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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 23:57
Une chorale musulmane qui chante Noël dans une église au Liban

Alors qu’au Liban, malgré les nombreuses guerres qui l’ont déchiré et les différentes occupations étrangères qu’il a subit, la coexistence s’est accommodée d’une relative démocratie et d’une liberté qui n’existe dans aucun autre pays arabe.

La diversité et la tolérance inter religieuses n’y sont pas factices, elles sont existentielles.

Sans ses chrétiens, sans ses musulmans, sans ses dix-huit communautés religieuses, le Liban ne serait tout simplement pas le Liban.

La chorale des orphelines de la Fondation de l’Imam Moussa al-Sadr venue chanter Noel à l’église Saint-Elie de Beyrouth en est la parfaite illustration.

Ce spectacle, a priori anodin, peut représenter un exemple à suivre pour les autres pays, notamment en Europe, où malgré les vaines tentatives de formatage artificiel des esprits, les uns et les autres vivent dans une méfiance réciproque sans cesse grandissante. 

Abolir les fêtes religieuses, comme certains rêvent de le faire, en France ou ailleurs, est une aberration.

Ces fêtes, il faut les célébrer toutes, et il faut les célébrer tous ensemble.

Pour que les uns et les autres apprennent les croyances et les traditions des uns et des autres.

En n’oubliant jamais les règles premières de l’hospitalité : l’hôte ne demande jamais à son invité de renier qui il est, et l’invité respecte en tous points les règles et les particularités de son hôte.

Claude El Khal

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25 décembre 2017 1 25 /12 /décembre /2017 23:57
Mandala
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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 23:52
Il est né le divin enfant!

L’empire avait la forme de Babel.
Il pesait sur la terre comme une meule
Et la terre étouffait sous le poids de la roue,
De cette pierre écrasante, l’empire.
Elle souffrait dans la tenaille et le carcan.

Malgré les dieux, l’humanité se sentait seule.
Il lui manquait un père, un ami, dans le ciel.
Il nous manquait un fils plus humain que nous-même.
Il nous manquait une parole, son mystère.
Il nous manquait une veilleuse dans la nuit.

Les jours nouveaux étaient pareils aux jours d’antan.
Un césar succédait à un autre césar.
Il y avait toujours une province qu’il fallait
Ajouter à la province la plus lointaine
Comme l’avare dans sa cave tasse un autre sac
Et puis cet autre encore, il reste assez de place.
– Quand viendra l’heure de ton dernier souffle,
Que feras-tu de ton trésor de boue ?

Les forgerons forgeaient plus de cuirasses que de socs
Et les charrons fabriquaient plus de chars que de charrues
Et de charrettes pour les moissons et les noces.
Le champ donnait du fruit ou bien n’en donnait pas.

Quand venait la famine chez les paysans,
Ils s’enrôlaient soldats sous le casque et l’épée,
S'il faut tuer pour vivre, nous tuerons, comme à la chasse.
C’était bientôt, plus loin, là-bas, d’autres famines.
Et des révoltes qu’il fallait juguler par le sang.
La conquête et la guerre étaient la loi du monde.

On saluait aux carrefours le bronze des Césars
Ou la pierre, le marbre, de leurs simulacres,
Leur main levée au milieu des nuages
Comme s’ils imposaient leur discipline aux vents.
Nous vivions des malheurs et vivions des bonheurs.
Que manquait-il ? Il nous manquait la joie.

Il nous manquait de n’être pas plus que nous sommes.
Ne vivons-nous que pour un jour cesser de vivre ?
Ne sommes-nous que cette haleine fugitive
Et le temps d’un regard qui s’étonne et s’éteint ?
Ne sommes-nous que cette âme captive
De l’ombre ? Ô cœur, mon cœur, comme tu m’es lointain !

Alors Dieu vint parmi nous, se fit homme.
Il fut pour nous le chemin et la voie,
La vérité, la vie, et cette main tendue
Comme la main qui sauve un enfant qui se noie.

Il nous rendit la lumière perdue
Depuis le premier jour au sortir du jardin
Que nous avons quitté, mais qui fut nôtre.

Dieu voulut parmi nous se faire fils de l’homme.
Ce fut, un jour de neige, à la fin de décembre
En un lieu dit hameau de Bethléem,
Quelque bourgade obscure et très pauvre de Palestine,

Et tandis que César Auguste dénombrait,
Les inscrivant de son encre latine,
Un à un, en tout lieu, la foule des vivants
Comme un pécheur lance la nasse dans l’étang,
L’empire doucement se changeait en Royaume.

Claude-Henri Rocquet
 

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