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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 23:44

jesus-icon.jpg

 

Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes.

Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique. 

Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière.

Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques.

P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 23:44

Charles-de-Foucauld-Portrait.jpg

L'amour consiste non à sentir qu'on aime, mais à vouloir aimer.

Quand on veut aimer, on aime ; quand on veut aimer par-dessus tout, on aime par-dessus tout.

S'il arrive qu'on succombe à une tentation, c'est que l'amour est trop faible, ce n'est pas qu'il n'existe pas. Il faut pleurer, comme saint Pierre, se repentir comme saint Pierre..., mais comme lui aussi, dire par trois fois : « Je vous aime, je vous aime, vous savez que malgré mes faiblesses et mes péchés, je vous aime » (Jn 21,15s).

Quant à l'amour que Jésus a pour nous, il nous l'a assez prouvé pour que nous y croyions sans le sentir. Sentir que nous l'aimons et qu'il nous aime, ce serait le ciel ; le ciel n'est, sauf rares moments et rares exceptions, pas pour ici-bas.

Racontons-nous souvent la double histoire des grâces que Dieu nous a faites personnellement depuis notre naissance et celle de nos infidélités ; nous y trouverons...de quoi nous perdre dans une confiance sans bornes en son amour. Il nous aime parce qu'il est bon, non parce que nous sommes bons ; les mères n'aiment-elles pas leurs enfants dévoyés ?

Et nous trouverons de quoi nous enfoncer dans l'humilité et la défiance de nous.

Cherchons à racheter un peu nos péchés par l'amour du prochain, par le bien fait au prochain. La charité envers le prochain, les efforts pour faire du bien aux autres sont un excellent remède à opposer aux tentations : c'est passer de la simple défense à la contre-attaque. 

Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara 

Lettre du 15/07/1916 (Œuvres Spirituelles, Seuil 1958, p. 777) 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 23:26

guyon.jpg

Je ne saurais parler, sans parler de l’amour ; 

    J’aime mieux garder le silence : 

    Heureuse de perdre le jour, 

    En vivant sous sa dépendance. 

 

On me dit que d’amour je parle à tout moment ; 

    On m’en fait souvent le reproche : 

    Je trouve mon contentement 

    D’en entretenir qui m’approche. 

 

Mon plaisir est l’amour : je veux sans fin chanter 

    Et mon bonheur et sa louange : 

    L’amour peut seul me contenter : 

    Sans l’amour que tout m’est étrange ! 

 

L’amour a mon esprit, il possède mon cœur : 

    Il est suffisant à soi-même : 

    Il renferme tout mon bonheur ; 

    Je ne puis vivre si je n’aime. 

 

L’amour fait mon plaisir, l’amour fait ma douleur ; 

    Il est ma joie, et ma souffrance : 

    Sans l’amour je n’ai point de cœur, 

    Et tombe dans la défaillance. 

 

Ô toi, divin amour, seul et souverain bien, 

    Voudrais-tu me fermer la bouche ? 

    Malgré l’homme sois mon soutien ; 

    Puisque toi seul : Amour, me touches. 

 

Que l’on m’ôte l’honneur, les biens, la liberté, 

    Tous mes amis, même la vie ; 

    Contente de ta vérité, 

    Je serai du trouble affranchie. 

 

Si tu le permettais, ô pur et chaste amour, 

    Tu pourrais par moi te transmettre : 

    Si d’amour je fais un discours, 

    C’est à toi de le faire admettre. 

 

Je veux, ô cher Amour, t’écrire dans les cieux 

    Que l’amour y serve d’étoiles ; 

    Je veux t’écrire en tous les lieux, 

    Sur la nuit, sur ses sombres voiles. 

 

J’écrirai sur la nuit l’amour avec du feu ; 

    Et par ce brillant caractère, 

    Je ferai brûler pour mon Dieu 

    Le Ciel aussi bien que la terre. 

 

Je veux écrire en toi, ô fluide Océan, 

    Et tracer l’amour sur tes ondes : 

    Car l’amour est assez puissant 

    Pour graver sur l’eau vagabonde. 

 

Je te veux, cher amour, écrire sur les monts ; 

    Je te veux graver sur la pierre : 

    Dans les abîmes plus profonds, 

    Je ferai voir ton caractère. 

 

J’écrirai sur le cœur l’amour pur et parfait, 

    Le burinant à traits de flammes : 

    Mon esprit sera satisfait 

    D’imprimer l’amour dans les âmes. 

 

J’irai dans les enfers et crierai nuit et jour : 

    L’amour ôterait votre peine, 

    Si capables de quelque amour 

    Vous changiez en amour la haine. 

 

Je veux chanter, Amour, ta gloire à tout moment, 

    Tant qu’il me restera de vie ; 

    Je veux te faire voir si grand, 

    Qu’à te suivre on brûle d’envie. 

 

Mais je n’ai plus de voix : tous les hommes unis 

    Ne travaillent qu’à te combattre ; 

    Je vois partout tes ennemis : 

    Ta force pourrait les abattre, 

 

Je n’oserais parler, je n’oserais chanter ; 

    Car les hommes me font la guerre : 

    Chacun cherche à m’épouvanter ; 

    Que craindrai-je, aimant le tonnerre ? 

 

Si l’Amour est pour moi, je me moque de tous ; 

    Puisque l’amour est mon partage : 

    Venez sur moi, troupe de loups ; 

    Vous me serez un badinage. 

 

Qui saurait bien aimer, saurait si bien souffrir 

    Sans craindre tourment ni menace, 

    Qu’il viendrait à tous maux s’offrir 

    Par amour, et non par audace. 

 

Ô souverain Amour, immense Vérité ! 

    Je voudrais exhaler mon âme, 

    Pour me perdre en votre unité 

 

Madame Guyon

Poésies et Cantiques, 1790

 À Thonon, situé au bord sud du lac Léman, elle découvre qu'une union spirituelle vécue sous la forme de prière silencieuse transmise de cœur à cœur est possible. 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_Guyon

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