Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 22:41

j_tauler.jpgNous devons considérer pour quoi et comment nous devons prier. Lorsque l'homme veut se livrer à la prière, il doit avant tout ramener son cœur à l'intérieur, le rappeler du vagabondage et des dissipations où il s'égarait, et alors tomber en grande humilité aux pieds de Dieu, lui demander généreusement aumône, frapper à la porte du cœur du Père et mendier son pain, c'est-à-dire la charité... Nous devons ensuite demander que Dieu nous accorde et nous apprenne à demander ce qui lui plaît le plus dans notre prière et ce qui nous sera le plus utile...

Tous les hommes ne peuvent pas prier en esprit, mais il en est qui doivent recourir à la prière vocale. En ce cas, tu t'adresseras à notre Seigneur avec les paroles les plus aimables, les plus amicales et les plus affectueuses que tu puisses imaginer, et cela excitera aussi ta charité et ton cœur. Demande au Père céleste que, par son Fils unique, il se donne lui-même à toi comme objet de ta prière, de la façon la plus agréable. Et lorsque tu auras trouvé une forme de prière qui, plus que toute autre, te plaise et excite ta dévotion..., garde cette manière de prier et donne-lui tes préférences... Il faut frapper à la porte avec une diligence persévérante, car « celui qui persévère obtiendra la couronne » (cf Mt 10,22; 2Tm 2,5)... « Si vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! »

 

Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
Sermon 17, pour le lundi avant l'Ascension (trad. Cerf 1991, p. 126)

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 22:38

en_route.gif

 

Le Christ est le chemin et la porte (Jn 14,6; 10,7), l'échelle et le véhicule..., « le mystère caché depuis le commencement » (Mt 13,35).

 

Celui qui tourne résolument et pleinement ses yeux vers le Christ en le regardant suspendu à la croix, avec foi, espérance et charité, dévotion, admiration, exultation, reconnaissance, louange et jubilation, celui-là célèbre la Pâque avec lui (cf Mc 14,14), c'est-à-dire se met en route pour traverser la mer Rouge grâce au bâton de la croix (cf Ex 14,16)...

 

En cette traversée, si l'on veut être parfait, il importe de laisser là toute spéculation intellectuelle. Toute la pointe du désir doit être transportée et transformée en Dieu. Voilà le secret des secrets, que « personne ne connaît sauf celui qui le reçoit » (Ap 2,17), que nul ne reçoit sauf celui qui le désire, et que nul ne désire sinon celui qui est enflammé par l'Esprit Saint que le Christ a envoyé sur la terre. C'est pour cela que l'apôtre Paul dit que cette mystérieuse sagesse est révélée par l'Esprit Saint (1Co 2,10).


Si tu recherches comment cela se produit, interroge la grâce et non le savoir..., l'obscurité et non la clarté, non point ce qui luit mais le feu qui embrase tout l'être et le transporte en Dieu avec une onction sublime et un élan plein d'ardeur.

 

Ce feu est en réalité Dieu lui-même dont « la fournaise est à Jérusalem » (Is 31,9). C'est le Christ qui l'a allumé dans la ferveur brûlante de sa Passion... Celui qui aime cette mort de la croix peut voir Dieu ; car elle ne laisse aucun doute, cette parole de vérité : « L'homme ne peut me voir s'il ne cesse de vivre » (Ex 33,20).


Mourons donc, entrons dans l'obscurité, imposons silence à nos soucis, à nos convoitises et à notre imagination. Passons avec Jésus crucifié « de ce monde au Père » (Jn 13,1). Et quand le Père se sera manifesté, disons avec Philippe : « Cela nous suffit » (Jn 14,8) ; écoutons avec Paul : « Ma grâce te suffit » (2Co 12,9) ; exultons en disant avec David : « Ma chair et mon cœur peuvent défaillir : le roc de mon cœur et mon héritage, c'est Dieu pour toujours » (Ps 72,26).  

 

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église
L'Itinéraire de l'âme en Dieu, 7 (trad. Orval ; cf bréviaire 15/07)

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 22:58

Vergy-vignes.jpg

 

Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J'ai planté une vigne, je l'ai entourée d'une haie » (cf Mt 21,33).

 

Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu'il a entourées, comme d'une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l'ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8).

 

Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l'Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner » (1Co 12,28).

 

En outre, par les exemples des saints hommes d'autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d'être foulées aux pieds. Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d'une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui.

 

Ainsi gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élèverons comme des vignes grimpantes, jusqu'aux plus hautes cimes.

 

Il nous demande encore de consentir à être sarclés. Or une âme est sarclée quand elle écarte d'elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de lui-même l'amour de ce monde et l'attachement aux richesses ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole a pour ainsi dire été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des soucis de ce monde.

 

Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne faut pas que nous produisions seulement du bois, c'est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors. Il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron (Jn 15,1).

 

Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l'Église
Homélie 5 sur l'Hexaéméron, 6 ; SC 26 (trad. SC p. 304 rev. Delhougne)

Partager cet article
Repost0