Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

7 juillet 2023 5 07 /07 /juillet /2023 19:17
Le Leica dans la soutane

FrèreJean, le Leica toujours dans la soutane

les Rencontres d'Arles. Son flot de professionnels et de festivaliers. 20000 sont attendus en cette première semaine dejuillet.

Parmi eux. Frère Jean ne raterait pour rien monde le rendez-vous.
 

Bien avant qu'il n'embrasse sa seconde vie de moine orthodoxe, Frère Jean avait déjà ses habitudes à Arles.

Le jeune Gérard Gascuel a étudié la photo l'école Louis Lumière à paris avant de devenir photographe de pour la rubrique artistique dans différents journaux photographe de mode et de blicité.

Un coup de foudre pour le médium qu 'il doit notamment à son service militaire et à un coIonel en demande d'une photo d'identité qui ne s'était jamais trouvé aussi beau desa vie.

À partirde là, toute la caserne y est passée explique l'homme de 76 ans. 

Cela m'a fasciné. Devant l'appareil, ils étaient tous comme nus.

À travers la photo, j'ai découvert l'homme, I'homme profond.

Je me suis dit, c'est le plus beau des langages.

Gérard Gascuel se découvre une passion pour le portrait.

Dans le visage ce qui m'intéresse, raconte-t-il aujourd'hui, c'est le regard derrière les yeux, ce que l'autre voit en me regardant.

Sa carte de presse lui fait rencontrer Salvador Dali, Maurice Béjart, Jean-Louis Barrault, le mime Marceau, Olivier Messiaen... Il photographie au 50 millimètres, très près de son modèle, son Hasselblad en mains.

Il court le monde.

Alors que sa fiancée l'attend au Japon, c'est lors d'un reportage au mont Ayhos en Grèce dans la crypte d'un ancien monastère, que sa vie change du tout au tout.

La vision des crânes des moines décédés depuis de nombreuses années l'amène à reconsidérer son existence.

Une prise de conscience, suivie littéralement d'une seconde naissance. Gérard Gascuel devient Frère Jean. Il a alors 33 ans.

S'il a quitté famille et amis, Frère Jean n'a jamais tiré un trait sur sa passion pour l'art.

Installé avec Frère Joseph depuis 1996 au Skite Sainte Foy dans les Cévennes, d'où il est originaire. il accueille des pèlerins orthodoxes et des membres de la Fraternité Saint Martin, une association d 'artistes chrétiens.

Et ils sont célèbres, ceux qui ont un jour foulé le lieu de prière et de retraite en quête d'inspiration dans ce beau et rude mas en pierres de schiste, entouré de trois hectares de bois et de champs en terrasses. 

Artistes, peintres, écrivains, musiciens, danseurs, poètes. Mais aussi artisans et cuisiniers.

En 2020, par exemple, Paris Match publiait un reportage du diner à quatre mains élaboré par Gérald Passédat, chef trois étoiles, et Frère Jean.

C'est que le moinen'a jamais cessé de se poser les mêmes quesirations qui animent les artistes.

Qu'est-ce que la beauté ? La vérité ? L'amour? Comment avoir le ton juste ? Le geste juste? Comment réaliser le don de soi? Réciter chaque jour le même texte sans se lasser?

S'il a trouvé dans par la foi des réponses, le jardin. la cuisine, la poésie et la photographie sont devenus ses œuvres.

Son livre, La prière du cœur, récemment paru chez Actes Sud, tisse largement la métaphore de l'art dans la spiritualité.

L'art en général ce n'est pas une langue mais un langage universel confie-t-il.

Ce que j'aime dans l'art, c'est que l'art se multiplie sans s'épuiser.

À travers une belle photo, un beau paysage, un beau un chant, les gens sont touchés jusqu'à l'âme et ils ont une mémoire du corps qui va durer toute leur vie comme un enfant qui se souviendra toujours de sa mamie.

Sa soutane noire comporte une poche conçue sur-mesure pour le leica qui ne le quitte jamais.

Malicieux. Frère Jean le sort en toute discrétion pour documenter certaines rencontres religieuses.

Mais les photos qu'il rend publiques ce sont celles prises au sein du monastère.

Ce qu'il faut, c'est prendre le temps de regarder, d'être émerveillé souligne-t-il, avant de nous morntrer ses clichés.

Ca c'est c'est une tomate sensuelle ! Bon. c'est de la sensualité de moine, c'est sûr. sourit-il.

Mais il y a une grande sensualiré dans la nature, une très grande beauté et surtout elle est gratuite. Une feur est belle par amour de la beauté, elle n'est pas belle pour plaire.

Depuis une révélation face à singularité d'une feuille, Frère Jean s'attache à montrer que chaque instant, chaque chose et chaque personne est unique.

Le dimanche 9 juillet  à 9h30
Sur France 2 orthodoxie 
rediffusion de : « Signe de Lumière » du Frère Jean

 

Voir la lumière divine incréée de Dieu n’est possible que si on la reçoit par l’humilité et le don de soi. Voir la lumière créée de la beauté de chaque création, n’est possible que si on la reçoit comme un don de Dieu. La photographie est une écriture de lumière et nous permet de dire ce que les mots ne peuvent pas dire.

Il y a une similitude entre être photographe et être moine. Les deux cherchent des signes de lumière, pas pour les capturer, mais pour les recevoir. Le père Gérasime du skite Sainte-Foy nous en parle dans le documentaire « Signes de lumière », produit par le père Jivko Panev.

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2023 4 06 /07 /juillet /2023 19:30
Entretenir le jardin du cœur

Mes deux grands-pères et ma mère étaient de fervents jardiniers.

J'ai donc grandi entourée de la beauté des plantes et des fleurs.

Le jardin de cottage est un style de jardin distinct qui est certainement mon préféré.

L'utilisation de matériaux traditionnels, dans une conception informelle, associée à des plantations denses et à un mélange de plantes ornementales et comestibles, est identifiée dans le monde entier comme étant d'origine anglaise.

La grandeur et la structure formelle que l'on trouve dans les jardins de propriétés anglaises classiques ont cédé la place à des jardins conviviaux et fonctionnels, pleins de grâce et de charme.

*

Les plantations massives de vivaces, d'annuelles, de légumes, de plantes et de fleurs de toutes les tailles et de toutes les couleurs montrent comme rien d'autre la variété de la beauté qui caractérise la création de Dieu.

Ces jardins me font penser à des personnes, de toutes tailles et de toutes couleurs, toutes belles à leur manière.

Certains sont comme des roses grimpantes, s'élevant vers les cieux et la gloire de Dieu.

D'autres sont comme des lianes, épousant le sol et couvrant de grandes surfaces comme un tapis de verdure.

D'autres encore sont comme des cactus, ayant besoin de peu d'eau, tout en étant capables de vivre dans la splendeur ascétique d'un désert égyptien.

D'autres, comme les nénuphars, présentent de belles fleurs, même lorsqu'elles flottent dans une eau sordide.

*

Comme les plantes, nous avons besoin d'être arrosés et soignés.

Pour les chrétiens, les eaux de vie se trouvent dans le baptême, où nous sommes immergés dans les eaux vives qui nous font naître à la vie, nous plaçant devant le Créateur qui, comme le jardinier, s'occupe de nos besoins, afin que nous puissions grandir et nous épanouir dans toute la mesure de notre potentiel.

*

En soignant notre propre cœur, nous devons nous assurer que nous nous sommes protégés contre les mauvaises herbes qui nous étrangleraient et étoufferaient notre plein potentiel en tant qu'enfants de Dieu.

Nous devons nous assurer que nous avons accès à la nourriture et à l'eau vitales qui viennent de Dieu en tant que grâce incréée.

Et, en tant que Corps du Christ, l'Église, ("ni homme, ni femme, ni Grec, ni Juif") nous fleurirons ensemble, formant un jardin de belles âmes, baignant dans la lumière du Fils de la Justice.

Avec l'amour du Christ.

Abbot Tryphon


Photos : Le potager principal du monastère.

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
2 juillet 2023 7 02 /07 /juillet /2023 19:24
Quelles pratiques quotidiennes pour notre chambre haute ?

La fossilisation partielle de nos institutions chrétiennes nous a fait oublier toute une longue expérience de l’expérience de Dieu en nous qui s’inscrit au cœur de la Bible et des Évangiles.

Tout au long de deux mille ans d’histoire ont été expérimentées de multiples « méthodes » qui ont fleuri en Orient puis dans l’Occident chrétiens.

Il va sans dire que ces méthodes ne sont pas monolithiques et s’entrecroisent souvent.

Mais c’est à chacune ou chacun de trouver le bon bâton du pèlerin tout au long des chemins de sa vie. Le terme de méthode est, comme tous les mots, piégeant car il donne une forme à ce qui est, par nature, sans forme… mais nous tenterons d’approcher  cette expérience tout en en constatant les limites qui sont profondément les nôtres.

Nous avons en effet à garder précieusement ce qui fait notre unicité pour ne pas tomber dans l’uniformité massive qui caractérise notre monde.

Cela renvoie à la parole profonde d’un très jeune spirituel chrétien contemporain, Carlo Acutis (1991-2006) : «  Nous naissons comme des originaux et la plupart d’entre nous meurent comme des photocopies ».

Permanence tout au long de nos journées

C’est sans doute l’acteur franco-britannique Michael Londsdale (1931-2020) qui a le mieux résumé dans l’un de ses propos l’essence d’une pratique de la relation permanente à ce Dieu qui nous habite.

Une de ses paroles était citée dans la revue Reflets n°43, page 26 : « Ma journée est remplie de prière comme un dialogue incessant avec le Seigneur. Je lui donne les moments que je vis. C’est une intimité, un partage immédiat avec Lui. »

Cet homme, qui incarna si bien l’un des moines martyrs de Tibherine dans le film « Des hommes et des dieux », nous retranscrit dans des mots très actuels l’une des formes possibles de la relation au Tout-Autre issue, sans doute, de plusieurs milliers d’années d’expérience qui nous viennent de la lointaine et ancienne matrice judéo-chrétienne.

Les formes en sont très variées et nous en verrons ci-après quelques-unes sans, en aucun cas, que la liste en soit complète car elle est sans fin et varie au gré des époques et des contextes. Mais le résultat est toujours le même, vivre l’essentiel dans son quotidien dans les limites de nos finis et dans l’avant goût de notre infini.

La posture et les métanies

La posture jambes croisées, à laquelle s’attachent fortement d’autres traditions, notamment celles issues de l’indouisme comme le bouddhisme, c’est à dire l’assise avec les jambes repliées (cf la position dite du lotus), n’ont que peu ou pas d’importance en ce qui concerne le christianisme.

Certaines postures existent néanmoins et nous les évoquons ici.

Les Pères et les Mères du désert du IVème siècle adoptaient assez souvent une position d’assise sur un petit tabouret  en levant (ou non) les bras vers le ciel ou plus simplement en regardant la terre ou une image inspirante.

D’autres n’avaient aucune posture particulière, se tenant par exemple sur une seule jambe le plus longtemps possible voire des jours entiers.

Les métanies (au sens propre du grec retournement) sont par contre restées d’usage fréquent dans l’orthodoxie et dans des communautés occidentales. Répétées à l’infini,  elles peuvent frôler les limites d’une sorte de transe.

Oraison et prière
En fait les deux mots sont synonymes mais des nuances les différencient quand même.  

Ils renvoient tous deux à la racine latine orare que l’on traduit généralement par prière.

Mais ils correspondent néanmoins à des états  spirituels différents.  

L’oraison est le plus souvent silencieuse alors que la prière a une connotation vocale et en général de demande adressée au divin.

Un état d’oraison est le plus souvent long voire très long allant jusqu’à plusieurs heures.

Il s’agit alors d’une plongée dans le silence.

En groupe ou en solitaire, des personnes orientées psychologiquement vers le Seigneur, ou vers un épisode de sa vie, tentent de faire un dialogue ou l’établissent.

Les exemples et les formes en sont innombrables.

La prière peut, mais ce n’est pas forcément le cas, partir de textes tout faits, en les répétant parfois  comme dans les différents rosaires ou chapelets très courants en Orient comme en Occident.

La plupart du temps elle est vocale…mais au bout d’un temps plutôt long un déclic peut se produire voire des phénomènes de type mystique.

La lectio divina (lecture divine)

Cette approche nous vient de très loin, d’au moins trois mille ans, car elle dérive de la méditation des versets de la Bible hébraïque.  

Il s’agit d’une lente, attentive et inspirante lecture d’un court verset de la Bible.

Sous la forme chrétienne, elle a été mise en avant par Origène autour de l’an 220, il y a donc plus de 18 siècles. Redéveloppée autour du douzième siècle par Guigues le Chartreux, elle a pris sa forme contemporaine toujours pratiquée en quatre temps.

Sa durée est indifférente et va de quelques minutes à plusieurs heures.

Elle commence par le choix d’un verset le plus court possible de la Bible, puis de le lire très lentement (lectio), de le méditer (ou méditatio), de le prier (oratio) pour arriver enfin à la contemplation (contemplatio).

Et là peut se produire le « miracle » de la rencontre avec le Seigneur à travers un dialogue silencieux qui nous renvoie à ce que disait et vivait Mikael Londsdale au début de cette chronique.

Bien entendu toutes ces méthodes n’en sont au fond qu’une….un dialogue permanent avec ce qui nous habite…..et la façon la moins éloignée de notre vie est de la rapprocher du cycle respiratoire que nous vivons sans le savoir plus de 24.000 fois par jour !

Le souffle
Nous ne faisons ici que l’évoquer car ce thème ou pratique a pris une telle importance que la prochaine  chronique y sera  consacrée « Le souffle dans nos vies ».

Mais ce texte aura eu au moins l’ambition de retrouver un trésor spirituel enfoui pour nous tous et toutes aujourd’hui.

Gérard Emmanuel Fomerand

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0