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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 23:58
Le cycle féminin, un voyage intérieur, à l’école de Sainte Hildegarde de Bingen

Une invitation faite aux femmes à vivre leur cycle comme une louange au Créateur et à s’émerveiller de ce que Dieu fait pour elles par le féminin.

La création nous parle du Créateur, comme l’œuvre d’art nous instruit sur l’artiste. Dieu a placé dans la nature des cycles : le cycle du soleil, les saisons, la respiration… Parmi ceux-ci, il en existe un plus caché car plus intime que les autres : le cycle féminin. Il s’inscrit dans la femme à partir de la puberté. Il reste en elle jusqu’à la ménopause. Certes, la féminité apparaît plus large que le cycle car la féminité ne disparaît pas à la ménopause. Mais le cycle menstruel est une réalité incontournable qui témoigne de la différence et de la complémentarité de l’homme et de la femme.

J’appelle les femmes, mais aussi les hommes, à contempler le cadeau magnifique qu’est l’Incarnation. Le Verbe s’est fait chair dès la conception, dans le cycle de la Vierge Marie. Cette première cellule, vrai homme et vrai Dieu vient nous sauver en passant par cette réalité pragmatique, ignorée, du cycle féminin. Tel est l’objet de notre foi. Cela donne un nouvel éclairage sur la vocation de la femme mais aussi sur celle de l’homme. J’invite à prendre le temps de méditer des conséquences humaines et spirituelles.

Chaque femme peut vivre son cycle, non comme un poids ou un lieu de pouvoir, à l’instar des féministes, à la suite de Simone de Beauvoir, mais bien comme une louange au Créateur dans son corps. Les saisons du cycle sont une richesse pour sa foi, si la femme choisit de les reconnaître et de se laisser façonner par elles. Nous l’avons dit mais mesurons les conséquences de ceci : la Vierge Marie a vécu ce cycle dans toutes ses dimensions, de la puberté à la ménopause en passant par la grossesse et l’allaitement.

 

Recevoir le féminin, c’est recevoir le caractère marial de notre foi, c’est apprendre à aimer cette mère que Jésus nous donne sur la Croix, d’un amour filial, l’imiter dans ses vertus. L’imitation passe d’abord par un vrai oui à ce que Dieu a fait et qui est bon, même très bon. Dieu a mis en la femme un cycle pour son bien naturel et spirituel1. Celui-ci est appelé à rayonner au-delà de la femme, par la fécondité naturelle pour certaines d’entre elles, et pour toutes par une fécondité spirituelle.

[1] Quelquefois ce cycle est malade. On doit tâcher de le soigner. Certaines femmes toutefois peuvent être douloureusement privées de leur cycle et il ne s’agit bien sûr pas d’un refus de leur part, mais d’un appel à une participation au mystère de la Croix, qui comporte sa fécondité propre.

Vialla

Recevoir le Féminin, Gabrielle Vialla, éditions Fécondité, mai 2018, 14 euros.

À paraître : Bien vivre le cycle féminin, Artège, 19 février 2020.

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 23:55
Le miracle eucharistique de Chirattakonam
le 5 mai 2001

Le miracle eucharistique dont je vais vous parler, s'est produit le 5 mai 2001, à Chirattakonam, non loin de Trivandrum, la capitale du Kérala, située sur la côte ouest de l'Inde, et à l'extrême pointe sud. Le Père Johnson Karoor, curé de la paroisse où eut lieu ce Miracle Eucharistique ayant raconté les faits en détails dans sa déposition, il m'a semblé que le mieux était de vous lire, au moins une partie de son récit. Il écrivit:

"Le 28 avril 2001, dans l’église paroissiale Sainte-Marie de Chirattakonam nous commencions, comme chaque année la neuvaine à Saint Jude Thaddée. À 8h49 j’exposai l’ostensoir contenant le Très Saint-Sacrement pour l’adoration publique. Au bout de quelques minutes je vis apparaître comme trois points dans la Sainte Hostie. Je m’arrêtai alors de prier et regardai l’ostensoir en invitant aussi les fidèles à admirer les trois points. Puis je demandai aux fidèles de continuer de prier pendant que je remettais l’ostensoir dans le tabernacle. Le 30 avril je célébrai la Sainte Messe et le jour suivant je partis pour Trivandrum.

Le samedi matin 5 mai 2001, j’ouvris l’église de Chirattakonam pour les célébrations habituelles. Je me préparai et allai ouvrir le tabernacle pour voir ce qui était arrivé à l’hostie de l’ostensoir; et tout de suite je notai sur elle une figure ressemblant à un visage humain. Très ému je demandai aux fidèles de prier. Je pensais être seul à voir le visage; aussi demandai-je à l’enfant de chœur ce que lui voyait. Il me répondit:

— Je vois une figure d’homme.

Je notai aussi que les autres fidèles regardaient intensément l’ostensoir. L’adoration commença et au fur et à mesure que les minutes passaient, la figure d’homme devenait toujours plus nette. Je n’eus pas le courage de parler et je me mis à pleurer. Pendant l’adoration, nous avions l’habitude de lire un passage de l’écriture Sainte.

Ce jour-là ce fut celui du chapitre 20 de l’Évangile de saint Jean qui raconte l’épisode de l’apparition de Jésus à saint Thomas lui demandant de regarder ses blessures. Je ne réussis à dire que quelques mots dans mon sermon.

Puis, en allant dire la messe à la paroisse de Kokkodu, je fis venir tout de suite un photographe pour prendre des photos de la Sainte Eucharistie contenant le visage humain. Après deux heures, les photos étaient développées et dans chacune le visage apparaissait de plus en plus net."

La figure qui était apparue sur l'Hostie était le visage de Jésus couronné d'épines. Sa Béatitude Cyril Mar Baselice, archevêque du diocèse de Trivandrum, a écrit, entre autres, au sujet de ce prodige: "Pour nous croyants, ce que nous avons vu est ce à quoi nous avons toujours cru... Si Notre Seigneur nous parle en nous donnant ce signe, c’est qu’il attend une réponse de notre part."

Nous sommes en 2015 ; l’ostensoir contenant l’Hostie miraculeuse est toujours conservé dans l’église de Chirattakonam.

Paulette Leblanc

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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 23:55
L’Apparition (1876), de Gustave Moreau Musée du Louvre. Aquarelle (106 cm x 72 cm).

L’Apparition (1876), de Gustave Moreau Musée du Louvre. Aquarelle (106 cm x 72 cm).

Le remords

Se débarrasser de la tentation. La question nous revient sans cesse, posée sous cent formes, vœux, souhaits, promesses, prières.

Les désirs humains sont ce qu’ils sont, tenaces, impitoyables, les bons comme les moins bons, et ce sont les pires, toujours, qui posent problème. Si l’on pouvait y voir plus clair avec eux…

Voici justement un tableau dont c’est le sujet. L’Apparition, de Gustave Moreau, le plus grand peintre symboliste français.

On en reconnaît vite la scène. Salomé, presque nue, couverte seulement de pierreries, danse dans un palais, le bras gauche levé en direction de la tête sanglante de Jean Baptiste, qui la regarde d’un œil calme au-delà de la mort.

Le mythe est extrait d’un épisode biblique, lui-même tiré d’un fondement historique bien connu que retracent les Évangiles de saint Matthieu et saint Marc.

L’œuvre représente Salomé qui envoûta par sa danse le gouverneur Hérode Antipas, l’époux de sa mère, Hérodiade.

Elle obtint ensuite en récompense la tête de Jean Baptiste.

Moreau illustre-t-il dans cette aquarelle la fin de la danse de Salomé ? La tête lui apparaît alors comme l’image même de son terrifiant désir.

Ou alors, est-ce plutôt une vision postérieure à la décapitation, une image du remords ?

Huysmans a fait une longue description du tableau dans son roman À rebours (1884), dont le héros est fasciné par l’image de la femme fatale effrayée par son acte : « D’un geste d’épouvante, Salomé repousse la terrifiante vision qui la cloue, immobile, sur les pointes ; ses yeux se dilatent, sa main étreint convulsivement sa gorge ».

L’image nous parle du désir et du mal.

Dans cet Orient rêvé et somptueux, il se dégage du tableau de la volupté et de la cruauté, du sublime et de l’horreur.

On perçoit le combat entre la femme et l’homme, entre le trivial et le sacré, entre la chair et l’esprit.

Qui est vainqueur ?

La réponse est dans la tête du saint, réplique de celle du Christ : mêmes cheveux longs, même barbe.

Le sacrifice de Jean Baptiste annonce la mort et la gloire du Christ, une ascension après le sacrifice.

Salomé symboliserait alors ici le monde païen vaincu. Nos démons terrassés.

Pascal DethurensProfesseur de littérature comparée à l’université de Strasbourg.

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