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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 23:18

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Faire le signe de la croix

Faire le signe de la croix au début de la prière, que se soit seul ou en groupe, c’est marquer notre appartenance au Dieu Père, Fils et Esprit. Nous signifions que Dieu est inscrit dans notre chair. Depuis que nous sommes baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, nous avons Dieu chevillé au corps.

Dieu au corps

Dieu n’est pas une énergie impersonnelle, mais un être de relation. Il nous aime personnellement et nous sommes ses enfants. Il existe selon trois manières d’aimer tout en restant unique. Le Père est tout l’amour donné, Fils tout l’amour reçu, l’Esprit tout l’amour partagé. Ce mystère, nous le confessons par ce rite du signe de la croix.

Au nom du Père, comme un doux baiser sur le front, l’amour créateur qui attire l’intelligence vers les réalités d’en haut. Au nom du Fils, comme une main guérissante sur le ventre, l’amour sauveur qui descend sur la terre pour nous rendre plus humains. Au nom du Saint-Esprit, comme un souffle puissant sur les épaules, l’amour sanctificateur qui travaille à la communion des personnes. Ce signe de la croix n’est pas un geste banal : il unit le ciel et la terre, rassemble l’humain et le divin à ce point central du cœur, transforme nos souffrances en semences pascales.

À chaque fois que nous posons ce geste nous couvrons notre corps, nous l’enveloppons dans l’amour miséricordieux de notre Sauveur.

Pour Édith Stein, si le Christ à choisi la croix, c’est parce qu’elle est le symbole le plus parlant du don : ``Élevé sur la croix, Le Sauveur est visible de loin et pose pour ainsi dire son regard sur toute l’humanité. Les bras écartés : Venez à moi, vous tous… La tête inclinée : obéissance au Père. Le sang qui s’écoule : Personne n’a de plus grand amour.`` (Le secret de la croix, parole et Silence, 1998, p.26)

Le front symbolise l'esprit, le coeur la vie, l'épaule droite l'action dans la justice, et l'épaule gauche la miséricorde qui tempère la justice.

Les trois premiers doigts de la main (pouce, index, majeur) réunis ensemble pour symboliser la Trinité (Un seul dieu en trois personnes : Père, Fils et Esprit Saint); les deux autres doigts évoquent les deux natures distinctes du Christ: véritablement Dieu et véritablement Homme). Le trait d'union entre les hommes et Dieu en quelque sorte.

En faisant le signe de la Croix, le premier geste est un geste qui monte!

Au nom du Père, sur le front, signe et siège de l’intelligence, c'est en référence à Dieu, de la Sagesse, du savoir. Dieu se révèle d’abord comme le Créateur, celui qui fait exister les réalités visibles et invisibles. Dieu est Père parce qu’il enfante la vie.

CONNAÎTRE DIEU!

Au nom du FILS sur le ventre car c’est le lieu de naissance. Le Fils a pris chair dans le ventre de Marie. Dieu s’est fait homme. Dieu est né en humanité, Dieu s’est incarné. C’est aussi proche du cœur car le Fils a révèle amoureusement le Père

Il symbolise le coeur de l’homme.

AIMER DIEU

"Tu aimeras Le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton pouvoir."

Au nom du Saint-Esprit, sur les épaules, car c’est le lieu de la force et de l’équilibre. L’Esprit est la puissance de Dieu au bénéfice de notre humanité. L’Esprit est celui qui permet la communion des coeurs. L’horizontalité de ce geste traverse la verticalité de la relation du Père et du Fils. L’Esprit nous fait traverser la vie du Père et du Fils.

SERVIR DIEU EN SERVANT NOS FRERES!

"Par la charité, mettez-vous au service les uns des autres.

Puisque l'Esprit est notre vie, que l'Esprit nous fasse agir."

Le signe de Croix:

Trois personnes un Dieu unique.

Toucher et être touché.

Adoration du Père, action de grâce pour le Fils, supplication à l'Esprit.

Soyons attentifs lorsque nous accomplirons ce signe et d’autres signes aussi: les trois signes de croix de l'Évangile, geste de paix, la croix tracée sur le front d’un enfant, les onctions avec le Saint Chrême en sont quelques exemples.

Front - poitrine - épaule gauche - épaule droite pour les catholiques et Front - poitrine - épaule droite - épaule gauche pour les orthodoxes (il se termine dans la miséricorde infinie de Dieu). Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Amen...

On le fait sans y prêter attention. Pourtant le signe de croix est un acte magnifique qui recèle de nombreux messages.

Signe de la croix : signe d’amour.

"Personne n’a de plus grand amour que de donner sa vie"

Le signe de croix se termine en disant "Amen!". Le mot Amen est le Oui qui nous engage à suivre le chemin d'Amour de Jésus, à marcher vers nos frères, à accueillir l'Esprit saint.

Une étude plus approfondie ici

http://incarnation.blogspirit.com/files/signedelacroix.pdf

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 23:05

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NOUS PARTONS AU DÉSERT. RECONNAISSONS-LE, CES QUARANTE JOURS DE CARÊME QUE NOUS ABORDONS SONT PRESQUE LES BIENVENUS.

Enfin du silence. Enfin du recul sur les événements et les choix qui se bousculent comme des bolides sur le circuit de ma vie. Enfin du temps pour Dieu, du temps pour les autres, du temps pour moi aussi.

En m'engageant sur le chemin qui conduit au désert, je ne me suis pas surchargé. Je viens avec mes forces et mes faiblesses, pêle-mêle dans un petit sac à dos. Il y a de la joie, des fiertés, des talents, les prénoms d'un tas de gens que j'aime... Mais il y a aussi des peines, des blessures, des cicatrices qui ne se ferment pas, des renonce¬ments, des absences et des recroquevillements.

Je crois que si le Carême est toujours un temps aussi fructueux et reconstituant, c'est d'abord parce qu'il nous met en marche. Les randonneurs ou les pèlerins connaissent cette exigence de se mettre en route et d'avancer vers un objectif. Sauf qu'avec le Carême, ce n'est pas moi qui fixe la destination. Choisir de s'engager dans les pas du Christ au désert, c'est accepter de ne pas savoir où il nous mène, mais s'abandonner dans la confiance au chemin qu'il nous ouvre et qu'il faudra poursuivre.

Ce chemin passe toujours par la consolation. « De même qu'une mère console son enfant, moi aussi je vous consolerai », dit le prophète Isaïe (chap. 66, verset 13). Dans ce silence et cette distanciation avec la servitude du quotidien, le Christ nous révèle son visage. Il est doux et consolateur. Dans une homélie à des séminaristes et des novices cet été, le Pape François les exhortait : « N'ayez pas peur de la conso¬lation du Seigneur ! »

Toute la foi chrétienne est là : me laisser consoler par le Christ ressuscité. Me laisser toucher par la tendresse infinie de Dieu pour moi, comme celle de la mère pour son enfant dans le texte d'Isaïe. C'est cette consolation qui fera naître ma joie d'être enfant aimé de Dieu et le désir de porter à d'autres ce message d'espérance qui donne sérénité et joie.

Tous, nous souffrons. Les peuples, de la guerre. Les familles, de divisions. Les hommes et les femmes, de maladies et de la mort. Notre société, du chômage ou de la pauvreté. Mais tous, nous sommes sauvés par la croix et la Résurrection ! Tous, chacun par notre prénom, Jésus nous connaît et nous parle au cœur.

Au cours de ce Carême, veillons à lui répondre dans la prière « en secret », sachons discerner ce qui nous empêche de l'entendre et bougeons-nous pour consoler en son nom ceux qui en ont le plus besoin.

Bonne marche vers Pâques ! 

Jean-Baptiste de Fombelle

Panorama mars-avril 2014 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 23:37

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Chers Amis,

Lors de la création première, Dieu a déposé dans l'homme un désir unique pour l'Unique Désiré qu'il est Lui-même ; mais coupé de Dieu par la chute, l'homme cherche à satisfaire ce désir ailleurs, son désir s'atomise dans le multiple et quête dans les innombrables facettes du relatif une réponse à sa soif d'Absolu. 

Voilà pourquoi le désir est le puissant symbole de notre moi et le vrai baromètre de notre vie spirituelle. Tant qu'il n'est pas centré en Dieu seul, le désir est l'ennemi par excellence du Chemin. Il faut une extrême vigilance pour le débusquer sous toutes sortes de déguisements et le déceler derrière tous ses masques, constamment à l'affût de satisfactions obscures et de plaisirs. Lorsqu'il a perdu Dieu, l'homme éprouve un état de manque permanent.

Mais pour celui qui a compris par expérience qu'au fond de chaque désir, jusqu'au moindre, il y a en réalité le désir de Dieu, celui-là peut devenir pauvre de tout le reste. Sa conscience se tourne vers la Présence divine qui est au creux de cet élan intérieur, et non plus vers les objets de sa convoitise. Un jour il sera possédé par Dieu au lieu d'être possédé par les choses. 

A la fin il retrouve l'unique désir qui rencontre Dieu à l'intérieur de tout, même des satisfactions et des plaisirs, mais ceux-ci seront des lieux d'alliance avec Lui, non plus des prisons de l'ego. La pauvreté de cet homme peut devenir absolue. Elle se traduit concrètement par une égalité d'âme totale devant tous les résultats, toutes les réactions, toutes les circonstances : est-ce la bonne ou la mauvaise fortune, le respect ou l'insulte, la renommée ou le blâme, la victoire ou la défaite, la santé ou la maladie, les événements agréables ou pénibles... 

La seule chose qui compte pour lui c'est ce que Dieu veut ici et maintenant. Il ne veut que ce que veut Dieu à tout moment et tout ce qui lui arrive, il l'accepte indifféremment de sa main. La plus infime réaction dans son cœur face à ce qui arrive est la preuve d'une non-pauvreté et d'un attachement à la vieille nature.

L'enjeu de la pauvreté c'est d'abord de devenir libre de tout, car cette liberté est le grand signe de la personne. Quand l'homme s'éveille à elle, il naît seulement à lui-même, à son vrai mystère, son identité. C'est un immense lâcher prise; un saut dans une confiance totale où un Autre que l'ego devient le guide conducteur de tout parce que le désir repose en Lui seul.

Tout cela se dit facilement, alors que c'est le combat d'une vie... Mais le chemin peut être rapide pour quelqu'un qui en a décidé ainsi et en paye le prix. L'amateurisme dans ce domaine est une voie sans issue ! Celui qui ne s'exerce pas avec acharnement et tout le temps n'arrive à rien...

Cependant là même il faut faire très attention, car le désir unique peut cacher encore une volonté de puissance, un orgueil d'autant plus subtil qu'il est spirituel, la recherche d'un accomplissement de soi, fût-ce en Dieu ! 

Le “moi” doit disparaître: après ses attachements aux choses, il est lui-même sa propre richesse, l'auteur d'un rapport à Dieu; il est source de ce désir, tout à fait légitime à ses yeux, donc il se sent exister. Or il faut mourir à soi, totalement, sinon rien ne se passe ! Même un moi avide de Dieu est encore égocentrique, il a son autonomie indue et continue à vivre dans son royaume de désir...

Pour le désir égoïste il ne peut y avoir aucun accomplissement. La libération (le salut) ne se trouve qu'en se perdant Soi-même. Dieu ne vient en nombre avec rien, même pas mon propre moi. Tant qu'il y a un “moi” il n'y a pas de place pour un “Toi”.

Et même s'il y avait une place, elle serait de trop ! On a généralement tendance à imaginer que, si l'homme était vide du moi et de toutes choses, il y aurait alors toute la place pour que Dieu vienne l'occuper. C'est là une grande erreur, disent les Pères. Maître Eckhart par exemple a sous ce rapport une vue pénétrante de ce qu'il appelle la pauvreté vraiment authentique : la pensée même, si légère soit-elle, de faire de la place se présente comme un avoir, c'est une richesse.

Si un homme est vide de toutes choses, de toutes créatures, de lui-même et de Dieu, dit Eckhart, et si Dieu pouvait encore trouver place en lui pour agir, nous dirions : tant que cette place existe, cet homme n'est pas pauvre de la pauvreté la plus intime...

L'homme ne doit pas “ avoir” une place mais “être” lui-même la place dans laquelle Dieu agit, et cela Il aimerait le faire... C'est ici, dans cette pauvreté, que l'homme recouvre l'être éternel qu'il fut, qu'il est et qu'il sera à jamais.

On doit donc ne posséder et ne conserver absolument rien, pas même un moi permettant de recevoir la visitation de Dieu, pas même une absence de moi, encore objet possible de fierté ! La similitude entre Dieu et l'homme alors est totale: l'homme est un avec Dieu, identifié avec Dieu, et désormais il ne connaît plus rien d'un moi séparé. Il a trouvé son véritable moi parce qu'il est perdu en Dieu (voir à ce sujet Le chemin n° 20, “ La Vie en Christ ”, p. 23).

Bon carême

Avec toute notre affection, à bientôt !

 

Père Alphonse et Rachel

http://www.centrebethanie.org

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