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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 22:06

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Le 13 juin 313, l'empereur Constantin, fort de sa victoire du pont Milvius sur son rival Maxence, promulgue l'édit de tolérance de Milan par lequel il légalise le christianisme. C'est un retournement inattendu après la «Grande Persécution»inaugurée dix ans plus tôt par les tétrarques Dioclétien et Galère.

Le christianisme rassemble à cette date un dixième à peine de la population de l'empire romain (cinquante millions d'habitants environ). Il est surtout présent en Asie mineure (actuelle Turquie) et en Afrique du Nord. 

Né dans les classes populaires, il gagne de plus en plus la faveur des classes supérieures et des élites intellectuelles et urbaines. Fort de la protection impériale, il va prendre son essor et s'imposer en quelques décennies comme la seule religion officielle de l'empire.

Jean-François Zilberman
La «Grande Persécution»

La question religieuse est apparue dans l'empire romain à l'issue de la crise du milieu du IIIe siècle. Des soldats de modeste extraction issus d'Illyrie ou des régions danubiennes se succèdent à la tête de l'empire. Ils repoussent les premières invasions barbares et répriment les révoltes paysannes.

Soucieux de remettre de l'ordre dans les institutions et de rétablir l'unité morale de l'empire, ils favorisent  le culte du Soleil au détriment du polythéisme traditionnel.

Ce culte du Sol invictus (le Soleil invaincu) rassemble sous une même identité des divinités traditionnelles (Apollon) et des divinités orientales (Mithra). Il amorce une évolution du polythéisme païen vers le monothéisme façon hébraïque ou chrétienne.

L'empereur Aurélien, au pouvoir de 270 à 275, fait du culte solaire la religion d'État. L'empereur se présente lui-même comme l'émanation du dieu sur terre et revendique à ce titre d'être adoré tel une divinité. Ainsi l'empire évolue-t-il vers un pouvoir personnel et autocratique.

Dioclétien, au pouvoir de 293 à 305, veut aller plus loin. Il veut renforcer la cohésion culturelle et politique de l'empire. C'est pourquoi son règne est marqué par de violentes persécutions contre les communautés chrétiennes qui refusent de sacrifier au culte impérial. Elles sont les plus dures qu'ait jamais connues l'Empire romain et obligent les chrétiens à choisir entre le reniement et le «martyre».

La «Grande Persécution» commence en 299 avec l'exclusion de l'armée des soldats baptisés, ces derniers refusant en effet de verser le sang ! Puis, de février 303 à février 304, quatre édits impériaux inspirés à Dioclétien par Galère, lequel a plus que quiconque les chrétiens en horreur, ordonnent de brûler les livres saints et de raser les églises partout dans l'empire.

La persécution atteint son paroxysme avec un édit qui prescrit au début de 304 un sacrifice général dans tout l'Empire, sous peine de mort ou de condamnation aux travaux forcés dans les mines.

Les fonctionnaires locaux exécutent les édits avec un zèle relatif. Constatant l'échec de la répression et désireux de se concilier les chrétiens, l'empereur Galère, malade,  signe sur son lit de souffrance un premier édit de tolérance le 30 avril 311. Il meurt quelques jours plus tard, le 5 mai 311.

La religion devient une affaire individuelle

Après plusieurs années de guerres fratricides et l'élimination de son rival Maximin Daïa en avril 313, l'«Auguste» Licinius reste seul maître de la partie orientale de l'empire.  Constantin, qui tient la partie occidentale, le convainc de publier une déclaration commune en latin et en grec, les deux langues de l'empire, afin de restaurer la paix civile.  Elle est connue sous le nom d'édit de Milan, d'après la ville où elle a été promulguée.

Cette déclaration n'est pas la première du genre. D'autres l'ont précédée dans les précédentes décennies, y compris celle de Galère, deux ans plus tôt. Mais elle se singularise par le fait qu'elle introduit un élément nouveau dans la société romaine, à savoir la liberté religieuse.

Jusque-là, la religion était une affaire de communauté et d'identité ethnique. On suivait la religion de ses ancêtres et de son groupe. L'édit de Milan reconnaît à chaque individu la faculté de suivre la religion de son choix. C'est un changement radical de paradigme que relève Marie-Françoise Baslez, professeur d'histoire des religions à la Sorbonne (*).

L'édit de Milan lève par ailleurs les interdits qui pèsent sur la communauté des chrétiens. Les Églises locales se voient restituer les biens qui leur ont été confisqués, même lorsqu'ils ont été vendus à des particuliers. 

Christianisation des moeurs

Dès lors, tout change assez vite. Constantin, discret sur ses convictions personnelles, continue de présider aux rituels païens en sa qualité de pontifex maximus (grand pontife). Il ménage aussi le Sénat qui siège à Rome et dont tous les membres sont restés fidèles au paganisme traditionnel. Il se contente d'interdire les sacrifices d'animaux, qu'il a en horreur.

Lui-même a sans doute hérité de sa mère Hélène, voire de son père Constance Chlore, un attachement sincère à la nouvelle religion.

Le christianisme n'en garde pas moins l'avantage. Sa doctrine séduit moins par le concept d'un dieu unique et transcendant (comme dans le judaïsme concurrent) que par ses préceptes nouveaux d'amour fraternel et d'égalité entre tous les êtres humains, par-delà les barrières ethniques, sociales ou sexuelles.

L'Église prend ses aises. Elle devient un élément de stabilité et un point de repère dans un empire brinquebalant.

Tandis que périclitent les institutions administratives, elle affirme sa solidité, fondée sur la légitimité démocratique et une hiérarchie respectée. Les évêques sont élus par le peuple et désignent eux-mêmes des suppléants (prêtres) pour guider la communauté.

Sous le règne de Constantin se met en place aussi une organisation religieuse du temps.

Vers 321, le repos hebdomadaire est imposé tous les sept jours, le jour du Sol invictus ou jour duSoleil. Le souvenir s'en conserve dans l'appellation donnée par les Anglais à ce jour :Sunday (le jour du Soleil).

Les autres langues occidentales conservent son appellation christianisée, diem dominicam (le jour du Seigneur, ou dimanche). 

La fête annuelle du Soleil invaincu, fixée au 25 décembre par l'empereur Aurélien, vers 270, devient également la fête de la Nativité du Christ, bien que celui-ci fut plus probablement né au printemps.

Ainsi la religion chrétienne devient-elle la référence dominante autour de la Méditerranée, au IVe siècle, ainsi que le rappelle l'historien Paul Veyne (Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Albin Michel, 2007).

Le serait-elle devenue sans la volonté personnelle de l'empereur Constantin?  Sans doute mais de manière plus lente et peut-être plus tourmentée.

Publié par Herodote

http://www.herodote.net/13_juin_313-evenement-3130613.php

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 22:39

nicolae.jpgAveugle, peu judicieux, et d'esprit étroit comme je le suis, je n'étais pas assez fou et inconscient au point de croire que le Christ nous demande de donner de notre excédent : cela, même les païens le font. J'étais cependant non qualifié et assez perdu dans les ténèbres pour penser - ce qui semble tout à fait en accord avec l'enseignement chrétien - que nous sommes invités à donner à partir du peu que nous avons, sinon même du très peu que nous avons. Je suis même allé aussi loin que d'être d'accord avec l'idée qu'à partir de la parabole des deux talents mis par la veuve dans la boîte à offrandes (Mc 12:41-44, Lc 21.1-4), il s'ensuit que nous devrions donner tout ce que nous avons, toutes nos possessions.

Il a fallu que je tombe sur la lecture, il y a quelques temps, d'un texte du poète français Henri Michaux (1899-1988) pour comprendre, avec tremblements et frissons, que le Christ demande tout autre chose : donner ce que nous n'avons pas.

Combien j'étais aveugle, manquant de sagesse et étroit d'esprit. Et enfermé dans les chaînes du sens commun le plus lamentable, comment aurais-je pu imaginer que le Christ-Dieu qui a accepté de prendre un corps et d'être crucifié sur la Croix comme le plus malheureux et le plus méchant des mortels, nous demanderait de donner à partir de notre excédent ou de nos petites possessions, ou même de donner leur intégralité ?

Comment aurait-il pu nous appeler à des actions si simples, tellement en conformité avec ce monde, c'est-à-dire si possibles ! Paul Claudel n'a-t-il pas défini Dieu pour nous, Lui attribuant cette parole: "Pourquoi avez-vous peur? Je suis l'impossible qui vous regarde."

Le Christ, fait précisément cette demande : l'impossible : donner ce que nous n'avons pas!

Mais écoutons Michaux: dans le monastère où il aimerait être reçu, un simple candidat pour le monachisme se présente. Il avoue à l'higoumène : Vous savez, mon père, que je n'ai ni foi, ni lumière, ni essence, ni courage, ni confiance en moi, et que je ne puis être d'aucun secours à moi-même, et encore moins pour qui que ce soit d'autre; je n'ai rien.

Il aurait été logique pour lui d'être rejeté immédiatement. Cependant ce ne fut pas le cas. L'higoumène (l'abbé, comme le dit le poète français) lui répondit: Qu'est-ce que cela a à voir! Vous n'avez pas la foi, pas la lumière, en les donnant à d'autres vous les aurez, aussi. Les cherchant chez un autre, vous pourrez les gagner pour vous. Votre frère, votre prochain et son semblable, c'est lui que vous devez aider avec ce que vous n'avez pas. Allez : votre cellule est dans ce couloir, troisième porte sur la droite.

Pas de l'excédent, et non pas d'après le peu que vous avez, mais à partir de ce que vous ne possédez pas, de ce qui vous manque. Donnez à un autre ce que vous n'avez pas - la foi, la lumière, la confiance, l'espoir - vous pourrez en acquérir aussi.

"Il faut l'aider avec ce que vous n'avez pas."

"Donnez ce que vous n'avez pas, vous acquerrez aussi, la nudité, le désert, ce qui te manque."

"Avec ce que vous croyez que vous n'avez pas, mais qui est, et qui sera en vous.

Plus profond que la profondeur de votre ego. Plus mystérieux, plus couvert, plus claire, la souce vive qui coule sans cesse, appelant, invitant à la communion. "

Oui, seulement de cette manière, vous serez en mesure de parler en tant que serviteur du Christ, le seul, plein de mystère : paradoxalement (comme Il nous l'a toujours enseigné: si vous voulez régir, servez, si vous désirez que l'on vous exalte, humiliez-vous, si vous voulez sauver votre âme, perdez-la pour moi, si vous voulez retrouver votre pureté, admettez votre culpabilité) et de manière surprenante (si vous donnez ce que vous n'avez pas, vous gagnerez aussi ce que vous avez donné aux autres) .

Je pense que nulle part, sauf dans les Évangiles, des paroles plus claires et plus chrétiennes été dites ailleurs que dans le petit poème de Michaux, Paroles qui m'ont stupéfait et enthousiasmé. Peut-être dans quelques fragments des Frères Karamazov et les Démons [de Dostoïevsky], peut-être que Cervantes en créant El nuestro Senor Don Quijote, El Christo Español, peut-être Albert Camus dans le texte sur Oscar Wilde (intitulé L'Artiste dans les prisons) et sur le la Voie du Christ, non par la souffrance et la douleur (une voie bonne, quoique inférieure), mais par un excès de bonheur et des moments d'euphorie (une voie supérieure). Je crois que nulle part un poète ou un écrivain n'a parlé d'une manière plus appropriée de l'Inaccessible.

Donnant ce que nous n'avons pas, nous gagnons en retour, avec une démesure inimaginable, ce que nous avons osé donner à l'autre. La leçon est valable pour tout chrétien, clerc ou laïc. Pour le moine, surtout. Qu'il ne s'inquiéte pas, n'ait pas peur, ne soit pas inquiet, le moine qui sent son moi intérieur désert, hanté par le manque de croyance et la faiblesse, plein d'obscurité et d'aridité, qu'il ne se préoccupe pas le moins du monde de cela. Ces tentations de désespoir, sont les inconvenantes farces du Malin. [Que le moine] donne à ceux qui viennent à lui, dans sa cellule, dans le jardin du monastère, sur le perron de la maison des hôtes, aux portes, afin qu'ils puissent trouver la foi, la force, la lumière et une lueur d'espoir, celle qu'ils attendent de lui et qu'il sait très bien que, dans ce moment, il ne peut pas avoir. Qu'il les leur donne. Et, en les leur donnant,  ces dons reviendront vers lui et il aura bénéficié des dons faits aux autres.

"Donnant la lumière que vous n'avez pas, vous aussi, vous l'aurez."

Les paroles de Michaux, peut-être ne clarifient-elles pas plus en profondeur le texte de Matthieu 25 à propos du Redoutable Jugement? Peut-être que les bons, n'ont pas donné à ceux qui étaient assoiffés de l'eau dont ils manquaient, aux affamés de la nourriture qu'ils n'avaient pas, à ceux qui étaient nus, les vêtements dont ils étaient dépourvus?

Le secret de la vie monastique se révèle le suivant: oser donner ce qui, temporairement, peut vous faire défaut. Voici donc le paradoxe chrétien dans sa totalité, splendeur et vertu. Mais voici la promesse étonnante: donnez ce que vous n'avez pas, vous gagnerez ce que vous avez su donner à partir de la vacuité de votre être. Le don supranaturel se reflète sur vous, vous revient comme un boomerang, comme un rayon de lumière projetée sur un miroir, et vous enrichit, vous remplit, vous comble.

Bien sûr! Il ne pouvait pas en être autrement! Comment pourrait-on penser, même pour un instant (pour ne pas dire des années!) que le Christ veut donner à partir de ce que nous avons: l'excédent, le tout petit. Quelle dérision, louable effort en vérité! Trop humain, œuvre pauvre et pitoyable! Quelque chose de différent est demandé de nous: ce qui semble être impossible. Quelque chose d'autre est promis: ce qui ne peut être ni conçu, ni cru.

Que toute crainte, incertitude, pusillanimité, peur de l'hypocrisie disparaisse de nous, les moines: le moine est destiné à donner aux autres la foi et la lumière, même s'il peut en manquer pendant un temps plus court ou plus long. Même s'il est dans une crise d'apathie. Même s'il était coupable d'affaiblissement de son zèle et de fermeté dans le monachisme.

Pourrait-il le faire? Pourrait-il accomplir le miracle? Bien sûr, puisqu'il fait partie de ceux dont le Christ dit qu'ils ne sont pas de ce monde, comme je ne suis pas de ce monde" (Jean 17:16). Et encore: "Mais je prie non seulement pour eux, mais pour ceux qui croiront en moi par leur parole." (Jean 17:20). Et dans le livre des Actes (20:35) Paul dit aussi: "Il faut aider les faibles et se rappeler les paroles du Seigneur Jésus: "Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir."

En vérité, en donnant au-delà de ce qui est naturel, nous recevons la grâce surabondante. Ainsi, que le faible dise : donne-moi, Seigneur, quand je suis perdu et nu, la force et l'impudence d'être en mesure de donner de ce que je n'ai pas. Et fais que ce don qui est mien, paradoxal, absurde et audacieux, revienne vers moi par Ta miséricorde, qui considère la sagesse de l'homme comme folie et l'adage "nemo dat quod non habet" (Personne ne donne ce qu'il n'a pas) comme airain sonore et cymbale retentissante. Toi Qui ne demande que l'impossible et ne fais seulement que ce que l'esprit humain ne peut pas comprendre.

Moine Nicolae Steinhardt

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 22:38

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Quicúmque vult salvus esse, ante ómnia opus est ut téneat cathólicam fidem: ...

Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : ...

Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté.

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit ; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant.

Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.

Le Père n'a été fait par personne et il n'est ni créé ni engendré ; le Fils n'est issu que du Père, il n'est ni fait, ni créé, mais engendré ; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n'est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n'y a donc qu'un Père, non pas trois Pères ; un Fils, non pas trois Fils ; un Saint-Esprit, non pas trois Saint-Esprit.

Et dans cette Trinité il n'est rien qui soit avant ou après, rien qui soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Qui donc veut être sauvé, qu'il croie cela de la Trinité.

Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi en l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. C'est donc la foi droite que de croire et de confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme.

Il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles, et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait composé d'une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ ; un, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l'humanité a été assumée en Dieu ; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne.

Car, de même que l'âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l'homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts. À sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes ...

 

Symbole « Quicumque », dit de saint Athanase (entre 430 et 500) 

(trad. Dumeige, La Foi catholique, Orante 1975, p. 9) 

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