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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 23:39

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Le cycle de l'année liturgique dans l'Eglise catholique

De même qu'il existe une année légale ou civile commençant le 1er janvier, il y a pour l'Église une année appelée « liturgique », qui commence ce dimanche avec le temps de l'Avent .

Dès l'Ancien Testament, le temps liturgique est en relation avec l'action de Dieu dans l'histoire humaine. La Bible énonce que Dieu est à l'origine du temps et de ses rythmes (Genèse 1 à 3). Mais la Bible est aussi le récit de l'intervention de Dieu dans l'histoire d'un peuple particulier, le peuple hébreu. Au livre de l'Exode apparaît la célébration de la Pâque, mémoire de la fin de la servitude du peuple de Dieu en Égypte (Exode 12, 14 et 42). Cette célébration, annuelle, rend présente à chaque génération la libération des Hébreux. La liturgie actualise ainsi et rend présente l'action de Dieu dans l'histoire pour sauver son peuple.

L'Église de même, par la liturgie, actualise le mystère du Christ. « Dans le christianisme, écrit Jean-Paul II dans la lettre apostolique Tertio millennio adveniente (1994), le temps a une importance fondamentale. C'est dans sa dimension que le monde a été créé, c'est en lui que se déroule l'histoire du Salut qui a son apogée dans la "plénitude du temps" de l'Incarnation, et atteint sa fin dans le Retour glorieux du Fils de Dieu, à la fin des temps. En Jésus-Christ Verbe incarné, le temps devient une dimension de Dieu qui est en lui-même éternel.

Avec la venue du Christ, commencent les "derniers jours" (cf. Hébreux 1, 2), la "dernière heure" (1 Jean 2, 18), avec elle commence le temps de l'Église qui durera jusqu'à la Parousie... Chaque année, chaque jour, chaque moment est inclus dans l'Incarnation et la Résurrection du Christ pour se retrouver ainsi dans la Plénitude du temps.

C'est pourquoi l'Église, elle aussi, vit et célèbre la liturgie dans l'espace d'une année. L'année solaire est ainsi imprégnée par l'année liturgique qui reproduit en un sens tout le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption en commençant par le premier dimanche de l'Avent pour se terminer par la solennité du Christ-Roi, Seigneur de l'univers et de l'histoire. Chaque dimanche rappelle le jour de la Résurrection du Seigneur. » 

Comment s'organise l'année liturgique?

La constitution Sacrosanctum concilium de Vatican II sur la liturgie dit :

« L'Église, chaque semaine, au jour qu'elle a appelé le Jour du Seigneur, fait mémoire de la Résurrection du Seigneur qu'elle célèbre encore une fois par an, en même temps que sa bienheureuse Passion, par la grande Solennité de Pâques. Elle déploie tout le mystère du Christ pendant le cycle de l'année, de l'Incarnation et la Nativité jusqu'à l'Ascension, jusqu'à la Pentecôte et jusqu'à l'attente de la bienheureuse espérance et de l'avènement du Seigneur. » 

Autrement dit, l'année liturgique est le déploiement sur une année de la phrase prononcée lors de chaque messe : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta Résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. » 

L'année liturgique est ainsi structurée par les grandes fêtes qui reprennent l'ensemble du mystère du Christ. Elle commence le premier dimanche de l'Avent et finit chaque année avec la fête du Christ-Roi (un des derniers dimanches de novembre). Mais le centre de l'année liturgique est la célébration de la Résurrection.

Comment a été établi le calendrier liturgique?

Le calendrier liturgique catholique aide la communauté chrétienne à vivre les grands événements de la vie et de l'enseignement du Christ. Ce calendrier a beaucoup évolué au fil des siècles. Il s'était progressivement alourdi avec l'augmentation des célébrations de saints, avant d'être simplifié, notamment par le concile Vatican II (1962-1965).

Ce cycle est rythmé par les grandes fêtes (Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte, Assomption, Toussaint) et les temps de préparation : l'Avent qui prépare à Noël, et le Carême qui prépare à Pâques. Le temps ordinaire est, lui, réparti sur deux périodes : du lendemain de la fête du Baptême du Seigneur au mercredi des Cendres, puis du lendemain de la Pentecôte à l'Avent. Le calendrier prend aussi en compte les fêtes de la Vierge et des saints, pour aider les chrétiens à vivre de leur exemple et de leur intercession tout au long de l'année.

Pourquoi les fêtes ne sont-elles pas toutes célébrées à dates fixes ?

Certaines fêtes sont célébrées à dates fixes : Noël, l'Assomption, la Toussaint. D'autres connaissent des dates mobiles : Pâques, l'Ascension, la Pentecôte. La difficulté du calendrier liturgique tient en effet à ce qu'il conjugue deux cycles superposés : le temporal et le sanctoral.

Le cycle du temporal détermine la succession des temps liturgiques. Il est essentiellement mobile, dans la mesure où il prend appui sur les dimanches. Le cycle du sanctoral, lui, comprend les dates auxquelles l'Église fête les grands événements de la vie du Christ, mais aussi de la Vierge et des saints, en premier lieu les Apôtres et les martyrs.

Les fêtes mariales sont apparues dans le calendrier liturgique à partir du IVe siècle, surtout après le Ve siècle et le concile d'Éphèse (431) qui a défini Marie comme Mère de Dieu. Parmi les principales, la solennité de la Mère de Dieu est célébrée actuellement le 1er janvier, huitième jour après Noël. La fête de l'Assomption, le 15 août, est ancienne, même si le dogme en a été défini en 1950.

L'Immaculée Conception (8 décembre), a été définie de façon précise en 1854. Neuf mois plus tard, la Nativité de Marie (8 septembre) revêt une grande importance dans les traditions orientales. Enfin, la Visitation de Marie à Élisabeth est célébrée le 31 mai.

Au sein du calendrier liturgique, l'Église distingue encore les fêtes universelles, célébrées par l'ensemble du monde catholique, et les fêtes particulières à une ville, un diocèse, un pays, une région du monde ou une famille religieuse. Les jours de l'année sont classés par ordre d'importance décroissante : solennité, fête, mémoire obligatoire, mémoire facultative, férie.

La Croix du samedi 02/12/2006

Le schéma type d'une année liturgique.

Le temps liturgique s'organise de la manière suivante :

- Du 1er dimanche de l'Avent à la veille de Noël : temps de l'Avent, de l'attente et du désir, qui conduit à Noël, célébration de la naissance de Jésus, Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme.-

- De Noël au Baptême du Seigneur : temps de Noël, pour célébrer la manifestation (« épiphanie ») de Dieu parmi les hommes, qui s'achève par la célébration du Baptême du Christ.

- Entre le Baptême du Seigneur et le mercredi des Cendres : temps ordinaire.

- Du mercredi des Cendres à la veille de Pâques : temps du Carême (40 jours), période de pénitence et de conversion, moment fort de préparation des catéchumènes que l'Église accompagne sur le chemin du baptême à Pâques. Le Carême s'achève avec la Semaine sainte, du dimanche des Rameaux et de la Passion au dimanche de Pâques.

- De Pâques à la Pentecôte : temps pascal (50 jours) jusqu'à la Pentecôte, où les chrétiens célèbrent le don de l'Esprit Saint qui, promis par Jésus (Jn, 14-16), continue à œuvrer dans l'Église et en chacun des croyants

- Entre la Pentecôte et l'Avent : temps ordinaire. De dimanche en dimanche est célébré le mystère de la Pâque... jusqu'au nouveau cycle liturgique qui commence le premier dimanche de l'Avent.

Les couleurs liturgiques

À chacun de ces temps correspond une couleur : violet pour l'Avent, blanc et or pour le temps de Noël, vert pour le temps ordinaire, violet à nouveau pour le Carême, rouge pour le dimanche des Rameaux, blanc et or le Jeudi saint, rouge le Vendredi saint, blanc et or durant tout le temps pascal, rouge pour la Pentecôte, vert pour tout le temps ordinaire. Quant aux fêtes, on utilise notamment le blanc et or pour la Transfiguration, l'Assomption et la Toussaint, et le violet pour la commémoration des fidèles défunts (2 novembre).

Trois années:  A,B,C

On distingue trois « années liturgiques », cotées A, B et C.

Les lectures de l'évangile du dimanche sont généralement tirées de l'Évangile de Matthieu durant l'année A, de l'Évangile de Marc en année B et de l'Évangile de Luc pour l'année C - ce qui sera le cas de la nouvelle année liturgique, du 3 décembre 2006 au 25 novembre 2007.

L'Évangile de Jean structure le temps pascal et marque d'autres fêtes de l'année.

Le cycle de l'année liturgique dans l'Eglise orthodoxe occidentale

Il n'y a qu'une seule "année liturgique". 

Les liturgies du dimanche ont toujours le pas sur les liturgies du sanctoral (calendrier des fêtes des saints qui comportepour les plus grands d'entre eux des offices qui leurs sont dédiés) sauf s’il s’agit du saint patron de la paroisse.

Le temps liturgique s'organise de la manière suivante :

- Le jeûne de l'Avent commence le lendemain de la Saint Martin fêté le 11 novembre qui est la date de la fin de l'année liturgique. Le temps de l'Avent commence 7 semaines avant Noël (6 dimanches de l'Avent)

- Du dimanche de la Septuagésime au mercredi des Cendres temps de précarême. (Symboliquement 70 jours avant Pâque à l'image des 70 ans d'exil des hébreux à Babylone)

- Du mercredi des Cendres à la veille de Pâques : temps du Carême (40 jours). Le Carême s'achève avec la Semaine sainte, du dimanche des Rameaux et de la Passion au dimanche de Pâques.

- De Pâques à la Pentecôte : temps pascal (50 jours) jusqu'à la Pentecôte.

- Entre la Pentecôte et l'Avent : temps ordinaire. De dimanche en dimanche est célébré le mystère de la Pâque... jusqu'au nouveau cycle liturgique qui commence le premier dimanche de l'Avent.

La couleur des ornements liturgiques : 

1) Violet : Du premier dimanche de l’Avent à la veille de Noël.

De la septuagésime à la veille de Pâques. Au messes des défunts. Aux messes des malades.

2) Blanc : De Noël au dimanche des Noces de Cana inclus.

De Pâques à la veille de la Pentecôte. Aux fêtes de Notre Seigneur Jésus-Christ. Aux messes de la Mère de Dieu. Aux messes des saints non martyrs.

3) Rouge : Le jour de la Pentecôte et pendant son octave.

A l’Exaltation de la Sainte Croix. A la Toussaint. Aux messes du Saint-Esprit. Aux messes des saints martyrs.

4) Vert : Du premier dimanche après la Pentecôte au dernier samedi après la Pentecôte.

Du lundi après les Noces de Cana au samedi avant la septuagésime.

Fêtes fixes

FÊTE DE LA CIRCONCISION DE NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST 1er janvier

FÊTE DE L'EPIPHANIE DE NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST 6 janvier

FÊTE DE LA SAINTE RENCONTRE 2 février

SOLENNITE DE LA TRANSFIGURATION DE NOTRE SEIGNEUR JESUS CHRIST 6 août

FÊTE DE LA DORMITION ET DE L'ASSOMPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE MERE DE DIEU 15 août

FÊTE DE LA NATIVITE DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE, MERE DE DIEU 8 septembre

SOLENNITE DE L'EXALTATION DE LA SAINTE CROIX 14 septembre 

FETE DE TOUS LES SAINTS 1er novembre

NATIVITE SELON LA CHAIR DE NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST 25 décembre

Il n'y a pas de fête de l'Immaculée Conception.

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 12:02

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Gorze, mars 2014

Chers Amis,

Quelques semaines de carême, ce n'est pas rien et déjà quelques-uns perdent leur graisse, surtout celle de l'âme car c'est cet engraissement de l'ego qui est notre pire ennemi; alors nous travaillons et ça nous laboure…

Où en sommes-nous avec notre ascèse ? Qu'est-ce que nous faisons ? Est-ce que ce que nous avons décidé d'appliquer au début du carême porte ses fruits ? Parce que si nous avons travaillé sérieusement depuis quelques semaines, et bien forcément, il y a des fruits qui se manifestent.

Et le premier fruit que Saint Paul relève, d'une façon étonnante, c'est de dire et d'affirmer d'emblée : « Vous êtes la Lumière ! Conduisez-vous en fils de lumière.» Quelle affirmation ! On pourrait vivre avec elle jusqu’à la fin du carême et jusqu'à Pâques ! Ca suffirait pour nous éveiller à une réalité qui peut-être n'est pas du tout la nôtre.

La question est simple : est-ce que je suis porteur de lumière ? Pour ceux que je croise aujourd'hui, demain, après-demain dans mon quotidien ? Est-ce que je porte un peu de joie et de paix à celui, à ceux que je croise ?

Nous savons tous que nous sortons de certaines rencontres complètement terrassés, sucés, par terre, parce que l'autre nous a vampirisés par ses ténèbres, alors que d'autres rencontres au contraire nous mettent dans cette lumière justement; nous sommes ragaillardis, nous sommes comme habités par un rayon de joie, d'amour, de paix, c'est ça le témoignage.

Mais quand nous ne sommes pas dans cette lumière et chacun peut s'interroger (la réponse est comme un fruit mûr dans notre main), nous savons très bien ce que nous sommes les uns pour les autres.

La Lumière c'est le Christ. Il a dit « Je suis la Lumière ». Alors quelle est la direction ? Quel est mon orient qui m'aimante à chaque instant ? Il faut s'interroger mille fois par jour : où est mon cœur ? À quoi est-il accordé ?

Nous sommes donc invités à la grande écoute intérieure, c'est la méthode que Dieu nous offre Lui-même au début de la Bible. Ecoute ! Et vous avez remarqué que Jésus a aussi fabriqué une béatitude pour Marie, c'est-à-dire l'humanité, chacun d'entre nous. Dans l’Evangile, il y a cette femme au sein de l'assemblée qui tout à coup a eu un coup de foudre pour Jésus.

On sent bien qu'elle est tombée amoureuse en le regardant, en l'entendant parler – cet homme merveilleux – elle est traversée par un coup au cœur et elle dit « Heureuses les mamelles qui t'ont allaitées. » et Jésus lui répond : « Bien plus heureuse encore celle qui écoute la Parole de Dieu et la garde dans son cœur. »

Marie est le modèle du disciple parce qu'elle a la garde du cœur. Elle ne quitte pas cet Orient intérieur. Elle est vraiment notre lumière à nous tous et si nous sommes dans cette écoute profonde, elle deviendra notre mère et nous serons mère à notre tour, parce que ceux qui font cela sont porteurs de Dieu.

Bon carême


Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Venez vivre à Béthanie

 UNE RENCONTRE AVEC BERTRAND VERGELY

(il reste des places pour cette session qui a lieu ce WE)

De la liberté des philosophes à la liberté du Christ.

L’homme a toujours réfléchi au problème de la liberté. C’est ainsi que les philosophes au cours des âges n’ont cessé de chercher une réponse à cette question fondamentale : Sommes-nous libres ? Quelle est leur conception de la liberté et en quoi celle du Christ vient-elle révolutionner la pensée ?

Du 22 mars (9 h) au 23 mars 2014 (17 h)

 Bertrand VERGELY est professeur de philosophie en Khâgne, maître de conférences à l'Institut des Sciences Politiques et auteur de nombreux livres.

Tarif 176 € (jeunes et faibles revenus 132 €)

Pour s'inscrire centre.bethanie@wanadoo.fr

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 23:20


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Pour les prophètes, il est le Roi idéal qu’Israël attend, qui donnera à son peuple la domination universelle et au monde entier la justice et la paix. Aujourd’hui, les Juifs attendent toujours la délivrance promise et considèrent qu’ils doivent œuvrer pour qu’elle advienne

Que signifie le mot « messie » dans l’Ancien Testament ?

Le mot hébreu mashiah signifie littéralement « oint » avec l’huile de l’onction. Dans la Bible hébraïque où il n’apparaît que 38 fois il désigne celui qui a reçu l’onction. « Sur l’oint descend l’esprit de Dieu, écrit Armand Abécassis dans Judaïsmes, de l’hébraïsme aux messianités juives (Albin Michel). Il est saisi par lui pour devenir serviteur permanent en tant que prophète, prêtre, grand prêtre et roi. »

Le mot est d’abord associé aux prêtres, dans les passages sacerdotaux du Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible). Pendant la période royale, il désigne le roi, investi d’une consécration divine. Le terme s’applique aussi aux prophètes. Dans tous les cas, ce sont les prophètes qui se chargent de l’onction, ce qui signifie « qu’il n’y a pas de messie autoproclamé dans le judaïsme », explique David Banon, directeur du département d’études hébraïques et juives de l’université de Strasbourg, professeur invité à l’Université hébraïque de Jérusalem, et auteur de L’Attente messianique, une infinie patience (Cerf).

À quel moment apparaît cette idée ? 

Elle ne se trouve pas dans le Pentateuque, même si, comme le précise David Banon, elle y est « sous-jacente ». Après la destruction du premier Temple (587 av. J.-C.) et l’exil à Babylone, les prophètes vont lui donner « une certaine substance » en offrant à Israël l’assurance d’un avenir, d’une restauration finale.

Quel messie le peuple juif va-t-il attendre ?

Les prophètes qui critiquent les infidélités des rois d’Israël et de Juda réorientent peu à peu l’espérance d’Israël. Le messie devient le Roi idéal qu’Israël attend, un descendant de David sur qui reposera l’Esprit du Seigneur, qui mettra un terme à la domination extérieure et fera advenir des temps nouveaux de justice et de paix (Isaïe 11 notamment). Ce messianisme prendra parfois une dimension eschatologique.

Au temps de Jésus, comment les Juifs vivent-ils cette attente du Messie ?

De manière diverse. Le livre I des Maccabées, vraisemblablement rédigé un peu avant l’an – 100, montre que les Juifs de Judée vivaient dans l’attente, sans doute, d’un nouvel Élie, afin que se réalise la prophétie de Malachie (Ma 3,23-24). Les documents découverts à Qumrân et attribués aux esséniens indiquent que ceux-ci attendaient deux « oints », l’un sacerdotal, l’autre royal et davidique, conformément à l’ordre ancien, bouleversé depuis l’exil de Babylone. Il existait aussi une attente messianique sans messie, où Dieu lui-même combattra pour son peuple et lui apportera le salut eschatologique comme l’annonçait Zacharie (Za 14).

La chute du second Temple va-t-elle modifier la pensée messianique ?

Isaïe prophétise sur l’horizon de la destruction du royaume d’Israël par les Assyriens, Jérémie et Ézéchiel à partir de l’écroulement du royaume de Juda et de l’exil babylonien. Après la destruction du second Temple par les Romains en 70, les rabbins vont chercher à comprendre comment le messianisme peut désormais s’inscrire dans l’histoire. 

Le Talmud – la Loi orale, dont la rédaction s’achève vers l’an 500 – témoigne de la complexité de leur réflexion. Avec la catastrophe que constitue pour les Juifs leur expulsion d’Espagne en 1492, des penseurs juifs vont développer l’idée d’un messianisme sans messie. « La promesse annonce un accomplissement, mais en défait d’avance la figure », commente David Banon.

Comment définir le messianisme juif ?

Ce qui le caractérise, c’est sa conception de l’attente « vécue comme une tension entre l’accompli et l’inaccompli, entre le passé et l’à-venir », explique David Banon. Il y a dans le messianisme juif « une exigence d’absolu qu’aucune réalité historique ne pourra satisfaire ». Par essence, il est « aspiration à l’impossible », « espérance », et requiert « un perpétuel dépassement ».

Pour le judaïsme, l’homme doit parachever l’œuvre des six jours de la Création, la conduire « à la rédemption soudaine ou progressive de l’humanité », à la réconciliation ultime de Dieu et de son peuple. Les Juifs doivent œuvrer pour que celle-ci advienne, « que les exilés soient rassemblés, que les Juifs retrouvent leur souveraineté sur la terre d’Israël, que les nations tournent leurs yeux vers Sion afin que la justice règne sur le monde, cette justice formant ultimement le contenu le plus propre du messianisme ».

Les courants actuels du judaïsme partagent-ils cette interprétation ?

Les Juifs ultraorthodoxes croient en la venue d’un messie. Une fraction d’entre eux considère que seul celui-ci sera en droit de récréer Israël et s’opposent au sionisme. Les orthodoxes ont une conception du messianisme qui s’inscrit dans l’étirement du temps et s’efforcent de créer les conditions morales de la rédemption du monde. Le judaïsme libéral ou réformé donne au messianisme une dimension universelle, chaque être humain devant vivre comme s’il ou elle avait individuellement la responsabilité d’amener les temps messianiques. L’attente messianique des Juifs trouve son expression dans la liturgie.

Pourquoi avoir refusé de reconnaître en Jésus-Christ le Messie ?

« On se méfie toujours de celui qui prêche l’accomplissement des temps promis et veut arrêter l’histoire, explique David Banon. C’est pourquoi les Juifs ont refusé d’accorder la dimension messianique à Jésus puisque la paix universelle et le Règne de Dieu ne sont pas réalisés sur la terre, ainsi qu’à une longue liste de messies personnels qui n’ont cessé de surgir dans l’histoire. On se méfie de la même manière de ceux qui cherchent à calculer la date de la venue du messie. “Que se brise le souffle de ceux qui calculent la fin des temps”, dit le Talmud. On ne doit pas précipiter le temps. »

La commission du Saint-Siège pour les relations avec le judaïsme, dans un texte titré « Pour une correcte présentation des Juifs et du judaïsme dans la prédication et la catéchèse de l’Église catholique » (1985), qui expose ce que Juifs et chrétiens ont en commun, souligne que l’attente active du Messie en fait partie.

Martine de Sauto 
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