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18 février 2024 7 18 /02 /février /2024 20:28
Un peu de théologie : La descente de Jésus aux enfers

Si l'article ci-dessous vous semble compliqué je vous mets en bas de page deux articles en ligne plus accessibles.

Pratiquement tous les Credo anciens, toutes les liturgies baptismales et eucharistiques (orientales aussi bien qu'occidentales), tous les discours pétriniens et pauliniens mentionnent la Descente aux Enfers comme partie intégrante de la geste pascale.

II est vrai que tous les récits de Résurrection ne le font pas. À cet égard, on peut dire qu'il existe trois traditions :

La tradition johannique, qui fait carrément l'impasse sur ce thème, la Croix étant déjà le lieu et l'instant de la victoire de résurrection.

La tradition synoptique, et particulièrement la tradition lucanienne, dont la séquence plus «historique», plus «chronologique», retient les épisodes «empiriques» : ensevelissement, tombeau, apparitions etc.

Et la tradition paulinienne et pétrinienne (pour Pierre : Ac 2, 15-36, ici analysé ; I P 3, 18-20 ; 4, 6 ; pour Paul : Ac 17, 31 ; Rm 6, 9 ; 8, 11 ; 10, 10 ; Gai 1, 1 ; Col 1, 18 ; 2 Tim 2, 8) qui, elle, parle de la Descente aux Enfers (Pierre) et de la résurrection (du séjour) des morts (Paul).

C'est cette tradition qui est reprise largement par nos credo, nos liturgies, toute la tradition patristique et les représentations iconographiques orientales. 

Pour nous, la mort est un phénomène biologique et instantané.

Et, dès que survenue, a lieu un «on ne sait quoi», d'ordre métaphysique ou religieux: soit le néant; soit le passage de l'âme à l'immortalité; soit la Résurrection, immédiate ou différée.

En toute occurrence, la mort, même s'il y a passage à autre chose, est d'un instant: cet instant {in ictu oculï) où nous cessons de vivre.

C'est la même lecture que nous faisons spontanément à propos de Jésus: c'est sur la Croix que meurt Jésus, au moment qu'il remet l'esprit, ce qu'atteste le geste légal du centurion de garde.

Toute l'iconographie occidentale identifie le moment de la mort et celui de la Croix.

Mais pour les Hébreux (et c'est le contexte de notre Écriture), la mort est autre chose.

Elle a un déroulement temporel.

Mourir, c'est bien sûr rendre le dernier souffle, mais c'est aussi (et surtout?) entrer (et demeurer) dans le séjour des morts (le Shéol).

La mort n'est pas le drame d'un instant, elle est un événement qui consiste, si l'on peut ainsi s'exprimer, à vivre de la vie des morts.

Par ce thème appliqué à Jésus, il est donc dit que le Christ a vraiment connu la mort, la «vraie» mort, dans toute sa vérité, «pendant trois jours».

La mort, encore une fois, n'est pas un simple événement biologique, ni même de plus ou moins longue souffrance.

S'arrêter à la Passion et à la mort sur la Croix (qui sont bien réelles, évidemment), a pu engendrer un accent doloriste et affectif outrancier et une théologie rédemptionniste excessive, où la souffrance physique risque, on le sait, d'être considérée de soi salvatrice. La «simple» compassion affective pour le Christ mourant ne suffit pas : il s'agit d'un drame qui a les dimensions de la destinée (d'une vie, la sienne, et de celle des autres)

 C'est en effet de cet état-là, de ce lieu où la mort exerce sa puissance (cfr le krateïsthaï de Ac 2, 24), que Jésus va être «réveillé», relevé, ressuscité. 

Qu'en disent nos textes?

Que c'est de cet état-là (si l'on préfère ce mot à celui de lieu) que Jésus ressuscite: «resurrexit a mortuis, ek nekrôn» (remarquer le pluriel).

Littéralement: «de parmi les morts», du séjour des morts.

Il n'est dit nulle part (même si ce n'est pas nié), qu'il est ressuscité du Tombeau {ex monumento, ek taphou).

L'Évangile parle seulement du tombeau trouvé vide.

La pierre n'a pas été roulée pour permettre au Christ d'en sortir (!), mais pour permettre aux femmes de voir.

On pourrait, à la limite, dire que Jésus est sorti du Tombeau, mais non pas qu'il en est ressuscité.

Le Christ ressuscité sort donc du séjour des morts, c'est-à-dire de la véritable mort.

C'est très exactement ce qu'a compris l'iconographie orientale, où le Christ est représenté sortant et montant (Vanabasis est une véritable anastasis) du gouffre s 'ouvrant dans la paroi d'un rocher qui représente la porte des enfers, et non celle du rocher dans lequel est creusé le Tombeau.

De même, on voit souvent, dans l'iconographie occidentale, la Croix plantée sur le crâne d'Adam (comme si la mort sur la Croix était dans le même temps la descente dans les Enfers).

Jésus sort victorieux des Enfers.

Telle est proprement sa Résurrection : cette sortie des Enfers, où il est allé vivre jusqu'au bout la mort, et d'où il sort vivant à la Vie éternelle.

Il a vaincu la mort en ce séjour (et non simplement dans le Tombeau) et dans ce combat (non simplement sur la Croix, même si la chose n'est pas fausse non plus, comme l'a vu saint Jean).

Jésus sort victorieux de la mort en sortant des Enfers: là est le lieu de la Résurrection victorieuse.

Il a vaincu la mort en son terrain même {thanatôi thanaton patèsas).

La Résurrection est Résurrection-des-Enfers, et nous comprenons mieux alors le schéma relevé plus haut: le Seigneur passe des Enfers au Ciel.

Car c'est cela ressusciter: «quand Jésus passa de ce monde à son Père» (Jn 13, 1).

La Résurrection n'est pas le passage du Tombeau sur la terre (même s'il y a aussi et de surcroît séjour sur la terre, nous y reviendrons).

La Résurrection est un acte de Dieu arrachant le Christ (ou un acte du Christ s'arrachant) à la mort «tout entière», à la mort «métaphysique» ou «théologique» (comme on voudra, mais vraie mort, mort totale, existentielle), non à la simple mort biologique, matérielle.

Le Père arrache le Christ à la mort pour le faire passer de là à la gloire du Ciel, à la vraie vie (zôè et non point bios).

La victoire de Jésus sur la mort n'est pas simple victoire sur la mort biologique mais, qu'on nous permette l'expression, sur la mort «zôè- logique», sur la mort qui fait perdre la vie.

Le miracle de la Résurrection, c'est qu'un homme qui était vraiment mort puisse être déjà au Ciel, ce qui n'est précisément pas le cas de Lazare, du fils de Naïm ou de la fille de Jaïre.

Ce qu'exprime fort bien saint Paul en un discours de même schéma que celui de Pierre: «Nous aussi, nous vous annonçons (une) Bonne Nouvelle (...): Dieu (l') a ressuscité des morts, sans retour possible à la décomposition (ou: aux Enfers)» (Ac 13, 32, 34).

Du coup aussi, la Résurrection (puisqu'elle n'est pas une simple réanimation personnelle) apparaît tout à fait pour ce qu'elle est, à savoir une victoire contre la mort, et non pas simplement, si l'on peut dire, contre une mort, contre telle mort.

Car c'est la mort qui est vaincue, puisqu'en son propre lieu, «chez elle».

Quelqu'un d'entre les morts, et non pas simplement quelqu'un de mort, sort de la mort, du séjour où elle exerce sa puissance.

Du coup, il ne s'agit plus (et pour le Christ, et pour nous) d'un simple épisode.

Ce qui importe, c'est que Jésus est entré comme sauveur dans les Enfers et qu'il «suffit» ( !) qu'il l'ait fait comme Dieu et comme homme, en son état d'Incarnation, prolongeant ce qu'il a fait en Palestine.

Telle est ici la pointe de la Résurrection de Jésus: la mort, et non pas simplement sa mort, est vaincue.

C'est pourquoi d'ailleurs, encore à la différence de Lazare, il va au Père et retrouve les chemins de la Vie (odous zôès, non du simple bios).

Tout importantes que soient les Apparitions, la Résurrection ne s'identifie pas avec elles, comme notre imaginaire se le représente confusément. Les deux choses sont bien distinctes.

Les Apparitions ne constituent pas la Résurrection: elles en sont la médiation (signes et témoignages), mais non pas le contenu.

La Résurrection n'est pas un simple et merveilleux retour de la présence (désormais glorieuse) de Jésus sur Terre.

«Salut, jour de fête (Pâques), vénérable dans tous les siècles, où Dieu vainquit l'Enfer et monta au Ciel» (Fortunat, Hymne pascale).

Les Apparitions ne sont pas pour autant niées.

Au contraire, elles deviennent ce que sont vraiment des Apparitions : la manifestation de quelqu'un qui est au Ciel, et non point celles de quelqu'un qui se trouve quelque part sur la terre.

Elles sont théophaniques, ce sont des événements qui viennent du Ciel visiter la Terre (ce qui nous permet d'ailleurs de comprendre que Etienne et Paul peuvent parler d'Apparitions du Ressuscité, alors que cependant leur expérience se situe après cette période privilégiée).

Certes, il y a un caractère particulier (témoignage, signe, renforcement de la foi, instructions aux Apôtres, reconnaissances familières, envoi en mission) propre aux seuls quarante jours, mais les Apparitions ne sont pas que cela : tout en ayant une retombée empirique, elles sont des théophanies, des manifestations «célestes», des révélations de Dieu et de sa présence à l'homme dans le Christ devenu Seigneur.

«Dieu l'a ressuscité au troisième jour, et il lui a donné de manifester sa présence» (Ac 10, 40).

Les Apparitions de Jésus ne furent point celles d'un Jésus redivivus, mais d'un Jésus ressuscité, dans la gloire du Père et dans la Puissance de l'Esprit.

Parler ainsi, ce n'est donc pas nier les Quarante jours.

Il y eut bien, pendant un temps déterminé, ces manifestations exceptionnelles du Seigneur venant du Ciel et partageant sur terre l'intimité des croyants et des apôtres pour les initier à sa Résurrection et à ce qu'elle signifie.

Mais ces jours privilégiés ne constituent pas une sorte de «trêve» pendant laquelle Jésus réside (?) comme entre ciel et terre (!).

Ce n'est pas un Jésus resté sur terre qui apparaît à ceux qu'il a choisis, mais le Seigneur ressuscité, venant du ciel, d'auprès du Père.

A cet égard, il est remarquable que, pour Lazare justement, on ne parle pas d'apparitions.

Mais qu'en est-il alors de l'Ascension, si nous disons que Jésus apparaît comme Seigneur venant du Ciel, où il se trouve donc déjà!

En voyant les Apparitions comme des manifestations théophaniques de celui qui est au Ciel, on comprend mieux aussi que Jésus soit généralement invisible (un ressuscité n'est pas visible «comme ça») ; qu'il ne se soit révélé qu'à quelques-uns, capables de révélation ; que même pour ceux-là, il n'est pas vu facilement (Madeleine le prend pour un jardinier ; des apôtres le prennent pour un fantôme ou un esprit flottant sur l'eau ; Thomas est sur ses gardes ; les disciples d'Emmaûs le prennent pour un voyageur et rapportent d'ailleurs fort virilement que, s'il est vrai que des femmes disent l'avoir vu, «nous, nous ne l'avons pas vu»...

Car qu'est-ce que l'Ascension ? Très exactement, la dernière Apparition et la fin des Apparitions.

Au terme des Quarante Jours, les témoins ne bénéficièrent plus de ces manifestations du ressuscité; il «disparut à leurs yeux» (cfr Ac 1, 9); désormais ils ne le virent plus. Jésus, qui depuis la Résurrection des Enfers est au Ciel, met fin à ses manifestations sur Terre.

L'Ascension est la dernière «remontée» au Ciel, comme il y en avait eu après chaque apparition, et sans qu'il faille imaginer, dans ce cas comme dans les autres, une affaire de prodige.

Focant me fait remarquer que le «Je ne suis pas encore monté (oupô anabebèka)», donné par Jésus comme raison à son «Ne me retiens pas», signifie sans doute que, étant donné que l'Esprit n'a pas encore été donné (Pentecôte), l'entrée de Jésus dans la gloire du Père, bien qu'effective, n'est pas encore pleinement accomplie théologiquement.

Il me signale aussi cette superbe exégèse augustinienne de la parole à Marie-Madeleine : «(Ne me retiens pas), je ne suis pas encore ressuscité (anabebèka, monté) dans ta tête», ma Résurrection n'est tout à fait complète qu'à partir de ta foi.

Prise dans son ensemble, la tradition voit dans la Descente aux Enfers comme trois «moments», et trois moments précisément :

1. Un combat contre le Démon
La tradition orientale est restée très fidèle à cet aspect du séjour aux Enfers, que notre Occident tend davantage à rationaliser par des abstractions (lutte contre le mal, le péché, la mort, etc). 

Que nous dit-elle? Que, après sa mort sur la Croix, le Christ poursuit, dans l'ultime repaire du mal (du Malin), la lutte contre le péché, le mal et la mort

Cette dramatisation n'a pas seulement l'avantage de souligner, une fois de plus, que le Christ a connu vraiment la mort. Elle a surtout l'avantage de montrer que le péché ne relève pas d'une situation simplement morale (en ce sens: «terrestre», concernant les seuls rapports entre les hommes).

Dans ce cas, le salut pourrait être assuré par simple effort moral.

Il s'agit d'une situation bien plus grave : par le péché, l'homme a manqué son destin, il a perdu l'accès à (l'Arbre de) la Vie.

La question est d'ordre «infernal».

Le drame du péché consiste en une erreur de destinée, non de simple morale.

II s'agit, pour le Sauveur, dans cette «démonisation» de la Descente aux Enfers, de signifier que son combat va jusqu'aux racines «ontologiques», destinales du mal, et que ce combat doit déboucher sur une victoire contre celui qui a empêché l'accès à la Vie (signifié par le second Arbre), qui a fermé l'accès à ce qui constitue la fin et la destinée de l'homme.

Le combat du Prince de la Vie contre le Démon, prince de la mort, qui détient la vie en otage, doit rouvrir l'accès à la Vie.

La Résurrection n'est pas un prodige, mais une victoire. 

2. La prédication aux enchaînés
«Le Christ lui-même est mort pour les péchés, une fois pour toutes, lui juste pour les injustes, afin de nous présenter à Dieu, lui mis à mort en sa chair, mais rendu à la vie par l'Esprit.

C'est alors qu'il est allé prêcher même aux esprits en prison, aux rebelles d'autrefois, quand se prolongeait la patience de Dieu aux jours de Noé» (1 P 3, 18-20; cfr aussi 4, 6)43.

La tradition occidentale, rejoignant pleinement cette fois la tradition orientale, est restée fidèle à cette vision des choses.

Sa prédication salutaire, le Christ vient l'apporter aussi à ceux qui n'ont pu le connaître en terre de Judée et de Galilée.

Le Seigneur vient leur annoncer, à eux aussi, la bonne nouvelle du salut. Alors seulement s'accomplit toute l'évangélisation. «Celui qui a dit à Adam (dans le Jardin): 'Où es-tu?', (...) est descendu au Shéol (...) et il l'a trouvé.

Il l'a appelé et lui a dit: 'Voici que je suis descendu après toi pour te ramener à ton héritage'» (s. Ephrem, lit. syr. pascale).

3. La sortie victorieuse
Ayant donc séjourné dans les Enfers (combat contre le Démon, princ(ip)e du mal, et prédication aux morts), le Christ, alors, sort des Enfers, véritable exodos, et «enfin» ressuscite. «Tertia die resu- rexit a mortuis».

À cet égard, il est remarquable que, à l'origine, la triple immersion (je ne parle pas de la triple invocation) baptismale, se référait non à la Trinité, mais aux «trois jours» de «sépulture» dans la mort.

Le baptême chrétien est une plongée dans la mort du Christ («vous tous qui avez été baptisés (plongés) dans le Christ...») et une sortie victorieuse avec lui de cette demeure (cfr Jean Chrysostome, Hom., 40).

En quittant le séjour des morts, comme le montrent superbement les icônes où il tire Adam et Eve par les poignets, Jésus entraîne victorieusement dans son propre accès à la Vie et en même temps que lui, ceux qui sont déjà morts (ils n'ont pas seulement été enseignés et délivrés du Démon).

La Résurrection de Jésus est, dans le même temps, sa résurrection et celle des autres.

Elle n'est pas seulement victoire personnelle («Dieu l'a délivré des affres de la mort»), mais victoire qui «empoigne» ceux qui étaient déjà morts et victimes de la perdition (Unheil).

Jésus, en ressuscitant, est en même temps le Ressuscité et le Ressuscitant, celui qui est arraché et celui qui arrache au Mal et à la mort, pour entraîner victorieusement dans la Vie ceux qui restaient prisonniers.

Ce n'est donc pas seulement la Croix qui est un combat et un arrachement au mal. 

 Ce n'est pas pour rien qu'on parle de Pâques comme d'un nouvel Exode. Pâques «prend du temps», comme prit du temps la traversée du désert et, ici, la traversée des Enfers.

II est remarquable que le nom des icônes représentant la sortie des Enfers soit celui de «Anastasis» et désigne cette Résurrection comme rédemptrice, puisque ces mêmes icônes représentent toujours le Seigneur, non point seul mais arrachant les hommes à la mort.

 Ce caractère de victoire «demandant effort» y est encore souligné par le fait que le Christ tient les protoparents par les poignets, pour qu'ils ne risquent pas de glisser s'ils étaient seulement tirés par la main, nous assurent les iconologues.

 Jésus n'est pas seulement le Ressuscité (resuscitatus), mais aussi et dans le même temps le Ressuscitant (resuscitans, participe actif).

Le destin personnel de Jésus et le salut des sauvés coïncident.

Ne «fallait-il pas» que le Christ fût lui-même sauvé des Enfers (cfr Ac 2, 24), pour qu'il en puisse sauver les autres? 

C'est après avoir vaincu la mort en son lieu et sauvé les morts en leur séjour, que Jésus est vainqueur et ressuscite. 

... ne peut-on être tenté d'y voir la Résurrection au troisième jour comme le véritable «consummatum est» de la Croix ?

L'agonie a duré jusqu'au troisième jour.

Le thème de la Descente aux Enfers, qui ne réduit pas la mort à la Croix, mais l'étend à tout le déploiement d'un drame dans le temps et l'éternité, - tout cela ne permet-il pas de mieux saisir toute la signification destinale de l'acte de salut du Christ?

Qu'est-ce que l'homme selon la foi chrétienne?

Un être destiné à partager un jour plénièrement la vie de Dieu. L'homme est théologal (comme il est aussi rationnel, social, affectif, etc).

Cette anthropologie de destinée théologale se joue «entre ciel et terre», entre don de Dieu et réponse (ou refus) de l'homme.

Cette destinée, l'homme l'a reçue du Père à la Création.

Mais, en ce qu'on appelle énigmatiquement un drame originel, et qui fut précisément une erreur de destinée, il en a perdu l'accès.

Le Fils de Dieu ressuscite la Création.

Et il fait de l'homme un être résurrectionnel, au même titre que le Père a fait de l'homme un être créationnel.

À la limite (à la limite), on pourrait dire que c'est le péché (erreur de destinée) qui a modifié l'ordre de la création, plus que la Résurrection qui, en quelque sorte, ne fait que reprendre l'ancien vœu créateur pour en refaire don à l'homme.

Désormais, c'est en disant oui à sa nature résurrectionnelle, que l'homme trouvera le salut, c'est-à-dire le chemin de sa destinée.

Extraiy​​​​​​ts de L'agonie de la Résurrection ou la Descente aux Enfers Adolphe Gesché
Revue Théologique de Louvain  Année 1994  25-1  pp. 5-29

Télécharger l'article complet

L'agonie de la Résurrection ou la Descente aux Enfers - Persée (persee.fr)

Deux articles grand public sur le sujet 

 

 

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17 février 2024 6 17 /02 /février /2024 20:30
La Lettre de  Béthanie : Le Carême

Chers amis,

Nous entrons dans le temps du carême. Aussi est-ce intéressant de se poser la question: Qu’est-ce que le carême ?

Carême vient du latin « quadragésima » qui veut dire quarantième, c’est donc un temps de quarante jours de préparation, de maturation, d’exercice sur nous-mêmes, pour voir plus clair sur notre situation d’exilé, d’exilé de notre source ; c’est un temps pour faire retour à la source, “ techouva ” comme disent les juifs, “ metanoïa ”comme disent les grecs.

Ce sont quarante jours de conversion pour une libération, car à l’horizon, se profile la Terre Promise, celle où coulent le lait et le miel.

A l’horizon se profile la passion et la mort de notre Dieu, du Dieu-homme, de Jésus de Nazareth, fils de Marie, la femme juive, et fils du Très-Haut, du Créateur de toute chose, de toute vie, notre source.

A l‘horizon se profile la mort de la mort car si Jésus, Dieu qui s’est incarné, va traverser cette passion et cette mort, ce n’est pas par amour de la souffrance, par masochisme mais c’est pour la vaincre et ressusciter des morts et, si nous le voulons, nous avec Lui !

Si nous le voulons, car nous sommes libres, ne l’oublions pas.

Il n’y a rien d’automatique avec Dieu, avec lui, nous ne sommes jamais forcés à quoique ce soit !

Nous voilà donc face à une offre de Dieu, de notre source, et cette offre est une possibilité de sortir de l’exil, de sortir de l’Egypte intérieure, si nous le voulons, si nous le décidons, si nous en prenons les moyens pour passer de la mort à la Vie.

Je mets devant toi la vie et la mort, choisis la Vie nous dit le Seigneur.

C’est donc dans nos mains.

Mais avant d’aller plus loin, je voudrais réajuster une pensée fort répandue en Occident, et que je ne voudrais pas induire ou conforter dans les propos que je viens de prononcer.

C’est l’idée qui veut que Jésus se soit incarné parce qu’il fallait nous sauver de la mort !

Non, le projet de Dieu, à l’origine, au commencement, dans le Principe, était de s’incarner, de s’incarner quoiqu’il advienne.

Aimant tellement sa créature, il a voulu, de toute éternité, vivre la vie de sa créature, il a toujours voulu l’épouser, Lui qui l’a façonné à son image et vers sa ressemblance.

Son incarnation n’intervient donc pas parce qu’il y a eu la rupture, la chute, l’exil.

Son incarnation aurait eu lieu de toute façon, c’est son projet depuis l’origine, c’est un geste d’amour fou et gratuit.

Autrement dit, Dieu n’est pas un garagiste qui vient réparer l’humanité ! C’est un amant qui entre dans la chambre nuptiale.

Notre incarnation, notre corps, notre monde est pour Dieu une chambre nuptiale !

Bien sûr il y a eu ce qu’on appelle improprement la chute, en fait la rupture avec Lui, mais Dieu ne remit pas pour autant son projet en cause !

La fiancée était certes moins belle depuis l’exil, mais il l’aimait et comme Dieu est infini, son amour est infini.

C’est pourquoi à partir de son projet d’incarnation, il alla jusqu’à celui d’aller mourir avec l’humanité, puisqu’elle avait fait ce choix, pour ressusciter, et donc pour la ressusciter, avec lui et en Lui.

C’est important de garder cela dans notre cœur pendant ce temps de carême.

Mais revenons au sens du mot carême :

Quarante jours comme les quarante jours et quarante nuits pendant lesquels Dieu purifie et renouvelle le monde par les eaux du déluge, avant de conclure l’alliance avec Noé;

Quarante jours comme les quarante ans des hébreux dans le désert à la sortie d’Egypte avant d’atteindre la Terre promise; quarante jours comme les quarante jours et nuits où Moïse demeura, seul, sur la montagne du Sinaï pour recevoir les Préceptes divins, les dix Commandements;

Quarante jours et nuits pour le prophète Elie, lui aussi sur la montagne, avant d’entendre le bruit d’un silence subtil dans lequel Dieu passe près de lui ;

Et puis dans quarante jours Ninive sera détruite annonce le prophète Jonas, mais les ninivites se retournent et jeûnent pendant quarante jours… et Dieu pardonne;

Enfin quarante jours comme les quarante jours du Christ dans le désert après son baptême dans le Jourdain ; mais ici l’événement, contrairement à tous les événements que je viens d’évoquer, a précédé le jeûne, car dans tous les autres cas l’homme montait vers Dieu, alors qu’ici, dans la baptême du Christ dans le Jourdain, Dieu descend vers l’homme et lui indique le chemin.

Quarante, chiffre de plénitude, d’accomplissement, de maturation, d‘achèvement ; c‘est sur ce modèle des quarante jours du Seigneur au désert que l‘on prépara pendant quarante jours les catéchumènes au baptême qui avait lieu le jour de Pâques ; et si aujourd’hui on baptise trop rarement à Pâques, Pâques reste le renouvellement ou plutôt la ré-actualisation de notre baptême et cette réactualisation de notre baptême, nous la préparons par cette sainte quarantaine, ce carême, dîme de l’année que l’on offre à notre Dieu.

Bon et joyeux carême ! Belle libération !

Avec toute mon affection en Christ !

Père Pascal

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14 février 2024 3 14 /02 /février /2024 20:30
Probabilité que la vie ait pu se former à partir de matière inanimée

•    Chandra Wickramasinghe, professeur de mathématiques appliquées et d’astronomie à l’University College de Cardiff, ancien collaborateur de Fred Hoyle, tranche de son côté : « La probabilité que la vie ait pu se former à partir de matière inanimée correspond à un chiffre avec 40 000 zéros avant le 1.

Un chiffre assez petit pour enterrer Darwin et la totalité de la théorie de l’évolution.

Il n’y a jamais eu de soupe primitive, ni sur cette planète ni sur une quelconque autre.

Et si les débuts de la vie n’étaient pas dus au hasard, ils sont donc certainement le produit voulu d’une intelligence. »

•    Christian de Duve estime nécessaire d’exclure le hasard : « J’ai opté en faveur d’un Univers signifiant et non vide de sens. Non pas parce que je désire qu’il en soit ainsi, mais parce que c’est ainsi que j’interprète les données scientifiques dont nous disposons. »

•    Hubert P. Yockey est lui aussi frappé par l’improbabilité de la genèse du code ADN : « La sélection naturelle aurait dû explorer 1,4 x 1070 codes génétiques différents pour découvrir le code génétique universel existant dans la nature. »
•    Des biologistes ont été amenés à calculer que la probabilité pour qu’un millier d’enzymes absolument essentiels à la vie se rapprochent de manière ordonnée pour former une cellule vivante au cours d’une évolution de plusieurs milliards d années est de moins 1 chance sur 101000.

Le célèbre Fred Hoyle (MIT) allait même beaucoup plus loin en affirmant : « La vie ne peut pas avoir eu un commencement aléatoire... Le problème, c’est qu’il y a environ 2 000 enzymes, et la chance de les obtenir par hasard est seulement d’une chance sur 1040 000 une probabilité atrocement petite à laquelle on ne peut faire face même si l’Univers entier était constitué de soupe organique. »

•    Le biochimiste Michael Denton s’est lui aussi livré à l’exercice des calculs de probabilités : « Pour que se forme une cellule par pur hasard [en ne considérant que les contraintes liées à ses structures protéiques], une centaine au moins de protéines fonctionnelles devrait apparaître simultanément au même endroit. Chacun de ces événements indépendants a une probabilité qui ne peut pas dépasser 1 chance sur 1020, la probabilité maximale est donc d’1 chance sur 102000. »

•    La molécule de cytochrome c, présente dans presque tout le règne vivant et essentielle pour la respiration cellulaire, est composée d’une centaine d’acides aminés. Hubert P. Yockey a calculé que sa probabilité d’apparition aléatoire est d’1 chance sur 1065.

Même en remplissant la totalité des océans d’acides aminés (soit de l’ordre de 1042 molécules), mais en tenant compte des contraintes dues à la chiralité (exclusion des acides aminés dextrogyres), cette probabilité tombe à 1 chance sur 1094, comme il l’a expliqué à la Tacoma Conférence (New York, juin 1988).

•    Robert Shapiro, professeur de biochimie à l’université de New York, axe ses recherches sur les bactéries. Il a estimé à 1 chance sur 1040 000
la probabilité de formation, par hasard, des 2 000 sortes de protéines présentes dans une simple bactérie.

• Enfin, le biophysicien Harold Morowitz, de l’université de Yale - spécialiste de l’application de l’informatique et de la thermodynamique à la biologie - calcula que la probabilité qu’une cellule vivante la plus simple vienne à naître par hasard est d’1 chance sur 10340 000, ce qui est en réalité égal à 0.

Les chiffres sont implacables, et toutes les données que nous avons citées sont éloquentes : le hasard ne peut plus être considéré comme une explication du passage de l'inerte au vivant

Par conséquent, les différentes lois et contraintes physico-chimiques régissant l’apparition du vivant (qui auraient pu avoir d’autres valeurs) renvoient nécessairement à l’existence d’un concepteur intelligent.

Les chapitres précédents, consacrés à la cosmologie, concluaient que les réglages fins de l’Univers avaient 1 chance sur 10120 d’être ce qu’ils étaient.

Ce nombre était déjà considéré comme fou !

Mais la biologie a dépassé notre entendement, en aboutissant à des probabilités de l’ordre de 1 chance sur 10340 000, alors que rien ne peut dépasser 10120 dans l'Univers observable !

Le réglage fin des lois de l’Univers constitue donc une véritable preuve de l’existence d’un concepteur, au sens d’un élément absolument convaincant pour accréditer une thèse, « au-delà de tout doute raisonnable ».

Fred Hoyle, passé de l’athéisme au déisme, ne voit d’ailleurs pas d’autre explication qu’un blocage psychologique ou idéologique pour expliquer
le refus d’une intelligence créatrice : « La théorie que la vie a été créée par une intelligence est tellement évidente que l’on se demande pourquoi elle n’est pas communément acceptée. Les raisons sont psychologiques plutôt que scientifiques. »

Ainsi, le fait que l'on puisse quantifier l'ampleur incroyable du saut que le réglage des lois de la biologie a pu permettre pour passer de l'inerte au vivant constitue une preuve forte de l'existence d'un
dieu créateur.

De ce fait, celui qui fera le choix de l’hypothèse matérialiste ne disposera que de deux possibilités pour expliquer l’apparition de la vie :

•    Soit il acceptera de penser que, malgré tout, ce passage est le résultat du seul hasard et cela signifie qu’il préfère croire à une histoire dont la probabilité est si infinitésimale qu’elle en est parfaitement invraisemblable, plutôt qu’à l’existence d’un dieu créateur dont tout montre que la probabilité est infiniment supérieure.

Dans ce cas, on peut dire que son choix est tout à fait irrationnel et résulte plus du rejet de principe de l’existence d’un dieu créateur que d’une pensée réfléchie.

•    Soit il préférera penser que ce passage résulte de lois de l’Univers effectivement extraordinairement favorables qui ne peuvent découler que de l'existence d'une infinité de multivers; il ressort alors ce joker vu précédemment , qui est une autre manière de refuser les faits de la science et d'opter pour ce qui aujourd'hui peut s'apparenter à de la science-fiction.

De l’autre côté, celui qui acceptera l’hypothèse d'un dieu créateur disposera  également de deux possibilités explicatives : 

•    Soit il admettra qu’il existe effectivement des lois qui ont déterminé de façon naturelle le saut de l’inerte au vivant, ce qui signifie que ce dieu créateur a doté dès le départ son Univers d’une programmation très précise permettant d’atteindre le développement cosmologique et le développement du vivant que nous lui connaissons.

•    Soit il estimera qu’aucun ensemble de lois n’est capable de provoquer un saut aussi gigantesque et devra alors tenir que cette étape est intervenue par une action spéciale de ce dieu créateur.

Ce qui a surpris un certain nombre de scientifiques, c'est que le passage de l’inerte au vivant ne s’est produit a priori qu’une seule fois dans l’histoire de notre Univers, puisqu’il n’y a qu’un seul ancêtre commun à tous les vivants, le fameux organisme unicellulaire baptisé LUCA.

Le prix Nobel Pierre-Gilles de Gennes s’en est d’ailleurs étonné : « Ce qui m’intrigue, c’est le fait que le code génétique soit toujours le même, alors que la vie a inventé des solutions très diverses. J’ai du mal à croire qu’un seul type de code puisse s’imposer par sélection darwinienne. »

La conclusion de la biologie rejoint donc celle de la cosmologie et apporte une preuve supplémentaire à la nécessaire existence d’un dieu créateur.

À ce stade, le lecteur pourrait se demander ce que les scientifiques eux- mêmes pensent de toutes ces avancées.

L’objet du prochain chapitre est précisément de répondre à cette question.

Les citations de grands savants que nous y présentons révèlent le trouble et les interrogations que les nouvelles connaissances scientifiques ont suscitées chez eux.

La compilation de ces citations, toujours accompagnées de références précises, constitue un travail, à notre connaissance, inédit.

Dieu - La science - Les preuves - L'aube d'une révolution - Grand Format
Michel-Yves Bolloré, Olivier Bonnassies

ABIOGENESE : Une nouvelle théorie d'une probabilité d'apparition de la vie sur notre terre (un long polymère d'ARN) par hasard qui se base sur le nombre d'étoiles de l'univers estimé 1 gogol (10100)

Le nombre d'étoile serait assez grand pour qu'on puisse émettre l'hypothèse d'une chance de création spontanée d'une molécule ARN précédnat l'ADN. Théorie pas vraiment crédible.

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