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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 14:28
Saint Paul a écrit : « Malheur à moi si je n'évangélisé pas. »

Devons-nous vraiment tenter de convertir les autres ?

L'autre jour, des jeunes d'une aumônerie m'ont posé la même question, Martine. Je leur ai donné ce texte de Madeleine Delbrêl: « Une fois que nous avons connu la Parole de Dieu, nous n'avons pas le droit de ne pas la recevoir;
une fois que nous l'avons reçue, nous n'avons pas le droit de ne pas la laisser s'incarner en nous; une fois qu'elle s'est incarnée en nous, nous n'avons pas le droit de la garder pour nous. »

Spontanément, un jeune a continué: « Nous devons l'annoncer aux autres. » Or, ce n'est pas ce qu'écrit Madeleine Delbrêl. Elle dit: « Nous appartenons dès lors à ceux qui l'attendent. » Oui, il y a beaucoup de gens qui attendent la Bonne Nouvelle, souvent sans le savoir consciemment. Madeleine nous dit: nous n'allons pas vers eux comme des gens qui possèdent la vérité. Nous avons besoin d'eux, nous dépendons d'eux pour vivre cette Bonne Nouvelle, pour être nous-mêmes évangélisés.

C'est bien ce que saint Paul a découvert.

Récemment, des collégiens m'ont demandé pourquoi il était parti tout autour de la Méditerranée. Nous avons alors discuté le récit d'un rêve, tiré des Actes des Apôtres (Ac 16,9), où un Macédonien l'invitait à traverser la mer pour venir en Europe. Paul est parti parce qu'il a découvert que, contrairement à ses coreligionnaires juifs, des païens attendaient
le message du Christ. Il avait été « retourné » par le Christ et il était animé d'un grand zèle pour faire partager sa découverte. Mais il a été aussi évangélisé par la rencontre des païens.

Vous le voyez, comme Paul et Madeleine Delbrêl, nous ne pouvons pas ne pas témoigner de Celui qui a changé notre vie, mais comme eux vivons ce témoignage dans la joie de l'évangélisateur évangélisé !

Père Dominique Fontaine
prêtre de la Mission de France
octobre 2009 Panorama
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 14:18
Vous aimez le chant grégorien et la musique polyphonique religieuse ? Vous êtes à la bonne adresse.
Ce site vous donne accès à de nombreuses ressources :
  • Vous êtes intéressés par l'interprétation du chant grégorien : vous trouverez ici non seulement des textes, mais un module d'apprentissage.
  • Vous aimez la polyphonie sacrée et êtes à la recherche de disques et/ou vous vous voudriez en savoir davantage : allez à la rubrique de découverte du monde de la polyphonie sacrée ou encore à la rubrique de nos disques. Des trésors entiers inconnus du grand public vous y attendront d'ici peu: écoutes d'extraits, conseils de disques, textes explicatifs (Ouverture: fin novembre).
  • Vous préparez un événement familial et cherchez une partition pour confectionner un livret liturgique: vous trouverez tout ce qu'il faut dans la base de données de partitions.
  • Vous êtes chef de chœur et souhaitez varier votre répertoire tout en l'adaptant au niveau de votre chorale : rejoignez le forum des chefs de chœur (démarrage: début novembre) et téléchargez les partitions adaptées à vos besoins (disponible dès maintenant), les parties des voix séparées. Ce site ne veut pas être une oeuvre personnelle, mais le rassemblement de toutes les ressources intéressantes en matière de musique liturgique. Nous sommes éparpillés à travers la France et même le monde, chacun a dans son répertoire quelques perles qu'il serait bon de mettre à disposition des autres chefs de choeur. Cette mise en commun nous permettra de créer un fond de partitions exclusivement liturgiques, libres de droits et d'accès, disponible sur le web.
  • Pour préparer une répétition de grégorien, il est indispensable de connaître de plus près les pièces à répéter. Pour aider à cela, nous mettrons les commentaires de Dom Baron en ligne. Avant une répétition, une lecture de ces textes vous aidera à donner à vos choristes le style et l'esprit du chant grégorien et de la liturgie du jour.
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 14:14
Dans le livre dense et prophétique qu'il publie, Albert Rouet pose la question : « Vers qui va l'Église ? »

L'archevêque de Poitiers trempe sa plume dans une solide espérance ou se mêle une once d'inquiétude. De fait, le constat est rude : alors qu'il connaît une certaine vitalité sous d'autres latitudes, le catholicisme affronte, dans notre monde occidental, une crise sans précédent. On peut, hélas !, aligner les statistiques en berne - pratique, ordinations, catéchisation... - mais le plus grave n'est pas là. En dépit d'une timide et ambivalente vague d'intérêt pour le « spirituel », notre monde industrialisé semble inexorablement entraîné vers une indifférence religieuse de masse.

L'homme « moderne » occidental semble désormais pouvoir passer une bonne part de sa vie à ne tout simplement pas se poser la question de Dieu ! Et il ne s'agit pas là d'arguties théoriques : nous avons toutes et tous, dans notre entourage, des enfants, petits-enfants, amis, collègues, pour qui la foi n'a même plus rang de simple hypothèse.
Dépositaire du trésor de l'Évangile, l'Église a de bonnes raisons de s'inquiéter : comment « dire Dieu » à un monde qui n'a - apparemment - plus soif de transcendance ? Rude défi !

Avec courage, elle cherche sa voie, entre défiance et confiance à l'égard d'une modernité qu'elle a de plus en plus de mal à comprendre. La tentation est forte de se laisser aller à l'angoisse, de se raidir, de condamner un monde « sans Dieu », de se replier dans une contre-culture catholique intransigeante. Compréhensible, cette voie est pourtant sans issue.

L'Église n'a pas d'autre chemin que celui du monde. « La spécificité chrétienne consiste à mêler notre langage au langage des autres et à se positionner non pas en concurrence, mais en dialogue avec le monde » écrit Albert Rouet. On peut certes continuer de se lamenter en comptant les chaises vides de nos paroisses, bâtir des stratégies pour regonfler les rangs, tenter de doper le recrutement des séminaires, chercher à être « moderne » ou au contraire faire appel aux « modèles de toujours » en soufflant sur les braises de la nostalgie. On peut débattre à l'infini sur le sens du sacré, recadrer les normes liturgiques, inviter à communier debout, à genoux, dans les mains ou dans la bouche, célébrer en français ou en latin, en aube ou en chasuble... On peut continuer de s'agiter autour de toutes ces questions qui ne sont pas toutes inintéressantes : l'urgence n'est pas là !

Plus que jamais, il nous faut être une Église « hors les murs », une Église qui se risque aux « frontières », une Église « bilingue » qui ose parler la langue et la culture des hommes et des femmes d'aujourd'hui. Une Église fraternelle qui ose venir s'asseoir, « en terre étrangère », au bord du puits pour écouter les soifs, les cris, les questions, les douleurs, les secrètes espérances des hommes et des femmes de ce temps. L'Église est ainsi faite qu'elle n'est vraiment elle-même qu'en dehors de chez elle ! L'Église est fille de l'Exode, sans cesse remise au monde par un Christ éternellement pèlerin, toujours en marche vers l'autre, le différent, et d'abord le pauvre, le malade, le fragile... Oui, l'urgence est de remettre l'Église au monde !        
    


Bertrand Révillon
Panorama octobre 2009 3
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