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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 22:36

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Le Christianisme demande une conversion permanente de l'âme, un désir de Dieu perpétuellement entretenu. Car être chrétien n'est pas porter une étiquette culturelle ou brandir une identité religieuse. Être chrétien est une démarche active et radicale qui transfigure l'être tout entier.

 

La Conversion n'est pas l'acceptation formelle et froide d'un dogme ou d'une doctrine. La Conversion est un mouvement intérieur, un « retournement » de l'âme qui prend conscience de son désir ardent de se baigner dans la Source Ineffable de Lumière.

 

À un moment foudroyant ou comme une longue et lente symphonie, un appel se fait ressentir, comme si l'âme déployait ses ailes et voulait tendre vers les cieux infinis. Écouter cet appel, c'est s'ouvrir à la Source et à son Envoyé, c'est tremper ses lèvres dans le vin mystique du Saint Calice. Une fois l'enivrement sacré goûté, on ne peut plus faire marche arrière, le processus de Conversion est lancé. On est transpercé par un glaive de feu qui laisse sa brûlure de lumière à l'intérieur de notre cœur. On en ressent parfois les effets physiques, frissons intérieurs, chaleureux et lumineux mais ceux-ci ne seront jamais une fin en soi car le seul but est la rencontre avec le Créateur.

 

Se convertir, c'est vivre le divin en conscience, l'accueillir en nous, dans notre tabernacle intérieur, le cultiver, le faire s'épanouir. On ne se reconvertit pas à une religion, on se reconvertit à Dieu, à l'Amour, à la Force de Vie et au Soi qui nous mène vers la Lumière.

 

Se convertir, c'est accepter de ne plus vivre une vague croyance, une vague foi mais au contraire de sentir et baigner constamment dans la Présence, Celle qui déchire le voile des illusions. Se convertir, c'est accepter de voir les choses telles qu'elles sont, accepter de vivre dans le inonde mais n'être pas de ce monde. Ce n'est pas se réfugier en de vaines rêveries illuminées, mais au contraire vivre pleinement et sacraliser toutes les dimensions de sa vie.

Se convertir, c'est revêtir l'armure scintillante, ceindre l'épée dont le pommeau est une gemme ayant toutes les couleurs de la Terre et partir dans une quête du Graal bousculant notre confort et nos certitudes.

Se convertir, c'est accueillir la Présence en Soi et transfi­gurer notre vie, ne plus avoir peur d'abandonner le manteau du vieil homme, mais au contraire devenir reflet de la pure Lumière. Et Celle-ci est joie, humour, force, beauté, sérénité. Elle s'accorde mal des airs contrits, des attitudes coincées et creuses, de l'hypocrisie mesquine, de la culpabilisation doloriste et du fanatisme dévorant.

La vraie Conversion nous rend pareils au derviche qui accueille d'une main la Grâce pour la redistribuer de l'autre et répandre ses bienfaits sur la Terre.

La Conversion nous fait vivre dans une prière perpétuelle, tout entier tendu vers Dieu et vers le cœur sublime de notre être où il réside. Mais aussi tout entier tendu vers les autres et le monde, car en tant que convertis, nous avons pris conscience que tout est lié et que tout participe du Tout. Cette prise de conscience nous fait sortir avec empathie de nos schémas égocentriques et nous fait vivre le divin à travers la moindre de ses expressions minérales, végétales, animales et humaines.

Se convertir, c'est devenir un lien, lien entre le Ciel et la Terre, lien entre le Cœur et l'Intellect, lien entre les hommes et les êtres. Se reconvertir, c'est chercher à réaliser la conjonction des contraires, à devenir un être harmonisé, à sublimer ses particularités en réalisant son Unité.

Se convertir, c'est accomplir son destin d'être humain et marcher chaque jour avec confiance vers la Lumière de l'Incréé.


Extrait de Devenir soi-même

Sébastien Morgan

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 22:28

 

armure

 

« Revêtez-vous de l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n'avons pas à lutter contre des adversaires de chair et de sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal répandus dans l'air. C'est pourquoi prenez l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester debout. Soyez donc fermes, avec la VERITE pour ceinture, la JUSTICE pour cuirasse et pour chaussures le ZELE à propager l’Evangile de la Paix. Ayez toujours en main le bouclier de la FOI, par lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Malin. Prenez aussi le casque du SALUT, et le glaive de l'ESPRIT, qui est la Parole de Dieu. Vivez dans la prière et les supplications ! Priez en tout temps, dans l’Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable et prier pour tous les saints. Priez aussi pour moi, afin qu'il me soit donné d'ouvrir les lèvres et de prêcher avec liberté le mystère de l'Evangile ».


Epître aux Ephésiens VI, 10-19

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 22:13

Tentations-de-Jesus-au-desert-les-pains.jpg

 

L'évangile (Mt. 4/1-11) nous décrit minutieusement comment le diable tente Notre Seigneur. Il emploie la même méthode pour ceux qui veulent se purifier par le jeûne.

 

L'homme qui ne cherche pas la perfection ne voit pas le diable, ni ses propres péchés. Le bon et le mauvais se mélangent, l'homme vulgaire ne discerne pas ce qui est de Satan et ce qui est de Dieu.

 

Sitôt que la lutte spirituelle s'ébauche, le tentateur et le péché se précisent, se personnifient. La bataille apparaît lorsque notre être en Christ se distingue de l'agissement du Malin, le divorce et la séparation deviennent alors indispensables. Ainsi que chante cette strophe magnifique que vous venez d'entendre : «Le pain céleste a faim, Satan s'agite et cherche à profiter de la faiblesse humaine...».

 

Après quarante jours de jeûne total, le Christ a faim. C'est la défaillance corporelle, librement consentie par Lui, inévitable pour nous. Il est normal qu'en entrant dans la vie spirituelle, nous connaissions une certaine faiblesse du sentiment, de la volonté et du corps.

 

L'homme vivant tout entier dans ce monde est empli de vitalité charnelle, mais qu'il vienne à pénétrer dans une autre vie, il se purifie, se libère, et ce soutien lui manque. La nouvelle vie ne lui étant pas suffisamment assimilée pour le fortifier, la passion disparaît, la grâce n'est pas encore manifestée et le diable accourt.

 

Le diable, ce désincarné jaloux de l'incarné, conseille alors de satisfaire le corps ! Vous le savez, Satan s'est précipité dans la chute parce qu'il refusait l'incarnation de Dieu en un corps humain. Il ne voulait pas s'incliner devant l'homme et le servir. Il acceptait de servir Dieu et non l'homme. Voilà ce qui le sépara de Dieu. C'est la raison pour laquelle il éprouve une jalousie féroce envers notre corps. Il n'envie pas notre intelligence, il est plus intelligent que nous; il ne jalouse pas notre pureté, il est plus pur que nous; il jalouse l'incarnation où s'unissent étrangement l'esprit et la matière.

 

L'ange possède toutes les qualités, il est poète sublime, mais il ne peut écrire de poésie, sculpteur génial, mais il ne peut modeler : l'ange ne s'incarne pas !

 

Le diable hait l'incarnation sous toutes ses formes. C'est ainsi qu'au long des siècles, il s'agite, crée des illusions, invente des doctrines où l'incarnation est diminuée, brisée, où Dieu ne devient pas véritablement homme. Que Dieu Se manifeste, soit ! Qu'il S'incarne, non !

 

Le diable est spiritualiste, il projette de magnifiques constructions de la pensée, mais lorsque nous voulons les toucher, les palper, elles ne sont que fumées. Les éons nous impressionnent, les cosmogonies nous éblouissent, les maîtres spirituels nous dominent; nous les touchons : c'est du vent ! Le diable est jaloux de notre chair, lui, supérieur à la chair, il n'éprouve ni fatigue, ni douleur, ni passion, ni souffrance, il est jaloux parce que c'est cette chair imparfaite, ce corps uni à l'esprit, qui permet à l'esprit humain de se réaliser, de créer.

 

Supportez le paradoxe : c'est la matière qui dynamise l'esprit, car l'homme, dit le psaume, est «de peu inférieur à Dieu» mais l'esprit sans corps est un chanteur sans voix.

 

Le diable, jaloux, conseille à l'homme de satisfaire son corps. Pourquoi lui qui n'est pas charnel nous conseille-t-il de l'être, lui qui n'est pas gourmand nous propose-t-il de nourrir notre gourmandise ? Parce qu'il veut obtenir que notre corps ne soit que chair, arraché à l'esprit, avili. Il aspire à voir cette oeuvre sacrée, modelée par Dieu, humiliée et détruite. C'est pour cela qu'il nous suggère des ardeurs charnelles, sans y prendre part lui-même. Il est indifférent, orgueilleux, il nous hait, il nous méprise et propose au Christ de nourrir cette humanité de chair en changeant les pierres en pain.

 

Attention ! Nombre de personnes bien intentionnées font la charité de cette manière. Mais oui ! Ce diable est un philanthrope qui inspire sournoisement ces figures de socialistes, de réformateurs désireux avant tout de nourrir les masses en donnant du pain.

 

Quel mépris pour l'homme dans cette pensée ! Quel mépris du diable pour l'homme, lorsqu'il dit au Christ : prends ces pierres, transforme-les, nourris les foules, elles ont besoin de pain, je connais mes sujets, moi, le prince de ce monde; ensuite, elles accepteront ton enseignement et de surcroît te seront reconnaissantes, elles ne sont pas semblables à nous qui sommes des esprits. Et le Christ répond : l'homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole sortie de la bouche de Dieu. Notre Sauveur fait confiance à l'homme.

 

Chaque homme possède l'image et la ressemblance de Dieu; celui qui regarde la foule avec mépris est du diable.
Je m ' arrête sur la première tentation; si Dieu le permet, je parlerai une autre fois des deux autres.

 

Ainsi, dans la lutte spirituelle que vous commencez d'entreprendre (...) , ne prenez pas garde si vos facultés psychologiques et spirituelles subissent une défaillance passagère, fermez les oreilles de votre coeur au tentateur. Il veut vous enseigner deux doctrines contradictoires qui visent le même but : la perte de votre âme. Il vous entraînera au mépris de votre corps en vous poussant dans un jeûne démesuré, ou bien à la fausse pitié de votre corps, afin que vous puissiez croire que vous êtes chair par nature, rien que chair.

 

Fuyez la philanthropie cynique et sceptique qui fait du bien en méprisant l'homme, ou bien faites-la chanter selon le Christ; que votre aumône soit comme un culte rendu à Dieu qui habite dans le mendiant, car le vrai mendiant est le Christ qui frappe à la porte de votre coeur, en demandant votre hospitalité. Amen.

 

Saint Jean de Saint-Denis

 

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