Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

7 avril 2024 7 07 /04 /avril /2024 19:44
Le ministère de diaconesse

Définition biblique de Diaconesse :

Dans les premiers siècles, se dit de femmes chrétiennes régulièrement au service de l'Église (en grec diaconos, tardivement diaconissa)

 

Histoire des diaconesses

La vocation de la diaconesse a ses racines dans le coeur aimant et agissant de la femme chrétienne.

Elle apparaît en Phoebé, diaconesse de l'Église de Cenchrées (Ro 16:1 et suivant). 

Phoebé a le même titre que les diacres (Php 1:1). Elle remplit une fonction (étant diaconesse) ; son rôle a été considérable (le terme employé indique une activité protectrice) ; Paul demande qu'elle soit traitée comme il convient aux saints et dans le Seigneur.

C'est par le titre de diacre (è diakonos) non par celui de diaconesse (diakonissa) que Paul salue Phœbé à la fin de l'épître aux Romains.

Les deux mots grecs, diacre, et diaconesse, sont connus et distincts historiquement.

Le mot grec traduisible par diaconesse n'apparaît que trois siècles plus tard, avec les Constitutions Apostoliques (fin 4è siècle, pour la partie qui lui est propre).

Recommander Phœbé avec le titre de diacre, à la communauté de Rome, sans autre explication, suppose que la fonction n'avait rien d'exceptionnel pour une femme aux temps de Paul.

Rien n'autorise à réduire le rôle de Phœbé à une assistance charitable ou à un auxiliariat de Paul. C'était un vrai ministère, une fonction au sein du corps ecclésial.

Le second titre donné à Phœbé : « prostatis », confirme le sens fort du premier.

Il ne signifie pas « aide » comme on l'a traduit trop souvent. La T.O.B. dit « protectrice » ce qui est mieux.

Mais le mot avait un sens technique dans le monde gréco- romain, et désignait le « patronat », charge de personnages fortunés et influents qui servaient de garants près des autorités civiles pour les associations ou individus qu'ils protégeaient.

Phœbé était donc un personnage de poids : elle a servi de garant à Paul dans une région où son autorité était discutée (cf. 1 Cor. 1/11-16).

Sans doute sa grande personnalité lui a-t-elle valu d'être diacre.

Soulignons qu'une telle charge ne se limitait pas à la région où elle œuvrait, puisqu'elle n'était pas exclusive de voyages apostoliques : Paul la salue, et en première ligne, au nombre des Romaines.

Que pourrait-il dire de plus ? La 1re épître à Timothée semble bien montrer que la charge se généralise.

Reuss juge probable que le passage 1Ti 3:11 se rapporte aux diaconesses et non aux femmes des diacres.

Il y a non pas leurs, mais les femmes semblablement, ce qui indique plutôt celles qui sont de même fonction, de même titre. Le texte est intercalé entre les diacres et ce qui est dit ensuite de leur famille. Les qualités énumérées sont celles de la charge (fidèles en toute chose, 1Ti 3:11).

Leur place serait ainsi déjà officiellement fixée.

Un peu plus tard, vers III, la lettre de Pline à Trajan parle de deux diaconesses (ministres) que l'exquis écrivain a fait mettre à la torture pour surprendre les secrets de l'Église. On voit quel rôle elles jouent déjà.

Au III e siècle, il est probable que peu d'Églises sont sans diaconesses.

Par contre les veuves restent ce qu'elles étaient, assistées et honorées, mais formant de moins en moins un corps constitué.

On voit clairement dans les Constitutions apostoliques, qui donnent au IV e siècle un tableau des usages du III°, le vrai rapport.

Il y est beaucoup parlé des veuves (III, 1ss).

Elles sont « soumises aux évêques, aux prêtres, aux diacres et même aux diaconesses », à qui elles fournissent des recrues ; elles restent dans leurs maisons « à chanter, à prier et à lire » (III, 7).

La diaconesse, par contre, est l'objet d'une consécration ; l'évêque assisté des prêtres, des diacres et des diaconesses lui impose les mains et prie ainsi : « Donne-lui l'Esprit-Saint, préserve-la de toute souillure. »

Cette consécration est rapportée entre celles du diacre et du sous-diacre (VIII, 18s).

Les auteurs qui cherchent à en diminuer la portée ne tiennent pas compte de ce que ce don de l'Esprit signifie pour l'antiquité chrétienne (et en particulier dans les Const. apost.).

L'Église a besoin des services ecclésiastiques de la diaconesse pour tous les cas où le diacre ne peut fonctionner : ainsi les onctions des femmes au baptême par immersion, la cure d'âme féminine (III, 15 : « là où l'on ne peut envoyer un diacre »).

Il faut y joindre le soin des femmes malades, des orphelins, des veuves, l'accueil à faire aux femmes pauvres dans le culte, à la porte, et pour les placer, la surveillance des veuves et des vierges.

La diaconesse aurait voulu davantage participer en quelque mesure au sacrement de l'eucharistie, prendre la parole.

L'Église ne l'a jamais admis.

En Irlande elles présentent le calice aux femmes : c'est un cas unique.

Chez les gnostiques, les Montanistes, les Nestoriens et dans les communautés des Priscillianistes, elles sont arrivées à leurs fins.

Les Const. apost, constatent et consacrent la fonction dans un temps où déjà sa décadence est proche.

Le clergé se défie des empiétements du ministère féminin ; ses succès hors de l'Église l'ont compromis.

Le baptême par immersion, peu à peu abandonné, rend une partie de ses services inutiles.

La vie monastique absorbant les vocations y met fin.

En Gaule le concile d'Orange (441) décide qu' « on n'ordonnera plus de diaconesses ». La chrétienté d'Occident suit de loin.

En Orient la charge dure plus longtemps : à Constantinople, sous Justinien, il y a encore, pour 60 diacres et 90 sous-diacres, 60 diaconesses ; le Basileus veille rigoureusement sur leur célibat.

Mais de plus en plus ce n'est qu'un titre d'honneur qu'on donne aux femmes pieuses, aux abbesses.

Bénédiction ou ordination des diaconesses dans le passé ?

Le plus ancien rituel pour des femmes diacres se trouve dans les Constitutions apostoliques (380-400) :

19. 1. Au sujet de la diaconesse (diakonissa) moi, Barthélémy, je prescris ceci.

2. Ô évêque, tu lui imposeras les mains (epithèseis autèi tas cheiras), en présence du presbyterium, des diacres et des diaconesses, et tu diras :

20. 1. Dieu, éternel, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, créateur de l’homme et de la femme, toi qui as rempli d’esprit Myriam, Débora, Anne et Holda, qui n’as pas jugé indigne que ton Fils, le Monogène, naisse d’une femme, toi qui dans la tente du témoignage et dans le temple as institué des gardiennes pour tes saintes portes,

2. toi-même regarde maintenant ta servante que voici, proposée pour le diaconat, donne-lui l’Esprit-Saint et purifie-la de toute souillure de la chair et de l’esprit pour qu’elle s’acquitte dignement de l’office qui lui a été confié, pour ta gloire et à la louange de ton Christ, par qui à toi gloire et adoration dans le Saint-Esprit pour les siècles, Amen.

Ce rituel inclut donc une imposition des mains et une épiclèse.

S’il n’y a pas de doute sur l’existence de femmes diacres, les opinions divergent quant à la nature de leur ordination.

Certains arguent que les cérémonies accordaient simplement une bénédiction, et non pas une vraie ordination, bien que dans la plupart des cas, les rituels soient pratiquement identiques pour les hommes et pour les femmes.

Une certaine confusion provient du fait que les termes de cheirotonía et de cheirothesía sont souvent utilisés de manière interchangeable, alors que le latin traduira les deux termes, sans les distinguer, par impositio manus ou manuum.

Bienheureuse Olympias amie de St Jean Chrysostome

Extrait de sa bio
La renommée de sa vertu était si grande qu’à peine âgée de trente ans, elle fut ordonnée diaconesse par le Patriarche saint Nectaire (cf. 11 oct.), et elle devint sa conseillère dans de nombreuses affaires ecclésiastiques.

Sainte Radegonde moniale et diaconesse

Radegonde suit un parcours qui l’éloigne progressivement de la vie séculière puisqu’elle est finalement consacrée diaconesse par saint Médard, au grand dam du roi.

Mais les étapes à franchir sont multiples.

Devenue reine, elle utilise sa puissance temporelle, ses richesses, au service des pauvres par l’exercice de la charité (eleemosynae).

L’accession de Radegonde au statut de sainte, dont nous verrons ensuite les pouvoirs, se fait ensuite par un palier déterminant : celui de l’abandon du statut de reine pour celui, plus conforme, de moniale, et, plus précisément de diaconesse. 

Dom Mabillon, dans son commentaire des Annales Bénédictines (chapitre 22) où le texte de la Vita se trouve aussi édité, analyse le problème de ce divorce d’avec le roi Clotaire : la reine n’a pas obtenu l’accord du roi et l’interdiction de consacrer diaconesse une femme mariée est inscrite dans les textes, en premier lieu parce que le mariage est indissoluble.

Ainsi, le deuxième concile d’Orléans du 23 juin 533, canon 18, signale l’interdiction de conférer le diaconat aux femmes mariées -et même aux femmes tout court «à cause de la faiblesse du sexe » (11) -et l’interdiction du mariage à celles qu’ils l’ont reçu (12). 

Médard, ainsi morigéné, obtempère et fait les gestes symboliques qui consacrent Radegonde : par la prise de voile, elle devient moniale ; par l’imposition des mains, elle devient diaconesse.

Textes pour approfondir le sujet à télécharger

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
4 avril 2024 4 04 /04 /avril /2024 19:34
Messages Pascal des évêques des Eglises orthodoxes occidentales

Bien-aimés filles et fils en Christ,

Durant les vigiles de la nuit pascale, nous acclamons la Résurrection du Christ et notre délivrance en ces termes : C’est ici la nuit qui, dans tout l’univers arrachant les croyants aux ténèbres du péché les rend à la grâce, les unit en une sainte alliance.

C’est ici la nuit, où brisant les chaînes de la mort, le Christ sort victorieux des enfers ténébreux…

Pourtant, jamais les Églises n’ont semblé aussi confinées.

L’exultation des textes liturgiques peine à franchir le cœur des fidèles et encore moins les barrières de nos institutions ecclésiales.

Personne ne peut nier ce constat.

Le monde et la création se meurent tandis que résonnent, enfermés dans nos murs, nos cantiques d’actions de grâces.

Nous allumons le cierge pascal symbole de la Lumière de la Résurrection qui brille sur le monde, mais c’est bien de nos cœurs que cette flamme doit éclairer le monde, afin que la terre se réjouisse, illuminée d’un tel éclat, et sache que la nuée s’est dissipée qui enveloppait l’univers (extrait de l’office des Vigiles pascales).

Dans une de ses méditations, saint Tugdual évoque la crainte des saintes femmes disciples du Christ, d’avoir à rouler la pierre de son tombeau. « Et pourtant, écrit-il, si l’on se remémore la scène évangélique, il n’y avait nullement lieu pour les myrrophores de se poser cette angoissante question, car en fait la pierre était déjà roulée. » Il continue sa méditation : « Qui roulera notre pierre ? Qui surmontera notre obstacle ? C’est le Christ à qui Tout est possible ! Christ est notre Tout ; Christ est notre espoir ; Christ est notre Vie ! » s’écrit-il.

Si la Lumière pascale est prisonnière du tombeau de notre cœur, personne ne pourra la connaître.

Si nous croyons que la pierre du tombeau n’est pas roulée, nous resterons figés dans nos ténèbres.

Si nous croyons qu’avec le Christ tout est possible, nous pourrons accomplir le commandement de Jésus lorsqu’Il apparut aux apôtres après sa Résurrection : Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création !

Saint Tugdual nous rappelle que « L’Âme Apostolique va au-devant des ignorants pour les initier ou à la recherche des perdus pour les réhabiliter, mais elle peut encore se diriger vers une autre sorte de gens, ceux qui ont été avec Christ et qui L’ont perdu et qui restent là maintenant désemparés. »

Aujourd’hui, plus que jamais, le temps est venu pour que de nouvelles communautés chrétiennes émergent comme une lumière au sommet d’une montagne.

Vous êtes la lumière du monde… Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. (Mt 5, 14.16)

C’est en cela que nous deviendrons des âmes apostoliques.

Ainsi, nos Liturgies et nos Cantiques auront le parfum du printemps à venir que le Seigneur désire pour les temps nouveaux.

Je laisse à Mgr Mael, que nous allons canoniser le 6 octobre de cette année, la fin de ce message pascal.
En 2011, il écrivait :

« Comme les disciples du Seigneur envoyés aux confins du monde, c’est la vocation de chaque Chrétien de témoigner de la Résurrection du Christ.

La création elle-même est dans l’attente de la révélation de la Résurrection.

Elle aussi, a besoin que nous lui annoncions par notre témoignage comme le dit l’apôtre Paul dans son épître aux Romains (cf. Rm 8).

Même le monde des hommes, dans sa quête éperdue pour vaincre la mort, ne sait pas qu’il cherche la vie éternelle, car elle est inscrite au plus profond de son être.

Il a besoin du témoignage vivant de tous les baptisés pour s’éveiller à cette vérité qui ne cessera de le hanter jusqu’à ce que le Christ se lève d’entre ses propres enfers pour le libérer.

Nous sommes donc appelés à manifester la Résurrection dans tous les aspects de notre vie.

Celui qui aime et qui est aimé, atteste volontiers de son amour.

Chacun doit se poser cette question : Et toi, te sens-tu aimé de Dieu ?

En quoi la Résurrection du Christ a touché ton cœur ?

As-tu reconnu qu’un Dieu t’a aimé d’un Amour fou jusqu’à descendre dans tes ténèbres pour te libérer de toutes les morts et te donner sa Vie ?

Nous tous qui avons été baptisés dans la mort et la Résurrection du Christ, nous avons revêtu le Christ pour que nous soyons des témoins vivants afin que le monde croie.

Que l’eau vive de la Résurrection transforme nos cœurs à jamais et que tout soit illuminé et entre dans le jour sans déclin de la vie éternelle. »

Le Christ est Ressuscité !
Gloire soit au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles !

Primat Marc
de l’Église Orthodoxe Celtique

Église Orthodoxe Celtique – "L'Amour est tout qui est Dieu même" (eglise-orthodoxe-celtique.org)

Bien chers frères et sœurs en Christ,

Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !

Voilà la seule et incommensurable nouvelle à annoncer encore et encore au monde entier !

A toutes les questions qui hantent aujourd’hui comme hier les profondeurs angoissées de l'humanité, la seule réponse est celle-ci : la Vie Nouvelle qui, voici plus de deux mille ans, a jailli du tombeau, nous a été donnée, à nous tous sans exception.

Par le Christ et dans le Christ, prototype de l’humanité, la mort n’est plus ! Et à travers l’avènement de la matière glorieuse signifié par Sa Résurrection, toutes les matières créées sont potentiellement sauvées.

Voilà l'incroyable mystère que Marie-Madeleine a été jugée digne de recevoir et d'annoncer aux disciples et à travers eux, au monde entier.

Voilà l'incompréhensible Sagesse de l'Amour de Dieu, « scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Corinthiens 1, 23) : c'est à un larron meurtrier qui croyait au ciel qu'il est donné de rentrer le premier en Paradis ouvrant ainsi le chemin du retour à toute l'humanité ; c'est à une femme pécheresse et possédée de sept démons qui croyait à l'Amour qu'il est donné de récolter la première le plus beau fruit de l'Amour Divin, la connaissance du Corps de Gloire du Christ ressuscité !

Entrons dans la joie triomphale de notre Maître ; hâtons nos pas vers le Royaume de la Lumière Eternelle ; chantons au Christ l’hymne de Sa victoire avec tout l’univers...

Chaleureuses bénédictions pascales…

Evêque Martin

Eglise orthodoxe Française

EGLISE ORTHODOXE FRANCAISE - EOF orthodoxie - Eglise Orthodoxe Française - EOF orthodoxie

Fils et filles bien-aimés,

Christ est ressuscité !

Ce cri retentit du nord au midi, de l’orient jusqu’aux confins de l’occident. 

C’est le cri de la vie qui a vaincu la mort, le cri de la force créatrice de Dieu ! 

C’est le cri de la lumière qui écarte définitivement les ténèbres,
le cri de l’espérance qui redonne force et vigueur au monde,
le chant de la paix qui dissipe les conflits et les querelles destructrices !

Oui, je vous l’annonce une fois encore :

En vérité Christ est ressuscité !

Et nous tous qui avons été baptisés en Christ, nous sommes ressuscités avec Lui. 

« Et si nous sommes ressuscités avec le Christ, recherchons les choses d’En-Haut » nous dit l’apôtre Paul.

Ainsi donc en fêtant cette Pâque, nous témoignons de la Vie du Christ en nous !


A Lui gloire et louange dans l’éternité !


+Grégoire

Evêque d'Arles et de l'Eglise orthodoxe des Gaules

Eglise Orthodoxe des Gaules (eglise-orthodoxe.eu)

Christ est ressuscité !

Voici la nuit dans laquelle le ciel s’unit à la terre, les choses divines aux choses humaines, cette nuit brillante comme le jour, nuit lumineuse pour éclairer notre joie.

Voici que nous avons compté quatre fois dix jours pour rester en éveil contre le péché, pour recevoir l’indulgence et le pardon de notre Dieu, pour préparer notre temple intérieur à vivre le sacrifice de Notre Seigneur qui entre à Jérusalem en offrande pure, montant volontairement sur la Croix pour le salut du monde entier.

Nous avons vécu Sa Passion, Sa mort et Son ensevelissement dans les offices que nous propose l’Église. Et en cette nuit avec l’Église nous clamons le Christ ressuscité, vrai soleil de justice, éclairant et illuminant tout par les rayons de Sa lumineuse résurrection.

Saint Jean Chrysostome dans son homélie invite tous et tout à se réjouir, vous qui vous êtes préparés, qui avez jeûné, qui avez veillé et prié, mais vous aussi qui avez été négligents, paresseux et distants, car le pardon est sorti du tombeau.

« Et pourtant la lumière qui as resplendi du Tombeau n’est pas consolante pour tous ! Certes, « la Lumière du Christ éclaire tous », mais elle aveugle certains. Elle réjouit les uns et elle attriste les autres. Le sang du Christ adoucit les cœurs, mais il en est qu’il peut durcir. »(1)

Le Christ a ouvert les portes de la vie éternelle et de l’éternelle joie, il nous reçoit tous dans ses bras.

Qui donc alors peut demeurer son ennemi ?

Celui qui s’attache aux biens de ce monde, celui qui aime passionnément ce qui l’oppose à la volonté divine.

Contemplons un instant l’icône de la Résurrection, nous y voyons le Christ piétinant les portes de l’Hadès et se penchant pour sortir Adam et Eve du tombeau. Nous y voyons aussi Adam et Eve tendre les mains vers le Christ. Ces mains tendues vers la main qui les reçoit, c’est là toute l’image de la synergie entre la grâce divine et la liberté humaine qui peuvent se rejoindre à travers les deux volontés, humaines et divines.

Et nous, chrétiens orthodoxes, il nous revient en ce jour lumineux de partager notre joie au-delà de notre temple intérieur, au-delà de notre Temple de pierre, de partager notre joie dans le temple cosmique, afin que toute la création ressente la puissance vivifiante de ce jour de Pâques, afin que ceux dont les yeux et le cœur sont recouverts d’écailles perçoivent la parcelle de lumière qui leur fera tendre les mains vers Dieu.

Christ est ressuscité des morts, par sa mort Il a vaincu la mort.

Évêque Philippe de la Charité-sur-Loire

Eglise Catholique Orthodoxe de France

(1) Saint Jean de San Francisco (Pâques 1960)

https://eglise-catholique-orthodoxe-de-france.fr/

Télécharger les messages

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
3 avril 2024 3 03 /04 /avril /2024 19:30

Il est parfois difficile pour les fidèles de trouver un père spirituel, nombre d’entre eux n’en ont pas, que conseilleriez-vous à ces gens ? 

– Je leur conseillerais d’aller se confesser à tout prêtre qui est disponible, et de bien se confesser. Il y a de nombreux livres sur la confession, on peut les trouver et les lire.

Il est important de se préparer à la confession : prier, examiner sa vie depuis la dernière confession, comment cette vie s’est déroulée à l’égard du prochain, de Dieu et de soi-même.

Ce que j’ai fait, a-t-il été agréable à Dieu ou non ?

L’homme remarque ainsi ce qui est nécessaire à confesser, chacune de ses blessures spirituelles.

Lorsqu’il écrit ce qu’il veut dire pour ne rien oublier et qu’il le confesse, il reçoit la grâce de Dieu au moment où le prêtre lui lit la prière d’absolution.

Aussi, la première chose que l’on peut dire est de se confesser le mieux que l’on peut. On peut aller vers tout prêtre qui est disponible.

Il est important de vouloir changer et de prier que Dieu éclaire le prêtre auprès duquel on se confesse et lui donne la parole nécessaire pour vous. Parfois, il ne dit rien, si ce n’est « patiente et prie ».

Mais le plus important dans la confession est que vous recevez la grâce divine et que vos péchés sont pardonnés.

Cela doit vous inciter à ne pas vous arrêter sur la voie du salut, mais à aller de l’avant.

Bien sûr, c’est une grande bénédiction pour l’homme d’avoir un bon père spirituel.

Mais, même si l’on ne peut en trouver un, il est possible pour les fidèles de mener une vie spirituelle sérieuse en Christ, une vie pleine de grâce, lorsque l’on change du pire vers le meilleur, une vie par laquelle on ressent l’avant-goût du ciel.

Si la personne a néanmoins un père spirituel, comment construire ces relations spirituelles afin qu’elles soient justes, agréables à Dieu ?
Il me semble que tout père spirituel doit considérer celui qui vient à lui dans une perspective définie.

Celle-ci consiste à voir l’homme non pas seulement comme il est à ce moment, mais comment il peut devenir avec la grâce de Dieu, lorsqu’il surmonte ses passions.

L’homme change s’il observe les commandements divins, s’il vit de la vie de l’Église.

Il faut regarder l’homme depuis cette perspective.

Comment Dieu Lui-même regarde-t-Il l’homme ? Comme Son image. Dieu veut de nous que nous révélions Son image en nous.

Et c’est notre point de départ. Le père spirituel voit ce que l’homme peut devenir, et sa tâche fondamentale est de le soutenir, de l’encourager à vivre de la vie de l’Église.

Une telle vie implique la participation régulière au sacrement de la confession, de la communion avec la bénédiction du prêtre, le travail sur ses passions, l’aspiration à acquérir l’humilité.

Et lorsque tout cela est présent dans la vie de l’homme, de telles relations spirituelles, en définitive, transforment sa vie et deviennent pour lui une bénédiction.

Monseigneur, vous avez étudié la Patristique et la psychologie à l’Université de Thessalonique, et vous y avez défendu une thèse de doctorat. Quelle est la cause fondamentale de la survenance d’une dépression chez nos contemporains ? Comment peuvent-ils se délivrer d’un tel état ?
Le dépressif voit la vie en noir. Tout est sombre autour de lui. Son avenir lui semble sombre et sans espoir.

Une telle personne se voit elle-même aussi en noir, ne voit rien de bien en elle.

Or, pour le chrétien, s’il l’est véritablement, s’ouvre une autre perspective pour se regarder soi-même et le monde.

Bien sûr, les passions restent dans les chrétiens, et ils s’efforcent de s’en débarrasser, mais ils voient aussi en eux les vertus qu’il faut développer, une perspective de développement.

Lorsque le chrétien regarde autour de lui, il voit ses frères et sœurs, il voit chacun et chacune d’entre eux comme l’image de Dieu.

Il va à l’église et embrasse les saintes icônes. Et il comprend qu’il n’est pas seul dans ce monde, mais qu’il y a autour de lui « une nuée de témoins » (Hébr. XII, 1), véritablement une immense multitude de saints témoins.

Lorsque le chrétien regarde devant, vers son avenir, il voit la possibilité d’entrer dans le Royaume céleste, de demeurer éternellement avec le Christ, avec notre Reine, la Très sainte Mère de Dieu, et avec tous les saints.

Dans un tel cas, il est déjà très difficile de rester dans un état dépressif.

Je pense que, pour les chrétiens orthodoxes, il est très bien de toujours se rappeler les exemples des saints martyrs, qui restèrent fidèles à la sainte foi orthodoxe jusqu’à la fin et reçurent ainsi leurs couronnes.

Ces saints martyrs ont triomphé dans leur patience pour le Christ et, à ce moment, comme dans le lisons dans leurs vies, ils étaient joyeux.

Ils savaient qu’ils seraient torturés, qu’ils devraient subir de nombreuses souffrances physiques.

Les gens qui les entouraient les haïssaient, se moquaient d’eux, et ils le supportaient avec fermeté. En définitive, avec les tortures de différentes sortes, tout se terminait par la mort physique.

Si vous regardez l’exploit des martyrs du point de vue séculier, ils auraient dû être les gens les plus dépressifs du monde. Mais que voyons-nous ? Ils sont restés joyeux.

Et tout cela parce qu’ils dirigeaient leur regard sur le Christ et ressentaient qu’Il était avec eux dans toute Sa puissance. Il me semble que la solution du problème de la dépression réside dans le changement du regard que porte l’homme sur le monde, une sorte de metanoia.

Il faut le changer, depuis le regard séculier, mondain, privé de spiritualité, jusqu’au regard spirituel et commencer à regarder le monde avec les yeux de la foi.

Bien sûr, il existe des cas de dépression clinique, lorsque la cause de la dépression est un déséquilibre chimique dans le cerveau humain.

Mais, indubitablement, un tel état est souvent conditionné, précisément, par la façon dont l’homme regarde le monde.

Le regarde-t-il dans la perspective de l’Évangile et des saints Pères ? Ou bien ce regard est-il athée, comme si Dieu n’existait pas dans ce monde ?

Dans le dernier cas, nous devons reconnaître qu’il s’agit du regard d’un insensé : « L’insensé dit dans son cœur : il n’y a pas de Dieu » (Ps. 13,1).

Il y a beaucoup de gens qui, extérieurement, semblent croyants. Ils vont à l’église, vénèrent les icônes, se signent, mais leur foi est faible, ce sont eux que le Seigneur appelle dans l’Évangile « hommes de peu de foi » (Matth. VI,30).

Que faut-il pour l’homme peu croyant ? Il faut prier : « Seigneur donne-moi plus de foi, une foi forte comme chez les saints ».

Et si nous avons la foi, comme chez les saints, si nous avons l’amour du Christ, comme chez les saints, alors nous aurons la même joie que chez les saints.

Alors, nous comprendrons ce que les saint apôtre Paul voulait dire par ses paroles : « Soyez toujours joyeux » (I Thess. V, 16). Et c’est précisément ce qu’il nous faut, à nous chrétiens.

Est-il possible, pour l’homme contemporain, d’acquérir une foi aussi forte que chez les saints ?
Pour acquérir une telle foi, cette prière est nécessaire et importante : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur ».

La prière est nécessaire, avant de s’endormir, à notre réveil, pendant toute la journée.

L’amour du Christ est important. Il faut chercher des possibilités de Lui être agréable.

Dans chaque situation, nous avons un choix : agir selon les passions ou agir comme cela est agréable à Dieu.

Nous devons toujours nous demander : « Quelle est ma réaction à telle ou telle situation qui sera la plus agréable à mon bien-aimé Seigneur Jésus-Christ ? »

Il faut agir en conséquence. Et alors, le Christ, chaque fois, nous enverra un peu de Sa grâce.

Si nous acquérons graduellement la grâce divine dans notre cœur, c’est cela précisément qui aidera la graine de la foi de grandir dans notre cœur.

Et de cette graine peut apparaître une magnifique fleur parfumée. 

Chez chacun de nous, il y a un cœur vivant qui bat, aime et souffre.

Et il faut que nous nous efforcions à aimer plus le Christ, croître dans l’amour envers Lui, aimer plus la Mère de Dieu, s’efforcer d’être plus obéissant aux commandements du Christ.

Certains décrivent cette croissance comme une échelle, certains comme l’ascension d’une montagne.

Mais l’essence ne change pas, il s’agit de la croissance spirituelle.

Et il n’est pas nécessaire que ce soit brusque, saccadé, non. Doucement, pas à pas.

Rappelez-vous ce qu’a dit le Sauveur : « Quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense » (Matth. X,42).

Les petits pas que les chrétiens accomplissent parce qu’ils sont chrétiens et qu’ils veulent montrer à Dieu qu’ils l’aiment s’additionneront en quelque chose de plus grand.

Et à la fin, l’homme deviendra un saint.

Encore une fois, je voudrais insister sur le fait qu’il s’agit d’une question de foi.

Nous avons des exemples de saints, dont des saints contemporains, qui montrent par leur vie que l’on peut atteindre la sainteté.

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0