l'on appelle à juste titre " les barbares", dont deux frères, devenus les parias de France et du monde entier.
Des funérailles nationales rendront hommage, entre gens "civilisés", aux victimes de cet acte odieux.
Des témoignages, par delà les océans, affluent pour soutenir les charlies " innocents" de tous les continents.

Quelque part, dans un bled oublié, de l'autre côté de la Méditerranée, j'ose espérer qu'un vieil oncle, ou un cousin, pleurera la mort des meurtriers, ces deux frères orphelins.

Quelle galère, quel parcours ensanglanté, quelle haine, quel mépris, quelles humiliations hélas quotidiennes et "banales", quel racisme ordinaire, ont conduit ces enfants d'Algérie dans la spirale infernale?
Les paroles blessantes, la cruauté raffinée des hommes civilisés, ont semé dans leur coeur la sauvage et inacceptable violence.

Qui suis-je, Charlie-le chatouilleux sur le chapitre de mes convictions-, arrogant et sûr de moi, me croyant libre et incroyant? Qui suis-je pour rire et me moquer des autres chatouilleux, qui s'accrochent à leur croyance?

Qui sont ceux de l'autre camp, ceux qui répandent la terreur? Qui les a écartés des quartiers "propres" quand ils étaient enfants? Qui les a instruits? La Syrie, le Yémen! 
Et la France? Leur a-t-elle fourni d'autres armes que la violence, quand son président Sarkozy les a traités de "racaille", dont il fallait nettoyer les quartiers au karcher?
Leur a-t-elle fourni les armes que chaque citoyen digne de ce nom, donne à ses enfants, en les aimant? Eux, n'ont pas eu cette chance, tristes héros, marionnettes vides au cerveau lobotomisé, coupés de leurs racines,qui hurlent leur non-existence à coups d'explosifs et de grenades.

Qui suis-je, moi Charlie, pour être si sûr de moi, qui me vois si juste et si libre?
Qui suis-je pour oublier le sens du sacré et pour humilier ceux qui l'ont gardé?
J'ai oublié qu'on ne rit pas de tout. J'ai oublié que tout n'est pas permis.

Non, je ne suis pas Charlie. J'aime le Christ qui me montre comment retourner les valeurs du monde: "Il renverse les puissants de leur trône et Il élève les petits", Il aime ses ennemis.
Et pour cette raison,le Christ, je ne veux pas que l'on s'en moque.

Que l'on soit bouddhiste, hindou, chrétien, juif, musulman,,athée, agnostique, nous pouvons nous enrichir les uns les autres grâce aux mille facettes que revêt notre merveilleuse diversité de langues et de dons, sans prosélytisme, sans arrogance, sans fanatisme.

Oui, je suis pour la liberté et pour la libre-pensée, large, généreuse, qui fait grandir les enfants dans le respect des différences. Qui les éduque dans toutes les écoles du monde entier, liberté qui, surtout, est mise en pratique au delà des belles paroles et des philosophies!

Je pleure pour les Charlies, mes frères assassinés et je pleure aussi pour les autres, morts la haine au coeur, pour qui personne ne pleure.

Que toutes ces victimes ne soient pas mortes pour rien. Que nos erreurs historiques, collectives et individuelles qui ont conduit à ces désastres, nous poussent à ce retournement subversif, révolutionnaire, l'éveil des consciences, auquel nous invitent toutes les traditions authentiques, qu'elles soient laïques ou religieuses.

Françoise Mol

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